ÉTRANGLEMENT
a été engagée de force et par pression causant ce genre d'étranglement (anse intestinale chassée au travers d'une craillure aponévrotique, ligamenteuse, musculaire, ou d'une ouverture naturelle).
L'étranglement passif serait constitué par un organe devenu trop volumineux pour l'espace normal qu'il occupait auparavant. Le cordon testiculaire, enflammé et tuméfié, s'étrangle passivement dans le canal inguinal; une hernie se trouve comprimée par un collet, dont les dimensions n'ont pas varié, mais qui est devenu trop étroit en raison de l'inflammation et du gonflement de l'intestin.
La gêne de la circulation veineuse provoque et augmente la stase sanguine, la tuméfaction et les accidents.
Cette distinction de l'étranglement en actif et en passif est, au reste, plus théorique que pratique, et n'a qu'une valeur assez secondaire.
L'étranglement aigu mérite une plus grande attention par la rapidité foudroyante de ses elfets. L'ulcération et la gangrène peuvent survenir en quelques heures, tandis que dans Y étranglement chronique les phénomènes se succèdent ayec lenteur, et sont beaucoup moins dangereux.
L 'étranglement a lieu de dehors en dedans, ou de dedans en dehors.
Le premier est le plus commun, mais le second, quoique moins apparent et moins connu, est tout aussi redoutable.
Une accumulation rapide de sang, de sérosité, de pus, au milieu de tissus plus ou moins inextensibles, est une cause fréquente d'étranglement; comme on l'observe dans le panaris, l'anthrax, les hydarthroses aiguës, les collections de pus et de sérosité purulente, dans des tissus indurés et plus ou moins résistants, dans des cavités closes normalement, ou artificiellement fermées par des bandages, des appareils ou des sutures. Le danger des retentions du sang, de la sérosité et du pus dans les plaies nous a lait, depuis longtemps, abandonner la réunion immédiate à la suite d'un grand nombre d'opérations.
Effets primitifs de l'étranglement. - Arrêts de la circulation capiltaire. - Tous les phénomènes et les accidents de l'étrangleinent trouvent, comme nous l'avons dit, leur principale explication dans la compression des capillaires. Une différence existe cependant entre la compression et l'étranglement. La compression peut être
normale, régulière et utile (bandages élastiques contre les varices). L'étranglement est toujours nuisible et dangereux, à moins qu'il ne soit employé comme moyen de section (ligature) ou de destruction (mortification d'une tumeur). L'étranglement est toujours opposé au libre exercice des fonctions nerveuses, circulatoires et nutritives. C'est une compression exagérée, et presque toujours circulaire, avec des variétés d'intensité. Dans les hernies, l'intestin est ordinairement ulcéré ou mortifié sur le seul point où la constriction a porté le plus violemment.
Tuméfaction. — La tuméfaction des tissus étranglés est le résultat de l'accumulation et de l'arrêt de la sérosité et du sang. L'engourdissement, la coloration bleuâtre, les phlyetènes, les infiltrations séreuses sont consécutifs.
Induration et friabilité des tissus. — La persistance de l'étranglement et la stase sanguine, qui en est la conséquence, s'accompagnent assez vite de l'induration inflammatoire et de la friabilité des tissus. Les fils et les aiguilles à suture ulcèrent et coupent les parties étreintes, qui suppurent et deviennent impropres à la réunion primitive ou immédiate.
Ulcération. — Cette complication est très-fréquente -et offre plusieurs explications. Les points comprimes sont frappés d'une véritable gangrène moléculaire; ou privés de tout élément nutritif, ils sont emportés dans le mouvement de décomposition incessant qui caractérise les êtres vivants; ou bien encore survient une régression graisseuse propre à préparer et à faciliter leur disparition.
Quoi qu'il en soit, l'ulcération est constante dans les étranglements persistants et incomplets, et elle devient, comme nous l'exposerons, une cause d'infections des plus périlleuses, par phagédénisme, diphthérite et transport dans l'économie de liquides purulents ou putrides qui pénètrent dans les lymphatiques et dans les veines ulcérées, ou sont absorbés directement,
Gangrène sèche ou humide, partielle ou totale. — Si la circulation veineuse est complètement arrêtée, les parties se tuméfient considérablement, se refroidissent et se mortifient sous forme de masses gorgées de liquides (gangrène humide, étranglement de la verge dans un anneau, etc.).
Gangrène sèche. — Si les artères ont été seules oblitérées (artérites oblitérantes, embolies artérielles, ligatures), les tissus dirai-