IV. — Hernies. — Cure radicale
La kélotomie est une opération généralement heureuse à Strasbourg, et l'on a rarement à regretter des accidents et des terminaisons funestes. Nous ne rappellerons pas tous les cas observés à la clinique. La plupart ont été publiés ou signalés dans nos comptes rendus. Nous nous bornerons à rappeler un exemple de cure radicale par le procédé de Gerdy, dont nous avons retrouvé le sujet, aujourd'hui médecin principal très -distingué dans l'armée. Ce confrère que j'avais perdu de vue s'était d'abord voué à la pharmacie, comme état plus sédentaire et plus compatible avec son infirmité. Cependant son goût le portait vers la chirurgie, et il me pria de l'opérer. Je le fis avec succès et il put changer de profession, comme il l'avait désiré.
Voici une autre observation de cure radicale (1) :
Le nommé Perry (Louis), né à Paris, âgé de quarante-cinq ans, profession de corroyeur, d'une constitution peu vigoureuse et d'un tempérament bilioso-Iymphatique, vit se développer, il y a huit ans, une double hernie inguinale, pendant que, pesamment chargé, il descendait un escalier. La hernie du côté gauche fut aisément réduite, mais celle du côté droit persista deux mois sous forme d'une tumeur de la grosseur d'un petit œuf de poule, sans causer aucun accident du côté des voies digestives. Fatigué cependant de cette difformité, le malade alla consulter Dupuylren, qui la réduisit sans peine, et lui appliqua un bandage herniaire au moyen duquel la tumeur cessa de reparaître pendant une année. Mais ce temps écoulé, la hernie ressortit à la suite de violents vomissements et descendit dans le fond du scrotum, où elle présentait le volume du poing. Il y eut nausées, vomissements, constipation, et Perry étant entré à la Pitié, M. Sanson hn pratiqua le taxis avec un succès complet. Les mêmes accidents détermines une seconde fois par les mêmes causes cédèrent également à la réduction. Depuis ce moment il n'y eut plus de symptômes d'étranglement; seulement, sous l'influence dubrayer, une varicocèle survint avec un commencement d'atrophie du testicule, et mi noyau d'engorgement dur et mobile sur le trajet du cordon.
(1) Observation recueillie par M. le docteur Villeniin (Gaz. mcd. de Strasbourg, 1842).
SÉDILLOT, „, 35
Lo 17 février 1842, à la suite d'un travail pénible dans lequel le malade, debout près d'une table, étendait fortement le corps et les bras en avant, la hernie remplit de nouveau le scrotum, et motiva l'entrée du malade à la clinique le 19. A cette époque il n'y avait que peu de douleur, aucun accident d'étranglement; seulement de la gêne, de la pesanteur et de la difformité. Un examen attentif Ht reconnaître : le testicule au bas du scrotum, une varicocèle assez développée, nne petite tumeur dure et mobile de la grosseur d'une noisette, dans l'épaisseur même du cordon; une anse intestinale dans laquelle on produisait par la pression du gargouillement, et, au-dessus d'elle, un peloton de matière moite , comme d, fluente, dépressible et donnant entre les doigts l'espèce de crep.tation pro u.te par le froissement de la fécule, disposition dépendant probablement de quelques veines engorgées et obstruées de caillots sanguins.
Le taxis échoua, mais sous l'influence du repos, de la dietc, de deux appheations de sangsues, de cataplasmes, de bains et d'une potion purgative, la tumeur diminua peu à Jeu de volume et fut définitivement réduite par le malade le 2 mars treize iours après la dernière apparition.
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