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…—. Sous le nom d'Helix rufescens, la plupart des auteurs français, suisses, a zlais ou allemands ont réuni un certain nombre de formes plus ou noins affines, généralement mal connues et mal dénommées, quoique nourtant elles ne soient pas très rares, et sur lesquelles une singulière obseurité a toujours régné. Le plus grand nombre de ces espèces faisant pa ie de la faune française, nous nous sommes proposé, après de longues “étminutieuses recherches, d'en faire une étude aussi complète et aussi app pfondie que possible, espérant jeter enfin un peu de lumière sur une “question qui, jusqu’à ce jour, semblait des plus complexes.
—… La plus anciennement dénommée parmi toutes les espèces que nous éxaminerons dans ce travail a nom Helix rufescens. Thomas Pennant, dans la deuxième édition de son British Zoology (1), publié en 1777, en donna une description sommaire, comme on les faisait du reste à cette époque, accompagnée d'une figuration, sinon parfaite, du moins suffisam-
mer caractérisée. Cette même forme, d’après son auteur, avait été
(1) Ieliz rufescens, Penuant, 1777. British Zoology, 1V, p. 416, pl. LXXXV, Üg. 127.
précédemment étudiée et figurée par Lister, dans son ouvrage sur les coquilles d'Angleterre (1).
Le nom de rufescens, il faut bien en convenir, n’était pas très heureusement choisi; susceptible de s'appliquer à bon nombre d'autres coquilles, étayé par une diagnose par trop générale, il devint la cause de nombreu ses erreurs spécifiques. En outre, comme le fit observer Donovan (2), il fallut bientôt reconnaître que cet Helix qualifié de rufescens avait souvent une tout autre coloration. Pennant avait adopté le nom qui figurait dans la dénomination explicative inscrite par Lister au-dessous de sa figuration (3); une fois donné et régulièrement enregistré dans la méthode binominale, il n'y avait aucune raison plausible pour le changer ; 1l fut donc admis sans le moindre conteste par tout le monde, et devint le drapeau sous lequel on enrégimenta plus tard une foule de formes auglaises ou étrangères, souvent des plus disparates, et toujours sans que les auteurs prissent la peine d’en confronter une bonne fois les différents types les uns avec les autres. C’est ainsi, par exemple, que Ludovic Pfeiffer, sans justification légitime, ne groupe pas moins de onze dénominations spécifiques distinctes autour du type original de Pennant (4).
Quelques années plus tard, le D' Samuel Studer, à la demande qui lui en avait été faite par William Coxe, donna, à la suite du tome III du Voyage en Suisse écrit par ce dernier auteur (5), une sorte de catalogue des Mollusques de la Suisse, intercalé dans une Fauna Helvetica. C’est dans ce catalogue, qui compte onze pages seulement, que figurent pour la première fois les noms de Helix montana, entre l’Helix nemoralis (6) et l’H, arbustorum (7), et de Helix cœlata, entre l’Helix quadridens (8) et l’H. lubrica (9), mais sans autre mention que ces mots : « nouvelle espèce ».
La place assignée par Studer à son Helix montana, et suriout à son Helix cœlata peut paraître assez singulière; mais ajoutons que d’après
(1) Lister, 4678. Historia animalium Angliæ, pl. H, titulus XIT, p. 125.
(2) Donovan, 1803. The Natural History of British shells, V, pl. CLVII, fig. 1.
(3) Cochlea dilute rufescens, aut Subalbida, sinu ad umbilicum exiguo, circinato.
(4) L. Pfeiffer, 1848, Monographia Heliceorum viventium, 1, p. 141.
(3) William Coxe, 4789. Travels of Switzerland, 3 vol. in-8, London. — Trad. française, Paris, 1790, 3 vol. in-8. Le travail de Studer, d'après une note que veut bien nous communiquer M. de Loriol, de Genève, ne figurerait que dans l'édition française qui possède, du reste plusieurs autres additions.
(6) Helix nemoralis, Linné, 1758. Systema naturæ, édit. X, p. 773.
(7) Helix arbustorum, Linné, 1758. Loc. cil., p. 771.
(8) Helix quadridens, Müller, 1774. Vermiuwm terrestrium et fluvialilium Historia, 11 p. 407. — Chondrus quadridens, Auct.
(9) Helic lubrica, Müller, 1776. Loc, cit., p, 104, — Zua subcylindrica, Auct.
l'examen de ce petit catalogue, le groupement des espèces, notamment celui des quarante-neuf Helix qui y sont signalés, est quelque peu fantaisiste. Quoi qu'il en soit, et par ce qu'il en advint dans la suite, nous n'hésitons pas à considérer l'Helix cœlata comme un véritable Helix.
En 1820, le même auteur publie, sous deux formes différentes, un nouveau catalogue (1), beaucoup plus complet et beaucoup plus détaillé que le premier, puisqu'il comprend cent trente-trois espèces au lieu de qua-tre-vingt-dix. Ici les formes sont génériquement et spécifiquement groupées. Studer sépare désormais les véritables Helix des Hyalinia, Tapada, Bulimus, Pupa, Torquilla, etc. Parmi les Jelix, nous retrouvons l'Helix cœælata, orthographié d’une façon différente, et l’Helix montana; en outre, figure pour la première fois le nom d'Helix circinata (2); mais ces trois formes sont encore accompagnées de descriptions absolument sommaires, sur lesquelles nous aurons à revenir, à propos de chacune de ces coquilles.
Avant d’aller plus loin, il importe de constater un fait qui ne nous paraît pas sans quelque importance. À l’époque ou Samuel Studer écrivait, les malacologistes n’étaient certes point prodigues d’espèces. De plus, Studer, docteur en philosophie et en théologie, auteur de plusieurs publications relatives à l’histoire naturelle, devait avoir eu connaissance des écrits de Pennant. Si donc il instituait, soit en 1790, soit en 1820, trois formes nouvelles, c'est bien parce qu'il ne reconnaissait aucune de ces . formes dans les publications parues jusqu'alors. Quiconque a parcouru le mémoire de 1820 a pu se rendre compte, en lisant les critiques synonymiques de cet auteur, des connaissances approfondies et variées qu'il possédait en malacologie. Et pourtant, après avoir inscrit ses Helix mon- « (ana et Helix cælata, nous retrouvons, à peine une page plus loin, un - Helix rufescens qui fait confusion évidente avec celui de Pennant, puisque Studer le classe entre les Helix nitida (3) et H. fulva (4) de Draparnaud, et le compare à l'Helix glabella de Hartmann (3). Quoi qu'il en soit,
(1) Studer, 1820. Systematisches Verzeichniss der bis jetit bekannt gewordenen Schweizer-
—…Conchylien, 4 br. in-8. — Kurzes Verzeichniss der bis jetzt in unserm Vaterlande entdeck-
ten Conchylien, in Meissner, MNaturwiss. Anzeiger der Schweiz. Gesellsch., n° 11, p. 83,
et 42, p. 91, in-4 sur 2 colonnes, Berne, 1820.
(2) La plupart des auteurs ont éerit circinnata au lieu de circinata.
(8) Heliæ nitida, Müller, 1774. Verm. terr. fluv. Hist., I, p. 82,
(6) Heliæ fulvus, Müller, 4774. Loc. cit., p. 56.
(5) Helix glabella, Hartmann, non Draparnaud, 4801, Tabl. Moll., p. 87. — 1805. Hist. dMoll., p. 102, pl. vu, ‘g. 6.
et malgré cette regrettable confusion, c’est donc bien avec une intention formelle que Studer a établi au moins deux espèces distinctes, les Heliæ montana et H.cælata, en admettant, à titre de variété, l’Helix circinata.
Combien il est à regretter que ces dénominations ne soient pas accompagnées de descriptions suffisantes! A peine quelques mots qui peuvent s'appliquer aussi bien à ces espèces qu’à bon nombre d’autres ; rien sur
l'allure si caractéristique de l’ombilic, rien sur le galbe général, rien sur
la taille; ce sont en quelquesorte de simples étiquettes ; aussi c’est presque uniquement par tradition que ces formes se sont transmises jusqu’à nous, avec leurs dénominations nouvelles. Malheureusement il est arrivé que trop souvent la tradition s’est égarée le long de sa route, et que les choses ainsi dénaturées ont engendré la plus effroyable confusion qui ait existé de mémoire de malacologiste! Mais avant d'essayer de nous reconnaître à travers ce singulier dédale, achevons l'historique des digérentes espèces signalées dans ce groupe.
En 1813, Gottfried Gärtner (1), et après lui Jean-G. Klees (2), introduisirent dans la nomenclature le nom d’Helix Altenana, qui fut tour à tour considéré soit comme une forme de l’Helix strigella de Draparnaud (3), soit comme une espèce appartenant au groupe de l’Hekix montana.
Avec J.-D. Wilhem, Hartmann von Hartmannsruthi apparaît en 1821 (4), et plus tard, en 1844 (5), un nom nouveau, celui d’Helix ou Trichia clandestina, dont la paternité remonterait au baron Ignace von Born, quoique cet auteur ne fasse pas mention d’un pareil nom dans ses écrits.
Enfin, en 1828, Carl Pfeiffer décrivit et figura avec le plus grand soin une forme nouvelle des plus typiques et des mieux caractérisées, l’Helix striolata (6), et l'ancien Helix montana (7) de Samuel Studer.
Jusqu'ici, nous n’avons parlé que des auteurs anglais, suisses ou
(1) G. Gürtner, 1813. Versuch einer systematischen Beschreibung der im Wetlerau bisher entdechkien Konchylien. Hanau, pet. in-4, p. 27. — In Ann. Wetter., III, 1813, p. 281.
(2) J.-G. Klees, 1818. Dissertatio inauguralis sistens charactericen et descripliones Testaceorum circa Tubingam indigenorum. Tubingæ, in-19, p. 25.
(3) Helix strigella, Draparnaud, 1801. Tabl, Moll., p. 81. — 1805. Hist. Moll., p. &, pl. VII, fig. 1-2.
(4) J.-D.-W. Hartmann, 1894. System der Erd- und Flussmollusken der Schweiz und in benachbarten Lündern, etc., in Steinmüller, Meue Alpina. Winterthur, Band I, in-8, p. 256.
(5) J.-D.-W. Hartmann, 1840-44. ÆErd- und Süsswasser-Gasteropoden der Schweiz, p. 125, pl, XXX VIII.
(6) Carl Pfeiffer, 4828. Naturgeschichte deutscher Land- und Süssiwasser-Mollusken, NII, p. 28, pl. VI, fig. 8.
(7) Carl Pfeiffer, 1838. Loc. cit.,p. 33, pl. VI, fig. 9.
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