PRÉFACE IX
précieuses sur Thistoire religieuse de la Révolution, entre au très la démonstration que malgré l'adhésion d'un nombre considérable de révolutionnaires à la franc-maçonnerie, la franc- maçonnerie n'exerça aucune action ni sur la préparation ni sur la marche de la Révolution. La biographie de Durand de Maillane nous fait assister à la lente transformation par laquelle un des auteurs de la constitution civile du clergé, un révolutionnaire de 1791, sans renier ses idées politiques de 1789, devint peu à peu un adversaire ardent de la philosophie du xvni® siècle et un défenseur de l'Eglise romaine. Durand de Maillane est un représentant éminent de l'évolution qui au xix® siècle devait ramener le clergé français du gallicanisme à l'ultramontanisme par esprit conservateur. L'étude sur Catherine Théot et Dom (lerle ramène à ses justes et puériles proportions cet épisode mystique dont les ennemis de Robespierre cherchèrent à se servir contre lui. Cet épisode n'a qu'une faible importance historique. Il est pourtant un symptôme de l'ébranlement moral et religieux produit par le mouvement révolutionnaire. Enfin on verra dans le chapitre' sur les protestants et les théophilanthropes comment les protestants restèrent indifférents aux avances des théophilanthropes, nourrissant l'espoir chimérique que le protestantisme pourrait exercer sur la France républicaine une action directe. On sait que M"® de Staël rêva un instant de voir le protestantisme devenir en France la religion nationale. C'était se faire de singulières illusions, surtout si M'"® de Staël croyait trouver en Bonaparte l'instrument de ses projets de protestantisation de la France.