‹ Contributions à l'histoire naturelle de la TunisieChapitre 48 sur 367 · TOME XVIi · texte numérisé non relu

TOME XVIi

162 H. DE CHAIGNON.

signalé jusqu'ici que le Barbus callensis^ Cuvier et Valenciennes, le B. setivimensiSj Cuvier et Valenciennes, le Leuciseus callensis^ Guichenot.

Sup deux Lézards de Sardaigne*

 mon retour en France, le bateau faisant escale pendant douze heures à Cagliari, j'ai eu le temps de visiter la ville et une partie de ses alentours.

Dès qu'on a dépassé les dernières maisons des faubourgs pour suivre les nombreux sentiers qui serpentent au milieu des rochers et des broussailles, surtout au nord de la ville, on ne tarde pas à rencontrer en grand nombre un Lacerta muralis (Laurenti) de grande taille, de couleur verte, qu'on prendrait au premier abord pour notre Lacerta viridis. Mais, là où il est particulièrement abondant, c'est le long des gradins, sous les voûtes de l'ancien amphithéâtre romain, taillé à même dans le rocher, et dont certaines parties, bien que quelques-unes tombent en ruines, sont encore admirablement conservées.

Ce Lézard diffère sensiblement de notre Lac. muralis^ tout en n'en étant qu'une variété ; c'est une race localisée en Sardaigne, comme d'autres de la même espèce le sont dans d'autres îles de la Méditerranée.

Il n'est pas téméraire d'avancer que toutes ces races varient plus ou moins d'une ile à l'autre.

La longueur totale du Lac, muralis sarde peut atteindre celle de notre Lac viridis de taille moyenne, vingt-huit à trente centimètres environ; mais le corps est plus court, beaucoup plus effilé, plus svelte. Le dessus est d'un vert pâle chez les adultes ; chez les jeunes, le vert est atténué et parait grisâtre. Sur le milieu du dos, court une fine ligne

noire, à laquelle s'adjoint de petites taches de même cour leur, de forme carrée ou irrégulière et alternant de chaque côté. Les flancs sont gris-bleuâtres avec des raies transver» sales noires, disposées en zigzag et interrompues; leur réunion sur chaque flanc forme une bande mal dessinée, plus foncée que le reste. Le dessous du corps est jaune*» bleuâtre.

M. Raphaële Meloni, préparateur au Musée zoologique de rUniversité de Cagliari, a bien voulu me Remettre quelques exemplaires de ce Lézard, qu'il avait fait prendre à mon intention. M. Meloni m'a remis également trois exemplaires d'une autre espèce de Lézard qui n'a encore été signalée qu'en Sardaigne. M. le docteur Ermanno Giglio-Tos, professeur de zoologie à l'Université de Cagliari, a eu Tobligeance de m'en donner le nom, avec ses difl*érentes synonymies et les indications bibliographiques s'y rapportant. C'est le Motopholis Pitzingeri (Wiégm.) Qené *, genre très voisin des Psammodromes. Ce petit saurien habite les parties septentrionales et méridionales de la Sardaigne^ où il est considéré comme rare .

Quoique ne faisant pas partie de la faune tunisienne, je profite de la circonstance pour mentionner ces deux représentants de la faune sarde, qui est peut-être moins connue en France que la première.

Sur la Liuciola lusitanica (Motschulsky).

Dans les numéros 172 et 173 de la Revue scientifique du Bourbonnais^ année 1902, M. E. Olivier donne le catalogue des espèces du genre Luciola, Il en énumère 148 espèces dont la plupart sont exotiques; quelques-unes cependant

1. Motopholis Fitzingeri (Wiégm.), Herpet. Mex., p. 10. — Gêné, Sgn. Rept, Sàrd.y p. 266, f. i, fig. 2. — Bonaparte, Fauna lUl. et Ta6. — Lacerta Fitzingeri, Dum. et Bibr. Erpit. gen., t. V, p. 194.

164 H. DE GHAIGNON.

habitent l'Europe méridionale. De ce nombre est le Lampyris Ualica (Fabr.). Luciola lusitanica (Motschul.), très abondante en Italie et sur le littoral méditerranéen. Cette espèce, sans parler de ses caractères spécifiques, diffère de notre Lampyris nocUluca (Fab.), par ses propriétés phosphorescentes; dans la Luciola lusitanica, c'est le mâle qui possède cette faculté, tandis que chez Lampyris nocUluca, la femelle seule à Tétat larvaire ou aptère est phosphorescente.

D'après Mulsant, la lumière dégagée par ces insectes est fulgurante ou scintillante, et la scintillation se répète, suivant Carus, avec un rhythme régulier qui semble coïncider avec les pulsations du vaisseau dorsal, ou avec la respiration.

En ce qui concerne la Luciola lusitanica, l'explication de ces alternances lumineuses est plus simple. D'après MM. Perroud et Arias, cités par Mulsant, le mâle de la Luciola lusitanica a toujours son abdomen lumineux ; il vole le soir et durant la nuit, en produisant des jets de lumière, alternativement interrompus par suite des mouvements onduleux de son corps, qui cachent et découvrent alternativement les parties phosphorescentes de son ventre. J'ai pu observer le fait, le soir et pendant la nuit, durant les cinq jours de beau temps et de forte chaleur passés à Ospedaletti, petite station située entre San-Remo et Bordighera. Pour donner une idée de celte petite féerie, je ne puis mieux faire que de citer ce que dit le docteur Chenu, à propos des Lucioles, dans son Encyclopédie d'histoire naturelle. « Ces insectes se multiplient à un point prodigieux et, dans quelques parties de Tltalie, ils présentent, pendant les nuits d'été, un des spectacles les plus curieux que Ton puisse voir, car l'air est éclairé d'une multitude d'étincelles ou de petites étoiles errantes, qui disparaissent et reparaissent en glissant le long des chemins, des maisons, sous les arbres, et forment une très jolie illumination. »

Cette espèce ne doit pas exister en Tunisie ; aussi n'ai*jc rien aperçu de ces petites illuminations passagères, de ces feux follets^ durant les belles et déjà chaudes soirées du mois de mai.

Pendant longtemps la femelle de cette espèce est restée inconnue; la découverte est due aux observations de H. Peragallo, de Nice. Ayant remarqué les endroits où les Lucilioles se posaient à terre, il y a observé de petites galeries à fleur de terre, habitées par un insecte aptère qui n*e8t autre que la femelle de la Luciole. Celle-ci remonte le soir et à reculons dans le haut de sa galerie, de façon à présenter Textrémité de son abdomen au mâle; puis elle rentre sous terre, une fois la fécondation opérée.

Sup deux espèces de Coquilles.

J'ai mentionné plus haut la présence de quelques coquilles très communes et très abondantes dans le nord de la Tunisie. J'en citerai deux autres espèces recueillies à Zaghouane.

1* Hélix .Pisana (Mull.), jeunes trouvées sous une pierre et agglutinées sur une brindille de bois mort.

2* Clausilia Perinnei (Letourneux), collées contre les rochers. La première au pied de la montagne ; la seconde à 5 ou 600 mètres d^altitude en approchant du poste optique.

Page 1