PRINCIPALE CAUSE DE LA MORTALITÉ DES OPÉRÉS
Les hémorrhagies, les suppurations prolongées, l'affaiblissement, le délire, l'entrée de l'air dans les veines, les> syncopes, l'asphyxie, toutes les complica tions, en. un mot, directes et immédiates des blessures, sont habituellement combattues avec succès et font succomber peu d'opérés.
Les maladies intercurrentes : pneumonies, pleurésie, variole, scarlatine, etc. , tiennent également une faible place dans le tableau de la mortalité générale.
Les vraies causes des terminaisons funestes sont les accidents infectieux. La pyohémie, les intoxications septiquès, putrides gangréneuses, offrent le plus de danger. Les phlébi tes, les angio^ leucites, les érysipèles simples ou épidémiques; le phagédénisme, la diphthénte, présentent aussi des caractères infectieux. Enfin 'le scorbut, la pourriture d'hôpital, le typhus, qui n'atteignent heureusement que les grandes réunions dTiommes (armées en campagne, hôpitaux, prisons), annihilent presque entièrement les ressources de l'art, et font périr, dans quelques cas exceptionnellement funestes, la totalité des opérés.
Nous nous occuperons seulement ici des accidents infectieux journellement observés, et nous les étudierons dans leurs rap-
SÉDILLOT
ports avec : 1° l'étranglement; 2° la rélenlion des liquides; 3° les intoxications purulentes et septiques.
Selon qu'elle comprend ou méconnaît les indications de ces états pathologiques, la chirurgie présente des différences capitales de mortalité.
Nos convictions à cet égard se sont fortifiées par une expérience de plus de vingt-cinq ans, et c'est pour nous un devoir de chercher à répandre des idées et des règles auxquelles nous attribuons la plus grande part de nos guérisons.
Étranglement, rétention, intoxications, existent simultanément ou se suivent et se compliquent. L'étranglement produit la rélenlion et réciproquement. Tous deux sont susceptibles d'amener l'intoxication, qui peut aussi être primitive. Ces affections ont entre elles des liens assez étroits pour être réunies, et nous les exposerons dans leur ordre le plus habituel de développement et de succession.