Cf. Fil. Parlatore, Flor9L UaL II (4857), p
2. c Flores neutri (in omnibus speciebus obvii) clavati, obtusi, mucrone stylum smulante imposito, longe stipitati, stipite basi setis elongatis adsperso. i C. Kocb,
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étudiés depuis, et principalement par les Allemands, sous le nom de Pislillodies (Engler) ou de Carpodies (Eichler) *. La plupart des phytographes sont également muets sur les pédicules ou réceptacles communs (G. Richard) ou protubérances (Endlicher) qui hérissent Taxe des épis femelles, sur lesquels s*insërent les fleurs, et auxquels les botanistes allemands, Robrbach, Kronfeld, Grœbner^ ont attribué une légitime importance. Il y a bien longtemps cependant qu'en France Richard les a décrits et figurés ^.
La dissection et Texamen microscopique à un faible grossissement m'ont démontré que, chez le Typha de Sainte- Lucie, les fleurs femelles sont dépourvues de bractéoles et que le style est élargi, spatule, ce qui Téloigne complètement du T. angustifolia L. à fleurs femelles bractéolées et à style linéaire. En outre, le fruit doit être considéré comme indéhiscent, ou tout au moins à déhiscence tardive et difficile à constater. En effet, ce n'est qu'après une imbibition ou macération prolongée dans Teau, et sous l'influence d'une forte pression, qu'on peut voir parfois, sous le microscope, l'épicarpe très résistant se rompre et laisser sortir la graine ponctuée par les débris des cellules endocarpiennes déchirées; tandis que, dans le T. angustifolia^ les cellules moyennes du péricarpe, plus nombreuses
ioc, ciL — Grenier et Godron, FI. de Franee, III, p. 383, se bornent à dire, dans leur description générique : a Fleurs femelles à périgone nul et remplacé par des soies nombreuses (ovaires avortés) et claviformes... », semblant confondre les soies du carpophore et les fleurs neutres claviformes, à pédicelles également chargés de poils.
1. Cf. P. Grœbner Typhaceœ in Engler's (ia$ Pflanzenreich^ 1900, p. 6.
2. P. Robrbach, Ueber die europaiêchen Arten der GàUung Typha in Verhand, deê bot, Vereine fur die Provint Brandeburg^ 1 869 {Sur le$ espèceê européennee du genre Typha^ dans les Comptée rendue de la Soc, bolan. de la province de Brandebourg), analysé dans le Bull de la Soc. bot, de France, XVIII (1871), p. 88; Kronfeld, Ueber den Blûtenetand der Rohrkolben, in Sitzber. Akad, Wien^ 1886-1889, et Verhand, zool. bol, Gea. Wien, XXXIX 1889 (Sur IHnfloreeeence dea Maaaetles dans les Mémoiree de V Académie de Vienne et dans les Comptée rendue de la Soc. zoolog, et bot. de Vienne), cité par Grcebner : P. Grœbner, in Dae Pftanenreich, Regni vegelabilia conspecluê, dirigé par Â. Engler, IV, 8, Typhacem^ 1900.
3. Â. Richard, Reliquim Rich&rdianm ad analyticam botanicam apacUnlet , opus Lttdovici Claudii Richard poêthumum in J.-A. Guillemin, Archivée de boUnique^ I. (1833), p. 193, pi. &.
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et plus développées, se gonflent très vite, et Tamande 8*échappe facilement par une fente longitudinale et nage dans la préparation. Dans le T. minima Hoppe, au contraire, les enveloppes de la graine sont étroitement soudées avec Tendosperme, et le carpelle se laisse écraser plutôt que d'énucléer son contenu. Il n'est donc pas étonnant que le phénomène de déhiscence, difficile ou incomplet, signalé dans la Massette qui nous occupe, ait pu donner lieu à des interprétations différentes.
Les caractères d*importance capitale que je viens de signaler se retrouvent exactement dans les échantillons de Typha stenophylla Pisch. et Meyer, examinés dans les herbiers du Muséum de Paris et de provenances diverses (Russie, Transylvanie, Bulgarie, etc.), notamment dans les récoltes de Regel {lier turkestanum^ iSlS, ad flumm Kaseh), dont la détermination offre toutes chances d'exactitude, et qui sont, comme apparence extérieure et comme détails analytiques, identiques à la Massette de Sainte-Lucie. Ici encore, la précieuse collaboration de mon excellent ami, F. Gagnepain, m'a permis d'élucider la question, et les détails anatomiques qu'il a bien voulu dessiner et que je reproduis ci-dessous, sont, de son propre témoignage, exactement superposables dans les spécimens asiatiques et languedociens.
Voici la description détaillée de la plante d'après les nombreux échantillons récoltés à Sainte-Lucie, tant par moi-même que par le F. Sennen, à des degrés divers de floraison et de fructiGcation :
Typha stenophylla, Pisch. et Meyer, Bull. phys. math. Acad. Petersb. III (1845), p. 209; Rohrbach, Verhand.boL Ver, Brand. XI (1869), p. 90. — T, Laxmanni Lep., Nov. Act. Ac. Petrop. XII (1801), p. 84 ; Grœbner, Engler's das Pftanzenreich, rv, 8, TyphacesB (1900), p. 10, non Ledeb. nec Rohrb. —
T. média DC. FI. Fr. V., p. 302, pro parte; PoUin. FI. Veron.
III (1824), p. 100? — T. angustifolia G. Koch., Linnœa, XXII (1838), p. 269.— T.juncifolia Celak. Lotos, XWl (1866), p. 69. — T. elegans Oillot ad amie.
Radix stolonifera. Gaules densi, erecti, graciliores. Folia lœte virentia, basi vaginantia, auriculata, planiusoula, angusta (3-4 millim. lata), caulem floriferam superantia. Spicae remoto, mascula eiongata, pilis fuivis, squamiformibus, staminum filamento brevioribus fuUa ; femina brevior» cylindrioa denique oblonga vel oylindraceo-oblonga, crassiuscula (5-8 cent. long. X ^ cent, diam.), brunnsea, squamulosa. Staminum ûlamenta simplicia, antheris iinearibus quadrilooularibus ; pollinis grana majora, libéra, simpiicia. Flores feminei ebracteolati, pedicellis abbreviatis (1 millim. brevioribus) insidentes ; stigma ovatospatulatum, undulatum setas superans. Fructus minimi, fusiformes, non aut tarde déhiscentes ; gynophorum filiforme, pilis numerosis ovarium superantibus, stigmate brevioribus, instructum. Germen olivaceum. Flores neutri (pistillodia vel oarpodia) numerosi, clavati, apioe rotundati, breviter mucronati, guttulato-lutescentes.
Hab. Ad paludosas fossas maritimas, Sainte-Lucie propè là Non» velle (Aude). — FI. julio. — Fr. sept.
Souche stolonifère. Tiges d'environ 1 mètre (0"80 — 1°20), nombreuses, serrées, droites et minces (diam. = 5-8 millim. au tiers inférieur). Feuilles d'un vert gai, longuement engainantes à la base, à gaines munies au sommet de deux oreillettes arrondies, à limbe plan, étroit (3-4 mil.), dépassant longuement la tige. Inflorescence composée de deux épis distants de 30 à 35 millimètres, munis de spathes promptement caduques. Épi mâle très long (15 cent.) et mince (6 millim.), d*abord verdàtre, puis brunissant par la dessiccation; axe garni de poils fauves, squamiformes, larges et sinueux, plus courts que les filets des étamines. Ceux-ci libres ou soudés par deux, à anthères linéaires, 4'^lobées. Grains de pollen libres, arrondis, bruns et granuleux, relativement gros. Épi femelle court (5*8 cent.), d*abord mince et cylindrique (diam. = 5-6 milTîm.), vert, puis roux, à la Qn brunissant et s'élargissant (diam. =^ 2 centim.), prenant une forme plus ou moins oblongue, à surface squamuleuse ; axe garni de réceptacles pédioellés
LE TYPHA STENOPHYLLA.
n'atteignant pas un millimètre de longueur (O'^^S à 0"'"'8), portant les fleurs femelles ; oelles-oi dépourvues de bractéoles, et à stigmate ovale spatule, à bords ondulés, dépassant les poils. Fruit ou utricule très petit, fusiforme, d'un brun verdâtre, monosperme, indéhiscent, ou s ouvrant tardivement par rupture longitudinale du péricarpe sans fente régulière apparente, porté sur un long podocarpe filiforme, muni au-dessus de sa base de longs poils étages, articulés, dépassant l'ovaire, mais plus courts que le stigmate. Graine oblongue à albumen olivacé. Fleurs neutres, pistillodies (Engler) ou carpodies (Eichler) nombreuses, entremêlées aux fleurs fertiles, à sommet dilaté, claviforme, arrondi, et terminé par un mucron court, et souvent coloré, ainsi que l'extrémité des poils, par des gouttelettes oléo-résineuses jaunâtres.
Hab. Fossés vaseux de la région maritime de Sainte- Lucie, près La Nouvelle (Aude), entre le canal de la Robine et la plage. FI. 14 juillet. — Fr. 25 septembre.
Typha stenophylla Fisch. et Meyer.
a/ Fleur neutre, pislillodie ou carpodie. — b/ Fleur neutre, pislillodie ou carpodie.
— c/ Fleur femelle jeune avec son stigmate, vu de face. — d/ Stigmate vu de côté. — e/ Fleur femelle plus développée. — // Akène mûr. — g/ Graine isolée.
— h/ Structure du péricarpe. — if Extrémité des poils de Taigrette. — j/ Poil slaminal. — kf Étamine. — // Grains de pollen.
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Cette élégante espèce, qui croit au voisinage du Typha angustifolia L., s'en distingue, de prime abord, par ses moindres proportions et sa coloration d'un vert gai et non glaucescente. Elle en diffère, en outre, par ses épis mâles, très effilés, à poils de Taxe élargis et plus courts que les filets des étamines; par ses épis femelles plus courts, oblongs à la maturité, ou cylindracés, mais non longuement cylindriques ; par l'absence de braotéoles à la base des fleurs femelles et par ses stigmates largement spatules et saillants, et non linéaires ; par ses carpelles d'un vert olivacé, et non d'un jaune brun, à déhiscence nulle ou difficile ; par ses pistillodies minces saillantes, à sommet moins élargi, non ou à peine émarginé, à mucron plus court et à coloration plus claire. Il est donc impossible de la confondre avec les variétés grêles et à feuilles étroites du r. angustifolia^ espèce polymorphe.
C'est d'après les ouvrages les plus autorisés jusqu'ici C.-F. Nyman, Consp. fl. europ., 1878, p. 757; K. Richter, Planix europ.y 1890, p. 9; P. Grœbner, Engler*$ das Pflanzenreich^ iv-8. Typhaceœ^ 1900, p. 10), et en me bornant aux citations sur lesquelles leurs nomenclatures sont d'accord, que j'ai établi la synonymie du Typha stenophylla F. et M., bien que je n'aie pu vérifier personnellement toutes les indications ^ Il me reste à en discuter quelques points.
J'ai déjà exposé plus haut pourquoi le nom de f. média DC. , incertain et complexe, tout en paraissant devoir s'appliquer au Typha des environs de Narbonne et de Perpignan, comprend d'autres formes : T. elatior Bônningh. , T. gracilis Auct., etc. Kronfeld {Verh. zool. bot. Ges. Wien. XXIX (1899), p. 152), qui a fait une étude approfondie du genre Typha,
1. D'après P. Grœbner {loc. cU.)^ il faudrait encore regarder comme synonymes du Typha stenophylla Fisch. et Mey. ou T. Laxmanni Lep. les dénominations suivantes : T. Balansœ Reuter in Rohrbach, Verh. bot. Ver. Brand. XI (1869), p. 90 ; T. média Barbieri, ibid. ; T. minuta Schrenck, i6id. ; T. Martini Herb. Kew.; Aitchison, in Joum. Linn. Soc, XIX 1882), p. 188. non Jord.
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et, après lui, P. Grœbner {Englm^'s das Pflanzenreich, Typhacex (1900), p. 13), qui adopte ses conclusions, ont rapporté le T. média DC. en simple variété à T. anguslifolia L. Cette assimilation, vraie pour la plupart des cas, me parait excessive, de GandoUe ayant englobé, j'en suis convaincu, dans son T. media^ des espèces ou formes différentes, et notamment l'espèce des environs de Narbonne que nous pensons avoir retrouvée. Le T. média PoUin., dont M. Rouy m'a signalé les affinités, avec toute sa compétence scientifique, et que P. Grœbner a omis de citer dans sa Monographie, est passible des mêmes reproches, d'autant plus que la forme assignée aux épis femelles [cylindrica longa) diffère de la nôtre, et la concordance ne pourrait être affirmée que par l'examen morphologique des fleurs et des fruits, étude qui se recommande à l'attention des botanistes qui pourraient avoir entre les mains des types italiens authentiques, d'autant plus que dans un ouvrage plus récent (FI. ital.^ II (1857), p. 265), Parlatore rattache sans hésiter T. média PoUin. au T. angustifolia L., à stigmates linéaires. * Enfin, dans sa récente Monographie, qui fait partie de la vaste encyclopédie botanique, Das Pflanzenreich ou Regni vegetabilis conspectus^ dirigé par A. Engler, P. Grœbner adopte le nom de T. Laxmanni Lep. comme étiquette spécifique au lieu de T. stenophylla Pisch. et Meyer. Cette manière de voir a pour elle l'importante raison de la loi de priorité, la citation de Lepechin datant de 1801, tandis
1. Le texte même de PoUiDi est peu connu, et son ouvrage manquant à la bibliothèque du Muséum de Paris, je crois utile de reproduire sa description, dont je dois la copie à Tobligeance de M. C. de CandoUe, qui met si libéralement ses richesses bibliographiques à la disposition de ses confrères en botanique, et que je sois heureux de remercier.
Pollini, Ffora Veronensis, III (1«24), p. 100 : « 1856, Typ/ia média : Foliis Unearibus planis subtus convexiusculis, culmum subsequantibus, spica mascula femineaque remotis, utraque cylindrica longa... culmus 5-6 pedalis, folia dimidia angostiora quam in prsecedente (T. anguslifolia) ^ et subtus subconvexa, basique culmum vaginantia. Maj-jum. Mihi occurrit in plurimis Insubriso locis, et imprimis in stagnis Lanmellinao secus torrentem Terdobbio, dein in Yeronensi provincla circa Peschiera, alibique..., prope Nicasam (De Candollo). Perennis. i»