PT
On à GS Le
Zonata. — Avec une large bande claire à la périphérie et les sommets beaucoup plus foncés.
Marmorea. — D'un gris clair ou jaunâtre, passant au roux fauve avec des maculatures brunes.
. Maculata. — D'un fauve brun plus ou moins foncé, avec des maculatures blanches et fauves.
RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. — On distinguera cette espèce : 1° du Pecten distans et des espèces de son groupe : à son galbe plus étroit, plus allongé ; à ses valves moins renflées dans leur ensemble, plus attnuées vérs les bords ; à ses côtes moins saillantes, moins arrondies, et beau coup moins régulières ; à son intérieur découpé ; à son sinus byssal beaucoup plus petit; etc.
2 Du Pecten glaber : à son test plus mince ; à son galbe beaucoup plus étroitement allongé ; à ses valves moins régulièrement bombées ; à son bord inférieur plus étroitement arrondi; à sa valve supérieure avec ses grosses côles beaucoup moins larges ; à ses petites côtes beaucoup plus larges et plus saïllantes ; à son intérieur beaucoup plus découpé, avec des cordons saillants ; à sa valve inférieure ornée de côtes toutes subégales et beaucoup plus étroites ; ctc.
3 Du Pecten proteus : à son galbe proportionnellement moins renflé, avec le maximum de bombement reporté plus loin des sommets; à ses grosses côtes moins fortes, moins Ssaillantes, moins arrondies sur les
deux valves ; à la présence de côtes intermédiaires loujours bien accu- - sécs, jamais atrophices ; à sa valve inférieure ornée de côtes plus nom-
breuses et plus régulières; à son intérieur plus régulièrement et plus profondément découpé, avec des cordons beaucoup plus no rbreux; etc. Dans le jeune âge, la distinction est encore plus nette et plus accusée, car chez le Pecten anisopleurus, les petites côtes sont encore proportionnellement plus saillantes, plus fortes et plus nettement accusées qu’à l’état adulte.
HagrraT. — Peu commun ; cà et là sur les côtes de Provence, nolamment à Cette, Marseille et Toulon,
PECTEN SEPTEMRADIATUS, Müller.
\Pecten septemradiatus, Müller, 1776. Zoo!. Dan. Prod., p. 248. — Jeffreys, 1863-69. Brit. conch., I, p. 62, V; p.166, pl. XXIII, fig. 4. — Kobelt, 4887. Prodr., p. 487. triradiatus, Müller, 1776. Zoo!. Dan. Prodr., p. 248. — 1788. Zoologia Danica, Il, p. 25, pl. LX, fig. 4, 2.
— pseudamusium, Chemnitz, 4784. Conch. cab., VII, p. 298, pl. LXIII, fig. 601, 602, Ostrea hybrida, Gmelin, 1788. Syst. nat., édit. XIII, p. 3318. -- triradiata, Gmelin, 14788. Loc. cit., p. 3326. — septemradiata, Gmelin, 1778. Loc. cit., p. 3327. Pecten danicus, Chemnitz, 4795. Conch. cab., XI, p. 365, pl. CCVIL, fig. 2043. — Sowerby, 1847. Thes. conch., Pecten, I, p. 61, pl. XU, fig. 16; pl. XVII, fig. 487.— Reeve, 1852. Icon. conch., pl. III, fig. 13., — Forbes et Hanley, 1853. Brit. Moll., I, p. 288. pl. LII, fig. 1, 2, 7 à 10. — Sowerby, 1859. ZZZ. ind., pl. IX, fig. 9 et 10. — aspersus, de Lamarck,1819. Anim. s. vert., VI, I, p.467. — 1836. Edit. Deshayes, VII, p. 436.
nebulosus, Brown, 1835. In Edinb. Journ. nat. hist., I, p. 9, fig. 1. — 848. IN.
conch., p. 72, pl. XXII, fig. 17.
— Jamesoni, Forbes. In Mem. Werner. soc., VIII, p. 58, pl. II, fig. 1. (2 Brown, 1864. JU. conch., p. 73, pl. XXWV, fig. 7.
HisToriQuE. — Il est peu d’espèces en malacologie qui ait une synonymie aussi compliquée que la forme océanique qui nous occupe. Pour essayer de la débrouiller, nous avons commencé par en détacher toutes les dénominations données par des auteurs qui ne se sont occupés que de la faune méditerranéenne. C’est ainsi que nous en avons exclu les noms de Ostrea ou Pecten inflexus. clavatus, corallinus, glaber, Dumasi, polymorphus, pes- felis, etc., que bon nombre d’auteurs se sont plu à faire rentrer dans sa synonymie. Ilest. en effet, bien démontré, pour nous, que la forme océanique est absolument différente de la prétendue forme méditerranéenne. Peut-être, si l’on essayait d’acclimater dans la Manche ou dans l'Océan une de nos formes affines de la Méditerranée, obtiendrait-on à la longue, par sélection, quelque variété du Pecten septemradiatus. Mais l'expérience n’en ayant pas encore été faite, nous nous bornerons donc à constater les faits actuellement existants.
Müller paraît être le premier auteur qui ait décrit l’espèce qui nous occupe, ainsi que l’a reconnu, pour la première fois Lovèn (1). En 1776: dans sa Zoologiæ Danicæ prodromus, Müller donne les diagnoses très sommaires des Pecten triradiatus et P. septemradiatus ; en 1788, dans
sa Zoologia Danica, 1] décrit plus complètement et figure avec beaucoup de.
(4) Lovèn, 1846. Znd. Moll., p. 485.
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soin le Pecten triradiatus seulement; mais il est facile de voir qu'il s'agit ici d'une forme dans laquelle les trois costulations médianes sont un peu plus fortes, un peu plus saïllantes que dans le Pecten septemradiatus dont les côtes extrêmes sont ordinairement plus ou moins atténuées et souvent même polymorphes.
Le Pecten pseudamusium de Chemnilz se rapporte également à la même coquille. Gmelin, dans le Systema naturæ, s’est borné à prendre ces mêmes formes pour en faire des espèces distinctes. Son Ostrea hybrida n'est en effet que le Pecten pseudamusium de Chemnitz, puisqu'il renvoie à cet auteur et cite les mêmes références de Lister (1) et de Klein (2). Quant aux Ostrea triradiata et O. septemradiata, ce sont les deux Pecten de Müller.
De Lamarck paraît avoir mal connu cette espèce. Ainsi que nous l'avons constaté en étudiant sa collection au musée de Genève, il était beaucoup plus riche en formes exotiques qu'en formes européennes, et possédait notablement plus de coquilles de la Méditerranée que de l'Océan. Dans sa première édition il ne fait aucune mention des espèces que nous venons de citer, etse borne à décrire son Pecten aspersus d'accord avec la figure de l'Encyclopédie (3). Dans la seconde édition, Deshayes nous apprend que cette figure est bien celle du Pecten danicus, et en outre, il en complète la synonymie par les indications de Gmelin, de Chemnitz et de plusieurs autres auteurs. L'identification de l’espèce de de Lamarck avec le Pecten septemradiatus ne peut donc laisser subsister le moindre doute.
Brown et Forbes ont décrit, sous les noms de Pecten nebulosus et
P. Jamesoni deux formes très voisines. Quoique nous ne connaissions ces types que par leur description et leur figuration, nous estimons, avec la plupart des autres auteurs anglais, qu’il y a lieu de ne les considérer que comme de simples variétés du véritable Pecten septemradiatus.
Il existe un nombre considérable de figurations de notre espèce. Nous avons indiqué les principales et les plus exactes dans notre synonymie. Nous devons à l'extrême complaisance de M. Ponsonby, de Londres, et de M. le Dr Stuxberg, de Gothembourg, l'envoi de bons types des mers du Nord, qui nous ont servi de termes de comparaison. Nous profitons de cette circonstance pour exprimer à ces savants naturalistes nos remerciements.
. (2) Lister, 1685, Hist. conch., pl. CLXXIIL, fig. 40. . (2) Klein, 1758. Ostr, meth.. pl. IX, fig. #1. Cette référence est plus que douteuse, (9) Encyclop. meth., pl. CCXII, fig. 6.
Descriprion. — - Coquille de taille moyenne; galbe général sub-orbiculaire un peu allongé, très déprimé, subéquivalve, subéquilatéral. — Région antérieure un peu plus haute, et nn peu plus étroite que la région postérieure ; ligne apico-antérieure droite, ou à peine concave, atteignant aux deux septièmes de la hauteur totale ; ligne apico-postérieure un peu plus allongée et un peu plus tombante ; bord inférieur un peu étroite. ment arrondi, bien retroussé à ses deux extrémités, avec un profil vaguement sinueux. — Sommets anguleux, peu saillants, mais nettement accusés. — Oreilles assez petites, inégales, surtout celle de la valve inférieure : les antérieures un peu longues, peu hautes; les postérieures plus courtes, à profil externe simplement concave ; sinus byssal presque nul,
Valves très déprimées, à peu près aussi bombées l’une que l’autre, avec le bombement reporté au premier tiers de la hauteur totale à partir des sommets, progressivement atténué jusqu’à la périphérie. — Sur la valve supérieure 7 à 9 côtes dont 3 à 5 plus fortes, un peu anguleuses et très étroites à leur naissance, arrondies, et peu saillantes à leur extrémité, les extrêmes peu déveleppées souvent confuses ; espaces intercostaux larges, méplans, peu profonds, un peu plus étroits que la largeur des côtes. — Sur la valve inférieure 8 à 10 côtes aplaties, quelquefois subbifides à leur origine, très larges, peu saillantes et méplanes à leur extrémité, séparées par des espaces intercostaux peu profonds, étroits, arrondis, égaux à la moitié de la largeur des côtes. — Intérieur ondulé, rappelant le mode d’ornementation de l'extérieur. — Oreilles ornées de petites stries rayonnantes très fines, inégales, un peu flexueuses, avec un bourrelet assez fort dans le haut.
Test un peu mince, assez solide, translucide, orné de petites costulations longitudinales assez fortes, très irrégulièrement espacées, plus accusées sur la valve supérieure que sur la valve inférieure, plus pronon cées vers la périphérie que vers les sommets ; stries décurrentes extrémement fines, assez esnacées, un peu irrégulières, se confondant avec les * stries d'accroissement, passant sur toute la surface, plus saillantes dans les régions antérieure et postérieure, et formant à leur rencontre avec les stries longitudinales de petites saillies subsquameuses ; deux ou trois stries plus fortes marquent assez nettement des temps d’arrêt dans le développement. — Coloration différente sur les deux valves : valve inférieure d'un blanc grisâtre, teinté en rose terne et jaunâtre ou en roux, dans le voisinage des sommets ; valve supérieure rarement monochrome, passant d’un rouge-brique plus ou moins foncé au jaune terne, le plus
souvent avec des zones concentriques plus ou moins accusées, de nuance
. plus sombre, à bord inférieur mal défini, et sur le tout des mouchetures
ou maculatures très fines, blanches ou brunes. — Intérieur blanc nacré, participant vaguement de la coloration extérieure.
Dimensions. — Hauteur, 30 à 40; largeur, 28 à 80; épaisseur, 8 à 12 millimètres.
OsservarTions. — Le Pecten septemradiatus présente de rombreuses variations dues surtout à son mode d'ornementation. Mais il est facile de voir que toutes ces variations se rattachent à un mème type et ne constitnent nullement des espèces. En réalité, le nombre des côtes de la valve supérieure peut varier de 3 à 11. Le type, c'est-à-dire la forme la plus commune, celle du reste qui a été décrite par Müller, comporte 7 côtes saillantes, subégales ; mais souvent il existe sur chacun des côtés 2 côtes moins nettement définies, surtout les plus extrêmes, de telle sorte que l'on peut compter 7, 9 et même 11 côtes. D'autres fois, chez des sujets de taiile moins forte, il n'existe plus que 5 et même seulement 3 côtes saillantes, avec 2 ou 4 côtes extrêmes ou intermédiaires plus ou moins atrophiées. On arrive ainsi au Pecten triradiatus de Müller.
Chez certains sujets, à droite et à gauche de la côte médiane, qui est nécessairement la plus forte, on observe ? côtes très atténuées, faisant en quelque sorte pendants à 2 autres côtes également peu visibles, situées au-delà des ? grosses côtes latérales dans la forme triradiata ; c'est donc un total de 7 côtes dont 5 for.es et 4 attén'iées. Enfin ces deux dernières peuvent être suivies de ? côtes extrèmes très obsolètes, et on retrouve ainsi les 7 à 9 côtes du type, telles que nous les avons indiquées dans notre description. Mais comme on le voit, pour bien comprendre le polymorphisme de cette espèce, il est indispensable d'avoir sous les yeux de grandes séries d'individus.
La forme des côtes est également très variable; nous venons de voir les différences que l’on pouvait observer dans leur grosseur réciproque ; il en est de même de leur profil. Contrairement à ce que l’on observe ordinairement chez les autres Pecten, les côtes ne s’affaissent pas avec l'âge ou avec la taille. Nous citerons des sujets de grande taille, bien adultes, dont les côtes sont, non plus arrondies, mais presque anguleuses dans le milieu, avec une carène marquée à la façon du Pecten lineatus, ou mieux de la var. lineata du Pecten opercularis (1).
(4) Vide ante, p, 56.
Suivant les individus, et probablement aussi suivant les milieux, les costulations longitudinales sont plus ou moins fortement accusées. Elles sont toujours bien visibles chez les sujets fraîchement conservés, et ne paraissent pas s’atténuer avec l’âge. Souvent elles forment à la périphérie un contour frangé, comme chez le Pecten clavatus, mais sans que ce bord dépasse le plan horizontal des valves qui restent toujours très tranchantes à la base. Forbes et Hanley ont représenté (1) un individu dont les costulations sont particulièrement accusées. En général on peut dire que ces costulations sont d'autant plus fortes que le nombre des côtes est plus petit. |
Variétés. — Étant admis que le type doit avoir 7 côtes, nous signalons les variétés suivantes :
Major. — De grande taille, atteignant jusqu’à 45 millimètres de hauteur totale et même plus.
Elongata. — D'un galbe plus étroitement allongé, nettement ovalaire.
Rotundata. — Galbe exactement arrondi.
Inflata. — Galbe arrondi, avec les deux valves, mais surtout la valve inférieure, bien bombée.
Triradiata. — Avec 3 grosses côtes bien marquées.
Quinqueradiata. — Avec 5 côtes subégales assez fortes.
Novemradiata. — Avec 7 côtes subégales assez fortes, et 2 côtes extrémes atténuées.
Undecimradiata. — Avec 7 à 9 côtes subégales assez fortes et 4 ou 2 côtes extrêmes plus ou moins atténuées. |
Lineata. — Avec une linéole marquant le milieu de chaque côte.
Sublævigata. — Avec 3 à 5 côtes très atténuées, larges et peu saillantes.
Striata. — Avec des costulations bien marquées sur chaque valve.
Fimbriata. — Avec un bord frangé.
Rubiginosa. — D'un rouge-brique plus ou moins foncé, avec des zones concentriques plus teintées et des maculatures blanches comme ponctuées.
Luteola. — D'un jaune terne, avec des zones d’un roux fauve, mal définies, parsemé de maculatures blanchâtres. |
Ferruginea. — D'un brun roux, ferrugineux, avec des zones concentriques plus foncées, à bords confus, et des maculatures rouges ou blanches.
(1) Forbes et Hanley, 1853. Brit. conch., pl. LI, fig. 2.
Albida, Jeffreys (1). — Les deux valves presque complètement blanches.
Maculata. — De toutes teintes, mais le plus souvent rouge-brique, avec des maculatures blanches, assez petites.
Marmorea. — De toutes teintes, mais le plus souvent rouge-brique, avec des marbrures blanches et rouge plus foncé (2).
RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. — Ce Pecten, comme nous l'avons dit, a été confondu avec un grand nombre d’autres formes. Nous allons montrer quels sont ses caractères différentiels.
Rapproché du Pecten glaber, on le distinguera : à son galbe plus rel: vé sur les côtés avec un contour toujours plus longitudinalement elliptique ; à ses costulations notablement plus fortes; à ses côtes plus étroites, plus arrondies, plus espacées ; à ses oreilles beaucoup plus petites, moins hautes et moins longues ; à ses valves moins bombées avec le maximum de bombement porté davantage vers les sommets ; à son bor dinférieur plus tranchant; etc.
On le séparera du Pecten clavatus, avec lequel quelques auteurs ont cru le confondre : à son galbe moins allongé ; à son test plus mince, plus translucide ; à ses costulations beaucoup plus fortes sur toute la coquille si ce n'est au bord basal; à ses côtes toujours beaucoup moins saillantes, plus régulières, non en forme de massue; à ses sommets plus larges, formant un angle plus ouvert; à ses oreilles plus grandes, surtout plus hautes ; à son intérieur notablement moins creusé ; etc.
On ne pourra le confondre ni avec le P. flexuosus, ni avec le P. flagellatus, dont la taille est plus petite, le galbe beaucoup plus arrondi, les valves plus renflées, les oreilles plus grandes, les côtes plus étroites et plus saillantes, les costulations plus fines, etc.
Il présente plus d’analogie avec le Pecten proteus; on le distinguera de celte dernière espèce: à son galbe notablement moins allongé; à ses valves plus déprimées ; à ses sommets moins saillants et formant un angle plus ouvert ; à ses côtes beaucoup moins régulières, plus larges, moins . bien arrondies ; à ses oreilles plus petites, beaucoup moins longues ; à ses costulations toujours moins régulières ; à son ornementation intérieure beaucoup plus simple, sans cordons bien marqués ; etc.
Enfin, comparé au Pecten anisopleurus il s’en distinguera : par son
(4) Jeffreys, 1863. Brit, Conch., 1, p. 68. (2) Brown, 4844. 7/1. conch., pl. XXII, fig. 17.
galbe moins étroitement allongé; par ses valves plus comprimées; par ses côtes beaucoup plus larges, et beaucoup moins saillantes sur les deux valves, en nombre toujours moins considérable ; à son intérieur beaucoup plus simplement ornementé, sans cordons saillants; à ses ercilles toujours beaucoup plus petites ; à l’absence presque complète de sinus byssal ; etc.
HapiraT. — Assez rare; sur les côtes océaniques et dans la Manche, depuis Dunkerque dans le nord, jusque dans le golfe de Gascogne,
PECTEN AMPHICYRTUS, Locard.
Pecten polymorphus (non Brown), Cailliaud, 1865. Cat. Moll. Loire-Inf., p. 120
Historique. — Cailliaud a signalé, sous le nom de Pecten polymorphus, dans la faune maritime du département de la Loire-Inférieure, la présence d'une «coquille toujours plus ou moins roulée, rejetée sur les côtes de la baie de Pornichet, près le Pouliguen, et au Croisic ». D'autre part, M. le DrP. Fischer (1), rappelant cette indication de Cailliaud, nous apprend que «un exemplaire roulé d’un grand Peigne, voisin par sa forme du Pecten danicus, Chemnitz, a élé trouvé sur la plage du bas Médoc. Il nous est, dit-il, impossible de déterminer spécifiquement notre individu. qui appartient peut- être à une espèce nouvelle ».
Nous ne connaissons pas l'échantillon du bas Médoc signalé par M. le D'Fischer; mais M. Nicollon, du Croisie, a bien voulu nons envoyer trois valves d'un Pecten roulé recueillies par lui à la Bauche, dans la ba'e du Pouliguen. En outre, par les soins de M. Nicollon, nous avons reçu en communication de M. le D' Bureau, directeur du Muséum d’histoire naturelle de Nantes, les types de la collection Cailliauä et ceux du musée de la ville, soit en totalité une vingtaine de valves, toutes plus ou moins roulées, mais appartenant évidemment à la même espèce de Pecten.
Enfin, nous avons reçu il y a déjà quelques années, des environs de Cherbourg, une valve isolée, incomplète, déjà un peu roulée, mais néanmoins très caractéristique, qui se rapporte incontestablement à la même espèce. |
Il résulte de l'étude de ces différents matériaux qu'il doit exister sur
(4) P. Fischer, 1865. Faune conch, Gironde, p. 63,
toutes nos côtes océaniques de France, jusque dans la Manche, une forme que les dragages n’ont pas encore permis de recueillir vivante, dont les valves sont rejetées de temps en temps sur nos côtes, et dont la description n’a pas été donnée jusqu'à présent. Nous proposons de l'appeler Pectenamphicyrtus (1). Cette forme appartient, comme l’a fait pressentir M. P. Fischer, au groupe du Pecten septemradiatus, seu P. danicus, mais el'e en diffère d'une facon absolue par son galbe et son allure générale. C'est en coordonnant les différents matériaux dont nous venons de parler que nous allons essayer d'en donner ue description aussi complète que possible. |
DescriprioN. -- Coquille de taille assez grande ; galbe général arrondi, rès globuleux, subéquivalve, subéquilatéral. — Région antérieure un peu plus haute et un peu moins développée que la région postérieure ; lignes apico-antérieure droite ou légèrement concave, atteignant environ aux trois septièmes de la hauteur totale comptée à partir des sommets ; bord inférieur bien arrondi, un peu retroussé à ses extrémités, à profil largement ondulé. — Sommets forts, saillants, un peu aplatis à leur origine. — Oreilles petites, subégales (2); sinus byssal peu large et peu profond.
Valves très bombées, la valve inférieure un peu plus bombée que la valve supérieure, toutes deux avec le maximum de bombement reporté dans la région des sommets, puis faiblement atténué jusqu’au delà du milieu de la coquille, ensuite plus rapidement atténué jusqu’à la péri phérie. — Sur la valve supérieure de 5 à 7 grosses côtes, les deux extrêmes confuses, celle du milieu la plus grosse, toutes progressive mentet assezrégulièrement développées, assez saillantes, à profil arrondi, séparées par des espaces intercostaux environ une fois et demie plus larges que leur épaisseur, à fond méplan ; au milieu des espaces intercostaux, une petite costulation étroite, peu saillante, assez régulière, visible seulement dans les quatre espaces intercostaux les plus médians. — Sur la valve intérieure 4 à 6 grosses côtes bifides, très larges, aplaties à leur extrémité, laissant entre elles un espace intercostal notablement plus petit que leur épaisseur totale. — Intérieur ondulé, rappelant la dispo-
silion externe, avec de petits cordons peu saillants indiquant les plans
(1) Du grec äuzlxupros, biconvexe.
(2) Dans presque tous les échantillons, les oreilles sont en partie brisées,
de séparation des côtes et des espaces intercostaux, accusés surtout à la périphérie ; bord basal profondément crénelé.
Test solide, épais, subopaque, orné sur les deux valves de costulations longitudinales apparentes seulement dans les espaces intercostaux, au nombre de trois ou quatre, fines, assez régulières, assez rapprochées. — Coloration d’un roux pâle, plus claire sur la valve inférieure que sur la valve supérieure, avec des marbrures plus foncées.
Dimensions. — Hauteur, 35 à 42 ; largeur, 33 à 39; épaisseur, 22 à 24 miliimètres.
OBSERVATIONS. — Comme on vient de le voir, cette espèce est surtout caractérisée par l'énorme bombement de ses deux valves. Elle paraît jouer dans ce groupe le rôle du Pecten commutatus dans le groupe du Pecten opercularis. Son mode de bombement rappelle, en plus petit, celui du Pecten maximus. Ce bombement est du reste assez variable, car il existe évidemment une var. depressa; en outre, chez certains sujets, nous voyons le maximum de saillie presque médian, tandis que chez d’autres il cest reporté davantage dans le voisinage de la région des sommets.
Quant au mode d'ornementation et à la disposition de ses grosses côtes, il rappelle celui du Pecten flagellatus et du P. glaber; mais en outre 1l possède des costulations intermédiaires comme nous n’en voyons pas chez ces deux espèces.
VARIÉTÉS. — D'après ce que nous venons de dire on peut, dès à présent, reconnaître les var. depressa, inflala, marmorea et xonata. Il ne nous semble pas nécessaire, vu l’état des échantillons, de nous étendre davanlage sur ces varialions. |
RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. — On dislinguera le Pecten amphicyrtus des P. septemradiatus et P. proteus : à son galbe beaucoup plus globuleux, beaucoup plus renflé ; à son profil moins arrondi, avec les régions antérieure ct postérieure moins hautes ; à ses grosses côtes plus saillantes ; à ses petites côtes intermédiaires, logées au milieu des espaces intercostaux ; à ses costulations longitudinales beaucoup moins nombreuses et beaucoup plus fortes ; à son intérieur plus fortement ondulé ; à son test beaucoup plus épais ; etc.
Son mode d’ornementation présente quelque analogie avec celui du Pecten glaber ; mais on séparera toujours le Pecten amphicyrtus : à son galbe beaucoup plus renflé, notablement moins élargi, avec le bord
inférieur plus ondulé ; à ses grosses côtes toujours plus étroites et plus saillantes, à ses petites côtes et à ses costulations longitudinales plus accusées; à son test plus épais, plus profondément sillonné à l'intérieur comme à l’exérieur; etc.
Comparé au Pecten anisopleurus, on le reconnaîtra: à son galbe bien plus renflé ; à ses sommets beaucoup plus saillants dans tout leur ensemble; à ses grosses côtes plus fortes, surtout plus saillantes ; à ses côtes intermédiaires toujours beaucoup plus petites, plus régulières; à ses costulations intermédiaires plus fortes; à son test plus épais ; etc.
HasirarT. — Assez rare, dans les zones profondes de la région océanique, depuis le bas Médoc jusque dans la Manche.
G.— Groupe du P, CLAVATUS
Le septième groupe ou groupe du Pecten clavatus renferme des espèces de petite taille, d'un galbe plus ou moins déprimé, ornées de grosses côtes au nombre de cinq à sept, avec ou sans côtes intermédiaires plus petites. Ces espèces au nombre detrois sont exclusivement méditerranéennes.
PECTEN CLAVATUS, Poli.
Ostrea clavata, Poli, 1785. Test. utr. Sicil., IN, p. 160, pl. XXVIII, fig. 47. — infleza, Poli, 1785. Loc. cit., p. 160, pl. XX VIII, fig. 4, 5. Pecten inflexus, de Lamarck, 1819. Anim. sans vert., VI, I, p. 475. — 1876. Edit, Deshayes, VAL, p. 164. — Hidalgo, 1870. Moll. marin., pl. XXXI, Mg. 4 à 6, — Kobelt, 1887, Prodr., y. 436.
— Dumasi, Payraudeau, 1826. Cat. Moll. Corse, p. 75, pl. I, fig. 67. — aspersus (pars), Philippi, 1836. Enum. Moll. Sicil., 1, p. 81. — 1844. Loc. cit. II, p. °7.
— clavatus, Sowerby, 1847. Tes, conch., Pecten, p. 47, pl. XIL, fig. 14-15. — Reeve, 1832, Icon.conck., Pecten, pl. IV, fig. 18.
— ceptemradiatus, Weinkauff, 1867. Conch. Mittelm., I, p. 260.
Hisronique. — L'Ostrea clavata de Poli est une des formes Îles plus typiques etles mieux caractérisées, et pourtant elle a donné lieu à de singulières confusions, Bornons -nous à prendre le type tel qu'il est décrit et figuré dans le grand ouvrage de Poli, avec « ses côtes relevées en forme de massue » et sa couleur vermillon. Cette forme est représentée avec un galbe nettement allongé dans le sens de la hauteur et portant 5 grosses côtes. Dans ces conditions il ne nous paraît pas possible de l'identi-
fier avec l'Ostrea fleruosa dont les valves crepliées jo inent à ondes mariies » lui ont valu sa dénomination, et dont la couleur ordinairement « cend'e, agréablement parsemée de points bruns ». Cette dernière espèce est représentée avec un contour beaucoup plus arrondi et avec de petites costulations entre les côtes. Dans la description, l’Ostrea clavata est qualifiée de subovata, tandis que l’O. flexuosa est dit rotundata.
Il est incontestable pour nous que l'Ostrea inflexa du même auteur n’est qu'une manière d'être particulière de l’Ostrea clavata. En effet, l'Ostrea infleta est caractérisé par son galbe plus arrondi, et surtout par la forme de son bord inférieur « ambitu inflexo, tenuissime striato» ou «ambitus iste in utraque valva ea ratione inflectitur, ut concha pyxidis formam imitari videatur ». Or, comme nous le dirons plus loin, l'Ostrea clavala peut, dans certains cas, affecter cette disposition particulière, de même que tout en étant adulte il peut conserver ses caractères normaux, sans que son bord inférieur se déforme. C’est également ce que nous
constatons pour l'espère suivante. [Il n'y a donc pas lieu d'admettre avec Poli deux espèces différentes.
Nous maintiendrons donc avec Sowerby et avec Rceve le Pecten cluvatus, donnant ainsi la préférence à une dénomination se rapportant à un type normal plutôt qu’à celle qui désigne une manière d’être accidentelle.
Enfin, quelques auteurs comme Weinkauff ont cru devoir identifier cette forme éminemment méditerranéenne avec d'autres formes purement océaniques. Il suftit d'examiner quelques bons types de provenance certaine, pour éviter une semblable confusion. Nous avons eu du reste déjà l’occasion d'établir la comparaison de ces différentes for mes (1). Au surplus, MM. Aradas et Benoit(2) ont déjà discuté pareille question et ont eu soin de figurer l’une à côté de l’autre ces deux formes si complètement distinctes.
Par contre, nous réunirons au Pecten clavatus le Pecten Damasi de Payraudeau. L'étude de ce dernier 1ype, précieusement conservé au Muséum de Paris, ne laisse subsister aucun doute à l'égard de cette identification. Etant de petite taille et de fraiche conservation, il présente une ornementation plus nettement caractérisée que chez la plupart des individus du Pecten clavaius qui figurent dans les collections (8).
(1) Vide ante, p. 95. à (2)Aradas et Benoit, 4870. Conch. viv. marina della Sicilia, p. 97, pl. LI, fig. 4 et 5. (8) O. G. Costa (1825. Cut. test. Sicil., p. 20) considère l'Ostrea clava, de Poli, comme une
variété du Pecten Dumuasi; celte forme étant créée postérieurement à la première doit néces-
sairement passer en seconde ligne. à:
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Nous n'avons pas essayé d'établir la synonymie de tous les auteurs qui unt eu à signaler pareille forme ; cela nous entrainerait trop loin. Mais nous avons tenu à indiquer les figurations les plus exactes. Telles sont celles de Payraudeau, de Sowerby, de Reeve et d'Hidalgo.
D'après les descriptions et les figurations qui s'y rapportent, il est probable que l’Ostrea pes-Lutræ de Linné (1) doit être considéré comme une forme purement accidenielle du Pecten clavatus. En effet, quatre auteurs, à notre connaissance, ont figuré cette coquille. Lister (2), Gualtieri (3) et d'Argenville (4) sont cités par Linné comme rétérences de son Ostrea pes-Lutræ. Lister et Gualtieri donnent la figuration d’un Peigne au galbe assez allongé, orné de 5 grosses côtes, privé de ses deux oreilles, et de taille assez petite. D'Argenville donne au coniraire le dessin d’une coquille de galbe plus arrondi et orné d’un beaucoup plus grand nombre de côtes. C’est sans doute uniquement parce que celte coquille n’a pas d'oreilles que Linné a cru devoir la rapprocher des deux autres. Elle doit nécessairement en être différenciée. Poli (5) a égale ment représenté la même forme que Lister et Gualtieri, et nous voyons en outre que la coloration de sa coquille est blanche.
Nous n’avons entre les mains ni le type de Linné, ni celui de Poli, de telle sorte que nous ne possédons actuellement aucune certitude sur l'identification absolue de ces différentes formes. Mais l’on remarquera cependant que Hauley (6) dit que quelques individus du Pecten danicus (7), avec leurs oreilles mutilées, ressemblent à l'espèce linnéenne. Or le Pecten danicus est une forme septentrionale qui n’a rien à voir avec les formes figurées par Pol. En outre d’autres auteurs comme Dillwyn (8) croient pouvoir rapprocher de ce type linnéen l’Ostrea plica du mème auteur, espèce qui vit dans l’océan Indien. On comprend dès lors ia singulière confusion qui règne autour de celte forme mutilée dont tant d'auteurs se sont occupés. En présence de ces faits, sans prét-ndre donner ici des conclusions définitives, nous estimons qu'une coquille vivante aussi incomplète, et dont l'historique et aussi imparfait, ne peut
(1) Ostrea pes-lutræ, Linné. Mantissa, p. 547.
(2) Lister, 1685, Hist. conch., pl. CLXXI.
(3) Gualtieri, 1742. Ind. conch., pl. LXXIV, fig. C C.
(4) D'Argenville, 1742. Conch., pl. XXIV, fig. A.
(5) Poli, 1785. Test, utr. Sicil., LE, p. 169, pl. XXVLIS, fig. 19.
(6) Mauley, 1855. Zpsa Lin. conch., p. 455.
(7) Pecten danicus, Chemnitz, 1795. Conch. cab., p. 265, pl. CCVIE, F. 2043. (8) Dillwyn, 1817. Descr. catal., 1, p. 252.
servir de prototype. Nous maintiendrons donc simplement l'Ostrea pes- Lutræ de Poli comme synonyme de son Ostrea clavata, tout en reconnaissant qu'il représente une forme accidentelle, différente d’une autre forme accidentelle décrite par Linné, laquelle appartient très probablement à la faune septentrionale.
Descriprion. — Coquille de taille assez petite ; galbe général subova : laire, semi-déprimé, inéquivalve, inéquilatéral. — Région antérieure un peu haute et un peu moins développée que la région postérieure ; ligne apico-antérieure droite, s'arrêtant environ au tiers de la hauteur totale à partir des sommets ; ligne apico-postérieure droite ou un peu flexueuse, plus longue et un peu plus tombante, atteignant au milieu de la hauteur totale; bord inférieur arrondi, à protil largement ondulé. — Sommets anguleux, peu saillants. — Oreilles très petites, mégales : les deux antérieures presque égales, un peu longues, assez hautes, à profil externe légèrement flexueux ; les deux postérieures très petites, très courtes el peu hautes ; sinus byssal sensiblement nul.
Valve supérieure presque plane, légèrement creusée à l’intérieur, avec 5 côtes, les deux extrêmes peu saillantes, les trois autres fortes, claviformes, un peu anguleuses à l’origine, puis rapidement bien arrondies et devenant renflées et très saillantes vers le bord inférieur; espaces intercostaux une fois et demi plus larges que l'épaisseur des côtes, à fond méplan, à bords arrondis. — Valve inférieure régulièrement bombée dans tout son ensemble, une fois et demi plus creusée à l’intérieur que la valve supérieure, ornée de 6 côtes ; les deux extrêmes très petites, peu sallantes; les deux suivantes plus fortes, subarrondies sur toute leur longueur, très rapprochées des deux premières, les deux médianes très larges et très fortes, arrondies vers les sommets, un peu méplanes à la périphérie; espaces intercostaux plus étroits que les côtes, bien arrondis. — Intérieur reproduisant exactement le faciès externe ; bord inférieur très finement et très régulièrement frangé sur une faible hauteur. — Sur les oreilles 2 ou 3 petites côtes rayonnantes, peu élevées, un peu ondulées, à peine accusées sur les oreilles postérieures.
Test mince, assez solide, subopaque, orné sur la valve inférieure de petites costulations longitudinales très fines, arrondies, réguiières, régulièrement espacées, plus accusées sur les côtes que dans les espaces intercostaux, peu visibles ou obsolètes sur la valve inférieure, où elles sont également plus accusées sur les côtes que dans les espaces