NOUVEAU PROCEDE DE RHINOPLASTIE
haut, pour refaire la cloison sous- nasale et l'extrémité du nez. Malgré l'assurance donnée par Blandin, de la transformation de la membrane muqueuse en véritable tégument externe, particulièrement sous le rapport de la consistance et de la coloration, notre malade, cité comme le précédent dans les comptes rendus de nos cliniques, et observé par nous pendant plusieurs années, n'avait pas vu survenir ces avantageux changements. La membrane muqueuse, restée mince et rosée, était constamment recouverte de larges exfoliations épidermiques, sans cesse renouvelées avec une déplorable rapidité.
Si nous cherchions à résumer les règles auxquelles.nos observations nous ont conduit, nous dirions :
1° Il y a danger et inutilité à tenter la réunion immédiate de la plaie frontale, dont la cicatrisation s'accomplit avec une régularité et une innocuité parfaites, sous l'influence de simples pansements à plat.
2° La conservation du pédicule du lambeau est indispensable dans la méthode indienne, la seule dont nous nous occupions. C'est le plus sûr moyen de mettre en relief la racine du nez et d'éviter toute crainte de mortification du lambeau.
3° Les téguments anaplastiques empruntés au front n'éprouvent pas immédiatement de retrait très-appréciable, et doivent avoir de prime abord la forme la plus régulière et la plus exacte. La période de perfectionnement que nous avons pu admettre pour d'autres anaplasties n'existe pas ici dans les rhinoplasties bien faites. Il faut seulement que le lambeau ait des dimensions un peu plus fortes que nature, et qu'il présente des saillies latérales moulées sur les anfractuosités à combler.
h° On réussit à donner à l'arête du nez une forme mince et triangulaire par l'emploi d'une épingle passée transversalement d'un côté à l'autre du lambeau, un peu au-dessous du point correspondant à l'extrémité inférieure des os du nez, et à 8 millimétrés environ en arrière du bord libre dû à la plicalure longitudinale du lambeau. On commence, pour obtenir la double compression latérale de ce dernier, par engager l'épingle dans de petits disques de carton et d'agaric, qui arc-boutent contre sa tête el répartissent la pression sur une plus large surface. On transperce alors le lambeau, puis de nouveaux disques de carton el d'agaric, que l'on maintient en recourbant sur eux la pointe de l'épingle. L'expérience apprend le degré de force à employer. L'aplatissement trop énergique des deux surfaces opposées du
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lambeau exposerait à des accidents de gangrène; trop faible, l'arête du nez n'aurait pas une minceur convenable. Si une seule épingle ne suffisait pas, on en placerait une deuxième.
5° On peut essayer de donner aux portions du lambeau destinées à reconstituer les ailes du nez la forme triangulaire, afin d'obtenir un bord libre, mousse et permanent par l'adossement consécutif de la peau.
6° Les plaies seront disposées en ligne droite, aux points de réunion du lambeau, sans plis et sans tension, afin d'avoir des surfaces planes et des cicatrices moins apparentes.
7° Les ailes du nez seront moulées et soutenues sur des tubes d'ivoire ou d'argent d'une grandeur convenable, et conservés pendant la cure pour éviter le retrait et l'affaissement du lambeau. Des tuyaux de plume entourés de cbarpie ou d'une étoffe quelconque molle et douce offriraient les mêmes avantages.
Telles sont les règles qui assurent le mieux le succès de la rhinoplastie, si l'on ne considère que les procédés déjà connus ; mais ces perfectionnements, si heureux qu'ils fussent, ne donnaient pas encore, dans les cas les plus graves, des résultats complètement satisfaisants.
Le principal obstacle dépendait de la nature même du lambeau, dont une des surfaces, entièrement sanglante, tendait sans cesse à s'agglomérer et à se confondre en une masse plus ou moins épatée et arrondie.
Dès que le cartilage de la cloison était détruit, l'extrémité du nez, n'ayant pas de soutien, formait corps en arrière avec la plaie supérieure de la sous-cloison, et de là provenaient l'affaissement et l'aplatissement de la pointe du nez.
Il fallait trouver un moyen de donner à la sous-cloison une grande épaisseur et de la revêtir supérieurement et inférieurement d'une surface épidermique pour l'isoler et en empêcher l'adhérence avec la face sanglante ou postérieure de l'arete nasale; il fallait en outre rendre cette sous-cloison assez longue et assez résistante pour qu'elle maintînt en avant la saillie nasale, et la constituer de façon qu'elle fût unie sans difformité au nez et
à la lèvre supérieure.
Tel est le problème que nous nous sommes pose et que nous croyons avoir résolu en doublant le lambeau nasal d un autre lambeau labial, et en les superposant.
Ce procédé est d'une exécution très-facile. Dans un premier temps, on taille comme d'habitude le lambeau frontal, avec la