‹ Contributions à la faune malacologique francaise (volume 2)Chapitre 12 sur 39 · DE LA FAMILLE CE · texte numérisé non relu

DE LA FAMILLE CE

DES BUCCINIDÆ

PAR

ARNOULD LOCARD

ne LYON D IMPRIMERIE PITRAT AINE P - 4, RUE GENTIL, À

MONOGRAPHIE DES ESPÈCES

DE LA FAMIILE

)ES BUCCINID Æ

publiant, il y a quelques mois, notre Prodrome de Mulacologie aise (1), nous n'avons pas eu la prétention de donner un catalcgue if, ne varietur, de toutes les espèces marines qui constituent la des côtes de Francr. Comme 1l n'avait été dressé aucun travail de ire depuis plus de trente années, ct que la malacologie avait fail ‘elle époque d'incontestables progrès, il nous a paru intéressant de er rune liste raisonnée, aussi comp'ète que possible, de tout ce qui onu jusqu'à c- jour ; en agissant ainsi, nous nous réservions de érieurement, pour la faune marne, ce qui avait été fait, en partie, 4 aune terres're et des eaux douces, c’est à-dire, d'étudier i “ement, et avec tout le d'velopnpement nécessaire, les différentes , genres ou groupes litigicux ou mal compris. À notre savant ami, M. le D' Servain, vient de publier une étude col Du. sur nos Patel'idæ (2), et nous savons que ce premier

rd, 1866. Prodrome de malacologie française, Mollusques marins,1 vol. gr in-8 vain, 1886. Étude sur les Putellidæ des mers d'Europe, À vol. in-8.

travail, si consciencieusement étudié, sera bientôt suivi d’autres … monographies de même nature. Aujourd'hui, nous nous proposons de faire une revision des espèces comprises dans la famille des Buccinidæ. Prenant donc pour base les espèces indiquées dans notre Prodrome, . nous avons étudié à nouveau chacune de ces formes, en nous reportant, autant que possible, aux types mêmes des auteurs. Nous donnerons ainsi des descriptions complètes et surtout comparatives de toutes les espèces de cette famille, telles que nous les comprenons, en ayant bien. soin d'établir les rapports et différences qui existent entre chacune de ces différentes formes. L

Le nom de Buccinum, était, comme on le sait, déjà en usage chez les Romains ; c'était le xäouë d’Aristote et des Grecs. Pline paraît être le” premier auteur qui ait fait usage de ce nom ({). Il s’appliquait à toutes" les coquilles de Gastéropodes enroulées en forme de trompette (buccina), et avait pour prototype soit la grande coquille méditerranéenne que nous nommons aujourd'hui Tritonium nodiferum de Lamarck (2), coquille « Lee peut servir en effet de trompe ou trompette (3), soit les espèces servant & la fabrication de la pourpre, tels que les Murex et les Purpura.

Ce même nom, conservé au moyen âge et chez les auteurs du xvi siècle qui ont précédé Linné, s’est alors peu à peu étendu à des” formes exotiques, de telle sorte qu’il serait assez difficile de lui assigner aujourd’hui les véritables limites sous lesquelles il était alors compris:

Linné, dans sa dixième édition, et dans les édition suivantes, tout en restreignant et ordonnant d’une manière rationnelle le nombre des espèces réunies dans cette famille, lui laisse encore des limites qui paraissent, hors de proportion. Aussi, sans nous étendre davantage sur cette. histoire déjà par trop ancienne, arriverons-nous de suite aix auteurs moder:es, pour discuter avec eux les limites qu'il importe d’assigner à la farnille des Buccinidæ. à

Et d’abord quel est le véritable type qu'il convient de prendre pour cette famiile? Évidemment pour Pline, le créateur du nom, c'était une forme méditerranéenne. Aujourd'hui tous les malacologistes paraissent. d'accord pour prendre comme type le Buccinum undatum, de Linné ( ),

(1) Pline. Buccinum minor concha, ad simulitudinem ejusque buccini sonus editur (lib. 1X, cap. Lx1, 1). à

(2) Trilon nodiferum, de Lamarck, 1822, Anim, sans vert., VIT, p« 179.

(3) A. Locard, 1884. Histoire des Mollusques dans l'antiquité, ps 89.

(4) Buccinum undatum, Linné, 1758. Systema naturæ, édit. X, p. 740.

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> bien caractérisée, à l'égard de laquelle il ne saurait y avoir la ndre discussion. Mais déjà, comme on le voit, nous sommes en ei sd l'arbitraire, puisque très vraisemblablement Pline n’a pas nn a, où n'a connu que d'une manière purement accidentelle cette e océanique, et que, par conséquent, ce n’est pas pour elle qu’il er éé ce nom de Buccinum.

int donc de cette donnée arbitraire, mais pourtant admise par a le monde, voyons quelles sont les formes qu’il convient de ranger Hour du Buccinum undatum.

: ef ï eys, dans son British Concholoay (1), comprend dans la famille des uccinidæ, les genres Purpura et Buccinum. Il la place entre la famille »s | ÉCerithiopside e' celle des Muricidæ. C’est après cette dernière famille "il il indique la famille des Nassidæ, renfermant le seul genre Massa, uivie des Colombellidæ. I faut avouer que c’est là tenir bieu peu compte s significations premières données aux noms, car parmi le petit nombre D créés ou adoptés par Pline se trouvent précisément les num et Purpura qui nous paraissent constituer deux groupes bien rents. En outre, puisque les Nassa ont été démembrés des Buccinum, ks oi les en séparer par la grande famille des Muricidæ ? oo dward sous le nom de Buccinidæ comprenait dans le principe mbre considérable de genres, parmi lesquels nous voyons figurer imment les genres Ringicula, Cassidaria, Harpa, Oliva, Ancillaria, etc. E.. le système de Pline ou d’Aristote., Mais plus tard, dans dernière édition (2) ce même auteur assigne à la famille des midæ des limites plus restreintes et plus rationnelles, dans lesles nous trouvons nos genres Buccinum, Nassa et Cyclonassa. Ici ds passe dans une autre famille voisine, celle des Pur- ET, LG. W. Tryon (3) propose un autre mode de classification. Il € L famille des Buccinidæ, et la divise en six sous-familles, dont l’une le nom de Buccininæ renferme le genre Buccinum. Cette même le des Buccinidæ contient également dans différentes sous-familles enres Neptunia, Pisania, Euthria, etc. La famille suivante, celle des dæ, renferme nos genres Nassa et Nerilula. Dans cette classification, ( De sont donc en réalité placés assez loin des véritables Buccinum.

, 1807. British Conchology, t. IV, p. 278.

Ward, 1870. Manuel de conchyliologie, p. 533. Tryo 1883. Structural and systematic Conchology, t. M, p. 133.

Quant aux Amycla, ils ne sont admis que comme sous-genre des. Columbellidæ. |

M. le Dr P. Fischer, dans son Manuel, a suivi à peu près le même mode . de groupement (1); il admet les deux familles des Buccinidæ et des ‘Nassidæ, range avec le genre Buccinum les genres Pisania, Euthria et Neptunia dans la première de ces famille*, et donne comme sous-genre des Nassa, dans la seconde, les Amycla et les Cyclonassa ou Neritula.

En résumé, nous voyons que les auteurs les plus récents tendent à séparer les Nassa des Buccinum. Cette manière de faire ne nous paraît pas logique. En effet, nous savons que les Nassa ont été démembrés en totalité des Buccinum de Linné et de Lamarck ; ils ont donc de ce chef déjà une incontestable affinité. Mais en outre, si l'on compare les animaux de ces deux genres, on voit qu'ils présentent en somme très peu de différence. Bien mieux, si l’on veut faire usage de la disposition de la radule pour établir la classification des Gastropodes, système bâtard que nous ne saurions admettre, on reconnaîtra avec M. le D' P. Fischer que la famille des Nassidæ « diffère des Buccinidæ, surtout par la dent centrale de sa radule arquée et finement pectinée ». Chez les Nassidæ « le nombre des denticulations varie de huit à dix, tandis que chez les Buccinidæ il oscille entre trois et sept » (2). Sont-ce là des caractères « suffisants pour établir deux genres? Nous ne voyons en somme aucune raison bien sérieuse pour séparer les Nassa des Buccinum.

Ceci étant admis, les autres genres ont leur place toute indiquée; mais reste à savoir s’il convient de les considérer comme genre ou comme sous-genre. Dans notre Prodrome nous n'avons pas fait usage des suusgenres qui nous paraissent surcharger inutilement la nomenclature; nous n'avons en outre, comme On a pu le voir, reconnu qu'un nombre de genres relativement limité, par rapport à la tenJance du jour qui au contraire cherche à multiplier ces coupes génériques. Nous n'avons donc, dans la famille des Buccinidæ admis que cinq genres seulement: Neritula,« Sphæronassa, Nassa, Amycla, Buccinum, dont nous discuterons l’importance et la valeur daus chacun des chapires qui leur sont relatifs

Quant au nombre des espèces, il paraîtra sans doute considérable. C'est là un fait que nous regrettons tout le premier, et cela pour bien des. raisons trop longues à énumérer ici. Mais une étude attentive et COnSEM

(1) P. Fischer, Manuel de conchyliologie, p. 625 (2) P. Fischer, Man, conch., p. 638.

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u: J des types même des auteurs, .types que nous sommes allés prue dans les anciennes collections, nous à conduit à distin-.

T puce. Où remarquera que la plupart de ces espèces étaient déjà , dé écrites ou figurées ; et pourtant le plus grand nombre en était ympris et prêtait dès lors à la confusion. Plusieurs dénominations it double emploi et devaient dès lors être modifiées. Enfin, parmi reux matériaux dont nous avons dù faire usage pour mener à sn nc recherches, nous avons pu constater l'existence de queles qui nous ont paru nouvelles.

{ con donc, grâce à cette longue étude, apporter un peu e dans un des chapitres jusqu'alors des plus obscurs de la pie francaise.

Genre NERITULA , Plancus.

Plancus, 1739, Conch. min. not. 27.

Descriprion. — Coquilles d'un galbe semi-orbiculaire, très fortement « déprimées, obliques, convexes en dessus, presque planes en dessous. de Test complètement lisse et luisant. — Spire très déprimée, presque nulle, à tours peu nombreux, les premiers en partie recouverts par le dernier. — Ouverture très oblique, subquadrangulaire ; labre lisse, épais et réfléchi extérieurement; callum très épais, très développé, couvrant toute la face aperturale, — Opercule petit, corné, arrondi. ‘4

OBSERVATIONS, — L'espèce type de ce genre avait été rangée par Linné (1), de Lamarck (2), Kiener (3), etc., dans le genre Buccinum. De Montfort (4) paraît être le premier auteur qui, postérieurement à Linné, ait proposé de les séparer des Buccins, sous le nom générique de 4 Cyclops. Ce même nom, ayant été employé antérieurement par Fabricius 1 pour un genre de Crustacés, ne peut être maintenu. Il en est de même du nom de Cyclope proposé par Risso (5). En 1817, L. Schumacher (6) fit le genre Nana, tiré du Fabula nana, nom donné par Chemnitz (7) à ce même type. Swainson, en 1840 (8), proposa le nom de Cyclonassa, que nous retrouvons chez plusieurs auteurs modernes. Mais MM. H. et A. Adams ayant rappelé que Plancus, dès 1739, avait dis'ingué cette même forme sous le nom de Neritula, c'est ce dernier nom qu’il convient d'adopter définitivement d’après les règles de la priorité. Rappelons à ce propos que si les noms spécifiques ne doivent pas, d’après les con-

(4) Linné, 1758. Syst. nat., édit. X, p. 738, no 399.

(2) De Lamarck, 1822. Anim. sans vert , NII, p. 279. — 2e édit., X, p. 184. (3) Kiener, 1835. Cog. viv., Buccin., p. 403.

(4) Denys de Montfort, 1810. Conch. syt., II, p. 370

(5) Risso, 1826. Hist. nat. Eur. mérid., IV, p. !69.

(6) Schumacher, 1817. Mouv, syst., p. 295.

(7) Chemnitz, 1781. Conch. Cab., NV, p. 72.

(8) Swainson, 14840. Treat. malac., p. 69, 300.

ons admises, remonter au delà de 1758, c'est-à-dire au delà de la » édition de Linné, dans lesquelles la méthode binominale fait tablement loi pour la première fois, il n’en est pas de même pour les > genres ; ceux-ci sont pris chez les auteurs même les plus anciens, le par exemple les noms : Argonauta, Loligo, Sepia, Buccinum, etc. gant au genre Nanina, créé par Risso (1), il est reconnu aujourd'hui fan le faire rentrer dans la synonymie du Neritula nana, ce genre pliquant à des jeunes individus de cette même espèce.

| s le genre Neritula, la forme de la coquille est telle, qu’il paraïrait nier abord, nécessaire d’en faire une famille à part, mais l'animal il très sensiblement le même chez les Neritula et chez les Nassa, il vient de rapprocher ces deux genres. Cependant si l'étude des n ni x conduit à un pareil rapprochement, nous ne saurions admettre, ime l'ont proposé certains auteurs, que l’on fasse des Neritula un ple sous-genre des Nassa (2). Avec M. G. W. Tryon (3) et quelques res naturalistes nous maintiendrons donc le genre Neritula, et nous serirons en tête de la famille des Buccinidæ.

e) que nous l'avons envisagé, le genre Neritula comprend seulement S espèces appartenant à un groupe unique dont le prototype est icien Buccinum neritum de Linné, dont nous avons dû modifier le par suite de considérations que nous exposerons plus loin.

NERITULA NANA, Chemnitz.

n 'neriteum, Linné, 1758. Syst. nat., édit. X, p. 399. — Kiener, 1835. Coq. viv., Bucr. K op. 103, pl. XXIX, fig. 120. — Kuster, 1858. Zn Martini etChemnitz, Conch. Cab., Bucc, P. 29, pl. VI, fig. 22 à 27.

la nanæ, Chemmitz, 1781. Conch. Cab., V, p. 72, pl. CLX VI, fig. 1602. ps asterizans, de Monifort, 1810. nan. sysl., I, p. 371. ne tea, Schumacher, 4817. Nouv. syst., p. 226. pe e” toidea, Risso, 14826. Hist, nat. Eur. mérid., IV, p. 170. eritea, Petit de la Saussayc, 1852. In Journ. conch., VII, p. 200. -— Reeve, 1853. Zcon. 4 conch., pl. XXXIIT, fig. 155.

s nerileus, Chenu, 1859. Man.conch., 1, p. 165, fig. 789 à 791. 1 4 nerilea, Brusina, 4866. Contr. fauna Dalm., p. 65. — kucquoy, Dautzenberg et Dollfus, 4882. Mol. Rouss., p. 59, pl. XI, fig. 21-25. — Locard, 1886. Prodr. malac. … francs. p. 131.

dre,

Ri-50, 1829. Loc. cit, p. 150.

#1 « + LA Man. conch., p. 634.

G W.Tryon, 1883. Struct. system Conch., I. p. 459.

PTT

Cyclope neriteus, Weinkauff, 1868. Conch. mittelm., IE, p. 53. Cy:lops neriteum, Clément, 1873. Cut. moll. Gard, p. 8. Cylonassa neritea, de Monterosalo, 1878. Enum. e sinon., p. 43.

Descriprion. — Coquille fortement déprimée, d’un galbe suborbicu- M « laire, un peu oblique, convexe-arrondie en dessus, plane en dessous. — Test solide, épais, subopaque, lisse, brillant. — Spire peu élevée, composée de quatre à cinq tours ; les premiers peu saillants, méplans, à croissance lente et régulière ; le de-nier très développé à croi-sance rapide, surtout à son extrémité, à profil légèrement arrondi dans le haut, subanguleux dans le bas, et méplan en dessous. — Suture linéaire, confuse chez les premiers tours. — Sommet très obtus, avec les tours L embryonnaires presque toujours usés. — Ouverture très oblique, subquadrangulaire , labre épais, réfléchi à l'extérieur, lisse à l’intérieur un peu saillant en dedans et en dehors vers la suture; columelle arquée, tronquée à la base; callum très épais, s'étendant sur tout le dessous de ” la coquille ; canal très court, ouvert, aussi large que profond. — Coloration d’un b'anc jaunâtre ou roussâtre, avec des linéoles brunes ou d’un roux plus foncé disposées sous forme de réseau ou de marbrures irréguhières ; bande infra-suturale plus ou moins large, toujours plus foncée, discontinue ou marbrée; bande basale plus claire, plus étroitement flammulée. — Opercule petit, corné, arrondi, d’un brun roux.

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