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II. —— ESSENCES OÙ HUILES VOLATILES 1° Définition

Ce sont des liquides volatils entraînables à la vapeur d’eau existant à l’état naturel dans les bois résineux.

Par gemmage, le pin maritime donne une oléorésine et le nom d’essence de térébenthine (8) est donné au produit exclusif de la distillation aqueuse des sucs oléo-résineux extraits des diverses variétés de pin. Ce nom ne peut être donné au produit obtenu par un {raitement quelconque du bois. Nous le dénommerons donc « essence de pin ».

En France, on ne produit peu ou point ce liquide industriellement. En Suède et en Russie on extrait des conifères une essence appréciée et en Amérique 10 % des produits résineux viennent des arbres morts. Aussi, avons-nous recherché la quantité et la qualité des produits fournis par le pin maritime.

2° Dosage.

La méthode classique de dosage de l'essence de térébenthine est l’entraîinement à la vapeur d’eau. Pour le bois, nous avons traité à l’autoclave les copeaux (5 à 10 kilogrammes) par la soude — 8 % du poids de bois sec. On reçoit dans un réfrigérant un courant de vapeur tiré de l’autoclave jusqu’à ce qu'il ne passe plus d'essence. Une cuisson de 4 à 5 heures est en général nécessaire. Le distillat est recueilli dans une ampoule à décantation graduée à la partie inférieure, Le volume d’essence

recueillie multipliée par 0,88, donne le poids d’essence de pin.

W. Schorger (1) donne une méthode analogue au dosage des produits volatils de la gemme. On chauffe au bain d'huile de la sciure de bois à 150° et on fait passer un courant de vapeur.

Etant donné que le pin maritime fournit assez peu de produit entraînable, nous croyons que notre méthode est préférable dans l'analyse du bois.

3° Teneur du pin maritime.

Les résultats trouvés pour les parties aériennes de Parbre, sont donnés au tableau I. Les aiguilles, les bourgeons, les pommes donnent une essence d’odeur très agréable. Elle est peu employée jusqu'ici comme le sont les essences de sapins ou des pins américains en pharmacie. Le rendement de 0,2 est peu intéressant et il faudrait que le produit soit précieux pour rendre son extraction rémunératrice,

A) Essence d’aiguilles. — Nous avons analysé un échantillon de 25 cc. recueilli dans une cuisson à l’eau pure d’aiguilles ramassées au début du mois de mai. La petite quantité obtenue ne nous a pas permis d'en faire une distillation fractionnée (1).

Papi 16057. n;j — 1,1803 Ds; — 0,87306 | av | — — 18°63 ny — 1,4807 |[ail= —invis. ni = 1,4850

Indice d’éther 10,9 Indice d’éther après acétylation 17,1

Cette essence contient un ou des alçools partiellement éthérifiés. Il y a 3,8% d'alcool éthérifié et 5,47 % d'alcool non éthérifié, soit un total de 9,27 %.

(1) Dans ce tableau comme dans les suivants : yj nj se rapportent à La raie jaune du mercure; 4gv nv à la raie verte, œi ni à la raie indigo.

MDN

Nous avons recherché ce corps par la méthode du phtalate acide :

/€C00, Co H1 CH:

COX, ere *6 1. 10117 2 —VOUIETS CS H O + C'H CON CRE GTS

NCO/

En fin d'opération, nous avons obtenu quelques centigrammes d’alcool : l’odeur est celle du fenchol, puis, après quelques jours, celle du bornéol prédomine.

Il est regrettable que la petite quantité disponible n’ait pas permis une analyse plus complète, car les alcools présents sont d’odeur extrêmement agréable et il n’est pas impossible que l’alcoo! phénylétique y existe. Grimmal (10) prétend d’aïlleurs qu’il se trouve dans l’essence d’aiguilles de pin d’Alep d’Algérie.

L'spinène fut identifié par son nitrosochlorure F = 103° et le $ pinène par oxydation permanganique donna un nopinate de sodium. L’acide fondait à 126-127°. W. Schorger (11) a étudié très soigneusement les essences d’aiguilles des pins américains et pour le Pinus Palustris dont l’essence de térébenthine se rapproche le plus de lessence française, il a trouvé 12 % environ d’alcool.

B) Tronc. — (Cf, tableau 1); la teneur varie de 0,3 à 0,9 % pour les arbres jeunes.

Un arbre gemmé contient trois fois plus d’essence qu’un arbre non gemmé et plus l’arbre vieillit plus il s'enrichit en essence.

Essence de tronc. — Un échantillon de 200 grammes environ d'essence ainsi extraite a été soumis à la distillation à l’aide d’un tube de Vigreux.

Les trois premières fractions recueillies sont semblables à celles que lon recueille en fractionnant l’essence de térébenthine. En queue, passe le produit dénommé « huile de pin », que nous retrouverons plus loin. Cette essence est incolore, mais a

PE es

x , | i Fractions | Températures |Proportions di;

| recueillies 4j

1Spoutte » | 80° 1 | 154—159 50cc 0,866 99,97 2 | 159— 164 50 0,869 — 39,09 3 | 164—170 50 0,871 — 37,70 4 170—230 50 0,985 — 25 35 5 au-dessus de 230, 10 » — 19,35 6 résidu | 5 » »

Essence totales EEE » — 33070

une odeur particulière qui persiste après la distillation, La dispersion rotatoire est sensiblement égale à celle de l’essence de térébenthine

| (e 4j | di:

Tête.....| —39041 | 0,865 Cœur....| —27025 | 0,871 Queue. ..| —16°83 | 0,950

Pour la fraction (1)

2 —1,127 et pour l'essence vraie 2 1,124

Le produit de queue est analogue au « pine-oil » américain. Teeple (12) a trouvé dans ce produit 80 % de terpineol C10H170, En partant de ce produit, nous avons préparé l’hydrate de terpine C10H2002 + H20 par la méthode de Tiemann et Schmidt (13). On agite l'huile avec de l'acide sulfurique à 5%. Au bout de trois à quatre jours, l'hydrate cristallise et s’identifie par son point de fusionuF= 117"-118?.

Le rendement est sensiblement égal à celui que fournit l'essence de Bordeaux.

c) Souches. — (Voy. Tableau VI). Les vieilles souches présentent une forte teneur en essence et il apparaît nettement un accroissement considérable avec le temps. Pour expliquer ces faits, diverses hypothèses ont été émises : (9).

a) Pendant l'attaque de la souche, il semble que la résine recule et produit ainsi une concentration.

b) La souche continue à vivre et transforme ses vivres en résine destinée à la défendre.

Cette seconde hypothèse est rendue plus admissible à la suite de ces dosages d’essence. En effet, s’il y a concentration, il doit y avoir perte d’essente, or, nous avons une proportion d'essence supérieure à la normale par rapport à la teneur en résine. De plus, nous remarquons que dans une telle souche, la moitié du bois environ est pourri. La quantité totale des produits résineux dans le reliquat est bien supérieure à celle qui existerait par concentration et qui serait à peu près le double de la teneur initiale. Enfin, le bois sain a tous les caractères du bois vivant et il est séparé de la partie attaquée par une zone de bois sec. D'ailleurs, la souche provenant du bois mort avant abattage pourrit très rapidement et ne contient que 1,52% de malières extractibles.

Essence de souches. Nous avons soumis un échantillon à la distillation fractionnée à l’aide d’une colonne Dupont. Les résultats sont réunis ci-des-

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