Concordat, art
Les réfractaires de la troisième classe, au contraire, s'entêtaient dans leur résistance qu'on prévoyait*. L'habileté du prélat romain Charles Erskine, chargé par le pape de négocier leur soumission, fut inutile. Les ordres précis de Rome furent de même méprisés. Le retrait de juridiction prononcé, le 29 septembre 1801, n'eut pas plus d'effet. Ainsi naquit le schisme anticoncordataire que Bernier redoutait. Il eut pour chef l'évèque de La Rochelle, Charles de Coucy, réfugié en Espagne, royaliste ardent. Dès 1797, Coucy avait prévu ce qui arrivait et accusé « l'influence émeryenne ». « La Révolution, écrivait-il, fut commencée par les mauvais prêtres, on voudrait la consommer parles bons. Mais on n'y réussira pas, s'il plaît à Dieu... Il faut avoir la vue bien courte pour ne pas comprendre que la religion catholique ne peut pas plus se soutenir en France sans la monarchie que la monarchie sans la religion. J'ai su ce qui se passait chez nous et j'en suis désolé. Les rentrants me font pitié avec leurs sophismes de cuisine*. »
Dès qu'il connut le Concordat, il le flétrit d'un mot : « un dérivé de la constitution civile ». « Quoi I s'écriait-il, d'un trait de plume on supprimera tous les sièges de France ! Nous verrions dans le sein de l'Eglise les évêques de deux départements! Des diocèses immenses pour l'étendue, nuls pour les
1. Bernier écrivait à Gonsalvi, le 6 octobre 1801... pour lui faire part de ses craintes sur l'attitude des évêques émigrés : « Si cet état de choses continue, il n'y a pas de doute qu'il naîtra an nouveau schisme tout opposé à celui de la Constitution civile. Dieu nous en préserve... » Cité par Drochon, Mémoires de Consalvi, p. 148.