‹ Contributions à l'histoire religieuse de la révolution françaiseChapitre 3 sur 116 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

11 y a une quarantaine d'années une brave femme, qui tenait la pension bourgeoise où je prenais alors mes repas, me raconta sur son père, un simple ouvrier de Nanles, une anecdote qui me frappa vivement. Cet homme éJait tout jeune quand éclata la Révolution; il l'avait saluée avec enthousiasme ; il avait pris part aux luttes des Jacobins contre les Yendéens; il avait vu avec douleur le régime impérial anéantir les libertés démocratiques si chèrement achetées; à chaque révolution, en 1814, en 1830, en 1848 il avait cru que la République idéale, rêvée en 1793, allait renaître. 11 était mort sous le second Empire, âgé de plus de 90 ans, et au moment d'expirer, levant vers le ciel un regard d'extase, il avait murmuré : « soleil de 93, je mourrai donc sans avoir revu tes rayons ! »

Cet homme avait, comme les premiers chrétiens, vécu dans Tattente du millénium. La Révolution avait été, pour lui, comme pour un nombre immense de Français, une révélation ; il avait proba-

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