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qttes doctrinales très-difficiles et très-éloignées encore de toute
solulion définitive.
Virchow a rattaché les tumeurs squirrheuses, encéphaloïdes, colloïdes, épithéliales, au développement primitif des cellules épidermiques, et M. Gornil (1) a réuni dans le même tableau, sous le nom de cancer, toutes les tumeurs constituées pa* une hypergenèse et une hétérotopic de l'épithélium, et y a placé: A. le carcinome, a. fibreux ou squirrhe, ossifiant, colloïde pat place, b. médullaire ouencéphaloïde, hématode ou télangiectode, mélanique, vert ou chloroma, colloïde par places, c. colloïde ou alvéolaire; D. le cancroïde, a. à cellules pavimenteuses, papillaires etacineuses, avec transformation cornée ou colloïde de ces cellules, b. à cellules cylindriques. Le même auteur considère également comme cancers, au point de vue clinique : 1° les tumeurs embryoplastiqu.es et fibro-plastiques; 2° les tumeurs à myéloplaxes et à médullocelles; 3° les enchondromes.
M. Ch. Robin, auquel on doit la description des hétéradénomes (cancer hétéradénique) (2), est disposé de son côté à repousser le mot cancer; c'est à la constitution générale de l'individu, et non au tissu morbide, qu'il faut attribuer, dit ce savant éminent, la gravité ou la bénignité de la marche des tumeurs, d'après laquelle on les déclarerait cancéreuses ou non.
Tous les histologistes reconnaissent qu'il importe d'étudier anatomiquement les tumeurs, afin de les différencier, et d'arriver à en préciser le diagnostic et le traitement.
Mais, en attendant ce moment, que feront les chirurgiens? Accepteront-ils l'assimilation d'un encéphaloïde avec une tumeur épithéliale, d'un squirrhe avec un fibrome? Chacun, à cet égard, conservera ses convictions, mais les distinctions histologiques fondées sur des caractères anatomiques observables fourniront, dans tous les cas, de précieux éléments de diagnose.
Les tumeurs présentent, entre elles, des types parfaitement tranchés, puis des formes de transition moins caractérisées et plus douteuses.
(1) Corail, Du cancer et de ses caractères anatomiques, mémoire couronne (prix Portai), en 18G5, par l'Académie de médecine (Mémoires de rAcaxlémic
impériale de médecine, t. XXVIÏ). , Âmm*
(2) Ch. Robin, Gazette hebdomadaire de médecine d & cktrurgte, 1856.
TUMEURS EN GÉNÉRAL. 451 Toutes les fois que nous rencontrons des tumours remplies de grosses cellules à nucléoles, dont les groupes ou les amas sont à peine séparés par de minces cloisons de tissu connectif, et dont la coupe permet de recueillir une sorte de viscosité (suc cancéreux) susceptible de s'émulsionner avec l'eau, et renfermant une grande quantité des mômes cellules libres, trouvées dans la trame de la tumeur, nous constatons l'existence d'un encéphaloïde. Nous appelons la tumeur squirrhe, si elle est dure, résistante et mêlée à un élément fibreux serré et abondant. Nous distinguons de môme, par leurs caractères pathologiques et histologiques, les tumeurs épithéliales, fibro-plastiques, chondroïdes, graisseuses, sans méconnaître quelques autres subdivisions parfaitement décrites.
Nous nous bornons ici à citer les tumeurs les plus fréquentes et les mieux connues, et personne, parmi les chirurgiens expérimentés, ne sera tenté de les confondre entre elles et de placer sur la même ligne et sous le même nom le cancer, les productions épidermiques et les fibromes. Beaucoup de vieillards portent à la face de petites tumeurs épithéliales, et quelques personnes d'un âge moins avancé présentent parfois de petits boutons épidermiques indolents {noli me tangere).
Le chirurgien qui serait dans ces conditions s'en montrerait peu inquiet, et il serait loin d'une pareille sécurité s'il se savait atteint d'un encéphaloïde ou d'un squirrhe.
Un fibrome peut rester indéfiniment stationnaire, comme on en voit tant d'exemples au corps de l'utérus, mais le diagnostic d'un cancer du même organe conduit à un pronostic bien différent.
La chirurgie n'ignorait pas l'histoire différentielle de ces affections, mais elle ne parvenait pas toujours à les affirmer au lit des malades.
Le microscope est venu l'éclairer, et notre travail de 18&6, grâce à l'habile concours de notre savant collègue, M. le professeur Kûss, en a fourni la démonstration, et nous a conduit à un certain nombre de considérations générales dont la vérité et l'utilité nous semblent être restées entières;
Le danger pour le chirurgien serait d'oublier son art et d'abdiquer l'enseignement des siècles pour s'abandonner à des théories séduisantes sans doute, mais pleines d'illusions.
û52 TUMEURS EN GÉNÉRAL.
Son rôle est de tout rapporter a la clinique, seule juge souverain de l'art, et d'y chercher ses éléments de conviction et de conduite.
Dans ces limites et sans méconnaître la grande importance des recherches histologiques, sans contester même l'espoir d'arriver par elles à une meilleure classification des tumeurs, nous n'abandonnons pas les anciennes divisions créées par une expérience séculaire, tout en nous efforçant de profiter des progrès nouveaux.
La gravité du cancer est généralement en rapport avec la rapidité de l'évolution des cellules, qui avortent dans leur transformation fibreuse ou subissent la régression graisseuse selon la proportion des éléments vasculaires. Les anciens avaient depuis longtemps admis la possibilité pour toutes les tumeurs de se changer en cancer.
C'est dans ce sens qu'à nos yeux les fibromes, les cancroïdes, les enchondromes, peuvent devenir cancéreux, sans l'avoir été dès leur origine ; le microscope peut nous venir en aide dans l'appréciation de ces différents états.
Nous ne dirons rien de la classification des tumeurs de Yirchow (1), puisque cet illustre confrère ne l'a entreprise qu'au point de vue purement histologique et en se défendant d'en avoir recherché les applications cliniques. Celle de M. le professeur Broca est entre les mains de tous les hommes de l'art, et ne restera cependant pas dans la science, malgré les grandes qualités de l'auteur, par suite de l'obscurité et de l'imperfection même de l'histologie pathologique actuelle. M. Broca vient dernièrement d'ajouter à ses descriptions celle des odontomes, tumeurs constituées pas l'épigenèse des tissus dentaires transitoires ou définitifs, déjà signalés en partie par A. Forget(2).
Après une savante étude des conditions étiologiques des tumeurs, Billroth (3) a modifié l'ancienne division fondée sur 1 bénignité ou la malignité de ces affections, et les a placées par
(1) R. Virchow, Palhologie des tumeurs, cours professe à l'université île Berlin traduit de l'allemand par Paul Aronssolm.
(2) Voy. Gaz. hebd., 13 mars 1868. — Broca, Recherches sur u» nouveau aroupe de tumeurs désignées sous le nom d'odontomes. Paris, 1868, iu-8 de 103 p.
(3) Billroth, Éléments de pathologie chirurgicale générale. Pans, 1868.