ÉTRANGLEMENT
nuent de volume, durcissent, se dessèchent et résonnent môme parfois comme du bois.
Les membres, comprimés par des bandages trop étroits, présentent, ordinairement, ce genre d'altération. Les vieillards offrent souvent des exemples de gangrène sèche d'une grande lenteur (taches séniles). La peau se dessèche aussi et durcit là où elle a été trop vivement froissée.
Les gangrènes paiHielles sont assez fréquentes et varient beaucoup en étendue et en profondeur, selon une foule de causes.
Les gangrènes totales constituent le sphacèle des membres, dont nous n'avons pas à nous occuper.
Complications consécutives ou secondaires de l'étranglement. — La rétention et l'altération des liquides, les intoxications partielles (érysipèles, lymphites, phlébites, infiltrations locales, etc.), ou générales (infections purulentes et septiques), sont les accidents les plus redoutables de l'étranglement.
Moyens prophylactiques et curatifs. — Les considérations précédentes montrent suffisamment l'extrôme danger des étranglements, et le soin que doit apporter le chirurgien à les prévenir et à les combattre. Nous nous bornerons à signaler quelques-unes des indications qui en ressortent :
1° Donner aux tissus, dont on veut tenter la réunion immédiate, une laxité suffisante pour en éviter la tension et ne pas en compromettre la circulation. On peut alors laisser les sutures en place sans crainte de tuméfaction, d'ulcération ni de gangrène, tandis que les fils et les épingles coupent les chairs et doivent être promptement retirés, sous peine d'insuccès, s'il y a étranglement.
2° Les moyens de suture les plus simples, qui occupent le moins de place (fils métalliques) et ménagent le mieux la circulation capillaire, en répartissant les tractions, nécessaires pour la mise en contact des parties, sur des surfaces plus multipliées, sont les meilleurs.
3° L'application des appareils et des bandages et les procédés d extension continue et de compression s'inspirent des mômes
4° L'urgence des débridements dans le panaris et l'anthrax; de la eduction des fragments osseux étranglés; le danger de com-
d !l , 5Un m°isn0n COntre Ia sailIie des os; l'utilité de varier le decubitus et de prévenir la gangrène des téguments
du sacrum, des ischions et du calcadéum chez les typhiqucs, les paraplégiques, les vieillards atteints de fractures des membres inférieurs; les graves inconvénients de la ligature lente et progressive des tumeurs utérines, vaginales, etc., sont autant de preuves des dangers de l'étranglement et de la nécessité de les éviter ou d'y remédier.