INTOXICATIONS SEPT1CO-PYOHÉMIQUES
de chirurgiens étrangers, et les Anglais particulièrement, appellent gangrène l'état des tissus menacés de mortification, et réservent cette dernière dénomination aux parties réellement privées de vie et changées en eschares. Nous croyons cette distinction fondée, et nous adoptons une période d'imminence gangréneuse, pour ne pas modifier nos habitudes de langage. Nous avons été conduit par une expérience répétée à conseiller l'amputation avant l'apparition du premier frisson, indice et preuve d'une infection générale, dans tous les cas où les membres vont être frappés de mortification. Plus tard, l'organisme est contaminé et l'opération a moins de chances de succès.
11 en est de même des autres infections purulentes et putrides. Les opérations pratiquées après leur début réussissent rarement. Nous les croyons cependant indiquées lorsqu'elles sont la seule chance de salut, et nous en avons cité plusieurs exemples de guérison. Chez les blessés d'une vitalité énergique, les effets de l'infection disparaissent après qu'on en a enlevé la source, et nous avons encore sauvé l'année dernière (1867) un de nos malades de la clinique dans de semblables conditions.
Angioleucites infectieuses. — Tous les chirurgiens ont été témoins des accidents généraux causés par des angioleucites développées à la suite de blessures anatomiques, d'ulcérations de mauvaise nature, de plaies, et même de piqûres presque imperceptibles, mais devenues infectieuses par l'étranglement ou la rétention des liquides.
Le danger peut devenir très-grand, et chaque année nous révèle la mort de médecins ou d'élèves victimes de blessures faites aux amphithéâtres ou dans des opérations pratiquées sur des personnes atteintes d'affections gangréneuses ou putrides.
Fièvre traumatique. — Lès malades affectés de plaies étendues, comme celles d'armes à feu, d'amputations, résections, ablations de vastes tumeurs, sont atteints du premier au cinquième jour d'une fièvre plus ou moins intense, considérée comme symptomatique, et appelée pour cette raison fièvre traumatique.
Si les malades sont très-affaiblis, nerveux et impressionnables, cette fièvre apparaît dès le premier ou le second jour, tandis qu'elle se montre beaucoup plus tard, du quatrième au sixième jour, chez les blessés dont le sang est très-plastique et la sensibilité peu développée.
La plaie est-elle réellement la cause de cette fièvre? Oui, évi-
lâ DES ACCIDENTS INFECTIEUX.
demmeni, puisque sans la blessure, la fièvre n'aurait pas lieu; niais une réserve est cependant nécessaire, car ce n'est pas le traumatisme lui-même qui détermine la fièvre, mais les conséquences plus ou moins éloignées de ce traumatisme.
Une première preuve est la lenteur avec laquelle on la voit survenir dans les conditions que nous venons de signaler.
La seconde est la possibilité de la prévenir par la réunion immédiate de la plaie.
La fièvre n'est donc pas nécessairement liée aux blessures; elle n'en est qu'une conséquence, et dépend de l'inflammation suppurative et de l'altération des liquides dont elle est le siège. On observe un étal traumatique comparable jusqu'à un certain point à l'état puerpuéral. Billrotb el notre collègue M- Hprrgotl ont développé avec talent cette doctrine à laquelle nous nous rallions.