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allemands, et pourtant les différentes formes dont nous venons d'indiquer les noms se trouvent également en France. Ni Geoffroy, ni Brard, ni Draparnaud ou même son digne continuateur Michaud, ne font allusion dans leurs traités à l’une ou à l'autre de ces formes. La raison en est qu'elles sont d'une part relativement peu répandues en France, et que d’autre part elles paraissent localisées dans des milieux où ces savants auteurs n'ont pas étendu le champ de leurs investigations. Bouchard- Chantereaux (1) est, croyons--nous, le premier naturaliste français qui ait fait mention de l'He!ix rufescens sur notre continent, en 1838. Beaucoup plus tard, M. Drouët, l'abbé Dupuy et Moquin-Tandon parlent presque à la même époque de ces espèces dans leurs traités.
M. Drouët avoue (2) que, « dans l'impossibilité presque absolue où il a été de se créer une opinion bien arrêtée au sujet des véritables rapports qui lient les 4. rufescens, glabella et montana, il a préféré leur laisser, à chacune séparément, le rang provisoire d’espèce distincte ». Plus tard, il distingue nettement les Helix montana et H. cælata (3).
L'abbé Dupuy (4) et Moquin-Tandon (5), dans leur synonymie fort complexe, semblent s’en tenir aux idées de Ludovic Pfeiffer et réunissent, sous le vocable général d’Helix rufescens, toutes les autres formes. Pourtant, dans son atlas, l'abbé Dupuy représente deux types différents, dont l’un au moins, parfaitement caractérisé, se rapporte incontestablement à l'Helix striolata de C. Pfeiffer (6). Quant à Moquin-Tandon, il admet pour l'Helix rufescens et au même titre, deux variétés basées sur la coloration, déjà citées par Bouchard-Chantereaux, et trois autres variétés répondant aux Helix cælata, H. montana et H. circinata de Studer.
Plusieurs auteurs ont tour à tour cité, dans leurs catalogues, et à titre d'espèces, quelques-unes des formes que nous venons de rappeler. C'est ainsi que MM. Fr. Dumont et G. de Mortüllet (7) citent les Helix montana
(4) Bouchard-Chantereaux, 1838. Catalogue des Mollusques observés jusqu'à ce jour à l'état vivant sur les côtes du Boulonnais. Boulogne,in-8, p. 46.
(2) H. Drouët, 1855. Énumération des Mollusques terrestres et fluviatiles vivants de la France continentale. Liège, in-8, p. 19 et 45.
(3) H. Drouët, 1868. Mollusques terrestres et fluviatiles de la Côte-d'Or,in Mém. de l'Acad. de Dijon, années 1866-67, 4 vol. in-8. Dijon, p. 81 et 82. — Tirage à part, 4 br. in-8, p. 59 et GO. . (5) L'abbé D. Dupuy, 1847, Histoire naturelle des Mollusques terrestres et d'eau douce qui vivent en France. Auch, in-8, p. 194, pl. VII, fig. 41.
(5) A. Moquin-Tandon, 1855. Histoire naturelle des Mollusques terrestres et fluviatiles de France, Paris, 3 vol. iu-8,t, 11, p. 206, pl. XVI, fig. 18 à 419.
(6) Dupuy. Loc, cit., pl. VIH, fig. 41, à, b, c.
» (7} Fr. Dumont ct G. Mortilict, 1857. Catalogue critique et malacostatique des Mollusques de Savoie et du bassin du Léman, Genève. ! br. in-8 (inachevé), p. 45 et 48
et H. cælata de Studer dans la Savoie. M. J.-R. Bourguignat, le premier, distingue spécifiquement les AH. circinata, H. cælata, H. montana de l’Helix rufescens (1), et fait observer très judicieusement, à propos de l’He‘ix circinata (2) que c’est à tort que cette espèce à été confondue tantôt avec l’Helix glabella de Draparnaud (3), tantôt avec l’Helix rufescens de Pennant (4).
Dans notre Etude sur les vuriations malacologiques (5), publiée en 1880, et avec les données encore restreintes que nous possédions alors, nous avons inscrit, dans le catalogue du bassin du Rhône, les Helix montana, H.submontana, H. circinata, H. glypta et H. clandestina. Enfin, dans notre Prodrome de malacoiogie française de 1882 (6), sur les indications de M. Bourguignat, nous avons signalé, dans le même groupe, les Helix Altenana, H. striolata, H. montana, H. clandestina, H. circinata et Il. Isarica, et dans un autre groupe, l’Helix submontana, créé par M. J. Mabille.
A l'étranger, toutes ces espèces sont confondues et semblent n’en faire qu'une aux yeux des naturalistes. Les Anglais Gray (7), Reeve (8), Forbes et Hanley (9), Jeffreys (10), Sowerby (11), etc., gardent le type de leur
compatriote Pennant et font rentrer en synonymie toutes les formes alle-
mandes ou suisses. Les Allemands L. Pfeiffer (12), Kreglinger (13), Ko-
(1) J.-R. Bourguignat, 1862. Malacologie du lac des Quatre-Cantons, À vol. in-8. Paris, p. 25 et 26.
(2) J.-R. Bourguignat, 1864. Malacologie de la Grande-Chartreuse, À vol.in-8. Paris, p. 54.
(3) Helix glabella, Draparnaud, 1801. Tabl. Moll., p. 87. — 1805. Hist. Moll., p. 102 pl. VII, fig. 6 (non pars auct.).
(4) Helix rufescens, Pennant, 1777. Brit. z001.,1V, p.134,pl. LXXXV, fig. 127(n. pars auct.).
(5) A. Locard, 1880. Ltuues sur les variations malacologiques d'après la faune vivante et fossile de la partie centrale du bassin du Rhône, 2 vol. gr. in-8. Lyon, t.1I, p. 91 à 97.
(6) A. Locard, 1892. Catalogue général des Mollusques vivants de France, Mollusques terrestres des eaux douces et des eaux saumâtres, 1 vol. gr. in-8. Lyon, p. 79 à 81 et 319,
(7) J.-E. Gray, 1857. Manual of the land and freshwater shells of the Brilish Island, by William Turton, 4 vol. in-12, London, p. 132, fig. 38; pl. IT, fig. 28.
(8) Lovell Reeve, 1863. The land and frehswater Mollusks, indigenous to or naturalised ‘mthe Brilish Isles, À vol. in-8, London, p. 7, 5, fig.
\9) Edward Forbes and Sylvanus Hanley, 1863. A history of Brilish Mollusca and their shells, 4 vol. in 8. London, t. IV, p. 66, pl. CXVILE, tig. 4, 7.
(10) John Gwyn Jeffreys, 1862, British Conchology, 4 vol. in-12, London, t. 1, p. 494, pl. XII, fig. 1.
(11) G.-B. Sowerby, 1859. ZUlustraled index of British shelis, À vol. petit in-4, London, pl. XXII, fig. 6.
(12) Ludovic Pfeiffer, 4816. In Martini et Chemnitz. Systematisches Conchylien Cabinet, genre Ilelix, p.118, pl. XVI, fig. 11, 42, 45, 16. — 1848. Monographia Helicorum viventium, vol, in-8. Lipsiæ, t. 1, p. 441. — Edit. S, Clessin, 1884, 1 vol. in-8, Casselis, p. 124.
(13) Carl Kreglinger, 1870. Systematisches Verzeichnise der in Deutschland lebenden Binnen-Mollushken, 1 vol, gr. in-8, p. 80,