Bail. Soc. bot. de France, U (1904), p
168 LE d' f.-x. gillot.
Sennen, de La Nouvelle, aveo son zèle et son obligeance habituels, a bien voulu récolter, plus tard, en septembre, cette Massette en fruits, ce qui m'a permis de Tétudier plus en détail.
L'examen de la plante et mes premières recherches dans les ouvrages que j'avais sous la main m*ont démontré que ce Typha était bien différent de T. angustifolia L. et pouvait être rapporté soit à T, média DC, soit à T. sUnophylla Fisch. et Meyer. J'en ai soumis tout d'abord, sous l'étiquette provisoire de T. eleganSy des spécimens à quelques amis, et en particulier à M. G. Rouy, si compétent en ce qui concerne la flore européenne, et dont le riche herbier offre des termes de comparaison si nombreux. M. Rouy voulut bien me faire connaître qu'il considérait la Massette de Sainte- Lucie comme le T. média DC, et surtout comme le T. média PolL, mais qu'à son avis elle différait du T. steno^ phylla Fich. et Meyer, dont elle a bien le port, par les caractères morphologiques de la fleur et du fruit. C'est ce qu'il importait de vérifier, les descriptions des auteurs anciens, exclusivement basées sur la forme extérieure, ne fournissant guère de renseignements précis sur les détails de structure des organes floraux proprement dits.
Grâce à la bienveillance des savants préparateurs attachés au Muséum de Paris, et en particulier de M. F. Gagnepain, j'ai pu comparer plus tard et étudier toute la collection des Massettes européennes ou exotiques des herbiers du Muséum. Un premier examen, quoique superficiel, m'a confirmé dans l'appréciation des ressemblances très étroites de ma plante avec le Typha média DC. d'une part, et le T. sienophylla Fisch. et Meyer, d'autre part. Mais, outre que la description donnée par de Candolle ^ est des plus vagues, il est évident, d'après l'examen des échantillons
1. De Candolle, Flore françàUe (1815), V, p. 302 : « 1806 a Massbttb iiitbe^ MÉDiAiEB, Typha média, Schleich. exsicc. Cal. 59; DC. Syn, n* 1806. Cette Massette est réellement Intermédiaire entre les T. latifolia et anguêlifoliaf et a tout
LE TYPHA STENOPHVLLA. 16Ô
du Muséum, qu*on a confondu sous ce nom des formes différentes, bien que Tune d'elles, récoltée à Perpignan, se rapproche beaucoup de la nôtre. Les nombreux spécimens, au contraire, étiquetés T. stenophyllaFisch. et Meyer, ainsi que quelques autres dénommés T. Laxmanni^ T. gracilis^ etc., ayant absolument le port et l'apparence du Typha languedocien, il s'agissait d'en préciser les affinités.
La plus grande confusion règne, chez les différents auteurs, au sujet de la classification des espèces du genre TyphOy classification basée tantôt sur la structure du péricarpe et la déhiscence du fruit (Rohrbach), tantôt sur la présence ou l'absence de bractéoles dans les fleurs femelles (Kronfeld, Nyman, Grœbner), tantôt sur la forme du stigmate (Rohrbach, Boissier), caractères difficiles à saisir en dehors de Tétude microscopique et complètement négligés par les plus anciens Aoristes. Il est, en outre, un point sur lequel les auteurs français ont gardé un silence inexplicable, c'est la présence sur les épis femelles, à côté des fleurs fertiles et des ovaires fructifères, de fleurs avortées en grand nombre sous forme d'organes claviformes à sommet renflé, mucroné et coloré, et dont les saillies plus ou moins prononcées à la surface de l'épi mûr lui imposent un aspect différent suivant les espèces. C. Koch (Syn. fl. germ. ei helv., éd. 2 (1844), p. 785 et éd. 3(1857), p. 591), est le premier auteur chez lequel j'aie trouvé nettement décrits ces organes, dont l'interprétation a embarrassé les phytographes*, sous le nom de fleurs neutres"^. Ils ont été bien
le port de cette dernière ; ses feuiUes sont planes comme dans la Massette à large feuille; ses épis séparés Ton de l'autre comme dans la Massette à feuille étroite ; tous deux cylindriques, ce qui les distingue de la Massette naine. Elle croit dans les lacs et les étangs aux environs de Genève, Lyon (Latour), Nantes, Nar-> bonne, Perpignan, Nice, Paris, etc. — DC. et Duby, Bot&nicon gàUicum (1828), p. 482 : c T. medU (Schleich. exs. 59), foliis lioearibus, aoguate planis, spica mascola femineaque remotis, utraque oylindrica. Viv. in paludosis. »