Salamon, 106, voir aussi
3. Correspondance de Salamon. Appendice, lettre du 24 octobre 1791, p. 483-484.
LES DIVISIONS DU CLERGÉ RÉFRAGTAIRE i09
vivre en bonne intelligence avec la puissance civile* ou du moins ne pas la braver en face. Ils n'hésitent pas à désavouer l'abbé ultramontain Bonnaud, auteur d'une Réclamation pour r Eglise gallicane contre l'invasion des biens ecclésiastiques et l'abolition de la dîme. Leur comité interdit même la vente du pamphlet, puis, pour plus de sûreté, en achète toute Tédition. Ils ne veulent pas, en effet, « qu'on soulève l'opinion contre le clergé ». Ils ont peur « de donner une grande défaveur aux assignats » et le pamphlet de Bonnaud est de nature à détourner « d'acheter les biens ecclésiastiques^». — «Est-ce bien là, s'écrie douloureusement Salamon, le langage que doivent tenir les évêques? » C'est à peine si les brefs du pape trouvaient grâce à leurs yeux. Ils en retardaient la publication, modifiaient la traduction de certains passages. Longtemps ils s'opposèrent à une condamnation formelle et irrévocable des intrus. Ils auraient voulu que le pape attendît avant de lancer contre eux l'excommunication ; encore exigèrent-ils qu'elle fût « fulminée dans les formes établies pour ces sortes de procédures par le droit canonique du royaume^ ». Auparavant, quand il avait été question de fixer aux prêtres un délai pour jurer la Constitution civile, l'évéque de Clermont, se faisant le porte-paroles de nombre de ses confrères, demandait à la tribune de la Constituante la réunion d'un concile national pour
1. La puissance civile, « ce talisman, dit Salamon, qui depuis cinquante ans a causé tant de prestiges et de maux à la religion en France ». Correspondance y introd., xxxii.