‹ Contributions à la faune malacologique francaise (volume 2)Chapitre 27 sur 39 · DE · texte numérisé non relu

DE

un, O. flammea, O. incarnata et O. versicolor de Gmelin, qui ne seraient que de simples variétés d’un type assez variable, au moins sous le rapport de la coloration. Les auteurs ne sont du reste pas absolument d'accord au sujet de ces prétendues espèces de Gmelin. Reeve exclut de Ja liste que nous venons de donner les Ostrea aculeata et O. subrufa. -Weinkauf® (1), au contraire, les admet toutes. Il est bien difficile aujourd'hui de se rendre un compte exact de la valeur de ces différentes espèces ri ne sont, en somme, basées que sur des manières d’être plus ou noins accidentelles de la coquille, et non pas sur de grandes séries. C’est iinsi que Gmelin range les trois premières de ces espèces, les Ostrea muricata, O. punctata et O. aculeata dans le groupe de ses auriculis “æqualibus, tandis que les six autres espèces sont pour lui des auriculis equalibus.

Les Ostrea muricata, O. punctata, O. aculeata et O. subrufa de Gmelin ic us semblent être, plus encore d’après les références (2) que d’après la “description, de véritables Pecten varius; l'Ostrea muricata serait une Du et belle coquille de galbe un peu large, sila figuration de Gualeriest exacte. L'Ostrea subrufa, malgré sa grande taille, est représenté bise sans épines sur les côtes. L'identification de l’Ostrea mustellina st plus douteuse, la figuration de Gualtieri laissant singulièrement à ‘à Quant aux Ostrea flammea, O. ochroleuca et O. incarnata, ils >résentent des var. minor du Pecten varius. Il est probable que la forme figurée par Gualtieri pour l'Ostrea flammea (4) se rapporte à une coquille qui n’est point adulte, à en juger d’après la manière d’être de son test et de son galbe particulièrement allongé, Quant à l'Ostrea versi-

color, il figure deux fois dans l'ouvrage de Gmelin : une première fois

e une forme très mal interprétée par Bonani (5),et une se. onde 4 pour un Pecten varius de pete taille très bien représenté par zenfuss (7).

(1) Weinkauf, 1867. Conch. mittelm., 1, p. 248.

Ph Ostrea muricala, Gualtieri, 1742, Indeæ Test, pl. LXXHII, fig. I.

..— punclala, Guallieri. Loc. cit., pl. LXXIV, fig. G.

.— aculeata, Gualtieri. Loc. cit., pl. LXXIV, fig. H.

À — subrufa, Lister, 1685. Syn. mélh. conch:, pl CLXXX, fig. 17.

(8) Guaitieri. Loc. cit., pl. LXXIV, fig. S.

) Guallieri. Loc. cit., pl. LXXIV, fig. V

(5) Gmelin, 1789. Syst. nat., édit., NTTR p. 3319. — Bonani 1782, Mus. Kircher., pl. VI, ue.

® Gmelin, 1789. Loc. cit., p. 3331,

Regenfuss, 1758. Auser!, Schneck, Musch., pl. XII, fig. 64.

Lu EU:

Il faut également rapporter au Pecten varius le P. monotis de Da Costa. Cet auteur en a donné dans son atlas plusieurs bonnes reproductions.

Chez les auteurs modernes, il existe un grand nombre de bonnes figurations du Pecten varius. Nous indiquerons notamment celles de Sowerby, de Reeve et d’'Hidalgo.

DEscripTion. — Coquille de taille assez forte; galbe général subovalaire, un peu haut, comprimé, subéquivalve, subéquilatéral. — Région antérieure haute, un peu étendue, presque aussi développée que la région postérieure; lignes apico-antérieure et postérieure subégales, presque droites ou très légèrement concaves, atteignant sensiblement au tiers de la hauteur totale; bord inférieur bien arrondi, un peu étroit. — Sommets très acuminés, assez saillants. — Oreilles très inégales ; les postérieures hautes, très courtes, un peu obliques; les antérieures très allongées : celle de la vaive inférieure étroite, fortement échancrée:; celle de la valve supérieure haute, à profil externe ondulé; sinus byssal très large et très profond.

Valve supérieure notablement plus bombée que la valve inférieure, avec le maximum de bombement reporté environ aux deux cinquièmes de la hauteur totale, progressivement et lentement atlénué jusqu'à la périphérie; bord basal finement ondulé; sur chaque valve de 28 à 36 côtes longitudinales, subégales, très étroites, arrondies, assez saillantes, parfois un peu anguleuses à l’origine, puis à peine méplanes vers le maximum de bombement des valves, saillantes, étroites, bien arrondies à leur extrémité, laissant entre elles des espaces intercostaux profonds, très sensiblement égaux à la hauteur et à l'épaisseur des côtes; sur toutes les côtes, des imbrications saillantes, arrondies à la base, acuminées dans le haut, creusées en dessous en forme de tuiles, inéquidistantes, disposées en lignes concentriques plus ou moins parallèles et régulières. — Intérieur ondulé, presque lisse sous les sommets, profondément crénelé au bord basal. — Sur les oreilles, des côtes rayonnantes peu saillantes, rapprochées, avec des imbrications peu développées, surtout sur l'oreille postérieure de la valve supérieure. |

Test un peu mince, solide, subopaque, paraissant lisse ou presque lisse sur les côtes ctentre les imbrications, orné dans les espaces 1ntercostaux de stries longitudinales très fines, irrégulières, très rapprochées, discontinues, couttes, très flexueuses et disposées obliquement par rapport aux côtes, recoupées par des stries décurrentes encore plus fines, discon-

tinues, visibles seulement au fond des espaces intercostaux ; parfois deux Q « trois lignes d’accroissement concentrique, généralement peu marquées. = Coloration très variable, sensiblement la même sur les deux valves, le # s souvent monochrome, parfois avec des zones marbrées ou chagrimées. — Intérieur brillant nacré, participant de la coloration extérieure.

… Dimensions. — Hauteur, 40 à 55; largeur, 35 à 45; épaisseur, 14 à 16 millimètres.

. OservarTions. — Le Pecten varius varie peu dans son allure générale. Sa taille est plus ou moins grande; nous avons donné ses dimensions m oyennes ; mais il existe des var. major et minor. Son galbe parait être iSsez constant. Pourtant il nous semble qu’en moyenne les individus de | 1 Méditerranée ont une tendance à être un peu plus larges et un peu plus pe lits que ceux des côtes océaniques et de la Manche. L'ornementation t très variable et ces variations semblent plutôt individuelles, car dans ie méme colonie, nous avons observé des individus à nombre de côtes ariable, à à imbrications plus ou moins fortes, et à coloration très diffé -

ra k

ren a,

} Le nombre des côtes varie de 22 à 40. Les individus qui ont moins de 26 à 28 côtes sont très rares ; de même ceux qui en ont plus de 36. Ces variations dans le nombre des côtes ne nous paraissent avoir aucun raprt avec la coloration ou avec la latitude de l'habitat. Cependant les jariétés blanches ont ordinairement moins de côtes que les autres. En gééral, moins les côtes sont nombreuses, plus elles sont saillantes ; dans is les cas, elles conservent toujours leur caractère de régularité et restent uidistantes. Suivant les milieux, les imbrications sont plus ou moins ‘4 es et surtout saillantes; dans les milieux très tranquilles elles sont ouvent très hautes, très pointues à leur extrémité; mais dans ce cas, elles araissent perdre un peu de leur régularité dans leur position réciproque. Au contraire, dans les milieux agités elles sont beaucoup plus courtes et vent plus nombreuses et plus rapprochées; parfois même elles aissent complètement.

| Nous avons dit que chez cette espèce le sinus byssal était très rand. C’est qu’en effet, chez le Pecten varius le byssus est en général ès fort et très développé; d'après M. P. Fischer (1), la formation de ce L is est extrêmement rapide; l'animal, après l'avoir filé, peut l’aban-

ce

LL P. Fischer, 1867. Zn Journ., conch,, XV, p. 108.

donner très facilement, et il semble utiliser cette facilité pour se déplacer à volonté.

VaRiËTÉS. — Major. — Coquille de grande taille, atteignant et dépassant 60 millimètres de hauteur (1).

Minor. — De petite taille, n'atteignant pas 40 millimètres de hauteur.

Strangulata. — D'un galbe relativement très étroit (hauteur, 88; largeur, 80 millimètres).

Rotundata. — Galbe arrondi, presque aussi large que haut.

Lævigata. —- De toutes tailles, sans imbrications saillantes.

Arzella, de Gregorio (2). — De même galbe, mais avec des côtes plus nombreuses (3). |

Gapera, de Gregorio. — Galbe plus déprimé, plus arrondi, à 28 côtes, oreilles très inégales, épines très saillantes, coloration violacée (4).

Rubra, Scacchi (5). — D'un beau rouge vif, monochrome, ou avec quelques zones concentriques plus pâles.

Aurantiaca, Clément (6). — D'une belle couleur orangé, monochrome, ou avec quelques zones concentriques plus pâles.

Violacea, Clément. — D'un violet plus ou moins foncé, monochrome.

Ferruginea. — D'un rouge ferrugineux, plus ou moins foncé.

Fulva, Clément. — D'un jaune pâle, un peu rosé, monochrome.

Lutea, Scacchi. — D’un jaune paille tantôt un peu pâle, tantôt très vif.

Rosacea. — D'un joli rose pâle, souvent marbré de blanc ou de rose plus foncé.

Alba, Scacchi. — Complètement blanche.

Grisea, — D'un gris pâle, un peu rosé sur les sommets.

Atra. — Complètement noire.

Zonata. — De toutes nuances, avec des zones concentriques de même couleur, mais plus ou moins teintées, avec les bords mal définis.

Maculata. — De toutes nuances, avec de petites marbrures ou des mouchetures alternativement plus claires ou plus foncées.

(4) 1 existe dans les collections du Muséum de Paris une valve d'un individu provenant de la Manche qui mesure 83 millimètres de hauteur et 82 de largeur; il compte de 98 à 32 côtes. Weinkauff (Conch. mittelm., I, p.249) cite un individu d'Algérie qui mesure 90 millimètres de haut et 80 de large, et qui n’a que 36 côtes.

(2) De Gregorio, 1881-85. Stud. alc. conch. médil., p. 189.

(3) Reeve, 1853, Icon. conch., Pecten, pl. XX, fig. 102, a.

(4) Reeve, 1853. Loc. cit., pl. XXV, fig. 109, b.

(5) Scacchi, 1836. Cat. reg. Neap., p. 2.

(6) GC. Clément, 1875. Cat. moll, Gard., p. 26.

| RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. — Par son galbe et son ornementation, cette . espèce ne peut être rapprochée d'aucune de celles que nous venons d'itudier jusqu’à présent.

HagrraT. — Commun ; sur toutes nos côtes.

PECTEN NIVEUS, Macgillivray.

LE Pecten niveus, Macgillivray, 1835. In Edinburg nat. and phil. journ., XI, p. 166, pl. HE, | fig. 1. — Brown, 1844. ZI. conch., p. 74, pl. XXIV, fig. 46. — Sowerby, 1847. Thes. conch., Pecten, p. 77, pl. XIX, fig. 223, 224.— Forbes et Hanley, 1863. Brit. Moll., I, p. 276, pl. L, fig 2; pl. S, fig. 8. varius (var. nivea), Jeffreys, 1863. Brit. conch., I, p. 54, pl. XXII, fig. 2, a.

- Historique. — Ceite espèce doit avoir été longtemps confondue avec … le Pecten varius. Sans doute la retrouverait-on dans une des nombreuses - figurations fort incomplèt: s de Gualtieri, que Deshayes (1) et plusieurs autres auteurs ont essayé de rattacher au Pecten varius. Macgillivray est Je premier naturaliste qui lait nettement distinguée. Après lui, Brown, Sowerby, Forbes et Hanley, etc., en ont donné de bonnes figuralions. - Jeffreys croit devoir la rattacher au Pecten varius à titre de variété. Mais celle espèce, non seulement par son ornementation, mails encore par son galbe en est tellement distincte qu’il nous paraît difficile de suivre le - savant auteur anglais dans cette voie.

… Descriprion. — Coquille de taille assez grande; galbe général subarrondi, un peu haut, comprimé, subéquivalve, subéquilatéral. — Région antérieure haute, un peu étroite, presque aussi développée “que la région postérieure ; lignes apico-antérieure et postérieure allon- “gées, légèrement concaves, subégales, atteignant aux deux cinquièmes de la hauteur totale ; bord inférieur bien arrondi. — Sommets acuminés, Saillants. — Oreilles très inégales : les postérieures très courtes, à bord extérieur très oblique; les antérieures allongées, celle de la vaive infénieure très étroite, fortement échancrée ; celle de la valve supérieure haute, à profil légèrement ondulé; sinus byssal assez large, très peu profond. — Valve supérieure un peu plus bombée que la valve inférieure, avec le maximum de bombement reporté aux deux cinquièmes de la hauteur “otale, progressivement et très lentement atténué jusqu’à la périphérie ;

— (1) Deshuyes, 1836. Anim. sans. vert, VII, p. 447.

bord basal très finement ondulé ; sur chaque valve de 45 à 56 côtes longitudinales, subégales, très étroites, arrondies, assez saillantes, très fines à la naissance, laissant entre elles des espaces intercostaux profonds, à peine un peu plus étroits mais aussi accusés que les côtes; , sur toutes les côtes des imbrications saillantes, arrondies à la base, un peu hautes, acuminées, creusées en dessous en forme de tuiles, inéquidistantes, disposées en lignes concentriques plus ou moins régulières et parallèles. — Intérieur finement ondulé, presque lisse dans la région des sommets, crénelé au bord basal. — Sur les oreilles des côtes rayonnantes assez saillantes aussi rapprochées que les côtes, avec des imbrications espacées, peu élevées, surtout sur l’oreille antérieure de la valve inférieure.

Test un peu mince, solide, subopaque, paraissant lisse ou presque lisse sur les côtes, orné dans les espaces intercostaux de petites stries longitudinales très fines, irrégulières, comme ponctuées, très rapprochées, discontinues, courtes, très flexueuses et disposées obliquement par rapport aux côtes, recoupées par des siries décurrentes aussi fines, discontinues, visibles uniquement au fond des espaces intercostaux ; deux ou trois lignes d’accroissement concentrique peu saillantes. — Coloration le plus souvent monochrome, parfois presque la même sur les deux valves, d’un blanc de neige passant au jaune. au rouge ou à l’orangé, avee quelques zones concentriques mal définies, à peine un peu plus teintées. — Intérieur blanc, nacré, brillant, rappelant la coloration extérieure.

Dimensions. — Hauteur, 50 à 53; largeur, 50 à 54 ; épaisseur, 15 à 16 millimètres.

OBSERVATIONS. — Les dimensions que nous venons de donner sont prises sur des échantillons d'Angleterre ; nos échantillons français, ceux du moins que nous avons été à même d’étudier sont en général incomplets et de taille plus petite. Comme chez le Pecten varius le nombre des côtes est assez variable ; nous en comptons de 45 à 56 et même 58 chez quelques individus très larges. En général les imbrications sont peu nombreuses, peu saillantes et persistent presqueuniquement vers la périphérie.

Il existe chez le Pecten niveus deux formes bien distinctes : l’une arrondie, tendant même à devenir plus large que haute, c’est le véritable type ; l’autre plus étroite se rapprochant un peu du galbe du Pecten varius ; nous en ferons la var, elongaia. Jeffreys nous dit que quelquefois cette belle coloration d’un blanc de neige est teintée de pourpre, plus rarement d'orange, de jaunâtre ou de brun de différents tons ; ce

sont là autant de var. ex colore qu'il est très facile de distinguer. Parfois cette coloration est monochrome et aussi intense que chez le Pecten varius ; parfois aussi cette coloration n'affecte que le sommet de la coquille tandis que le reste conserve sa couleur blanche.

… Variétés. — Les var. ex forma sont èn général assez rares ; les var, |ex-colore sont plus nombreuses ; nous indiquerons :

Elongata. — D'un galbe plus étroit, se rapprochant un peu de celui du Pecten varius.

… Lœvigata. — Sans saillies squameuses apparentes.

nflata. — Avec les deux valves assez renflées au voisinage des sommets.

… Rosea. — D'un rose tendre plus ou moins uniforme.

… Rufula. — D'un beau rouge vif, monochrome.

. Aurantiaca. — D'un beau rouge orangé.

Lutea. — D'ün jaune tantôt clair, tantôt foncé, parfois zoné.

bide. — Complètement blanche,

- Zonata. — De toutes nuances avec des zones concentriques plus colorées.

Rapports ET DIFFÉRENCES, — Le Pecten niveus est voisin du P. varius. Onle distinguera : à son galbe toujours plus large, plus arrondi; à ses lignes Apico-antérieure et postérieure beaucoup moins allongées et moins tombantes; à son sinus byssal moins profond ; à ses côtes toujours beaucoup plus nombreuses, plus minces, plus régulières, laissant des espaces intercostaux plus étroits et moins profonds ; à sa coloration ; etc.

… HamrraT. — Très rare ; zone aby-sale des côtes océaniques.

PECTEN MULTISTRIATUS, Poli.

sirea multistriata, Poli, 4789. Test, utr. Sicil., I, p. 164, pl. XX VIII, tig. 14.

ten mullistriatus, Kisso, 18:6. Hist. nat. Eur. méri1., IV, p. 301.

….— pusio (non Linné), Risso, 1826. Loc. cit., p. 301. — Sowerby, 1847. Thes. conch., T, | p. 72, pl. XIV, fig. 62 à 65. -— Reeve, 1853. Icon. conch., Pecten, pl. XXXII, fig. 157.— Hidalgo, 4870. Moll. marin., pl. XXXI, A, fig. 8 à 5. — Locard, 1886. Proûr, malac. frangç , p. 510 (pars).

—… HiSTOnIQUE. — Après avoir reconnu avec Hanley(f), qu'il était bien difficile de savoir au juste ce qu'il en était de l'Ostrea pusio, de Linné, la

Hanley, 1855. /psa Lin. ronch., p. 109.

plupart des auteurs ont cru devoir maintenir sous cetie dénomination deux coquilles, l’une o:éanique, l'autre méditerranéenne, qui, à un certain état de leur vie, offrent une incontestable analogie, pour croître ensuite de fiçgon à présenter une dissemblance absolue, et telle qu'on les a rangé s daus deux genres distincts. Nous allons étudier ces diff:rentes manières d'être.

Dans la Méditerranée, et accidentellement dans la région aquitanique de l'Océan, vit une forme régulière, croissant régulièrement, de manière à rester toujours absolument semblable à elle-même, très sensiblement “quivalve, et que Poli Le premier a décrite et figurée d'une façon suffisamment exacte sous le nom de Ostrea multistriata. Si parfois quelques individus présentent dans leur allure un peu d'irrégularilé, c’est un fait accidentel purement individuel, ne s'appliquant nullement à toute la colonie. En outre, l'animal vit libre, à la façon des autres Pecten, attaché simplement par un byssus, de telle sorte que ses oreilles sont construites comme les oreilles de tous ses congénères.

Dans l'Océan, on trouve au contraire une forme qui toujours est irrégulière ; jamais ses deux valves ne sont semblables, même dans l'état le moins imparfait de la coquille; toujours le test est plus ou moins sinueux, les valves irrégulièrement renflées avec des creux et des saillies; dans son jeune âge, il est vrai, son faciès est bien le même que celui du Pecten multistriatus, mais bientôt sa manière de vivre change complètement ; de libre il devient fixe, et alors son test croît avec toute l’irrégularité qui est le propre des Ostreidæ. Le byssus n’ayant plus sa raison d’être, son sinus disparaît et toutes les oreilles deviennent subégales. Alors les valves sont absolument dissemblables, offrant la plus grande variabilité dans leur forme. C’est une tele manière d'être qui avait conduit Defrance (1) à créer pour ces Pecten irréguliers le genre Hinnites, s'appliquant à des formes vivantes et fossiles. Mais comme l’a démontré M. le Dr Fischer (2), les animaux des prétendus Hinnites sont de véritables Pecten.

Dans ces conditions, est-on réellement en droit de conclure que ce n’est en somme qu’une seule et même espèce vivant tantôt dans un état parfait, tantôt dans un état imparfait? On remarquera que ces deux états sont constants dans leur manière d’être, qu’ils se reproduisent toujours dans les mêmes conditions, et que si, dans la Méditerranée où vit exclu-

(1) Vide ante, p.8.

(2) Fischer, 4862. In Journ, conch., X, p. 214.

… sivement le type parfait, on trouve quelques individus un peu déformés, . ils n'atteignent jamais le degré le plus parfait du prétendu état imparfait . des côtes océaniques.

Or, ce qui pour nous constitue une espèce, c'est sa manière d'être À . lé’at adulte; personne ne contestera, par exemple, que les Pecten oper- . cularis et P.commutatus sont deux bonnes espèces bien distinctes ; pourtant, lorsqu'elles sont très jeunes, elles ne diffèrent pas plus entre elles - que le Pecten multistriatus de la Méditerranée et le Pecten distortus de - l'Océan. En outre, voilà deux formes qui ent un modus vivendi essentielle- … mem d'stinct: l’une vit libre, l'autre vit fixée surun corps solide, et toujours … leurs descendants en font autant. Ces deux manières d'être sont absolu- ment différentes à l’état adulte, de plus elles se reproduisent semblables à elles-mêmes; ce sont donc bien là des ciractères propres à distinguer ce - que l'on nomme deux espèces. Enfin par suite de ce modus vivendi, les - oreilles sont devenues complètement différentes : elles étaient très inéga- - les el pourvues d’un sinus caractéristique, elles sont maintenant égales “entre elles et sans aucun sinus. Or, tous les naturalistes admettent qu'un - des principaux carac'ères distinctifs des Pecten repose sur la manière - d'être des oreilles. En voilà donc bien plus qu'il n’en faut pour distin- -guer spécifiquement la forme méditerranéenne de la forme océanique.

—. Si nous arrivons à cette conclusion, c’est que nous tenons à ce que des … formes aussi dis'inctes que celles que nous allons décrire soient bien nettement classées et établies sans la moindre équivoque; car en somme, “pour nous, l'espèce n'existe pas, nous croyons l'avoir suffisamment démontré. Mais pour faire connaître les formes qui se trouvent dans la nature, nous sommes condamné à les divser en un certain nombre de lots dont es éléments sont qualifiés arbitrairement du nom d'espèces, et nous nous cforçons constamment de donner à ces prétendues espèces la même valeur, la même importance. Si donc, on veut admettre, par exemple, le Pe ten commutatus et le P. opercularis, le Pecten vitreus ct le P. Grœnlandicus, etc. il faudra, sous peine de manquer complètement de logique, admettre également le Pecten multistriatus et le P. distortus.

—. Dans notre synonymie nous avons indiqué un certain nombre de bonnes figurations se rapportant à notre espèce. Weinkauff (1) avait divisé son F écten pusio en forma regularis et forma irregularis. Dans la première es “gorie il a compris les figurations des auteurs anglais, qui tout en don-

(1) Weinkauf, 1866. Conch. Mittelm., 1, p. 246.

nant des représentations de coquilles ayant une valve plus ou moins régulière, reproduisent toujours le Pecten distortus avec ses oreilles caractéristiques et non pas le véritable Pecten multistriatus avec un galbe normal et régulier, tel que nous allons le décrire.

Descriprion. — Coquille de taille moyenne; galbe général d’un ovale assez allongé, comprimé, subéquivalve, subéquilatéral. — Région antérieure haute, un peu étroite, presque aussi développée que la région postérieure ; lignes apico-antérieure et postérieure tombantes, presque droites ou à peine légèrement concaves, atteignant environ les trois septièmes de la hauteur totale; bord inférieur arrondi, un peu étroit. — Sommets acuminés, mais peu saillants. — Oreilles très inégales ; les postérieures très courtes, très hautes, très étroites, à profil extérieur droit et bien allongé; les antérieures très allongées, bien developpées, celle de la valve inférieure peu haute, fortement échancrée, celle de la valve supérieure, haute, large, à profil extérieur ondulé; sinus byssal large et profond.

Valve supérieure légèrement plus bombée que la valve inférieure avec le maximum de bombement reporté aux deux septièmes de la hauteur totale, à partir des sommets, progressivement et régulièrement atténué jusqu’à la périphérie ; bord basal très finement ondulé ; sur chaque valve de 45 à 55 côtes longitudinales droites, très fines, très rapprochées un peu confuses au sommet, arrondies à l'extrémité, peu hautes, disposées par groupes de deux ou trois, dont une toujours un peu plus forte que les autres, laissant entre elles des espaces intercostaux assez profonds, arrondis, à peine un peu plus larges que l'épaisseur des côtes correspondantes ; sur toutes les côtes des imbrications saillantes, nom-

breuses, rapprochées, arronaies à la base, acuminées dans le haut, creu-

sées en dessous en forme de tuiles, Inéquidistantes, disposées en lignes concentriques paus ou moins parallèles et régulières, parfois réduites à l’état de simples saillies squameuses. — Sur les oreil'es des côtes rayonnantes, fortes, subégales, rapprochées, avec des imbrications atrophiées, si ce n’est sur la côte la plus supérieure. — Intérieur un peu ondulé, devenant lisse dans la région des sommets, finement mais profondément crénelé au bord basal.

Test un peu mince, assez solide, subopaque, paraissant lisse ou presque lisse sur les côtes entre les imbrications, orné dans les espaces intercostaux de stries longitudinales très fines, irrégulières, très rappro-

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FAUNE FRANÇAISE Al

chées, discontinues, courtes, un peu flexueuses, disposées obliquement par rapport aux côtes, recoupées par des stries décurrentes un peu plus

. fortes, discontinues. parfois relevées sous forme d’imbrications qui se confondent avec celles des côtes les plus petites. — Coloration variable, plus ou moins monochrome, très sensiblement la même sur les deux valves, passant du gris terne ou jaunâtre au rouge vif, orangé ou violacé, plus rarement avec des zones, des marbrures ou maculatures. — Intérieur nacré, participant à la coloration extérieure.

DimENsIONs. — Hauteur, 22 à 30; largeur, 13 à 15; épaisseur, 9 à {2 millimètres.

—. OBservaTIONS. — Chez le Pecten multistriatus le nombre et la dispo - —…. suion des côtes sont très variables; jamais elles ne sont absolument … égales; il existe toujours une série de côtes plus grosses, presque réguliè- … rement espacées, entre lesquelles se trouvent une ou deux côtes non … Seulement plus petites que les premières, mais encore d’inégale grosseur ckparfois inégalement espacées les unes par rapport aux autres. Enfin, comme nous l’avons dit, on observe chez quelques individus un peu d’ir-

… régularité dans le faciès des valves ; ces irrégularités portent soit sur le contour basal, qui est alors plus ou moins régulièrement arrondi, soit

. même sur le mode de bombement des valves qui peut devenir un peu flexueux avec l’âge. Mais on remarquera que chez ces individus irrégu-

- liers, Le sinus byssal est toujours tout aussi profond que chez les individus … les plus réguliers, caractère qui fait défaut chez tous les Pecten sinuosus.

…—. Variétés. — On peut observer chez cette espèce les variétés ex forma . &tez colore suivantes :

Elongata. — Coquilles de toutes tailles, galbe très étroit, très allongé. | Minor.—De petite taille, ne dépassant pas 20 millimètres de hauteur. … Jrregularis. — De toutes tailles, avec un développement plus ou moins irrégulier.

-. Grisea. — D'un gris terne, rarement monochrome.

— Lutea. — D'un jaune clair, plus pâle dans la région des sommels. Rufula. — D'un rouge plus ou moins foncé, passant au fauve. Aurantiaca. —- D'un beau rouge orangé, un peu plus pâle au voisi- nage des sommets.

… Violacea. — D'un violet plus ou moins foncé, souvent avec des zones concentriques.

Tv

Albida. — Presque complètement blanche sur les deux valves.

Zonata. —- De toutes nuances, avec deux ou trois zones concentriques plus colorées, à bords confus, visibles également à l’intérieur.

Marmorea. — De toutes nuances, mais surtout de nuances assez pâle:, avec des marbrures plus foncées, à bords souvent un peu confus.

Maculata. — De toutes nuances avec des maculatures grisâtres ou plus foncées que le reste du test, ordinairement à bords confus.

Punctata. — De toutes nuances avec de fines ponclulatures beaucoup plus claires ou même blanches.

RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. — Le Pecten multistriatus est très voisin du Pecten varius. On le distingucra toujours : à sa taille plus petite ; à son galbe un peu plus étroitement allongé ; à ses lignes apico-antérieure et postérieure ordinairement plus tombantes ; à ses régions antérieure et postérieure un peu moins hautes; à ses valves un peu moins bombées, avec le maximum de bombement un peu plus reporté dans le voisinage des sommets ; à ses costulations longitudinales beaucoup plus nombreu ses, beaucoup plus inégales; à ses imbrications proportionnellement moins hautes, plus rapprochées, plus nombreuses; etc.

HasrraT. — Commun ; sur toutes les côtes de la Méditerranée ; plus rare dans la région aquitanique, dans l'Océan.

PECTEN DISTORTUS, Da Costa.

? Ostrea pusio (pars), Linné, 1758. Syst. nat., édit, X, p. 698. — 1767. Édic. XII, p. 4140.

Pecten pusio (non pars auct.), Pennant, 1777. Brit. zool., IV, p. 86, pl. LXI, fig. 65. — Forbes et Hanley, 1853. Brit. DMoll., HW, p. 278, pl. L, fig. 4,5; pl. LI, fig. 7. — Sowerby, 1859. I. ind., pl. XX, fig. 4. — Jeffreys, 1803-69. Bret. Moll., M, p.51; V,p. 166,p!. XXI, fig. 1. — Locard, 1886. Prodr. malus. franç. p. 510/pars).

distorlus,da Costa, 1778. Bril. conch., p. 188, pl. X, fig. 3 et G.

Ostrea sinuosa, Gmelin, 1789. Syst. nat., édit. XIE, p. 3319.

Peclen sinuosus. Turton, 1822. Dithyra Brit., p. 210, pl. IX, fig. 1. — Brown, 1844. Ill. conch., p.73, pl. XXV, fig. 2.

H'inniles sinuosus, Deshayes, 1836. Zn de Lamarck. Anim. sans vert., VII, p. 447 (note). — Sowerby, 1847. Thes. conch.,p. 79, pl. XX, fig. 1 à 3. — Fischer, 1886. Man. conch., p. 945, pl. XVI, fig. 10.

HisToRiIQuE. — Sous le nom d’Ostrea pusio, Linné a décrit une espèce qui a pour toute diagnose ces quelques mots : O.testa radis 40 filiformibus uniaurita. Habitat in O, australiore. L'auteur n’ajoute aucune référence

RS 7 L'ENPNT

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| Lee 2

| | icunographique, pas même celle de Lister (1) qui pourtant a été reconnue . par lous les auteurs comme s'appliquant à une pareille espèce. Dans ces conditions, il est bien difficile, avouons-le, de distinguer spécifiquement - un Pecten. De plus, Hanley nous apprend (2)que la déno: ination de Ostrea . pusio sert, dans la collection de Linné, de réceptacie général à tou- … Les les valves détachées des petits Pecten. Nous savons bien que plus . tard la plupart des auteurs anglais ont désigné sous ce même vocable celte forme océanique si particulièrement caractérisée par son irrégularité ; mais comme nous l'avons établi, on a confondu sous ce même nom une . autre forme méditerranéenne toute différente; nous sommes donc forcément conJanné à supprimer complètement cette dénomination de pusio, . fort incorrecte du res'e au point de vue grammitical (3), qui donne lieu - A une aussi fâcheuse confusion.

Sous le nom de Pecten distortus, Da Costa a très exactement décrit ct … figuré la forme qui nous occupe. C’est donc cette dénomination que nous - conserverons, car elle ne prête plus à la moindre ambiguité. C’est égale- - ment la mêmeespèce que Gmelin a décrite quelques années plus tard sous le nom d'Ostrea sinuosa (4). Si sa diagnose est courte, la référence qu'il donne des atlas de Lister et l'habitat in mari Britannico ne laissent subsister aucun doute. On remarquera qu'il a eu bien soin d’établir cette Ë espèce, nouvelle pour lui, en dehors du Pecten pusio de linné, qu’il - dénature du reste de façon à confondre sous cette dénomination une . multitude d’espèces de lous les pays.

Dans sa synonymie, Deshayes attribue encore à la même espèce l’Os- - trea miniata de Born (5). Mais par son galbe comme par sa coloration il est probable qu'il faut rapporter cette coquille à une forme exorique. Du reste, l'appellation de Da Costa étant antérieure, il n’y pas lieu de | iéter des droits de Born à la priorité.

… Dans nolre synonymie, nous avons indiqué bon nombre de figurations apportant au Pecten distortus. Malgré son polymorphisme en quelue sorte saus limite, on en trouve de bonnes représentations qui com- «prennent les formes les plus communes et les plus répandues de cette singulière coquille.

… (1) Lister, 1678. Anim. Angl., pl. V, fig. 31. — 1685. Conch., pl. CLAXIT, fig. 9. (2) Manley, 4855. Jpsa Linn. conch., p. 109.

…— (3) Mellus : P. pusillus, Locard, 1886. Prodr. mala:. franç., p. 510, | Fe 1789. Syst. nat., édit. XIII, 3324. É . (5) Born, 1780, Test, mus, Vind,, p. 104, pl. VII, f:. 4,

Descriprion. — Coquille de taille assez petite; galbe général très irrégulier, tantôt arrondi, tantôt ovalaire, longitudinalement allongé, de taille moyenne, plus ou moins comprimé, subéquilatéral, très inéquivalve, — Région antérieure presque égale à la région postérieure, mais souvent

dans des plans différents; lignes apico-antérieure et postérieure d’abord droites et subégales puis ondulées ou même absolument confuses ; bord inférieur plus ou moins arrondi, plus ou moins sinueux. — Som mets acuminés, peu saillants, toujours nets et distincts.— Oreilles suhé gales, assez larges et assez hautes, avec un sinus byssal atrophié et parfois nul.

Valves très irrégulières ; valve inférieure toujours plus profonde que la valve supérieure, tantôt un peu aplatie, tantôt ostréiforme et très irrégulièment bombée; valve supérieure plate, ondulée; sur la valve supérieure et pendant le jeune âge, des costulations fines, nombreuses, au nombre de quarante environ, alternativement de grosseur inégale, irès rapprochées, laissant entre elles desespaces intercostaux assez profonds et un peu plus étroits que leur épaisseur, puis devenant ensuite très irrégulières, très sinueuses ou se confondant avec la subtance amorphe ; sur la valve inférieure même ornementation dans le jeune âge, puis encore plus grande irrégularité à mesure que le développement se poursuit, les côtes tantôt atrophiées, tantôt lamelliformes, tantôt subrégulières. — Intérieur lisse, surtout dans le voisinage des sommets, un peu ondulé à la péri phérie, finement, mais irrégulièrement creusé sur le bord basal. — Oreilles striées et costulées comme le restede la coquille, c'est-à-dire régulièrement ornées de côtes fines et rapprochées dans le bas âge, très irréguliè ment disposées à mesure que l'accroissement se poursuit.

Test un peu mince, solide, subopaque, orné dans le jeune âge et sur les deux valves de petites suics longitudinales très fines, irrégulières, discontinues, réparties dans les espaces intercostaux, devenant ensuite plus fortes et plus irrégulières ; sur la valve inférieure, des stries trans versales à peine marquées dans le jeune âge, passant ensuite à l’état d'écailles squameuses saillantes, se confondant avec les imbrications qui sont alors moins hautes, non acuminées et transversalementsubcontinues. — Coloration passant du gris pâle au roux terne plus ou moins rouge ou violacé, les deux valves sensiblement de même coloration et presque toujours polychromes.— Intérieur blanc nacré, parfois un peu teinté dans la région des sommets et à la périphérie,

Dimensions, — Hauteur, 25 à 45; largeur, 22 à 38; épaisseur, 8 à 15 millimètres.

OsservaTIONs. — De tous les Pecten, c'est le P. distortus qui présente . le plus grand polymorphisme; vivant presque toujours fixé, sa valve infé- … rieure épouse souvent la forme du milieu sur lequel elle est attachée ; …. Ja valve supérieure se modifie en conséquence. Nous avons vu, chez …. M. le D' Daniel, une superbe collection de ces Pecten, et il nous serait … bien difficile de les subdiviser en variétés classées d’après leur forme ; les uns sont presque: réguliers, d’autres absolument déformés; ceux-ci … devaient vivre sur un rocher plat, ceux-là étaient attachés au fond de la … valve d’une coquille morte. Il en est quelques-uns dont la valve supé- —… rieure, tout en élant plus ou moins ondulée, conserve néanmoins le faciès …. d'un Pecten, tandis que chez d’autres le dépôt testacé s’est effectué sous … forme d’un dépôt grenu, amorphe, gardant à peine le contour vaguement arrondi d’un Pecten. Enfin chez certains individus, quoique les …— oreilles soient presque toutes égales, on distingue encore sur la valve —. supérieure la trace d’un faux sinus incomplet, atrophié, pour ainsi dire rudimentaire, Un fait digne de remarque et qui nous est signalé par Jeffreys (1), c’est - que parfois on rencontre des individus qui tout en ayant leurs coquilles adhérentes à un corps solide, conservent néanmoins un fort byssus par - lequel elles sont encore attachées. Le D' Fischer a constaté que l’animal + du Pecten distortus n’a pas ses pieds atrophiés, quoique ceux-ci ne lui soient d'aucune utilité une fois qu'il est adulte. C’est comme on le voit . une forme des plus intéressantes à étudier au point de vue des lois du transformisme.

— L'adhérence n'a pas toujours lieu. Nous avons vu des Pecten distortus - absolument libres, bien adultes, et conservant leur caractère d'irrégularité. « L'adhérence aux corps étrangers, dit M. le Dr Fischer, se fait uniquement par l'intermédiaire de la valve droite, et en général par l'oreillette antéieure ou le voisinage du bord antérieur. La valve gauche est donc libre et peut s’entr'ouvrir sans difficulté. Cette adhérence est très solide ; —Jorsqu'on la rompt, le test apparaît lisse et b'anchâtre. La valve adhérente se moule très exactement sur les corps étrangers (2). »

U) Jeffreys, 1853. Brit. conch., II, p. 53.

… (2) Fischer, 1862. Zn Journ, conch., X, p. 208.

VaRiËTÉS. — D'après ce que nous venons de voir, il n’est pas trop possible d'établir pour cette espèce des variétés ex forma. Nous signalerons les var. ex colore suivantes :

Grisea. — D'un gris terne avec les sommets un peu rosés. \ Rosacea. — D'un roux pâle, passant au roux ou au jaunâtre. Rubiginosa. — D'un roux sombre, plus pâle à la périphérie. Violacea. — D'un violet terne, un peu clair, passant au gris à la périphérie.

Albida. — Complètement blanche.

HABITAT. — Commuu; sur toutes les côtes de l'Océan et de la Manche, jusqu’à l'embouchure de la Seine.

PECTEN BRUEI, Payraudeau.

Tectcn Bruei, Payraudcau, 1826. Moll. Corse, p. 78, pl. I, fig. 10 à 14.— Sowcerby, 1847. Thes. conch., p. 70, pl. XX, fig. 241, 242.— lecve, 1853. Zcon conch., Pecten, pl. XX, fig. 22. — Hidalgo, 4870. Mol, marin., pl. XXXII, A, fig. 6. — Locard, 1886, Prodr. malac. franc., p. 511, — Kobelt, 1887. Prodr:., p. 4381. — leptogaster, Brusina, 1866. Contr. fauna DNalmat., p. 45.

Historique. — Cette espèce, trouvée pour la première fois sur les côtes de la Corse, par Payraudeau, a été très exactement décrite et figurée par lui. Elle n’a été, à notre connaissance, contestée par personne. Plusieurs auteurs en ont donné de bonnes figurations.

D’après M. le marquis de Monterosato (1), il conviendrait de réunir au Pecten Bruei le P. leptogaster, de Brusina, de la mer Adriatique, dont on n'a encore trouvé que quelques fragments. Quant à l’idenuüfication du Pecten Bruei, de la Méditerranée, avec certaines formes océaniques elle nous paraît au moins douteuse. Tel est aussi l’avis du marquis de Monterosato (2) ; nous croyons qu'ilest prudent d'attendre encore avant de se prononcer définitivement sur pareil sujet. |

DEscriPTIoN. — Coquille de taille assez petite; galbe général subar : rondi, déprimé, très sensiblement équivalve, subéquilatéral. — Région antérieure un peu plus haute mais un peu moins développée que la région postérieure ; ligne anico-antérieure presque droite, un peu relevée, attei-

(1) M. de Monterosato, 1873. Nuova rivista, p. 8. (2, M. de Monterosato, 1880. Zn Bull, Soc, malac, Ilal., VE, p. 245,

gnant sensiblement au tiers de la hauteur totale à partir des sommets ; ligne apico-postérieure un peu plus allongée, ordinairement légèrement . concave en son miiieu; bord inférieur bien arrondi, retroussé à ses deux … extrémités, à profil finement ondulé. — Sommets acuminés, peu saillants. — Oreilles inégales ; les deux postérieures très petites, assezhautes, peu . longues, à profil externe presque droit; les deux antérieures très allon-

. gées, celle de la valve supérieure très haute et à profil externe un peu — vndulé, celle de la valve inférieure plus étroite, à profil arrondi, — Sinus byssal large et peu profond.

Valve supérieure un peu plus bombée que la valve inférieure, avec le — maximum de bombement reporté au tiers de la hauteur totale à partir —… des sommets, lentement et progressivement atténué jusqu'à la périphé-

rie. — Sur la valve supérieure 18 à 20 côtes longitudinales inégales, un . peu obtus:s au sommet, subarrondies à leur extrémité, irrégulièrement - aliernantes suivant la grosseur, rapprochées, laissant entre elles des espaces iulercostaux assez profonds, un peu méplans, plus petits que l’épaisseur des plus grosses côtes voisines. — Sur la valve inférieure, 16 à 18 côtes nettement bifides, un peu obtuses à leur naissance, aplaties à leur extrémité, assez saillantes, laissant entre elles des espaces intercos- - taux un peu plus courts que la moitié de leur épaisseur. — Intérieur reproduisant la disposition ornementale de l'extérieur, devenant lisse dans la région des sommets ; bord inférieur assez fortement crénelé. — … Sur les oreilles, des costulations rayonnantes assez fortes, très nombreu- ses, subégales, ornées de saillies squameuses peu prononcées.

Test solide, un peu mince, subopaque, peu brillant, orné le long des « côtes et dans l°s espaces intercostaux de costu'ations longitudinales très fines, subégales, assez rapprochées, plus accusées sur la valve supérieure que sur l’autre; s'ries décurrentes très fines, très rapprochées, un peu flexueuses , formant à leur passage sur les costulations de petites saillie: … squameuses peu saiilantes, souvent obsolètes, assez étroites à la base, peu … hautes. — Coloration presque la même sur les deux valves, d'un roux un — peu terne, monochrome, passant du gris au jaune plus ou moins foncé .— . Intérieur blanc nacré.

La

— Dimensions. — Hauteur, 18 à 21 ; largeur, 18 à 20; épaisseur, 5 à 6 millimètres.

…—. Ossenvarions. — Cetle forme, peu commune, nous parait assez cons- “lante dans son allure; pourtant, d’après les quelques échantillons que

nous avons pu étudier, si son profil varie peu, sa taille et surtoutle renflement de ses valves semblent assez variables. Comme l'a fait observer Payraudeau, le nombre des côtes se modifie suivant la taille des échantillons. |

VariËTÉs. — Nous avons observé les variétés suivantes :

Leptogaster (Brusiua). — D'un galbe plus arrondi et plus déprimé dans son ensemble, avec des côtes plus nombreuses et des costulations décurrentes plus accusées.

Elongata. — D'un galbe plus haut, plus effilé, avec le même nombre de côtes.

Inflata. — D'un galbe beaucoup plus renflé.

Minor. — De petite taille, avec les valves presque égales et équilatérales.

Lutea. — D'un jaune clair, un peu terne.

Fusca. — D'un roux plus ou moins foncé.

Grisea. — D'un gris terne, presque blanc en dessous.

RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. — On ne peut rapprocher celte espèce que des Pecten varius et P. multistriatus. On la distinguera du Pecten varius: à sa taille beaucoup plus petite, à son galbe plus arrondi, avec les régions antérieure et postérieure plus larges, plus développées ; à sa région inférieure plus largement arrondie ; à ses côtes bifides sur la valve inférieure, et toujours irrégulièrement alternantes sur la valve supérieure ; à ses épines squameuses beaucoup moins saillantes, plus petites ; etc.

Comparé au Pecten multistriatus, on le dislinguera : à son galbe bien moins allongé dans le sens de la hauteur ; à ses côtes de la valve supérieure beaucoup plus larges, moins nombreuses, laissant entre elles des espaces intercostaux également plus larges ; à l’ornementation de sa valve inférieure avec des côtes bifides, plus plates, plus larges ; etc.

HABiTaT. — Rare; les côtes de la Provence. M. le professeur Marion, de la Faculté des sciences de Marseille, nous en a communiqué deux très bons types.

D. — Groupe du P. OPERCULARIS

Le quatrième groupe, ou groupe du Pecten opercularis renferme des coquilles de

. taille moyenne, de bombement variable, mais d'un galbe toujours arrondi, avec des

côtes longitudinales nombreuses, des oreilles subégales et un sinus hyssal assez bien

accusé. Il ne renferme plus que deux espèces, l’une méditerranéenne et une autre commune aux deux mers.

PECTEN OPERCULARIS, Linné.

| Ostrea opercularis, Linné, 1958. Syst. nat., édit. X, p. 698. — 1767. Edit. XII, p. 4147. | Pecten subrufus, Pennant, 1767. Brit. Zool., IV, p. 186, pl. LX, fig. 63. — pictus, da Costa, 1778. Brit. conch., p. 444, pl. IX, fig. 4 à 3 (non Sowerby) (1). lineatus, da Costa, 1778. Brit. conch,, p. 147, pl. X, fig. 8. — Forbes et Hanley, 1833. Brit. Moll. pl. LI, fig. $ (var.).— Sowerby, 4859 211. indet pl. XI, fig. 6. (var.). — Jeflreys, 1869. Brit. conch., V, pl. XXI, fig. 3, a (var). — Locard, 1886. Prodr. malac. francç., p. 509 et G09.

— opercularis, Chemnitz, 1784. Conch. cab, NII, p, 341, pl. LXVIL, fig. 646. — Sowerby, 1847. Thes. conch., p.53, pl. XVIL, fig. 141 à 146. — Reeve, 1833, Zcon. conch., Pecten, pl. XV, fig.55. — Forbes et Hanley, 1853, Brit. Moll., 11, p. 299, pl. L, fig. 3; ol. LIL, fig. 7. — Sowerby, 1859. 7. ind., pl. IX, fig. 5 et 7. — Jelfreys, 1863-1869. Brit. conch., II, p. 59; V, p. 163, pl. XXI, fig. 3. — Hidalgo, 1870. Moll. marin., pl. XXXV, A, fig. 3et 4; pl. XXXVI, fig. 4 à 5. — Locard 1886. Prodr. malar. franc., p. 508. — Kobelt, 18X7. Prodr , p. 435.

Dstrea dubia, Gmelin, 1789. Syst. nat., édit, XIII, p. 3319. elegans, Gmelin. Loc. cit., p. 3319.

— versicolor, Gmelin, Loc. cit., p. 3319.

— rudiata, Gmelin. Loc. cit., p. 3320.

- regia, Gmelin. Loc. cit,, p. 3331.

— sanguinea, Poli, 1795. Test. utr. Sicil., IX, pl. XX VIH, fig. 7, 8. - — lineata, Pultney 1799. In Huitchin's Dorset., p. 26. L ‘ ecten Audouini, Payraudeau, 1826. Moll. Corse, p. 77, pl. IE, fig. 8-9. — Forbes et Han- À ley, 1853. Brit. moll., pl. XLI, fig. 6. — Sowerby, 1859. ZI, ind.,pl. I fig. 8. — | Locard, 1886. Prodr. malac, franç., p. 509 et 603. a subrufa, 1804. Donovan. Brit. Shells, I, pl. XI. sanguineus, O.-G. Costa, 1829. Test. Sic., p. 50 (non Sowerby) (2). opercularis, Fischer, 1836. Man, conch., p. 944.

. Historique. — Il est assez surprenant de voir que Linné, pas plus “dans sa dixième que dans sa douzième édition, n'indique pour cette espèce la moindre référence iconographique. Gmelin (3), un peu plus explicite, en indique pourtant cinq dont une, il est vrai, est suivie d’un

(1) Pecten pictus, Sowerby, 1847. Thes. conch., I, p. 12, pl. XX, fig. 332 des Philippines. — (2) Pecten sanguineus, SowWerby. Loc. cit., p. 77, pl. XIX, fig. 221, 222, des Philippines.

… (3) Gmelin, 1789. Syst. nat., édit. XII, p. 8395.

point de doute. De Lamarck (1) reste à peu près dans le n:ême esprit que Linné, puisqu'il se borne à renvoyer aux iconographies de da Costa (2), de Lister (3) et de Chemnitz (4) pour trois de ses variétés, sans indiquer la moindre figuration pour son type.

C’est à Deshayes (5) que nous devons les longues et patientes recherches synonymiques relatives à la figuration du Pecten opercularis chez les anciens auteurs. Il cite en effet une trentaine d'indications qui paraissent pour la plupart absolument incontestables. Et en effet, 1l semblait bien difficile d'admettre qu’une coquille aussi commune, aussi grande et aussi belle ait pu échapper à nos anciens iconographes. C’est donc évidemment un oubli de la part de Linné. Hanley (6), du reste, ne fait aucune remarque à cet égard,

Sous le nom de Pecten subrufus, Pennant a décrit et très bien figuré le Pecten opercularis de Linné. Il renvoie pour la synonymie à Lister (7). C'est encore celte forme avec sa même synonymie et la même indication de provenance, que Gmelin à décrite sous le nom d’Ostrea elegans. Donovan, sous ce nom de Ostrea subrufa, a admirablement figuré deux beaux Pecten opercularis, l'un d’un beau rouge orangé, monochrome. l’autre d’un rouge vif avec des zones grisâtres. Quant au Pecten subrufus de Turion, ce n’est très probablement qu'une var. minor de la même forme. Da Costa, conservant quelques doutes sur l’espèce désignée par Linné sous le nom d’Ostrea opercularis, la décrit à nouveau sous le nom de Pecten pictus et en donne quatre bonnes figurations colorées. Il renvoie également à un assez grand nombre d’iconographies synonymiques plus anciennes, parmi lesquelles, il cite le Pecten subrufus de Pennant.

Outre l'Ostrea elegans dont nous venons de parler, Gmelin à décrit quatre autres espèces, les Ostrea dubia, versicolor, radiata et regia que Deshayes, Reeve et quelques autres auteurs considèrent comme de simples variétés du Pecten opercularis. Toutes ces espèces ont un habitat inconnu. Pour Gmelin, le type du Pecten (Ostrea) opercularis (8) serait figuré dans les œuvres de Lister, Scba, Knorr?, Chemnitz et Srhrü-

(1) Lamarck, 1819, Anim. sans vert , NI, I,p 172

(21 Da Costa, 1778. Brit. conch., pl. 1X, fig. 5.

(3) Lister, 1685. ZZist. conch., pl. CXC, fig. 25.

(4) Chemnitz, 1784, Conch, cab , NII, pl, LXVIF, fig. 046. (5) Deshayex, 1836. Anim sans vert., NII, p. 142.

(6) Hanley, 1855. Zpsa Linn. conch., p. 185.

(7) Lister, 4678. Anim, Angliæ, pl. V, fig. 30.

(8) Gmelin, 1769, Syst. nat., édit. XII, p. 3325.

ter(1) Or, l'Ostrea dubia ne paraît être qu’une simple var, minor du Pecten 1 opercularis assez bien figurée par Lister (2). Les Ostrea versicolor, O. radiata et 0. regia, d'après les descriptions qui en sont donnée:, plus encore

- que par les figurations si médiocres qui s’y rapportent (3), paraissent

‘galement assez voisines du Pecten opercularis pour que nous ne puissions pas voir à quelle autre espèce elles peuvent être rapportées.

- Quant à l'Ostrea sanguinea de Poli, qu'il ne faut pas confondre comme … il l'a fait avec l'Ostre 1 sanguinea de Linné (4), c’est exactement etincont:s- … tablement notre espèce. Pourtant une telle dénomination spécifique n’a

. rien de significatif, comme le fait observer l'auteur, puisqu'il a soin d'a- … jouter, après en avoir fait observer le polychromisme : «unde ipsam ver - « sicolorem potius, quam sanguineam dicerimus ». Et en effet la figure qu'il - en donne n'a rien de bien rouge sanguin.

… En dehors des figurations que nous venons d'indiquer, nous signale-

- rons encore celles de Sowerby, de Reeve, de Forbes et Hanley et d'Hi-

- dalgo, qui dans leur ensemble représentent à peu près les principales

variétés que p‘ut présenter cite espèce.

- Dans notre Prodrome, nous avons cru devoir admettre comme espèces … distinctes les Pecten Audouini, Payraudeau, et Pecten lineatus, da Costa. … Une nouvelle étude, basée sur des matériaux beaucoup plus complets, ous conduit aujourd’hui à considérer ces denx formes comme de simples “ variétés du Pecten opercularis. Nous établirons plus loin les caractères { relatifs de ces différentes coquilles.

Descriprion. — Coquille de grandetaille ; galbe général transversalement subcirculaire, déprimé, subéquivalve, subéquilatéral; région antérieure à peine un peu plus haute, mais souvent un peu moins large que la région postérieure; lignes apico-antérieure et postérieure subégales, un peu concaves dans le milieu, allongées, atteignant environ au cinquième de la hauteur totale à partir des sommets; bord inférieur bien arrondi, très retroussé à ses deux extrémités, à profil finement et régulièrement

Mi Lister, 1685, Hist. conch., pl. CXC, fig. 27; pl. CXCI, fig. 28. — Seba, 1761 Locupl. Tes. descr., IN, pl. LXXXVI, Üg. 15. — Knorr, 1764. Vergn. Samml. Musch., IT, pl. I. —g. 22, Mig. 37, — Chemnitz, 1782. Conch. cab., NI, pl. LXVIL, fig. 646.— Schroter, 1786. Einteit.

conch., AU, p. 317, pl. IX, fig 3.

(2) Lister, 1685. Hist, conch., pl. CXL11, fig. 29. — (2) Ostrea versicolor, Gmelin, — Bonani, 4709. Mus. Kirker., pl. I, fig. 6. f Ostrea radiata, Gmelin. — Gualtieri, 1742. Index Test., pl. LXXI, fig. 4

Ostrea regia, Gmelin. — Seba, 1761. Locupl. T'hes, descr., HU, pl. LXXXVII, Mg. 16. (5) Linné, 1768. Syst. nat., édit. X, p. 4146 ; 1767. Edit. XII, p. 698 — Guallieri, 1742. Index … Test, pl. LXXIV, fig. N.

ondulé. — Sommets acuminés, saillants. — Oreilles de la valve supérieure presque égales, longues et larges, à profil extérieur ondulé, surtout celui de la région antérieure; oreilles de la valve inférieure inégales, la postérieure symétrique et égale à celle de la valve supérieure, l’antérieure plus étroite, à profil plus arrondi; sinus byssal très large et peu profond.

Valve inférieure un peu moins bombée que la valve supérieure, avec le maximum de bombement reporté au tiers de la hauteur totale, lentement et régulièrement atténué jusqu’à la périphérie. — Sur chaque valve, de 20 à 24 côtes longitudinales un peu anguleuses au sommet, progressivement développées, arrondies à leurs extrémités, très régulièrement subégales et subéquidistantes, laissant entre elles des espaces intercostaux arrondis dans le fond, un peu plus étroits que l’épaisseur des côtes ; côtes de la valve inférieure un peu aplaties, un peu plus larges que celles de la valve supérieure, séparées par des espaces inter coslaux plus étroits, et un peu méplans dans le fond. — Intérieur reproduisant l’ornementation extérieure, avec des séries alternantes de saillies méplanes ou de creux un peu arrondis nettement séparés et bordés seulement à la périphérie par un étroit cordon peu saillant, devenant. lisse dans le voisinage des sommets ; bord inférieur régulièrement et profondément crénelé. — Oreilles couvertes de costulations rayonnantes assez nombreuses, inégales, un peu séparées, ornées commelereste du test.

Test un peu mince, solide, sabopaque, portant sur la valve supérieure des costulations longitudinales fines, étroites, subégales, régulières et assez régulièrement espacées, réparties aussi bien sur les côtes que dans les espaces intercostaux, dont une un peu plus grosse exactement au milieu de chaque côte, toutes recouvertes d’imbrications squameuses un peu saillantes, petites, peu longues, plus ou moins larges, très rapprochées ; stries décurrentes très fines, un peu ondulées, se confondant avec l'origine des imbrications à leur passage au-dessus des côtes. — Coloration très variée, loujours plus accusée sur la valve supérieure que sur la valve inférieure, le plus souvent dans des tons roses ou blancs, passant au rouge, à l’orangé, au jaune, soit monochromes, soit diversement teintés dans la même gamme, parfois maculés de rouge, de rose ou de blanc. — Intérieur blanc nacré, parfois un peu teinté en fauve ou en rose au voisinage des sommets.

Dimensions. — Hauteur, 40 à 70; largeur, 42 à 74 ; épaisseur, 14 à 15 millimètres.

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FAUNE FRANÇAISE | 293 OsservaTIONs. — Le mode d’ornementation de cetle espèce parait au premier abord très variable ; mais lorsqu'on l’étudie sur un grand nombre d'individus on arrive à reconnaitre qu'il est en somme toujours le même et qu'il varie plus encore suivant les individus que suivant leur habitat. C'est après avoir étudié à la loupe plus d'une centaine d’échantillons de toutes provenances que nous sommes arrivé à la conclusion que les Pecten Audouini et P. lineatus n'étaient absolument que de simples variétés d’un type unique, le Pecten opercularis. | Les grosses côtes varient quant au nombre ; mais elles ont toujours le - même port, la même allure, avec cette seule différence qu’elles peu- … vent être couvertes de costulations longitudinales non pas plus ou moins fortes, mais séparées par de petits sillons plus ou moins profonds, Il existe toujours une costulaiion exactement au milieu de la côte ; et suivant — que cette costulation est plus où moins saillante, la coquille change un peu de faciès, les côtes paraissant plus anguleuses. Chez le Pecten Audouini, celte peute costulation médiane est plus accusée que chez l’ancien Pecten opercularis. Chez le Pecten lineatus, c'est celte même costu- “lation qui est colorée en rouge alors que le reste de ia coquille est

complètement blanc.

—. Les autres costulations, comme nous l'avons vu, sont plus ou moins Saillantes; mais il n'existe pas, à proprement parler, de Pecten opercularis Sur la valve supérieure duquel on ne puisse distinguer à la loupe ces .coStulations. En général elles sont plus fortes chez les individus de la ; Méditerranée que chez ceux de la Manche; c’est pourquoi nous les voyons “apparaître plus nettement chez le Pecten Audouini que chez le Pecten lineatus. Ce sont les stries transversales qui complètent l'ornementation.

Parfois elles sont réduites à l’état de saillies à peine squameuses, ondudées, r repassant sur toui le test et formant sur les petites costulations de mpiss saillies. C’est ce que l'on observe chez le Pecten lineatus et chez T ancien Pecten opercularis. Mais elles peuvent se développer davantage, surtout à leur passage par-dessus les côtes ; celles-ci alors deviennent plus ou moins squameuses ; et si ces squames sontun peu larges et un peu saillantes, on obtiendra une ornementation dans laquelle les squamés pat continues transversalement, ce qui donne une nouvelle physiomomie au test.

Enfin, il arrive parfois que ces squames sont discontiaues; elles se manifestent presque uniquement sur les costulations, tandis que, dans les espaces intercoslaux, il n'existe plus qu'une simple strie. Alors là | 4

squame se développe en hauteur au lieu de se développer en largeur, et les costulations affectent le faciès particulier qui semblait caractériser spécialement le Peeten Audouini.

Philippi avait parfaitement compris ces différentes manières d’être ‘des côtes du Pecten opercularis. 1 avait basé sur ce mode d’ornementa tion quatre variétés distinctes :

10 Costis angulatis, squamis elevatis scabris, lateribus squamis fonte densis tecta, interstitiis transverse lamelloso- striatis. Il rapporte à cette première variélé l'Ostrea sanguinea, de Poli, et cependant c’est là une disposition qui se trouve aussi fréquemment dans l'Océan que dans la Méditerranée (1).

20 Costis subangulatis, squamis elevatis, per triplicem ordinem longitudinalem in costis dispositis. C’est letype du Pecten Audouini, quoique les costulations longitudinales soient en nombre variable, de trois à cinq de chaque côté de la costulation médiane, celle-ci étant presque toujours un peu plus forte. k

30 Costis rotundatis undatis, squamis minimis per plures series longitudinales in costis et eorum interstitiis dispositis (2). C’est unc disposition intermédiaire entre le véritable Pecten Audouini et l’ancien Pecten opercularis ; on la trouve presque partout. |

40 Detrita, costis rotundatis undaltis, lineis longitudinalibus subobsoletis lineis transversis regularibus eleganter fleæuosis (3). C’est la forme la plus simple, la moins ornementée; c’est particulièrement celle du Pecten linealus, avec l’arête du milieu de la côte ornée d'une ligne brune ; mais parfois encore on distingue très nettement sur les grosses côtes les petites costulations longitudinales.

En résumé, toutes ces manières d’être du test s’enchainent de telle sorte que les différents états que nous venons de décrire se relient entre eux par des intermédiaires continus. Ajoutons que nous ayons reçu de Cherbourg des individus absolument ornés comme le véritable type du Pecten Audouini de Payraudeau, et qu’il existe des Pecten lineatus por: tant des costulations presque aussi saillantes.

Le galbe chez cette espèce est assez variable. La forme la plus commune est toujours un peu plus large que haute ; il existe par contre des individus absolument circulaires, tracés au compas, Nous avons eu entre

(4) Philipps, 1836. Enum. Moll. Sicil., 1, p. 83, pl. Fe fig. 2,c. (2) Philippi. Loc, cit,, pl. VI, fiz. 2, a. | (3) Philippi. Loc. cic., pl, VI, fig. 9, b.

les mains le type du Pecten Audouini de Payraudeau, soigneusement collé sur un carton, au Muséum de Paris, à côté d'un Pecten opercularis de 4 mème taille, mais à peine transversal. Ce type, comme le dit Payraudeau, . est en effet fortement transverse; il mesure 42 de hauteur pour 48 de . Jargeur; mais il faut avouer que l'individu est anormal, et que ses valves . sontirrégulièrement bombées. Or, nous possédons des Pecten opercularis . types, presque aussi transverses, et des Pecten Audouini à côtes très for- . tement squameuses qui sont presque exactement circulaires. - Enfin nous constaterons également d’assez grandes variations dans le . mode de bombement des valves ; chez quelques individus, assez rares du - reste, et alors presque circulaires, les deux valves sont à peu près égales ; - chez d'autres, la valve supérieure est au moins deux fois plus bombée que la valve inférieure, … Quant à la coloration, elle est extrêmement variable ; il est même fort . difficile d'établir des variétés ex colore bien définies par sai du polychro misme que la mème valve peut affecter; mais on remarquera ce mode … Lout par'iculier de la répartition de la matière colorante chez le Pecten lineatus. Là, sur la valve supérieure, la crête de chaque côte seule est color.e; mais on trouve des individus chez lesquels la matière colo- -ante est en quelque sorte extravasée; alors il existe non seulement la ligne colorée si caractéristique, mais encore toute une partie de la coquille au voisinage des sommets aflecte celte même coloration. Parfois aussi dans la région basale, la couleur s'étend sur la côte presque tout entière, “mais sans atteindre cependant complètement le fond des espaces intercoslaux. |

…— ManiérÉs. — D'après ce que nous venons de voir, nous établirons les var. ex forma et ex colore suivantes :

Rires. — Les deux valves presque aussi bombées l'une que l'autre, > presque circulaire.

ture. — La valve supérieure beaucoup plus bombée que l1 valve nférieure (1).

… Transversa, Clément. — Avec la région postérieure notablement plus d êve oppée que la région antérieure (2).

7 C'est probablement la var, tumida, de Jeffreys. Shell more swollen and deeper (Bril, con 1, p. 60}.

«(2j En dehors du type du Pecten Audouini de Payraudeau qui est anormalement lransch }, il existe réellement ue forme transverse déjà signalée par M. C. Clément (1875. Cat 1 IL. Gard, p- 5}.

Elongata (Jefreys). — D'un gaibe moins nettement transverse (1). Audouini (Payraudeau). — Avec les costulations longitudinales plus accusées, couvertes de petites saillies squameuses plus hautes que larges.

Squamosa. — Avec les costulations longitudinales assez saillantes, et tout le test recouvert de saillies squameuses plus larges que hautes.

Undulata. — Avec les costulations longitudinales plus saillantes et les stries décurrentes réduites à l’état de simples linéoles.

Rosea. — D'un rose pâle monochrome, la valve inférieure presque blanche.

Sanguinea, Scacchi (2). — D'un rouge plus ou moins vif, mono chrome.

Violacea, Scacchi. — D'un rouge violacé, rarement uniforme, plus teinté vers les sommets qu’à la périphérie, avec des zones concentriques plus foncées. |

Lutea, Scacchi, — D'un beau jaune vif, presque le même sur les deux valves.

Albida. — Les deux valves complètement blanches.

Radiata. — D'un rouge plus ou moins vif, avec des rayons beaucoup plus clairs, bien tranchés, assez larges, souvent marbrés.

Bicolor. — De deux nuances bien tranchées, à bords bien définis : rose et rouge foncé ; jaune et noir ; blanc et rouge ; rose et violet ; etc.

- Zonata. — De toutes nuances, avec des zones concentriques plus fon -

, ll

cées, à bords un peu confus (3).

Lineata, da Costa. — Les deux valves blanches, et sur la valve supérieure des linéoles rouge-brique sur la costulation médiane de chaque côte.

Marmorea. — De toutes nuances, avec des marbrures blanches, roses, rouges ou brunes, assez larges, à bords bien limités. Maculala. — De toutes nuances, avec des taches blanches, roses,

rouges ou brunes, plus ou moins grandes, à bords confus. mi

RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. — Avec son mode d’ornementation si caractéristique, ses nombreuses côtes, son galbe, etc., cette espèce ne peut être confondue avec aucune autre des groupes qui précèdent.

(1) Cette disposition s'observe plus particulièrement chez les jeunes individus.

(2) Scacchi, 1836. Cat. reg. N'eap., p. 4.

(3) Cette variété comprend les deux variétés albo- -variegata, d'un brun rougeàtre avec des zones ou des points blancs, el »uwbro-var iegata, blanchâtre avec des zones irrégulières, d’an jaune vineux, plus ou moins foncé, de M, C. Clément (1875. Cat. Moll. Gaïd, p. 25.).

pre

Hagrtar, — Commun; sur toutes nos côtes, La var. lineata ne paraît vivre que dans la Manche et beaucoup plus rarement dans la Méditer-

ranée. La var. Audouini est plus commune dans la Méditerranée que dans l'Océan.

PECTEN COMMUTATUS, de Monterosato.

…— Pecten gibbus (non de Lamck.), Philippi, 4836. Enum. Moll. Sicil., I, p. 83. — 1844. Loc. cit., II, p.57.

— Philippri (non Michelotti), Recluz, 1853. In Journ. conch., IV, p. 52, pl, IL, fig. 15.

— Hidalgo, 14870. Moll. marin., pl. XXXUI, fig. 2.— Kobelt,1887. Prodr., p. 436.

: — commutatus, de Monterosato, 1875. Poche nole conch. medit., p. 6, — Locard,

1886. Prodr, malac. franc., p. 511.

Historique. — En 1836, Philippi signalait pour la première fois une … forme de Pecten qu'il décrivit sous le nom de Pecten gibbus, Lamarck. - Après avoir reproduit à peu près la diagnose de Lamarck (1), ilrenvoyait aux principales figurations citées par cet auteur. En 1844, tout en concervant cette même appellation scientifique, il faisait suivre le nom de Lamarck d'un point de doute et discutait longuement sa synonymie. | © Plus tard, en 1853, Recluz a décrit sous le nom de Pecten Philippii | une forme de Sicile qui parut à Petit dela Saussaye (2) être la même que celle précédemment indiquée par Philippi. Mais comme ce nom avait été - déjà donné par Michelotti (3) à une espèce fossile, M. le marquis de | Monterosato proposa de substituer à l'espèce de Recluz le nom de Pecten

commutatus. Tel est en quelques mots l'historique de cette espèce.

x l'époque où cette forme fut signalée par Philippi, elle passait pour Drare: on comprend l'erreur qu'il a pu commettre en comparant sa coquille avec le Pecten gibbus, car au fond ces deux formes ont une certaine analogie de galbe et surtout de coloration. Recluz nous avoue qu'il a décrit soi Pecten Philippii type et variété sur deux individus seulement de la collection Petit de la Saussaye, provenant des côtes de la Sicile. Aujourd'hui, cette espèce. sans être commune est beaucoup plus répandue dans LL es collections ; son habitat parait s'étendre dans presque toute la Médider janée. Nous en avons étudié pour notre part une bonne vingtaine d'échantillons de différentes provenances.

nenc’;

: “(W)De Lamarck, 1819. Anim. sans vert., NI, 1, p. 177. — 1836. Edit. Deshayes, VIE, p. 152. (2) Metit «le la Saussaye, 1853. Za Journ. conch., LV, p. 53 (note). — 1869, Cat, moll, test, ? : pe, p.79.

6) Michelotti, 1839. Zn Ann, se, Regio Lombardo-Vene:0, p. 11, n0 7.

Quoique l’on ne soit pas édifié d’une façon absolue au sujet de l’Ostrea gibba de Linné (1), il est au moins très probable que cette espèce, tout en étant voisine du Pecten commutatus, en diffère par plus d’un point. Elles vivent dans des milieux absolument différents. Nous ne saurions partager

la manière de voir de Weinkauff (2), qui pense que l'on peut réunir à notre espèce non seulement quelques-unes des formes décrites et figurées par Reeve (3) et Sowerby (4), sous le nom de Pecten gibbus, el qui vivent en Amérique, mais encore l’Ostrea turgida de Gmelin (5). Une simple inspection des figures relevées chez ces différents auteurs suffit pour démontrer que si ces espèces appartiennent au même groupe, elles sont certainement spécifiquement distinctes, La coloration et le mode d’ornementation leur donnent un air de parenté incontestable ; mais lorsqu'on les étudie en détail, on voit bien vite qu’elles constituent des espèces parfaitement distinctes.

DescripTioN. — Coquille de taille assez petite ; galbe général arrondi, très globuleux, inéquivalve, subéquilatéral. — Région antérieure à peine un peu plus haule et un peu moins large que la région postérieure ; ligne apico-antérieure droite un peu plus courte que la ligne apico-postérieure ; celle-ci moins tombante et légèrement concave en son milieu, atteignant aux deux cinquièmes de la hauteur totale; bord inférieur bien arrondi, à profil finement ondulé. — Sommets anguleux, très saillants, trèsrenflés. — Oreilles inégales : les deux postérieures assez étroites, un peu hautes, à profil externe très oblique ; les antérieures inégales, allongées, à profil extérieur ondulé. celle de la valve inférieure assez haute ; sinus byssal assez profond, mais peu large.

Valve supérieure un peu moins bombée que la valve inférieure, avec le maximum de bombement sensiblement situé au tiers supérieur, à partir des sommets, très lentement et régulièrement atténué jusqu’à la périphérie; sur chaque valve, de 18 à 22 côtes fines et très peu saillantes à leur origine, grosses, saillantes, élargies, un peu méplanes, très régulières, très régulièrement espacées à leur extrémité, tantôt simples, tantôt constituées par un faisceau de trois à cinq petites

(1) Ostrea gibba, Linné, 1758. Syst. nat., édit. X, p. 698. — 1767. Edit. XEI, p. 1147. —Hanley, 14855. Zpsa Lin. conch., p. 111.

(2) Weinkauff, 4866. Conch. Mittelm., p. 251.

(3) Reeve, 1853, Icon. conch., Pecten, pl. XI, fig. 35.

(4) Sowerby, 1847. Thes. conch., Pecten, p. 53, pl. XIE, fig. 4, 2, 17; pl. XIV, fig. 76,

(5) Gmelin, 1769, Syst. nat., édit. XIII, p. 3327,

- «côtes très rapprochées, séparées par un sillon peu profond; espaces

intercostaux arrondis, profonds, plus petits que l'épaisseur des côtes, sans aucune trace de costulations longitudinales. — Intérieur orné à la périphérie seulement de saillies méplanes, à bords bien tranchés, alternant avec des creux étroits et peu profonds; région des sommets lisse ; bord basal fortement et profondément crénelé. — Sur les oreilles des costulations rayonnantes, simples, très rapprochées, imbriquées. Test solide, un peu épais, subopaque, orné de stries décurrentes assez fortes, recouvrant sur la valve inférieure toutes les côtes, visibles surtout dans les espaces intercostaux et entre les petites costulations, formant par leurs saillies un réseau imbriqué rugueux et à lamelles relevées, régulièrement espacées, très rapprochées, moins accusées sur la valve supérieure, .… persistant dans les espaces intercostaux, mais très prononcées sur les côtes - lorsque celles-ci ne sont pas divisées en faisceaux. — Coloration à fond … d'un blanc grisâtre ou jauvâtre, marbré ou maculé de rose, de rouge ou de brun plus ou moins foncé, la valve inférieure souvent plus pâle que … la valve supérieure. — Intérieur nacré, tantôt blanc, tantôt teinté et zoné . de roux plus ou moins foncé.

Dimensions. — Hauteur, 24 à 26; largeur, 24 à 27, épaisseur, 12 à . 16 millimètres.

OgservarTioNs. — Notre description diffère un peu de celle de Philippi … et de Recluz ; ayant eu à notre disposition un beaucoup plus grand nom- … bre d'échantillons que ces auteurs, nous avons forcément dû généraliser . davantage. Ainsi, d’après nos dimensions, on voit que la coquille est en - … core plus globulense, plus renflée que ne le suppose Recluz (1); en outre, . elle estsouvent plus large que haute. Il existe en effet chez cette coquille - un polymorphisme assez analogue à celui que l’on constate chez les for - . mes précédentes dont le galbe passe de la régularité du Pecten opercula- … ris type à profil bien arrondi au Pecten Audouini Payraudeau, au galbe beaucoup plus transverse.

L'allure des côtesest également à noter ; le nombre en est assez variable ; - en général, plus la forme est globuleuse, plus le nombre des côtes est —… grand ; nous en comptons facilement jusqu'à 22 chez nos individus les — plus renflés. On constate également que moins il va de côtes, plus elles

W) Les dimensions données par Recluz sont : haut., 24; long., 23; épaiss., 11 à 42 millimy

ont une tendance à se diviser en faisceaux. Ce dernier faciès n’est point dû, comme on peut le supposer, à un simple état de fraicheur de la coquille ou à une question d'âge. C’est bien une manière d’être individuelle

nous avons vu en effet des individus de même taille, de même provenance, dons les uns avaient les côtes presque lisses et les autres profondément découpées. |

VaRiËTÉS. — Nous avons observé les var. ex forma et ex colore suivantes :

Globulosa. — Galbe très globuleux, très renflé, presque équivalve.

Depressa. — Galbe très déprimé, surtout la valve inférieure.

Transversa, — Coquille bien inéquilatérale, la région antérieure notablement plus développée que la région postérieure.

Lœvigata, Recluz. — Avec les côtes lisses, et les espaces intercostaux seuls striés transversalement.

Bicolor.— La valve inférieure presque blanche ou grisâtre, sans taches ni maculatures ; la valve supérieure bien colorée par des marbrures ou des maculatures.

Rosea. — Les deux valves blanches ou grises avec des maculatures roses. |

Rubiginosa. — Les deux valves avec des maculatures d’un brun foncé, souvent marbrées.

yiteola. — D'un jaune pâle, un peu terne, avee quelques maculatures 1 OUSSES .

Grisea. — D'un gris pâle, un peu roux, monochrome.

RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. — Par sa taille et surtout par son galbe court, très renflé, cette espèce ne peut être confondue avec aucune de celles que nous avons citées jusqu'à présent. Dans son jeune âge nous l'avons vue parfois confondue avec le Pecten opercularis. On la séparera de cette dernière espèce : à son galbe plusrenflé, quoique dans le Jeune âge il soit proportionnellement moins globuleux que lorsqu'il est adulte; à ses côtes un peu plus larges et plus arrondies; à ses espaces intercostaux plus étroits, plus profonds ; à ses oreilles plus petites et plus inégales ; à ses sommets plus acuminés, plus saillants; etc.

HaBiTaT. — Peu commun; zone des Laminaires, sur les côtes de Provence.

E. — Groupe du P. DISTANS

| Le cinquième groupe ou groupe du Pecten distans ne contient que des espèces méditerranéennes, d'un galbe arrondi, plus ou moins renflé, subéquivalve, orné de côtes grosses et fortes, toujours subégales, au nombre de 10 à 12, avec des costulations longitudinales plus ou moins marquées; oreilles grandes, subégales; sinus byssal assez accusé; nous comptons dans ce groupe quatre espèces.

PECTEN DISTANS, de Lamarck

Pécten distans, de Lamarck, 1819. Anim. sans vert., VI, 1, p. 19. — 1836. Edit. Dexhayes, | VII, p. 139.— Sowerby, 1847. Thes, conch., Pecten, p. 61, pl. XX VIE, fig. 482, — Reeve, 1853. Zcon. conc\., Pecten, pl. XL, fig. 50. — glaber (non Linné). — Chenu, 1862. Man. conch., 11, p. 184, fig. 93. — Weinkauff, 1867. Conch. mittelm.. 1, p. 255. — Petit de la Saussaye, 1869. Cat. Moll, test., p. 77.

HISTORIQUE. — De tous les Pecten de cegroupe, le Pecten distans repré- . sente la forme la plus simple, la plus régulière et la plus constante ; c'est pour cette raison que nous l'avons prise comme tvpe de groupe. Elle est . caractérisée par la présence de dix côtes grosses, épaisses, bien égales, — loujours régulièrement distantes. Comme l'indique son auteur, elle est bien représentée dans les atlas de Gualtieri (1) et de Knorr (2). Ajoutons-v les figurations de Sowerby. de Reeve, et plus particulièrement celle du - D' Chenu, et l'on verra que cette forme est suffisamment figurée. Peut- … Être aussi faudrait-il joindre à cette liste une des figures indiquées par - M. Hidalgo sous le non de Pecten sulcatus (3); mais conservant quelques - doutes à cet égard, nous préférons nous abstenir. Reste à donner une des- | cription un peu complète et à signaler les variétés, Cette espèce a él: bien mal comprise par la plupart des auteurs qui, “croyant devoir se contenter de la courte diagnose de Lamarck, ne se sont pas donné la peine d'en étudier le type. Il existe actuellement, | dans la collection du musée de Genève, deux échantillons étiquetés de la main de Lamarck. Deux autres tout aussi typiques et abs ‘lument con- 4 formes se trouvent dans les collections du Muséum de Paris, avec une

(1) Gualtieri, 1742. Index test., pl. LXXIV, fig. À, B. (2) Knorr, 1764. Vergn. Sammi. Musch., H, pl. XVI, fig. (3) Hidalgo, 1870. Molluscos marinos, pl. XX XIE, fig. %.

inscription également écrite par de Lamarck. Ces échantillons types ne diffèrent que par des questions d'ornementation. C’est d'après eux que nous donnerons noire description.

Quant à vouloir prétendre réunir le Pecten distans au Pecten glaber, comme l'ont proposé E. von Martens (1) et Weinkauff (2), etcomme l'ont fait après eux d'autres auteurs, c’est tellement absurde qu’il ne vaut même pas la peine de discuter une aussi étrange assertion. Nous aimons à croire que la bonne foi de ces auteurs a été surprise et qu'il n'ont jamais eu de bons types sous les yeux. |

Peut-être conviendrait-il de joindre à cette synonymie l'Ostrea maculata de Born. Dans ce cas, le nom de Pecten distans devrait céder le pas à celui de Pecten maculatus, Born (3); mais nous conservons trop de doutes sur cette identification, tandis que nous sommes absolument certain de la valeur de la spéufication de de Lamarck. On remarquera que tous les deux renvoient à la même figuration de Knorr (4); mais, en outre, Born donne comme référence un dessin de Regenfuss (£) qui, pour de Lamarck, serait son Pecten griseus, el qu'en outre de Lamarck ajoute à la synonymie de Knorr cell: de Gualtieri (6), dont Born ne fait pas mention.

DescripTioN. — Coquille de taille assez forte; galbe général airondi, transversalement un peu élargi, peu renflé, subéquivalve, subéquilatéral. — Région antérieure à peine un peu plus haute que la région postérieure ; lignes apico-antérieure et postérieure très légèrement concaves, presque égales, atteignant environ au tiers de la hauteur totale; bord inférieur largement arrondi, bien relevé sur les côtés, à profil ondulé. — Oreilles subégales, grandes, larges et hautes, à profil externe ondulé ; sinus byssal peu large et peu profond. — Sommet anguleux, peu saillant.

Valve supérieure un peu moins bombée que la valve inférieure, toutes deux régulièrement renflées, avec le maximum de bombement situé aux deux cinquièmes de la hauteur totale à partir des sommets, lentement et progressivement atténué jusqu'à la périphérie; sur la valve supérieure, dix côtes grosses, fortes, un peu anguleuses à leur naissance, sub-

(4) E. von Martens, 1858. In Malak. Blütter, p. 65.

(2) Weinkauff, 1867. Conch. Miltelm.. 1, p. 255.

(3) Ostrea maculata, Born, 1780. Test. mus. Cæs. Vind., p. 105. (4) Knorr, 1764. Vergn. Sammli. Musch., Il, pl. VVILL, fig. 5.

(5) Regenfuss, 1754. Auserl. Schneck. Musch., pl. HI. fig. 30 et 34. ©) Gualtieri, 1742. Zad, test. conch., pl. LXXINV, fig. A, kB,

NL

FAUNE FRANGAISE 63

arrondies à leur extrémité, les deux extrêmes peu développées, toutes très régulièrement espacées, laissant entre elles des espaces intercostaux un peu méplans, assez profonds, à peine un peu plus étroits que l’épaisseur des côtes ; sur la valve inférieure onze côtes assez fortes, anguleuses à leur naissance, un peu aplaties à leur extrémité, les deux extrêmes assez grosses, loules régulièrement espacées, laissant entre elies des espaces intercostaux assez profonds, méplans, sensiblement égaux à l'épaisseur des côtes. — Intérieur ondulé, avec des séries régulièrement alternantes de saillies et de méplans à bords nettement définis surtout dans la région basale, devenant presque lisse dans le voisinage des som mets ; bord interne largement et profondément crénelé. — Oreilles ornées de costulations rayonnantes fines, subégales, rapprochées, un peu ondulées, la plus supérieure très grosse et bien arrondie.

Test un peu mince, solide, subopaque, orné sur les deux valves de stries longitudinales fines, régulières, rapprochées, régulièrement espacées, et de stries transversales peu saillantes, assez distantes, recoupant les stries longitudinales sous forme de peltes saillies peu proéminentes. — Coloration très variable ; valve inférieure ‘toujours beaucoup moins colorée et ornementée que l1 valve suptrieure, le plus souvent d’un blanc grisâtre ou jaunâtre monochrome ; valve supérieure rarementmonochrome, ordinairement d'un gris jaunâtre pa<sant au brun plus ou moins foncé, avec des zones concentriques, des marbrures ou des maculatures blanches, fauves ou brunes. — Intérieur nacré, participant un peu de la coloration de l'extérieur, la valve supérieure teintée à la périphérie, et toutes deux dans le voisinage des sommets. .

… Dimensions. — Hauteur, 40 à 60: largeur, 40 à 62; épaisseur, 15 à 20 millimètres.

OBsERvATIONS. — Chez le Pecten distans, les côtes sont toujours très - régulières; c’est à peine si l’on observe quelques individus ayant 11 ou . 12 côtes à la valve supérieure ; ce sont alors de véritables anomalies, . toujours individuelle:, résultant de la bifidité d'une ou bien plus rarement de deux côtes.

Avec l'âge, et suivant les milieux, la taille peut devenir plus grande. Dans ce cas, les côtes, tout en conservant leurs autres caractères, sont un peu plus déprimées, quoique restant toujours saillantes. Enfin, quelle que soit la taille des sujets, les stries longitudinales qui font l'office de petites - costulations sont peu saillantes et très régulières. Elles sont en nombre

un peu variable. Dans les types de la collection de de Lamarck, on en compte de 6 à 8 par côte, pour un individu mesurant 60 millimètres de largeur totale.

Chez cette espèce, 1l existe toujours de grandes différences dans la coloration des deux valves. Nous n'avons pas encore rencontré d'individus adultes dont l'extérieur des deux valves ait la même coloration, si ce n'est bien entendu des sujets albinos.

Vari£TEs. — Le Pecten distans cest très variable dans son ornementation ; il parait plus régulier dans son galbe ; nous citerons les variétés suivantes :

Major. — Atteignant jusqu'à 75 millimètres de largeur (le type de Lamarck ne mesurant que 61 de largeur); chez ces grands individus le galbe tend à être un peu plus large, et les côtes sont toujours un peu plus déprimées.

Minor. — Jolie petite forme, assez répandue sur nos côtes, et dont la taille ne dépasse pas de 30 à 40 millimètres.

Undecimcostata. — Avec 11 côtes à la valve supérieure dont une bitide.

Duoldecimcostatu. — Avec 2 côtes bifides à la valve supérieure.

Depressa. — Avec la valve inférieure presque aussi peu bombée que la valve supér.eure; la coquille est alors très sensiblement équivalve.

Elongata. — De taille moyenne, d’un galbe nettement allongé.

Inflata. — D'un galbe plus renflé, plus globuleux, méquivalve; en. général de taille assez petite.

Fusca. — D'un fauve clair, avec quelques taches brunes sur les deux valves, au voisinage des sommets. ; Auranñtiaca. — D'un beau jaune orangé; ordinairement de petite taille.

Rufula. — D'un rouge plus ou moins sombre. |

Violacea. — D'un violet sombre, rarement monochrome, b:anchâtre ou rosé vers les sommets, souvent avec des zones colorées.

Luteola. — D'un jaune pâle, parfois un peu grisâtre ou verJâtre dans le voisinage des sommets.

Albida. — D'un blanc grisâtre, rarement monochrome ; le plus souvent avec quelques taches brunes ou fauves vers les sommets.

Atra. — Presque noire, avec des linéoles ou quelques marbrures blanches, bien tranchées, plus ou moins nombreuses.

Bicolor. — Biteintée, de toutes nuances.

Marmorea. — De toutes nuauc.s, mais le plus souvent d'un gris roux, ou d’un fauve plus ou moins foncé, avec des marbrures assez larges, passant du blanc au roux foncé.

Zonata. — De toutes nuances, avec des zones concentriques plus foncées, à bords mal définis.

Punctata. — De toutes nuances, avec des points blancs, assez larges, répartis surtout sur les côtés.

Hypogramma. — D'un blanc roux plus ou moins foncé avec des zigzags blanchâtres. .

RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. — Parmi les espèces des groupes qui précèdent il n’en est aucune qui puisse être confondue avec le Pecten distans. Nous examiverons plus loin ses caractères différentiels, avec les autres espèces du mème groupe.

HagiraT. — Peu commun ; sur toutes les côtes de Provence ; d'après . M. Albert Granger qui a bien voulu nous en adresser un bon type. cette espèce tendrait à disparaitre aux environs de Cette (1).

PECTEN GRISEUS, de Lamarck.

Pecten griseus. de Lamarck, 1819. Anëèm. sans vert., VI, 1, p. 169. — 1836. Edit. Deshayes,

À VII, p. 138.

— glaber (non Linné), Sowerby, 1847. Thes. conch., Pecten, p. 58, pl. XVII, fig. 171, 478, 175, 176. — Sowerby, 1847. Loc, cit., pl. XVIII, fig. 479.

— sulcatus (non Born), Hidalgo, 1870. Moll. marin. pl, XXXU, fig. 3 et 4.

“ Ilisrorique. — Le Pecten ariseus, de Lamarck, a presque toujours été confondu soit avec le Pecten giaber, soit avec le P. sulcatus. 11 suffit cependant d'examiner les diagnoses etles références de de Lamarck pour se convaincre qu’il a, au contraire, plus d’affinités avec le Pecten distans, tandis qu’il n’a aucun rapport avec le Pecten glaber. C'est du reste, comme on va le voir, une espèce parfaitement définie et facile à distinguer.

Dans son catalogue des coquilles des côtes de France (2), Petit de Ja Saussaye, sans parler du Pecten distans, avait très bien su séparer les Pecten glaber, P, griseus, P. sulcatus et P. unicolor. Il est assez surpre- … nant de voir que quelques années plus tard, lorsqu'il passe à la faune des

(4) Albert Granger, 1873, Cat, Moll. lest., Cette, p.25. | (2 Petit de la Saussaye, 18352. In Journ. côncñ:, Il, p. 387,

mers d'Europe (1), il confond toutes ces différentes formes en une seule. Ce fâcheux exemple a été malheureusement trop souvent suivi par nombre d'auteurs français ou allemands qui ont trouvé plus simple de bloquer en une seule les différentes formes qu'ils ne connaissaient pas, plutôt que de se donner la peine de les étudier.

DEscriPTIoN. — Coquille de taille assez petite; galbe général arrondi, assez renflé, subéquivalve, subéquilatéral. — Région antérieure à peine un peu plus haute que la région postérieure; lignes apico-antérieure el postérieure presque droites ou très légèrement concaves, subégales, atteignant environ aux deux cinquièmes de la hauteur totale; bord inférieur bien arrondi, hautement retroussé sur les côtés, à profil ondulé. — Sommets anguleux, assez saillants, — Oreilles subégales, grandes, larges et hautes, à protil externe ondulé; sinus byssal assez large, peu profond.

Valve supérieure un peu moins bombée que la valve inférieure, toutes deux régulièrement renflées, avec le maximum de bombement situé au tiers de la hauteur totale à paruür des sommets, rapidement atténué jusqu’à la périphérie ; sur la valve supérieure 10 à 12 côtes assez fortes, un peu hautes, bien anguleuses à leur naissance, très arrondies à leur extrémité, les deux extrêmes peu développées et rapprochées des deux avant-dernières, toutes les autres plus ou moins subégales et un peu irrégulièrement espacées, laissant entre elles des espaces intercostaux un peu profonds, arrondis, un peu plus larges que l’épaisseur des côtes ; sur a valve inférieure 11 à 13 côtes assez fortes, un peu anguleuses à leur naissance, subarrondies à leur extrémité, laissant entre elles des espaces intercostaux profonds, arrondis, un peu plus étroits que l’épaisseur des côtes ; sur toutes les côtes et dans les espaces intercostaux, de petites costulations longitudinales très fines, régulières, assez régulièrement espacées, d’un faciès très finement granuleux, devenant comme squameux au fond des espaces intercostaux latéraux. — Intérieur ondulé, avec des séries régulièrement alternantes de saillies et de méplans, à bords nett:ment définis, surtout dans la région basale, devenant presque lisse dans le voisinage des sommets; bord interne largement et très profondément crénelé. — Oreilles ornées de costulations rayonnantes fines, subégales, assez rapprochées, un peu ondulées, la plus supérieure très grosse et bien arrondie. |

(1) Petit de la Saussaye, 1869: Cat. test. mers d'Europe, p. 77.

Test un peu mince, assez solide, subopaque, orné sur les deux valves, en outre des peliles costulations longitudinales, de stries transversales extrêmement fines, un peu ondulées, très rapprochées, assez régulières, - disposées entre les costulations et se confondant avec les nodosités ou . saillies squameuses qui les recouvrent. — Coloration souvent peu différente entre les deux valves; valve inférieure le plus souvent monochrome, d'un - grisâtre pâle passant au jaune et au brun; valve supérieure ordinairement - d'un fond gris passant au jaune, au rouge et au fauve, avec des marbru- … res ou maculatures blanches ou brunes. — Intérieure nacré, participant de . la coloration extérieure à la périphérie et au voisinage des sommets.

- Dimensions. — Hauteur, 30 à 35 ; longueur 30 à 36; épaisseur, 192 à 16 millimètres.

—. OnsERvATIONS. — Cette forme, plus répandue sur nos côtes que la pré- … cédente, est toujours bien caractérisée par son galbe et surtout par son … mode d’ornementation. Chez cette espèce, le maximum de bombement est - reporté dans le voisinage des sommets et s’étend peu au delà, de telle sorte 4 que l’atténuation s'effectue progressivement mais rapidement jusqu’à la | périphérie. Chez le Pecten distans, le maximum de bombement est moins voisin de la région des sommets et s'étend sur une plus grande péri- . phérie, de telle sorte que les valves ont en quelque sortele faciès d’un verre de montre. | — Les côtes sont souvent inégales et inégalement espacées ; mais elle sont — loujours bien arrondies et bien saillantes. Enfin les stries longitudinales passent à l'état de fines costulations ; mais pour bien 1*s comprendre il - faut avoir en main des échantillons très frais et non roulés. C’est sans … doute pour n'avoir pas pris ce soin, que lant de naturalistes ont confondu — celte espèce avec d’autres formes plus ou moins affines. On remarquera que chez cette espèce la coloration des deux valves est beaucoup plus souvent la même que chez le Pecten distans, nons avons vu maintes fois … des individus colorés dont la valve supérieure et la valve inférieure — avaient exactement la même coloration et la même ornementation.

…. Variétés. — On peut rencontrer chez cette espèce à peu près les mèmes . variétés ex colore que chez l'espèce précédente.

Minor. — De petite taille, en général chaudement colorée en jaune ou en brun, avec des marbrures ou maculatures surtout sur les côtes. Inflata. — De petite taille, d'un galbe très renflé, toujours inéquivalve.

Depressa. — De toutes luilles, avec la valve inferieure peu renflée, presque équivalve. |

Elongata. — D'un galbe un peu allongé, souvent déprimé.

Fusca. — D'un fauve pâle. le plus souvent avec des marbrures et des ‘maculatures brunes.

Lutea. — D'un beau jaune plus ou moins vif, rarement monochrome; avec des marbrures ou des maculatures brunes. |

Aurantiaca. — D'un rouge un peu terne, rarement monochrome ; avec des zones plus ou moins colorées.

Rufula. — D'un roux ‘plus ou moins foncé, souvent maculé de brun.

Grisea. — D'un gris cendré, parfois monochrome; souvent avec des marbrures ou des maculatures fauves ou brunes.

Atra. — D'un brun très foncé, presque noirâtre, souvent monochrome; parfois avec quelques marbrures blondes, grises ou jaunes.

Albida. — Complètement blanche.

Bicolor. — De toutes nuances, avec les sommets teintés en blanc ou en rose, parlois un peu violacé.

Marmorea. — Detoutes nuances, avec des marbrures plus foncées ou complètement blanches.

Zonata. — De toutes nuances, avec deux ou trois zones concentriques plus teintées, à bo:ds mal définis.

Hypogramma. —- De toutes nuances, avec des zig-zags blancs, Jaunes ou bruns.

RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. — Celle espèce est assez voisine de la précédente. On la distinguera toujours : à sa taille plus petite ; à ses valves plus bombées, avec le maximum de bombement plus reporté dans la

région des sommets et s'étendant moins sur les valves; à ses côtes plus

nombreuses, plus hautes, plus arrondies à leur extrémité, plus anguleuses à leur naissance, toujours moins régulièrement espacées ; à ses espaces Intercostaux plus étroits, plus profonds, plus arrondis, mieux définis ; à ses stries longitudinales toujours plus fortes, passant à l'état de petites costulations, plus accusées et moins nombreuses; aux granulations qui ornent ces costulations : au développement squameux des espaces intercostaux ; à la plus grande similitude de coloration des valves ; etc.

HaBiTaT. — Assez commun ; sur toutes les côtes de Provence. . : ;

ne ue dE SEE gi: !

PECTEN SULCATUS, Born.

Ostrea sulcata, Born, 1780. Test. mus. Cæs. Vindob., p. 103, pl. VE, fig. 3. — — rustica, Poli, 1795. Test. utr. Sicil., LH, p. 458, pl. XX VIII, fig. 48. …Pecten sulcatus, de Lamarck, 1819. Anim. sans vert., VI, I, p. 168. — 1836. Edit. Deshayes, VI, p. 437. — Sowerby, 1847. Thes. conch., Pecten, p. 59, pl. XVII, fig. 180 à Li 181. — Reeve,1853. Zcon. conch., Pecten, pl. XI, fig. 50. — glaber (non Linné), Weinkauff, 1867. Conch. mittelm., 1, p.255.

… HisroriQue. — Sous le nom de Pecten sulcatus de Lamarck a décrit une espèce ainsi définie : radis 10 æqualibus, undique convexis, uti nterstitiis longitudinaliter sulcatis. Dans sa collection, au musée de — Genève, celte espèce est représentée par deux exemplaires de petite taille, qui possèdent bien en effet 10 côtes, mais celles-ci, contrairement à la diagmoe sont subégales. Le reste de la coquille, et surtout la manière d’être de ses côtes, sont tellement caractéristiques qu'il convient de rapporter à ce même Pecten sulcatus plusieurs formes tantôt à côtes égales, tantôt à côtes subégales.

$ Quelques années avant de Lamarck, Born avait également décrit et ë la même espèce sous le nom d’Ostrea sulcata (1). Il est assez surenant de voir que de Lamarck n’en fait pas mention dans sa synonynie, car nous ne doutons pas de l'identité de ces deux formes, quoique 1 Dur de Born ait en réalité 12 côtes au lieu de 10. Mais comme nous ablirons d’après l'étude d’un grand nombre d'échantillons bien caracrisés, chez cette espèce le nombre des côtes présente quelques variations. M Jeffreys (2) nous parait avoir fait quelque confusion à propos de cette mème espèce. Il donne, sous le nom de Pecten sulcatus, Mille 2, la description d’une coquille draguée sur la côte est du Shetland Ki est ornée de 32 côtes. Plus loin il croit pouvoir considérer le 20-sulcatus de Müller comme une variété du Pecten sulcatus de narck. Nous ne connaissons le type de Müller et la coquille de Jeffreys if description, mais nous sommes absolument convaincu que :$ deux échantillons n’ont aucun rapport avec le véritable Pecten sulcaus de Born et de de Lamarck qui n’a jamais que 10 à 12 côtes. Dans tous es cas, si le type de Müller doit être maintenu, sa dénomination sera ou) ours différente de celle de Born.

| | Patria ignota.

(2) Jeflreys, 1863. British Conch., WU, p. 64.

Il existe peu de bonnes figurations de cette espèce ; en général celles indiquées par les auteurs ne font pas assez ressortir ce caractère anguleux des côtes, avec la saillie des petites costulations. La figuration de Favannes, indiquée par Deshayes (1), est la plus exacte que nous connaissions. Celle de Born est assez bonne quoiqu’elle représente une coquille de petite taille, Sous le nom d’Ostrea rustica, Poli a décrit et figuré une forme qui nous paraît se rapporter assez cxactement à notre espèce. Peut-être conviendrait-il également de citer une des figures de Regenfuss (2) dont Gmelin a fait son Ostrea modesta (3). Mais nous n'avons au sujet de celte identification aucune certitude. Dans l’atlas de M. Hidalgo (4), où se trouvent représentés de nombreux Pecten sulcatus, il n’y a que celle de la planche XXXIV. figure 2, qui se rapproche un peu du type de Born et de de Lamarck.

Descriprion. — Coquille de taille moyenne; galbe général arrondi, à peine un peu plus large que haut, subéquivalve, subéquilatéral, — Région antérieure à peine un peu plus haute que la région postérieure ; lignes apico-antérieure et postérieure subégales, presque droites ou très légèrement concaves, atteignant environ aux deux cinquièmes de la hauteur totale ; bord inférieur largement arrondi, relevé sur les côtés, à profil un peu ondulé. — Oreilles subégales, grandes et larges, assez hautes. à profil extérieur un peu ondulé; sinus byssal assez large et profond. — Sommets très anguleux, peu saillants.

Valve supérieure à peine un peu moins bombée que la valve inférieure, toutes deux régulièrementrenflées, avec le maximum de bombement situé aux trois septièmes de la hauteur totale à partir des sommets, régulièrement et assez rapidement atténué jusqu'a la périphérie; sur chaque valve, 10 à 12 côtes subarrondies, inégales, assez hautes, assez saillantes, très anguleuses, formées par un faisceau de côtes beaucoup plus petites, en nombre variant de cinq à sept et séparées par des sillons assez larges mais peu profonds; les deux côtes extrèmes assez fortes, un peu anguleuses, les autres inégales et inégalement réparties ; espaces intercoslaux arrondis, assez profonds, plus étroits et moins creusés que l'épaisseur des côtes, ornés, dans le fond, de trois à cinq petites côtes un peu arron-

(1) Favannes, 4780. Conch., pl. LIV, fig. L, 3.

(2) Regenfuss, 1764. Ansel. Schech. Musch., pl. V, fig. 55. (3) Gmelin, 1789. Syst. nat., édit. XIIT, p. 3331.

(4) Hidalgo, 1870. Moll. marin., pl. XXXIV, fig. 2.

dies, assez espacées, loujours bien saillan'es. — Intérieur ondulé; les côtes représentées par des sillons arrondis très profonds à la périphérie, progressivement atténuées, puis obsolètes au voisinage des sommets ; … les espaces intercostaux représentés par des bandes méplanes à bords …— bien limités, devenant même anguleux à la périphérie ; bord basal interne | largement et profondément crénelé. — Oreilles ornées de cètes rayonnantes fines, subégales, rapprochées, un peu flexueuses, la plus supérieure grosse et bien arrondie.

Test solide, un peu mince, subopaque, paraissant uniquement orné de petites stries décurrentes très fines, très rapprochées, un peu saillantes, venant recouper toules les côtes et leurs costulations, parfois squameuscs dans les espaces intercostaux situés dans les régions antérieure et postérieure, ainsi que sur les oreilles. — Coloration variable, mais presque égale sur les deux valves, le plus souvent à fond grisâtre passaat au brun très foncé, rarement monochrome, ordinairement avec des marbrures,

— des taches ou des maculatures blanches, fauves ou brunes. — Intérieur « nacré, participant de la coloration extérieure.

Dimensions. — Hauteur, 20 à 35; largeur, 20 à 36; épaisseur, 6 à 15 millimètres.

OBservaTIONS. — Le caracière dominant du Pecten sulcatus réside dans la manière d'être de son test et de ses côtes. Sur tout son test il existe de … petites côtes longitudinales peu régulières, espacées, toujours bien marquées, qui donnent à toute la coquille un faciès bien déterminé. Les “grosses côtes sont rarement subégales ; dans le nombre il en est presque

oujours une ou deux qui sont normalement plus pelites que les autres ; assez souvent, il en est de bifides. Enfin, chez cette espèce, les stries décurrentes sont toujours bien marquées et plus particulièrement saillan- “es dans les espaces intercostaux, entre les petites costulations. Pour celte espèce la coloration tend à être la même sur les deux valves. Pour quelques individus de taille un peu forte et de teinte très foncée, elle est psolument la même sur chaque valve.

# — Maniétés. — Nous ne trouvons sur les cùtes de France que des indivi- “dus de taille assez petite; mais dans son ensemble cette espèce présente les variétés suivantes (1) :

(1) M: le marquis de Gregorio (1884-85. Studi su lulune conch. medit. viv.e f[oss., p. 75)a

signalé pour les formes fossiles du terrain tertiaire supérieur de l'Italie, les trois va- Hiètés : præsu/catus, smalinus, el propelicus,

Major. — De grande taille, dépassant 35 millimètres de hauteur. Minor. — De taille assez forte, d’un galbe renflé, plus inéquivalve. Depressa. — De toutes tailles, d’un galbe moins renflé, les deux valves presque égales.

*__ Inflata. — De toutes tailles, avec les deux valves très renflées, très bombées, mais cependant inéquivalves.

Grisea. — D'un gris plus ou moins foncé ; le plus souvent tacheté ou maculé de brun et de blanc.

Lutea. — D'un beau jaune clair, tacheté ou maculé de brun rougeâtre. Brunea. — D'un brun sombre, tacheté ou maculé de jaune. Subnigra. — Presque noirâtre, avec les sommets un peu rougeûtres. Marmorea. — De toutes nuances, mais surtout de nuance foncée avec des marbrures beaucoup plus claires.

Hypogramma. — D'un gris ou d’un brun foncé, avec des zigzags blancs.

RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. — Comparé aux Pecten distans et P. griseus le Pecten sulcalus se distinguera toujours: à ses côtes longitudinales plus saillantes, plus anguleuses, plus découpées, moins régulièrement réparties, souvent bifides et inégales; à ses costulations longitudinales moins nombreuses, plus profondément découpées et plus espacées ; à son test plus rugueux ; à ses stries décurrentes plus fortes, plus squameuses, à son intérieur plus profondément ondulé ; à ses valves plus également colorées; etc. Sa taille est toujours plus petite que celle du Pecten distans, et son mode de renflement participe davantage de celui du Pecten griseus. 1

HasiraT. — Peu commun; sur toutes les côtes de la Méditerranée.

PECTEN UNICOLOR, de Lamarck.

Pecten unicolor, de Lamarck, 1819. Anim. sans vert., VI, 1, p. 169. — 1836. Edit. Deshayes, VIE, p.138. — Sowerby, 1847. T'hes. conch., Pecten, p. 59, pl. XII, fig. 5 et 6. — Reeve, 1853. Icon. conch., Pecten, pl. V. fig. 24. virgo, de Lamarck, 48149. Loc. cil., VI, [, p. 468. — 1836. Edit. Deshayes, VII, p. 188. — aurantius, Sowerby, 1820. Genera of Shells, fig. 5, —- glaber (non Linné), Weinkauff, 1867. Conch. miltelm,, 1, p. 251,

HisroriQue. — ‘Très peu d'auteurs ont compris cette espèce ; presque tous se sont figuré qu'elle était simplement basée sur une question de

- coloration. Après une étude des types originaux de de Lamarck, nous 1 pouvons affirmer que le Pecten unicolor constitue une bonne espèce, parfaitement caractérisée et qui doit prendre place entre le Pecten distans et - le Pecten glaber, mais tout en conservant plus d’affinités pour la première de ces deux coquilles.

De Lamarck a cité pour cette espèces deux figurations qui la repré- — sentent exactement: l’une dans Regenfuss (1), l’autre dans Knorr (2). … Nous indiquerons également les figures données par Reeve et surtout celles - du Thesaurus de Sowerby.

D'après un examen des types de la collection de Lamarck, nous sommes conduit à réunir au Pecten unicolor, le Pecten virgo du même auteur. Ü | Cette espèce n'est représentée dans sa collection que par un seul exemplaire ; c'est évidemment un individu roulé, usé, du Pecten unicolor, de . coloration blanche, avec des taches rosées sur les côtes ; c'est parce que « l'usure du test laisse à peine apercevoir les costulations longitudinales dans les espaces intercostaux que de Lamarck donne cette coquille avec e caractère «interstitiis glabris » (3).

Sous les noms d’Ostrea aurantia et O. citrina, Gmelin (4) et Poli (5) ont décrit chacun une coquille qui peut-être n’est autre chose que l'espèce qui nous occupe. Pourtant Gmelin renvoie comme référence à une figu- «ration de Regenfuss (6) qui peut s'appliquer à plusieurs formes. De “ même l'Ostrea citrina peut être confondu soit avec le Pecten distans, soit avec le P. unicolor. En l'absence de toutes certitude, nous estimons qu'il vaut mieux s’en tenir au type de de Lamarck, à l'égard duquel il n'existe pas la moindre ambiguité.

Descriprion. — Coquille de taille assez forte ; galbe général arrondi, parfois un peu moins large que haut, un peu comprimé, subéquivalve, “Subéquilatéral. — Région antérieure sensiblement égale à la région postérieure ; lignes apico-antérieure et postérieure très légèrement concaves,

(1) Regenfuss, 1764. Auserl. Schneck. Musch., pl. IH, fig. 60.

(2) Knorr, 1757. Vergn. Sammi. Musch., LI, pl. VIII, fig. 5.

—…—. (2) Payraudeau 1826, (Cat. Moll. Corse, p. 72) reconnait à juste titre que ces deux espèces 4 se nt très voisines : « Les trois individus que j'ai pu me procurer, malgré leur mauvais état —de conservation, m'out semblé se rapprocher infiniment du Pecten unicolor ; ils n'en diffée tent sensiblement que par la couleur générale qui était blanchätre, avec des taches d'un rouge pâle. »

— (4) Gmelin, 4789. Sysc. nat., édit. XIII, p. 3321.

“(51 Poli, 4795. Test. utr. Sicil., LH, p. 458, pl. XXVIIE, fig. 15.

— (6) Regenfuss, 1764. Auser!. Schneck. Musch., pl.XI, fig. 56.

presque égales, atteignant environ le tiers de la hauteur totale ; bord inférieur bien arrondi, relevé sur les côtés, à profil ondulé. — Oreilles subégales, grandes, larges, hautes, à profil extérieur un peu ondulé; sinus byssal peu large, assez profond. — Sommets anguleux peu saillants.

© Valve inférieure à peine un peu plus bombée que la valve supérieure, avec le maximum de bombement reporté aux deux cinquièmes de la hauteur totale à partir des sommets, puis lentement et régulièrement atténué jusqu’à la périphérie; sur la valve supérieure 10 à 12 côtes fortes, progressivement arrondies depuis leur naissance jusqu’à leur extrémité, peu saillantes, régulières et régulièrement espacées, les deux extrêmes comme obsolètes, laissant toutes entre elles des espaces intercostaux à peine un peu plus larges que leur épaisseur, peu profonds, largement arrondis dans le fond ; sur la valve inférieure 9 à 11 côtes arrondies à leur naissance, élargies et un peu aplaties à leur extrémité, peu saillantes, régulièrement subégales, séparées par des espaces intercostaux un peu plus étroits que leur épaisseur et peu profonds, légèrement arrondis dans le fond. — Intérieur ondulé, avec des séries régulièrement alternantes de saillies et de méplans à bords nettement définis, surtout dans la région basale, devenant lisse dans le voisinage des sommets ; bord interne largement et profondément crénelé. — Oreilles ornées de costulations rayonnantes fines, subégales, un peu ondulées, peu saillantes, assez espacées.

Test un peu mince, assez solide, subopaque, orné sur les deux valves de stries longitudinales fines, souvent émoussées, peu saillantes, nombreuses, subégales, assez rapprochées, auxsi bien dans les espaces intercostaux que sur les côtes ; strles décurrentes très fines, très rapprochées, peu saillantes, un peu ondulées. — Coloration le plus souvent monochrome, presque la mème sur les deux valves, d’un beau jaune, d'un rose tendre, ou d’un rouge orangé très vif, parfois avec des taches blanches ou roses, plus souvent avec des zones concentriques plus ou moins bien définies et de teinte plus foncée.

Dimensions. — Hauteur, 40 à 55 ; largeur, 39 à 57 ; épaisseur, 14 à 16 millimètres.

OeservaTIONS. — Le Pecten unicolor présente quelques variations im— portantes à signaler. De toutes les espèces de son groupe, c’est certainement celle dont le galbe est le pius variable, Nous avons eu sous les veux

à A De.

. des individus qui étaient sensiblement plus hauts que larges, d'autres au contraire notablement plus larges que hauts ; enfin il en est qui sont exactement circulaires. Lorsque la taille devient un peu grande, le - galbe tend à s’aplatir. Quelques spécimens sont presque exactement - équivalves et d'autres équilatéraux.

L'allure et le nombre des côtes rappellent ceux du Pecten distans ; - cependant elles sont toujours moins saillantes et moins anguleuses à leur …. naissance ; les deux côtes extrêmes sont presque toujours obsolètes. « Quant à la coloration, elle varie toujours dans des gammes beaucoup plus —….Lendres, et les deux valves sont presque également co'orées.

—. VariËTËs. — D'après ce que nous venons de dire on peut instituer les —…. variétés ex forma et ex colore suivantes :

Elongata. — D'un galbe nettement allongé, ayant parfois jusqu’à deux millimètres de plus en longueur qu’en largeur.

Elata. — D'un galbe transversalement élargi.

Depressa. — De grande taille, avec les deux valves plus ou moins égales, mais notablement déprimées dans tout leur ensemble.

Inflata. — De toutes tailles, avec les deux valves bien renflées. Rosea. — D'un rose pâle, monochrome, ou zoné de teintes plus claires. Aurantiaca. — D'un beau rouge orangé, très vif, monochrome (1). Lutea. — D'un jaune plus ou moins foncé, monochrome.

Alba. — Les deux valves complètement blanches.

Bicolor. — Roux ou jaune un peu clair, avec les sommets blanchâtres. …—. Zonata. — De toutes nuances, avec deux ou trois zones concentriques plus colorées, à bords mal définis.

Marmorea. — De toutes nuances, mais surtout rose ou orangé, avec - quelques marbrures rose pâle ou blanc.

… RAPPORTS ET DIFFÉRENCES, — Rapproché du Pecten distans, le P. unicolor s'en distinguera : à son galbe plus variable ; à ses deux valves moins régulièrement bombées dans leur ensemble, le maximum de bombement “étant limité sur une plus petite étendue ; à ses côtes moins saillantes, toujours plus arrondies à leur naissance, moins limitées sur les bords; à ses espaces intercostaux plus arrondis dans le fond et toujours moins profonds ; chez le Pecten distans ces espaces sont beaucoup mieux définis,

(4) C'est la variété b de de Lamarck : testa majore, rubra; mais eette couleur se retrouve . sur des individus de toutes tailles.

plus aplatis dans le fond, tandis que chez le Pecten unicolor les côtes et les espaces intercostaux ont l'aspect d'ondulations uniformes alternativement creuses et saillantes. On le distinguera également : à ses stries longitudinales moins saillantes, plus émoussées ; à ses stries décurrentes moins fortes, découpant moins les stries longitudinales; à sa coloration plus égale sur les deux valves, etc. Ces caractères nous paraissent suffisamment établis pour qu'on le différencie encore davantage des Pecten griseus et sulcalus.

Hagirar. — Rare ; cà et là sur les côtes de Provence.

F. — Groupe du P. GLABER

Dans le sixième groupe ou groupe du Pecten glaber nous comprenons des coquilles de mème taille que dans le groupe précédent, de galbe assez variable, mais avec de grosses côtes au nombre de 5 à 7 seulement, avec ou sans côtes intermédiaires plus petites; généralement ces espèces, sauf le Pecten amphicyritus sont toutes plus déprimées que dans le groupe du Pecten distans ; nous comptons dans ce groupe cinq espèces dont trois méditerranéennes et deux océaniques.

PECTEN GLABER, Chemnitz.

? Ostrea glabra, Linné 1758. Syst. nat., édit. X, p. 698. — 1767. Edit. XII, p. 1146. Pecten glaber, Chemnitz, 1789. Conch. cab., VII, pl. LX VII, fig. 649, 643, — De Lamarck, 1819, Anim. sans vert., NI, 1, p. 1437. — 1836. Edil. Deshayes, VIE, p.137. — Sowerby, 1847. Thes. conch., Pecten, p. 58, pl. XXIILI, fig. 469, 170. — proteus (pars), Reeve, 1853. Icon. conch., Pecten, pl. XIV, fig. 55 c. Chlamys glabra, Fischer, 1886. Man. conch., p. 949, fig. 712. |

HISTORIQUE. — Sous le nom de Pecten glaber, la plupart des auteurs se sont plu à réunir un certain nombre de formes souvent des plus dissemblables. Nous allons essayer de rétablir sa véritable histoire en nous basant sur des données certaines et positives.

Linné, le premier, fait mention d’un Ostrea glabra ainsi caractérisé dans sa diagnose: radiis 10 lævibus planiusculis, et il ajoute dans sa descripuon : obsolete plicata. Il renvoie pour la figuration aux iconographies

de Gualtieri (1) et de Regenfuss (2). La première, fort incomplète, est

(1) Gualtieri, 1742. Index Teslarum, pl. LXXIN, fig. I, (2) Regenfuss. 1758. Auser!, Schneck, Muscheln., pl. I, fig. 40 et pl. LE, fig, 16

accompagnée de ces mots : striis crassis, latis, rotundis et raris distinctis. Il nous paraît difficile de faire concorder cette description avec celle de Linné, et la seule expression de s/rüis crassis doit nous suffire pour écarter pareille synonymie.

La figuration de Regenfuss, quoi qu'en dise Hanley (1), nous laisse également quelques doutes. Ses côtes, quoique peu nombreuses et assez irrégulières, sont plutôt celles de l'Ostrea citrina (2) de Poli, que nous croyons bien voisin du Pecten unicolor de de Lamarck. Ainsi done, dans sa courte diagnose, Linné peut avoir voulu décrire le véritable Pecten glaber, mais nous n'en avons nullement la certitude, et avec de Lamarek nous n'admettrous cette dénomination dans notre synonymie que Sous bénéfice d’un point de doute.

De Lamarck, au contraire, a très exactement compris cette espèce, Sa description, toute courte qu’elle set, est absolument exacte et précise. Nous retrouvons dans sa collection cette même forme typique, avec ses Beôtes plates, larges, peu saillantes, alternant avec une côte intermédiaire bien plus petite, et ayant dans les intervalles une douzaine de peutes costulations longitudinales très fines et bien régulières. De . Lamarck, dans sa synonvmie, donne avec un point de doute les références » de Linné et de Gmelin, et attribue la paternité du Pecten glaber à Chemmitz; il appuie sa description sur des figurations de Chemnitz (3), de Knorr (4) et de Bonani (5), Quoique ces dessins laissent quelque peu à désirer, nous n'hésitons pas cependant à les admettre, surtout la première figuration de Knorr qui représente avec la plus parfaite exactitude .… l'espèce qui nous occupe (6). Mais on remarquera que Chemnitz, sous le … nom de Ostrea glabra, a réuni plusieurs formes différentes, puisqu'il comprend sous ce même nom les figures 641 à 645. C’est donc en réalité … de Lamarck qui a assigné au Pecten glaber ses véritables limites.

Cela étant bien admis, vovons ce qu'il en est advenu chez les autres

(4) Hanley, 4855. Zpsa Lin. conch., p. 110.

(2) Poli, 1795. Test. utr. Sicil., HW, p. 158, pl. XXVILH, fig. 15.

(3) Chemnitz, 1789. Conch. cab., NII, pl. LXVIH, fig. 642, 643.

4 (4) Knorr, 1764-1771. Vergn. samml. Musch., I, pl. X, fig. 25; V, pl. X, fiz. 5 et 6.

(5) Bonani, 1684. Recreatio ment. el oc., pl. I, fig. 42.

(6) Dans la collection de de Lamarck au musée de Genève, cette espèce n'est plus représentée —… que par un seul échuntillon, mais ce Lype e<t excellent. Au Muséum de Paris, il existe un carton sur lequel sont fixés six échantillons du Pecten glaber, avec une étiquette écrite de la main . de de Lamarck, Tous ces échantillons sont identiqu's. C'est après cet ensemble que nous avons rélabli le Pecten glaber.,

auteurs, Reeve (1), et après lui Petit de la Saussaye (2), ont cru devoir rattacher au Pecten glaber de Chemnitz ou de de Lamarck un certain nombre d'espèces de Gmelin, Poli, etc. L'Ostrea aurantia de Gmelin (3) comme l'Ostrea citrina de Poli (4), nous paraissent se rapporter au Pecten unicolor, et n’ont nullement le mode de costulation du Pecten glaber. L'Ostrea flavescens de Gmelin (5), représenté par Regenfuss (6), aurait plus d'’analogie avec notre espèce, quoique d'après ce dernier auteur il s'agisse du Bouternantel des Hollandais. Les Ostrea lutea (7) et O. depressa (8), de Gmelin sont bien difficiiement déterminables avec les figurations si incomplètes de Gualtieri (9), mais malgré cela elles nous semblent plutôt se rapporter à quelques-unes des espèces du groupe précédent. Quant à l'Ostrea arata de Gmelin (10), c’est une forme qui nous est complètement inconnue.

Scacchi (11) a réuni au Pecten glaber de Linné les Ostrea plica, flexæuosa. nebulosa, rustica et citrina de Poli, et a cité en tout seize variétés réparlies en quatre groupes, confondant ainsi avec le véritable Pecten glaber les différentes formes du groupe précédent. C'est cette même manière de voir que nous retrouvons plus tard [chez Philippi (12), et chez M. le marquis de Monterosato (13).

Reeve et surtout Sowerby ont donné d'exactes figurations du Pecten glaber. Mais les auteurs allemands, E. von Martens (14), Weinkauff (15) et Kobelt (16) n’ont eu aucune idée de cette espèce lorsqu'ils ont cru devoir la confondre non seulement avec le Pecten proteus dont nous parlerons plus loin, mais encore avec les différentes formes du groupe précédent. Ce sont ces mêmes errements qui ont été malheureusement suivis par Petit de la Saussaye, et par plusieurs autres naturalistes. Il

(4) Reeve, 14853. Zcon. conch., Pecten, pl. XIV, fig. 53.

(2) Petit de la Saussaye, 1869. Cat. Moll. lest., p. 77.

(3) Gmelin, 1789. Syst. nal.,édit. XILT, p. 3321.

(4) Poli, 4795. Test. utr. Sicil., 1, p. 158, pl. XXVIIL, fig, 15.

(5) Gmelin, 1789. Loc. cit., p. 3321.

(6) Regenfuss, 1758. Auserl. Schneck. Muscheln, pl.I, fig. 8.

(7) Gmelin, 1789. Loc. cit., p. 3320.

(8) Gmelin, 4789. Loc. cit , p. 3330.

(9) Gualtieri, 1742. Index Test. conch., pl. LXXII, fig. D; pl. LXXIV, fig. DD. (10) Gmelin, 1789. Loc. cut., p. 3327.

(14) Scacchi, 1836, Cat. conch. Regni Neap., p. 38.

(12) Philippi, 1836. Enum. Moll. Sicil., I, p. 79. — 1864. II, p. 57. (13) M. de Monterosato, 1875, Nuova Revista, p. 8.

(44) E. von Martens, 1838. In Malac. Blätt., AN, p. 6%.

(15) Weinkauff, 487, Conch. miltelm., 1, p. 255,

(16) Kobelt, 4887. Prodr., p. 432,

édite Été à à dé fus ù nl. ÉD

nous paraît pourtant bien difficile d'essayer de rapprocher, comme ces auteurs l'ont fait, des formes qui ont entre elles aussi peu de rapports !

D'après Petit de la Saussaye (1) il faudrait encore rapporter au Pecten glaber le P. nebulosus de Brown (2), c'est certunement une erreur, car il s’agit ici d’une forme septentrionale qui a normalement beaucoup plus d’affinité avec le Pecten septemradiatus de Müller qu'avec notre espèce.

Quelques auteurs anglais anciens ont cité le Pecten glaber sur les côtes d'Angleterre, Nous ne connaissons pas d'une façon absolue la forme à laquelle ils font allusion, et peut être, comme l'ont fait Forbes et Hainley (3) et Sowerby (4), conviendrait-il de l’inscrire avec un point de doute dans la synonymie du Pecten septemradiatus. Pennant (5), le premier, en fait mention, se born nt à renvoyer à l'indication de Linné. D'après la descripuion qu'il en donne, 1l est bien dificile de tirer une conclusion spécifique de quelque valeur. Montagu (6), dans son Supplément, donne une description plus détaillée et une figuration assez médiocre, reproduite par Brown (7), mais pouvant à la rigueur convenir au Pecten septemradiatus. Enfin J. Fleming (8) se contente de citer les deux références que nous venons d'indiquer.

Descriprion. — Coquille de taille moyenne ; galbe général transversalement arrondi, un peu plus large que haut, bien comprimé, subéqui valve, subéquilatéral. — Région antérieure à peine un peu plus haute et un peu plus développée que la région postérieure ; lignes apico-antérieure et postérieure subégales, droites, ou à peine légèrement concaves, atleignant environ aux deux cinquièmes de la hauteur totale à partir des sommets ; bord inférieur largement arrondi, retroussé à ses deux extrémités, un peu ondulé. — Sommets anguleux, peu saillants. — Oreilles subégales, grandes, hautes, larges, à profil externe ondulé, les antérieures un peu plus allongées que les postérieures ; sinus byssal très étroit, profond, un peu oblique. |

Valve inférieure à peine un peu moins bombée que la valve supérieure, avec le maximum de bombement reporté au tiers de la hauteur lotaie à

(1) Petit de la Saussaye, 1869. Cat. Moll. lest., p. 77.

(2) Brown, 1834. In Report. Brit Associalion, el In Edinb. Journ. nat. Hist., 1, p. 9, fig.1. (3) Forbes et Hanley, 1858. Hist. Brit. Moll., II, p. 289.

(4) Sowerby, 1859. Z/, index, pl. IX, fig. 13.

(5) Pennant, 1777. Brit, Zool., IV, p. 87.

(6) Montagu, 1808. Suppl. Test. Brit., p. 59, pl. XX VIII, fig. 6.

(7) Brown, 1844. ZI. conch. Brit., p. 73, pl. XXV, fig. 3 et 4.

(8) 3. Fleming, 1828. Hist. Brit. anim., p. 384. -

partir des sommets, lentement et progressivement atténué jusqu’à la périphérie ; bord inférieur un peu émoussé; sur la valve supérieure 5 côtes arrondies à leur naissance, larges, peu saillantes, un peu mépla nes à leur extrémité, régulièrement espacées, les deux extrêmes très petites, souvent confuses, un peu distantes du bord; entre chaque grosse côte une autre côte beaucoup plus petite, étroite, très peu saillante, régulièrement espacée par rapport aux grosses côtes voisines, les deux extrêmes situées immédiatement après les deux dernières grosses côtes ; espaces intercostaux larges, peu profonds, méplans, à bords vaguement définis; sur la valve inférieure 5 grosses côtes aplaties, peu saillantes. très larges à leur extrémité, subbifides, alternant avec des espaces intércostaux notablement plus étroits, peu profonds, légèrement arrondis. — Intérieur ondulé, avec les espaces intercostaux délimités par des costulations saillantes, bien accusées. — Oreilles ornées de costulations rayonnantes fines, assez nombreuses, rapprochées, un peu ondulées, parfois frangées sur les bords, avec un bourrelet supérieur arrondi portant deux à trois costulations. |

Test un peu mince,” solide, un peu transparent, orné de fines costulations longitudinales, régulières, régulièrement espacées, au nombre de six à huit entre chaque côte, couvrant tout le test, mais plus accentuées dans les espaces intercostaux; stries décurrentes très fines, très rapprochées, un peu ondulées, recouvrant le tout, mais le plus ordinairement ob-olètes, surtout sur la valve inférieure. — Coloration différente sur les deux valves; valve inférieure généralement très pâle, presque blanche ; valve supérieure d’un roux plus ou moins foncé, passant au rose, au jaune, au rouge ou au violacé, rarement monochrome, le plus souvent avec de larges marbrures brunes. — Intérieur nacré, participant un peu de la coloration externe.

DimENSsIONS. — Hauteur, 82 à 45; largeur, 32 à 47; épaisseur, 9 à 12 millimètres. |

OBsERVATIONS. — Le Pecten glaber est remarquable par la disposition de ses côtes, tantôl grosses, tantôt pelites, toujours régulièrement alternantes sur la valve supérieure, et toujours très régulièrement espacées. Les petites côtes varient un peu de grosseur suivant les individus; chez quelques-uns elles sont assez fortes, tandis que chez d'autres elles sont réduites à un simple filet à peine deux ou trois fois plus gros que les stries ornementales. |

Quoi qu’en aient dit quelques auteurs, celte espèce n'est jamais lisse, lorsqu'elle est fraiche. Avec l’âge, et suivant les variétés, les grosses côtes s'affaissent plus ou moins, mais les petites stries longitudinales sont toujours visibles; elle ne disparaissent que lorsque la coquille est roulée. Elles sont en outre toujours un peu plus accusées sur la valve supérieure que sur la valve inférieure. Enfin il importe de noter que chez les jeunes individus les grosses côtes et surtout les petites sont proportionnellement plus fortes et plus saillantes ; elles offrent alors quelque analogie avec le mode d'ornementation du Pecten flagellatus.

Quant au galbe, 1l est assez variable; souvent un peu renflé dans le jeune âge, il tend à s'aplatir ensuite de plus en plus, de telle sorte que le bombement se répartit sur toute la surface des valves, et celles-ci prennent alors ce faciès de verre de montre que nous avons déjà signalé à propos du Pecten distans : alors les bords sont émoussés ; mais cela n'a pas toujours lieu, car on observe des individus de grande taille, bien adultes qui ont le bord tranchant. Le profil n’est pas non plus toujours arrondi ; il tend avec l’âge à devenir un peu transverse.

VamiËTÉs. — Il existe chez cette espèce un grand nombre de variétés eæ forma et ex colore ; nous signalerons :

Major — De grande taille, dépassant 45 millimètres de hauteur, avec un galbe bien comprimé.

Minor. — De petite taille, n’atteignant pas 30 millimètres de hauteur, souvent un peu renflé dans le voisinage des sommets.

Depressa. — Encore plus déprimée que le type, les deux valve. bombées en verre de montre.

Inflata. — Un peu bombée, avec le maximum de bombement reporté dans le voisinage des sommets.

Elata. — De toutes lailles, mais surtout de taille un peu forte, nolablement plus large que haute. |

Attenuata. — Côtes très atténuées, mème confuses dans le bas (1).

Quinquecostata. — Avec 5 grosses côtes beaucoup plus accusées, el les côtes intermédiaires très petites.

Decemcostata. — Avec les petites côtes plus fortes, mais toujours proportionnellement plus petites que les grosses.

WU) C'est très vraisemblablement cette variété qui a été représentée par la figure 643 de l'Atlas de Chemunitz.

Grisea, — D'un fond gris plus ou moins foncé, rarement monochrome; valve inférieure blanche.

Fulva. — D'un fauve roux, plus ou moins foncé, rarement monochrome ; valve inférieure blanche.

, Rosea. — D'un rose un peu tendre, très rarement monochrome ; avec

la valve inférieure légèrement teintée.

Lutcola. — D'un jaune pâle, rarement monochrome ; valve inférieure blanche.

Ferruginea. — D'un brun roux, foncé, ferrugincux, marbré ou ma culé ; valve inférieure blanche ou grisâtre,

Brunea. — D'un brun très foncé, presque noirâtre, très rarement monochrome ; valve inférieure blanche ou grisâtre. Violacea. — D'un beau violet clair, avec des marbrures ou macula-

tures ; valve inférieure blanche ou un peu rosée.

Albida. — Les deux valves complètement blanches.

Bicolor. — De nuances un peu claires, avec les sommets presque blanchâtres.

Marmorea. — De toutes nuances avec de larges marbrures blanches, foncées ou brunes. |

Maculata. — De toutes nuances, et surtout de nuances un peu claires, avec des maculatures mal définies, un peu plus foncées.

Zonata. — De toutes nuances, mais surtout de nuances un peu claires, avec deux ou trois zones concentriques plus foncées, à bords mal définis.

Dypogramma. — De toutes nuances, mais surtout de nuances foncées avec des zigzags blancs, à bords bien tranchés.

RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. — Tel que nous venons de le définir, on distinguera toujours facilement le Pecten glaber à son mode d’ornementation qui est absolument différent de celui de toutes les espèces des groupes précédents. Nous le.comparerons plus loin avec d’autres espèces plus similaires. |

HABITAT. — Peu commun ; ça et là sur les côtes de Provence (1).

(4) C'est sans doute par erreur que Pennant (1777. Brit. Zoology, IV, p. 87) et Montagu 1808. Test. Brit., Suppl, p. 59, pl. XXVIII, fig. 6) ont indiqué cette espèce sur les côtes d'Écosse, Aucun auteur n'a vérifié cette assertion.

PECTEN PROTEUS, Solander.

Ostrea protea, Solander. Mss., Zn Dillwyn, 14817. Descript. catal., 1, p. 265. Pecten proteus, Sowerby, 1847. Thes, conch., p. 53, pl. XII, fig. 53, 54; pl. XIV, Og. 83, 64. — Reeve, 1853. Zcon. conch., Pecten, pl. XV, fig. 55 a et b. — Kobe t, 1887, Prodr.., p. 436.

— glaber (pars), Weinkauff, 1867. Conch. mittelm.,], p. 356.

Historique. — C’est aux auteurs anglais que nous devons la connaissance exacte de cette forme plus particulièrement méditerranéenne. Dillwyn, le premier, en donne une bonne description en la rapportant au Pecten discors seu disconveniens de Chemnitz (1). Depuis elle a été très exactement décrite et figurée par Sowerby et par Reeve. Il est assez singulier de voir une pareille forme confondue avec des espèces du groupe précédent, comme l'ont fait E. von Martens et Weinkauff. Passe encore si ce dernier auteur l'avait rapprochée du Pecten septemradiatus de Müller ; mais comme il donne à cette dernière espèce pour synonymie des formes aussi distinctes que les Ostrea clavata où O. inflexa de Poli (2), il n'y a plus de raisons pour ne pas diviser tous les Pecten du sysième européen en deux ou trois espèces seulement. Nous rétablirons donc le Pecten proteus tel qu’il existe en réalité, et nous montrerons qu'une pareille forme est bien nettement distincte de ses congénères.

D'après les règles de la nomenclature, le nom de Pecten discors devrait avoir la priorité sur celui de P. proteus, comme étant le plus ancien. Mais, outre qu'il a été uniquement employé par un auteur qui n’admet-tait pas encore la dénomination binominale établie dès 1758 par Linné, ce nom prêle à la confusion avec une autre espèce établie par de Lamarck (3). Le nom de Pecten proteus étant généralement admis, nous n'avons pas cru devoir le changer.

Descriprion. — Coquille de taille moyenne ; galbe ovalaire, allongé dans le sens de la hauteur, déprimé dans son ensemble, un peu renflé dans le voisinage des sommets, très atténué à la base, subéquivalve, subéquilatéral. — Région antérieure nn peu plus haute, mais plus déve loppée que la région postérieure ; lignes apico-antérieure et postérieure

(4) Chemnitz, 1795. Conch. cab., XI, p. 207, fig, 2042. (2) Poli, 1795. Test, utr. Sicil., HI, p. 160 et 161, pl. XXVAI, fig. 4, # et 17. (3) De Lamarck, 4819. Anim. sans vert., NI, 1, p. 182.

droites, la première un peu plus courte que la seconde, atteignant aux trois septièmes de la hauteur totale à partir des sommets; bord inférieur un peu étroitement arrondi, retroussé sur les côtés, à profil bien ondulé. — Sommets saillants, un peu renflés, bien anguleux. — Oreilles inégales,

grandes, longues et hautes, les antérieures moins hautes et à profil

externe plus ondulé que les postérieures ; sinus byssal peu large, droit et profond.

Valve supérieure à peine un peu plus bombée que la valve inférieure, avecle maximum de bombement reporté aux deux cinquièmes de la hauteur totale à partir des sommets. — Sur la valve supérieure 5 côtes un peu anguleuses à la naissance, arrondies, assez saillantes, assez larges vers la base ; en outre sur les côtés, deux côtes extrèmes souvent bifides, surtout celles de la région antérieure, parfois plus ou moins obsolètes ; espaces intercostaux presque deux fois plus larges que les côtes, peu profonds, méplans, à bords mal définis ; sur la valve inférieure, 6 à 8 côtes anguleuses et souvent plissées à leur naissance, très larges, peu saillantes, aplaties à leur extrémité, laissant entre elles des espaces intercostaux plus étroits et peu profonds, un peu méplans dans le fond. — Intérieur ondulé, formé par des séries alternantes de saillies el de creux tous méplans, correspondant aux espaces intercostaux et aux côtes, bordées à chaque changement de direction par un étroit cordon très saillant à la périphérie, très atténué dans la région des sommets ; au milieu des saillies de la valve supérieure correspondant aux espaces intercostaux, et sur les méplans de la valve inférieure correspondant aux grosses côtes, deux cordons très rapprochés, égaux aux autres cordons et simulant à l’intérieur une fausse côte ou un faux sillon à peine esquissé à l'extérieur ; bord inférieur largement mais peu profondément crénelé. — Oreilles ornées de stries rayonnantes, peu saillantes surtout sur les oreilles postérieures, assez espacées, un peu ondulées, avec un bourrelet supérieur assez fort.

Test un peu mince, solide, subopaque, orné de stries longitudinales assez fortes, rapprochées, un peu irrégulières, s'étendant depuis les sommets jusqu’à périphérie sur les côtes et dans les espaces intercostaux, plus accusées sur la valve supérieure que sur la valve inférieure ; stries décurrentes extrêmement fines, régulières, très rapprochées, passant suf le tout; quelques stries d’accroissement un peu plus accusées notant des temps d’arrèt dans la croissance. — Coloration différente sur chaque valve : d’un blanc grisâtre ou rosi sur la valve inférieure; passant du

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gris au jaune, «au roux, au rouge ou an violet sur la valve supérivure, rarement monochrome, le plus souvent avec des zones concentriques plus foncées. à bord supérieur assez net et à bord inférieur un peu confus, parfois marbré ou maculé de teintes différentes. — Intérieur blanc, nacré. avec quelques taches brunes plus ou moins foncées le long du bord inférieur, et dans la région des sommets.

2 Dimensions. — [lauteur, 35 à 45; largeur, 32 à 44; épaisseur, 13 à 15 millimètres.

…—. OBsERVATIONS. — Chez le Pecten proteus type, tel que nous venons de “le décrire, il n'existe pas à proprement parler de côtes intermédiaires : entre les 5 grosses côtes. Pourtant, à l'intérieur des valves, on retrouve “toujours les traces d’un régime d'ornementation qui ne figure pas à l'ex- “érieur. C'est tout au plus si parfois une des stries longitudinales médianes ‘a un peu plus accusée, non pas tant à la périphérie que dans le voisige des sommets. Lorsque l'on regarde la valve supérieure par transà jence, on voit les grosses côtes se détichant en noir, bordées d'un | mince filet blanc, et dans le milieu des espaces intercostaux, on distingue deux autres filets également blancs, presque toujours très rapprochés. . Ce sont ces deux derniers filets qui correspondent aux cordons saillants que nous avons signalés à l'intérieur des valves.

| Vanéris. — Si le Pecten proteus varie peu dans son galbe, il présen'e par contre de grandes variations dans sa coloration. Nous citerons * variétés suivantes ex forma et ex colore.

… Subrotundata. — De toutes tailles, mais d'un galbe un peu moins allongé.

Dr — De toutes tailles, avec les valves un peu plus renflées s tout leur ensemble, mais le bord restant toujours mince. | Depressal — De taille un peu petite, avec les deux valves bien déprimées.

x Bifda. — Avec une ou deux côtes de la valve supérieure vaguement bifides (1).

lé DiEinata, — Avec des côtes intermédiaires plus petites. … Aurantinca. — D'un orangé vif, tirant parfois sur le rouge, tantôt

(1) C'est plutôt une anomali: qu'une variété ; elle parait du reste fort rare. Ce

[ep]

monochrome ou bicolore, tantôt avec deux ou trois zones concentriques, assez larges, plus foncées (1).

Violacea. — D'un violet un peu foncé avec la région des sommets jaunâtres et deux à cinq bandes concentriques plus foncées (2).

Luteola. — D'un jaune clair un peu pâle, avec trois à cinq bandes concentriques d'un brun foncé, régulièrement délimitées.

Monochroma. — D'un jaune pâle passant au nd pu plus foncé, sans zones concentriques. |

Marmorea. — D'un jaune pâle ou d’un gris jaunâtre, ral au roux, avec des maculatures marbrées, d’un brun foncé, passant presque au noir.

Hypogramma. — De toutes nuances, avec des zigzags alternants du blanc au brun très foncé. |

Albida. — Les deux valves blanches ; parfois la valve inférieure est un peu colorée en fauve clair ou en rose pâle vers les sommets.

RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. — Comparé au Pecten glaber, le Pecten proteus type s’en disünguera : à son galbe toujours plus allongé ; à son test plus mince, plus transparent; à ses côtes de la valve supérieure notablement plus étroites, plus saillantes, plus arrondies, sans côtes intermédiaires ; à sa valve inférieure beaucoup plus ondulée; à son intéricur ornementé de cordons saillants ; à ses stries longitudinales plus régulières et plus rapprochées ; à ses oreilles plus inégales ; etc.

Hagirar. — Rare; ça et là, sur les côtes de Provence, notamment à Cette, Marseille, Toulon, Nice, etc. |

PECTEN ANISOPLEURUS, Locard.

Pecten glaber (non Linné), Reeve, 4853. Icon. conch.,! Pecten, pl. XIV, fig. 53, b.

Historique. — L'espèce nouvelle que nous allons décrire nous a été envoyée tantôt sous le nom de Pecten glaber, tantôt sous celui de P. proteus, et pourtant elle en est absolument distincte. Dans la collection du Muséum de Paris, sur un carton contenant six individus types du Pecten

(1) Reeve, 1858. Icon. conch.. Pecten, pl. XV. fig, 55, d. (2) Reeve, Loc. cit., fig. 55, b.

glaber se trouvent deux individus de forme différente. Deshayes, conservant ce carton tel qu'il était, avait ajouté au dos, sous l'étiquette de Lamarck ces mots : «Il y a sur ce carton deux individus appartenant à une autre espèce que le glaber.» Un autre carton de la même collection portant le type du Pecten distans de Lamarck, avec une étiquette écrite de sa main, contient également un individu de notre même espèce signalée comme nouvelle par Deshayes. Nous lui avons donné le nom de Pecten anisopleurus (1). Cette espèce est représentée par Reeve sous le nom de Pecten glaber.

Descriprion. — Coquille de taille assez grande ; d'un galbe général ovalaire, un peu allongé dans le sens de la hauteur, bien déprimé, subéquivalve, subéquilatéral. — Région antérieure à peine un peu plus haute et un peu moins déprimée que la région postérieure; lignes apico-antérieure et postérieure presque droites atteignant aux deux cinquièmes de la hauteur totale à partir des sommets; bord inférieur largement arrondi, un peu retroussé à ses extrémités, à profil à peine ondulé. — Sommets aigus, peu saillants. — Oreilles inégales, celle de la valve supérieure dépassant un peu celle de la valve inférieure ; les antérieures un peu allongées, grandes, hautes, à profil externe fortement ondulé ; les postérieures également grandes, et un peu plus hautes ; sinus byssal très petit.

Valves supérieure et inférieure presque aussi bombées, avec le maximum de bombement reporté au tiers de la hauteur totale à partir des sommels, puis lentement et progressivement atténué jusqu’à la périphérie. — Sur la valve supérieure, 11 à 12 côtes, dont 5 plus fortes, alternant avec d'autres un peu moins saillantes, toutes un peu arrondies à leur origine, assez étroites, peu saillantes, subméplanes à leur extrémité, les côtes extrêmes un peu confuses, les autres équidistantes ; espaces intercostaux méplans, peu profonds, sensiblement de même largeur que la côte avoisinante; sur la valve inférieure 12 à 14 côtes subégales, un peu arrondies à leur naissance, élargies et aplaties à leur extrémité, séparées par des espaces intercostaux plus étroits, peu profonds, à bords mal limités. — Intérieur ondulé formé par des séries alternantes de saillies et de creux tous méplaus, correspondant aux espaces intercoslaux et aux côtes de l'extérieur, fortement bordés à chaque changement de direction,

(1) Du grec : &vwa0ç inégal ; rhevpa, côte.

par un cordon étroit ct suilant, at énué seulement dans la région des sommets ; bord largement, mais peu profondément crénelé, — Oreilles ornées de stries rayonnan'es, peu sullantes, assez espacées, un peu ondulées.

* Test un peu mince, solide, subopaque, orné de stries longitudinales assez fortes, irrégulières, très irrégulièrement espacées, plus accusées sur la valve supérieure que sur la valve inférieure, un peu obsolètes sur les côtés ; stries décurrentes très fines, très rapprochées, un peu ondulées, passant sur toutes les côtes. — Coloration différente sur les deux valves ; valve inférieure grisâtre, avec quelques taches brunes plus ou moins larges, parfois marbrées au voisinage des sommets ; valve supérieure d’un roux un peu pâle, plus foncé vers les sommets qu'à la périphérie, passant au jaune pâle, ordinairement avec des marbrures ou des maculatures blanches ou fauves. — Intérieur blanc nacré.

DiMENsioONs. — Hauteur, 32 à 45; largeur, 31 à 43; épaisseur 9 à 13 millimètres.

OBSERVATIONS. — Cette espèce nouvelle est plus particulièrement caractérisée par son mode d’ornementation. Chez le Pecten proteus il n'existe que 5 côtes (1). Chez le Pecten glaber nous voyons également 5 grosses côtes, mais entre chacune de celles-ci, il existe un second régime de côtes toujours beaucoup plus petites. Dans notre espèce, les côtes secondaires sont toujours beaucoup plus fortes, tandis qu’au contraire les grosses côtes sont moins larges et plus arrondies que chez le Pecten glaber. Il s’ensuit donc un faciès absolument différent. Ajoutons à cela ce mode d’ornementation si particulier de l’intérieur avec ses vingt-quatre à vingt-six cordons saillants, presque équidistants, prolongés très loin dans l'intérieur des valves, et l’on comprendra qu'il ne nous était pas possible de confondre notre espèce avec celles que nous venons de décrire.

Variétés. — Nous ne connaissons encore qu'une dizaine d'individus appartenant à cette espèce ; nous ne pouvons donc pas signaler un grand nombre de variétés. Nous inslituerons cependant dès à présent les variétés suivantes :

(4) « Shell sub-2rbicular, with about Jive broad convex plaits, and numerous longiludinal striæ. » Dillwyn, 1817. Descrip. cat., 1, p. 265.

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