‹ Contributions à la faune malacologique francaise (volume 2)Chapitre 38 sur 39 · TT — · texte numérisé non relu

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(1) 1.-G. Kless, 1818. Dissertatio inauguralis sistens characlericen et descriptiones Testaceorum circa Tubingam indigenorum, 1 br. in-8. Tubingæ, p. 25. — (2) C. Pfeiffer, 1821. Systematische Anordnung und Beschreibung deutscher Land- uni Wasser-Schnecken, 1, p. 32, pl. 11, fig. 6.

. (3) Pour fixer les idées, nous reproduisons ici les diagnoses de Gärtner et de Klces, les publications de ces deux auteurs élant assez difficiles à retrouver :

40 GænTNEr. — Gehäus dicht- und schiefgestreift, durchscheinend (ohne Borsten), strohgelb …— mit einer etwas blasseren Binde. Windungen 5-6, deren oberste ins Rothliche spielen, Mündung halbmondfürmig, elwus rüthlieh, lippenlos, inwendig mit einem weissen Wulist … cingefasst. — Durchmesser 6-6 4/2. L. Hühe 3 1/2-4 L. ? KLess. — Testa globosa transparente flavo-fusca, fascia media a bicante, anufractibus …— quinque oblique striatis, apertura rolundo-semilunari, peristomate albo, patulo marginalo, — Diam. 6, all., 4 Lin.

(4) Draparnaud, 1805. Hist. Moll., pl. VII, fig. 2.

(5) G. Pfeiffer, 1821. Syst. Anord. Deutsch., 4, pl. L, fig. 6. «(61 Heliæ separica, Bour,uignat, 1878. Test. nov. Moll,, n° 141. —1882. Zn Locard. Prodr, …— malac. frans., p.62 et 309. /H. Vellavorum per err.). - (7) 3. Kickx, 1830. Specimen inaugurale exhibens synopsis Molluscorum, Brabantiæ … ausiraii indigenorum, in-4. Lovanii, p. 23, fig 4, 5.

et vuen dessus, mais il n’a plus le moindre rapport avec la forme si bien figurée par von Alten.

Si nous ajoutons que Kickx, dans sa description, dit ces mots : « H. testa convexiuscula... anfractus sex, sutura profonda distincti, ultimo Linea alba quasi carinata », on reconnaîtra que nous voilà bien loin de l'Helix strigella, et on comprendra que Bouchard-Chantereaux ait ajouté l’'Helix Altenana de Kickx à sa synonymie de l’Helix rufescens (1). Il est donc fort probable que le nom d'Helix Altenana Kickx, doit se rapporter à une coquille absolument différente de l’Helix Alienana de Gärtner et de Klees : la première, déprimée, voisine de l’Helix rufescens; la seconde, globuleuse, voisine de l’Helix strigella (2). Or, la forme que nous allons décrire sous le nom d’Helix abludens, tout en appartenant incontestablement au groupe qui nous occupe, est précisément intermédiaire entre le groupe de l’Helix rufescens et celui de l'H. strigella. Telle est la cause qui nous l’avait fait confondre avec l’Helix Altenana, dénomination qui doit disparaître forcément de la nomenclature.

DEsCripTION. — Coquille de taille moyenne, d’un galbe général conique-subglobuleux, notablement plus développée en dessus qu’en dessous, bien conique en dessus, bombée en dessous. — Test un peu mince, solide, subopaque, d’un fauve roux un peu foncé, passantau corné clair, rarement monochrome, le plus souvent irrégulièrement flammulé deteintes foncées, se détachant sans bords limités sur un fond plus pâle ; devenant opaque et d'un gris terne après la mort de l’animal, d’un faciès un peu terne, à peine un peu plus brillant en dessous qu’en dessus; stries longitudinales un peu fines, très serrées, irrégulières, légèrement flexueuses, à peine atténuées en dessous au voisinage de l'ombilic; dans le jeune âge quelques poils espacés, moins facilement caducs que chez les formes précédentes. — Spire haute, un peu acuminée au sommet, composée de six tours bien étagés les uns au-dessus des autres, à croissance très lente, très régulière, devenant à peine un peu plus rapide au dernier tour, suriout sur la dernière moitié de sa longueur; profil des tours bien arrondi;

(4) Bouchard-Chantereaux, 1838. Catalogue des Mollusques marins observés jusqu'à ce jour à l'état vivant sur les côles du Boulonnais, p. 46.

(2) Une manière de voir analogue parait ètre celle que Ludovic Pfeiffer aurait adoptée en dernier lieu, puisque dans l'édition du Nomenclator, publiée par les soins de M. S. Clessin, nous voyons, p. 118, l’Helix Altenana, de Gärtner, figurer comme synonyme de l'Heliæ strigella, tandis que p. 124, l'Helixæ Allenana, de Klees, avec un point de doute, il est vrai, se trouve dans la synonymie de l’Helix rufescens,

dernier tour presque aussi arrondi ct renflé en dessus qu’en dessous, portant, dans sa partie médiane, les traces d’une ligne carénale accusée surtout par une bande étroite plus faiblement colorée que le reste du test, visible sur les deux tiers ou les trois quarts de la longueur du dernier tour à partir de sa naissance. — Insertion du bord supérieur de l’ouverture sensiblement médiane et rectiligne, ou parfois très légèrement tombante au-dessous de la ligne carénale, sur une faible longueur. — Sommet saillant, lisse, brillant, de même teinte que le reste de la coquille. — Suture assez profonde, bien accusée. — Ombilic assez grand, visible jusqu'au sommet de la coquille, à peine évasé à sa naissance, laissant voir facilement l’avant- dernier tour sur toute sa longueur mais sur une faible largeur, et plus difficilement les tours précédents. — Ouverture assez obli--

que, presque exactement arrondie, portant à l'intérieur un bourrelet blan-

châtre, un peu violacé chez les individus au test plus foncé, visible sur toute la périphérie. — Péristome discontinu, mince, droit, à bords assez rapprochés et convergents; bord inférieur un peu évasé dans le bas; bord columellaire très légèrement réfléchi sur l’ombilic. — Épiphragme très mince, membraneux, opaque, d’un blanc clair, mat.

* Drmensions. — Hauteur totale, 7 à 7 1/2 millimètres; diamètre, 10 à

{1 millimètres.

OBservATIONS. — Nous avons reçu cette espèce à diverses reprises, tantôt sous le nom d’Helix Altenana, tantôt sous le nom d’Helix rufescens type, ou var. Danubialis.

Elle estsusceptible de présenter quelques variationsrésultantde l'influence des milieux. C'est ainsi, par exemple, que nous avons observé des échantillons provenant de l'ile de Jersey, qui constituent une var. globulosa.Ces individus sont en effet très globuleux, de taille assez petite et rappelant la forme de l'Helix strigella, avec des tours plus hauts, plus étagés, beaucoup plus serrés, un dernier tour orné d'une bande claire médiane, à ombilic plus petit, et l'insertion du dernier tour moins tombante à son extrémité. Nous distinguerons également des var. rufula, cornea et albida, qui se définissent d’elles-mêmes.

RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. — Comparé aux deux formes précédentes, notre Helix abludens se distinguera toujours : à sa taille ordinairement plus petite ; à son galbe beaucoup plus globuleux; à sa spire plus haute, plus conique, avec des tours plus étagés; à son sommet plus saillant ; au

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profil de ses tours plus arrondi; à son dernier tour plus renflé, plus arrondi, plus vaguement carèné, et avec la carène toujours médiane; à son ouverture plns arrondie; etc.

On peut également le comparer à l'Helix strigella type ;1l s’en distingue à sa taille plus petite ; à son ombilic plus étroit; à son galbe plus conique, avec la spire plus haute; à son dernier tour moins gros, moins renflé, moins arrondi; à son ouverture moins exactement circulaire et moins oblique; à son dernier tour moins tombant à son extrémité, et orné d’une bande carénale médiane ; à son test; etc.

HaBirar. — Peu commun; paraît vivre dans les mêmes milieux que l'Helix rufescens. Nous l'avons observé : en Angleterre, dans l'île Jersey et aux environs de Dublin. En France, nous l'avons reconnu aux envi rons de Boulogne-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais.

HELIX MONTANA, Studer.

Helix montana, Studer, 1790. In Coxe, Voyage en Suisse, IT, p. 429. — Studer, 1820. Syst. Verzeichn. Schweizer-Conch , p. 12. — C. Pfeiffer, 1898, Naturg. Deutsch. Moll., I, p.23, pl, VI, fig. 9. — De Charpentier, 1837. Cat. Mol. Suisse, p. 41, pl. I, fig. 45. — H. Morlet, 14871. In Journ. Conch., XIX, p. 22 (tir. à part, p. 9). —S. Clessin, 1874. In Jahrbüucher, p.130, pl. VIII, fig. 2. — A. Locard, 1880. Et. variat. malac., I, p. 91. — A. Locard, 14882. Prodr. Malac. franç., p. 80.

circinnata, Studer, 4820. Loc. cit., p. 12.:— Baron de Ferussac, 1821. Tabl. syst., p. #3, n0 268. — Rossmässler, 1835. Zconogr., 1, p. 63, pl. I, fig. 124, a. — 1838. Loc. cit, NET, p-4, pl XXXI fig. 422; = hispida, var. circinnata, Hartmann, 1821. In Neue Alpina, p. 237 et 263, pl. IN, fig. 13.

- rufescens, var. montana, P. Hagenmüller, 1872. Catal, Moll. terr. et fluv. d'AIsace, p. 14.

Frulicicola rufescens, var. montana, S. Clessin, 1876. Deutsch. Exc.-Moll.-Fauna, p. 119, fig. 67. — 1884. 2e édit., p. 158, fig. 88. — 1887. Moll. Fauna Oest.-Ungarns und der Schweiz, p. 130.

Hisrorique. — L'historique de l’Helix montana est assez complexe. Nous allons essayer de l’établir de la façon la plus précise. Studer, en 1790, se borne à mentionner cette forme avec l'indication : « nouvelle espèce ». En 1820, il l’inscrit dans son catalogue à la suite de son Helix cælata avec la mention suivante : « Auf dem Jura, wie die vorige, mit und ohne weisse Binde ; mit einer solchen hiess sie sonst H.circinnata(sic)», que nous traduisons ainsi : « Sur le Jura, comme la précédente, avec et sans bande blanche; avec une bande blanche elle se nomme. circinnata. »

ADS.

Quelques auteurs, notamment Moquin-Tandon (1), ont eru voir dans les deux Helixz montana de Studer deux espèces bien différentes ; la première ne serait autre que l'Helix sylvatica (2) ou une de ses variétés ; l'autre, comme nous l'avons déjà expliqué, une variété de l'Helix rufescens de Pennant. Il nous parait difüicile d'admettre qu'un auteur comme Studer ait donné deux fois le méme nom à deux formes aussi distinctes. Quoi qu’il en soit, la première dénomination, celle de 1790, est sans aucune diagnose, et la seconde, à peine un peu plus explicite, est considérée comme la véritable forme montana des malacologues suisses, tantôt envisagée comme espèce, tantôt comme variété. Ajoutons que nous avons reçu à maintes reprises cette forme, soit de la Suisse, soit d’autres pays, et que c'est une forme constante et parfaitement définie.

. Peu de temps après la publication du second mémoire de Studer, Hartmann, considérant que ce nom de montana pouvait prèter à la confusion, décrivit et figura la même forme sous le nom d'Helix hispida var. circinnata. Dans ses tableaux (3) il a soin d'identifier cette forme à l’Helix montana de Studer, ce qui enlève toute espèce de doute à cet égard, et la figure qu'il donne est assez bonne pour bien distinguer cette forme de l1 précédente, inscrite sous le nom d'A. corrugata, avec les var. clandestina, cælala, etc.

À la même époque, le baron de Férussac inscrit celte espèce dans son Tableau systématique sous le nom d’Helix circinata mais sans en donner de description, se bornant à indiquer comme synonyme le nom d’Helix montana de Studer et avec un point de doute l’Helix Altenana de Klees.

En 1828, Carl Pfeiffer reprend l’ancien nom d’Helix montana et donne pour la première fois une très bonne description accompagnée d’une figuration assez exacte, permettant de bien nett»ment apprécier les caractères différentiels qui séparent l’Helix montana de l'Helix striolata (4). Il prend son type, non plus en Suisse, comme Studer et Hartmann, mais sur la montagne du château de Heidelberg et dans les forêts aux environs de Vienne.

(4) Moquin-Tandon, 1855. Hist. Moll., IN, p. 172. — Helic sylvatica, var, montana (Helix Montana Studer, Faunæ Helv., in Coxe, Trav. Switz., II, 1879, p. 429; non Sluder, Kur z. Verzseichn., 1828, nec C. Pfeiffer, nec Fer,, nec Hôa.).

(2) Heliæ sylvatica, Draparnaud, 1801. Tabl. Moll., p. 79. — 1805. Hist, Moll., p, 193, pl. VI, fig. 1-2.

(3) Le tableau placé à la fin du volume est paginé 163 par erreur, au lieu de 263.

(4) « Sieist kleiner, mehr kugelig, und weniger gestreift, als meine 1. striolata, » — Eile est plus petite, plus arrondie et moins strice que mon ZZ, striolata.

Rossmässler en 1835 et 1838 abandonne le nom de montana pour revenir à celui de circinata ; mais comme l’a fait observer M.S. Clessin (1), il est facile de voir qu'il a très mal compris les différentes espèces de ce groupe, à en juger par les rapprochements synonymiques auxquels il se livre. Cependant, nous croyons pouvoir rapporter avec quelque certitude à V’Helix montana les figures 124 et 422 qui représentent assez exactement le type de Studer.

De Charpentier (2) a donné deux figurations de l’Helix montana ; l'une,

déprimée, nous semble peu exacte; ce serait d’après lui la forme circi-

nata de Studer et du baron de Férussac; l’autre, beaucoup plus exacte, représente une forme minor de l’Helix montana tel qu'il est admis aujourd’hui par les malacologistes suisses. Dans sa collection au musée de Lausanne, l’Helix montana est représenté par un grand nombre d’échantillons aux formes les plus diverses; l’examen de ces coquilles montre dans quel singulier embarras de Charpentier a dû se trouver pour les classer ; sur l’étiquette on lit successivement les noms de Helix circinata et de H. rufescens tour à tour effacés, pour céder la place au seul nom d'H. montana. Quant aux coquilles on voit avec de véritables Helix montana bien typiques plusieurs des formes que nous aurons à décrire ultérieurement et toutes bien différentes les unes des autres par leur galbe comme par leur ombilic.

Moquin-Tandon (3) a suivi en partie les errements de Rossmässler et ne nous paraît pas avoir connu le véritable Helix montana puisqu'il rapporte sa var. montana à l’Helix striolata de C. Pfeiffer, et sa var. circinata aux figurations de Rossmässler, mais sans citer l’Helix montana d’aucun auteur autre que Studer.

M. H. Drouët (4) commet la même confusion en citant l’Helix montana de C. Pfeiffer et en lui donnant comme synonyme la figure 423 de Rossmässler. Nous avons récolté dans deux des localités qu’il indique ces prétendus Helix montana, dans les jardins de Châtillon-sur-Seine, et à Darcey, et nous avons pu nous assurer que c’étaient des Helix clandestina des mieux caractérisés.

M. S. Clessin dans son premier mémoire sur les Fruticicola a très bien compris l’Helix montana, quoique la figure schématique qu'il en donne

(1) 3. Clessin, 1874.n Jahrbüch. Malak. Gesellsch., p. 180.

(2) Jean de Charpentier, 1837. Catalogue des Mollusques de la Suisse, p.11.

(3) Moquin-Tandon, 1855. Hist. Moll., II, p. 206.

(4) H. Drouët, 1868, Mol. Côte-d'Or, in Mém. acad. Dijon, p. 81 (lir, à part, p. 49).

soit un peu fantaisiste et bien moins bonne que celle de ses Excursions. Selon cet auteur, il faudrait encore rapporter à l'Helix montana de Studer, l’Helix erecta de Harlmann (1), forme que nous ne connaissons que par sa description. Quant à considérer le var. minor de l'Helix rufescens de Jeffreys (2) comme un Helix montana, nous conserverons quelques doutes au sujet de ce rapprochement. Nous nous sommes déjà expliqué au sujet des véritables Helix rufescens, et si nous avons vu chez cette espèce une var. minor, en revanche nous n’avons jamais observé d'Helit montana provenant d'Angleterre.

Peut-être devrions-nous ajouter à cette énumération deux des figurations données par Ludovic Pfeiffer dans les suites de Martini et Chemnitz à propos de l’Helix rufescens (3). Mais ces dernières sont tellement déplorables qu’elles peuvent s'appliquer aussi bien à l'Helix montana qu'à toute autre forme d’un groupe différent.

Descriprion. — Coquille de taille moyenne, d’un galbe général subglobuleux, un peu déprimé, un peu plus développée en dessus qu'en des sous, légèrement conique en dessus, bien bombée en dessous. — Test un peu mince, solide, subtransparent, passant d’un corné fauve un peu clair au corné pâle, rarement monochrome, le plus souvent avec quelques vagues maculatures un peu plus foncées se détachant peu nettement sur un fond plus clair; devenant opaque et blanchâtre après la mort de l’animal ; d'un faciès général un peu terne lorsque la coquille est bien fraîche, à peine plus brillant en dessous qu'en dessus; stries longitudinales très fines, quoique bien visibles, très serrées, un peu irrégulières, légèrement flexueusés, atténuées en dessous, surtout au voisinage de l’ombilic; dans

. le jeune âge pourvue de poils fins, laineux, rapprochés, devenant ensuite

facilement caducs. — Spire un peu haute, légèrement acuminée au sommet, composée de six tours à croissance progressive, lente et régulière, devenant un peu plus rapide à l'extrémité du dernier tour, et sur une faible longueur; profil des tours arrondi; dernier tour bien arrondi, à peine un peu plus renflé en dessous qu'en dessus, parfois orné d'une bande carénale un peu plus claire, supramédiane, visible sur au moins les deux tiers de la périphérie. — Insertion du bord supérieur de l’ouverture étroite ou à peine un peu tombante sur une faible longueur, tou-

(1) Heliæ erecta, Hartmann, 1844. Gaslerop. der Schweiz, p. 129, (2) Jeffreys, 1862. British Conchology, 1, p. 195. (3) Helic rufescens, L. Pleiller, 1846. Syst. Conch. cab., p. 118, pl. XVI, fig. 15 et 16.

à fait à son extrémité et devenant dans cette partie infracarénale, — Sommet un peu saillant, lisse, brillant, de même teinte que le reste de la coquille, ou parfois de teinte un peu plus pâle. — Suture peu profonde, accusée surtout par le bombement des tours de la spire. — Ombilic petit. visible jusqu'au sommet, à peine évasé à sa naissance, laissant voir l'avant dernier tour sur une faible largeur mois sur toute sa longueur, et plus difficilement une partie du tour précédent. — Ouverture assez oblique, arrondie, à peine un peu plus large que haute, presque droite dans le haut, bien arrondie dans la région extérieure et dans le bas, un peu allongée vers l’ombilic, portant à l’intérieur un bourrelet blanchâtre continu, mais plus étroit et surtout plus saïllant, dans le bas que dans le haut. — Péristome discontinu, mince, droit, à bords convergents; bord supérieur très court; bord externe bien arrondi et tranchant; bord inférieur légèrement évasé; bord columellaire réfléchi sur l’ombilic. — Épiphragme très mince, membraneux, opaque, d’un blanc clair, mat.

Dimensions. — Hauteur totale 6 à 6 1/2 millunètres ; diamètre maximum 10 à 12 millimètres.

OBSERVATIONS. — L'Helix montana est une des formes les mieux carac-

térisées de ce groupe, et nous sommes surpris de voir qu’on ait cherché à la réunir à d’autres types, aussi différents, aussi distincts que les Helix striolata où H. rufescens, par exemple. La seule excuse que l’on puisse donner, c’est que les naturalistes qui ont ainsi agi ne s’étaient pas procuré de bons types pour la comparaison de ces différentes formes.

Quoique constant dans son allure générale, l’Helix montana présente quelques variations à signaler. Nous parlerons en premier lieu de la var. circinata instituée par Studer. Nous n'avons pas retrouvé ce type dans sa collection; mais comme 1l est facile de voir que l’Helix montana type est lantôt avec une bande carénale plus claire que le fond du test, tantôt sans bande carénale, il est très aisé de se rendre compte de cette variété. On remarquera que chez l’'Helix montana 1l n'existe pas la moimdre carène sur le dernier tour, comme nous en avons observé, par exemple, chez les Helix striolata et H. rufescens ; le profil du tour est arrondi, moins exactement circulaire que chez l’Helix abludens, mais sans la moindre carène ; la bande carénale n’est donc, chez les Helix montana, qu'une simple variation ex colore et non pas ex forma.

ILexiste également d’autres modifications résultant de l'habitat, Souvent, surtout chez la var, circinata, l'ensemble de la coquille, et plus paru -

LA La

culièrement la spire, est un peu moins élevé que dans le type, la coquille est moins globuleuse et constitue une var. depressa. Nous croyons avoir observé que cette forme se trouvait de préférence dans les milieux un peu bas et humides.

La forme minor signalée par de Charpentier n’est point rare dans le Jura et dans la Suisse; elle est toujours un peu globuleuse, à spire un peu haute, souvent sur cette variété les stries sont un peu plus fortement accusées, ou mieux plus profondément burinées que dans le type.

Enfin M. Charpy de Saint-Amour nous a envoyé, il ya plusieurs années, une var. albida qui parait très commune dans cette station et que nous avons également reçue de plusieurs autres régions, Dans notre étude sur les variations malacologiques (1); nous avons déjà signalé les var. glabra, hispida, pratensis de Dumont et de Mortillet (2), ainsi que les var. depressa, globulosa, subtecta et minor que nous avions déjà observées à cette époque.

RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. — Nous rapprocherons l’Helix montana des quatre espèces que nous venons de décrire. Par son galbe globuleux, sa spire plus ou moins élancée, son ombilic étroit, ses stries plus fines, sa taille plus petite, on le séparera de suite de l’Helix striolata, qui est déprimé, très caréné, à grand ombilic, fortement strié et toujours plus grand.

Il présente un peu plus d’analogie avec l’Helix rufescens ; mais il s’en distingue : par son galbe plus globuleux; par sa spire avec des tours plus arrondis et non pas simplement convexes; par son dernier tour toujours arrondi, jamais anguleux n1 caréné, tout au plus orné d’un bande plus claire; par son ombilic encore plus étroit; par son sommet plus saillant ; par son ouverture moins tombante à son extrémité, plus arrondie; par son bourrelet interne moins fort; par sa coloration le plus ordinairement plus pâle, plus claire; par ses stries encore plus fines et plus régulières ; etc.

Enfin rapproché de l’Helix abludens, on le reconnaitra : à son galbe moins globuleux; à sa spire moins haute; à son ombilic plus étroit; à son enroulement des tours moins serré; à son ouverture moins exactement circulaire ; etc.

(1) À. Locard, 1880. Études sur Les variations malacologiques, I, p. 91. (2) Dumont et de Mortillet, 1857. Catalogue critique et malacostatique des mollusques de Savoie et du bassin du Léman, p. 46.

Haprrar. — L'Ielit montana vit dans toute la région est de la France en colonies assez popueuses ; on le trouve dans les bois et les forêts, sous les buissons et les arbrisseaux, dépassant souvert 500 mètres d'alli tude. Nous l'avons observé dans les localités suivantes : en Suisse, dans tdut le Jura neuchâtelois (1). En France : Nantua, le Colombier, Hauteville, Culoz, la partie boisée et montagneuse du haut et bas Bugey, le Reculet, etc., dans l'Ain ; la Grande-Chartreuse, Allevard, la Salette, etc., dans l'Isère ; Poligny, Bief-du-Fourg, Saint-Claude, Saint-Amour, etc., dans le Jura; Châtillon-sur-Seine, Recey-sur-Ource, etc., dans la Côted'Or; Chaumont, dans la Haute-Marne; Neuf-Brisach, Einsisheim, Belfort, dans le Haut-Rhin; les alluvions du Rhône, au nord de Lyon (2); etc.

HELIX SUBMONTANA, J. Mabille.

Helix Pascali, J. Mabille, 1867. In Archives malacologiques, p. 29. — submontana, J. Mabille, 1868. In Rev. el mag. Zool., p. 22. — A. Locard, 1880. Et. variat. malac., I, p. 93. — A. Locard, 1882. Prodr. Malac. franç., p. 77. — rufescens, var. submontana, Westerlund, 1876. Fauna Europ. Prodr., p. 48.

Historique. — En 1867, M. Jules Mabille séparait de l’Helix montana une forme voisine mais bien distincte, sous le nom d’Helix Pascali. Ce nom ayant déjà été donné antérieurement à une autre forme, M. J. Mabille, en 1868, lui substitua le nom d'Helix submontana qui convient d'être maintenu. Nous avons eu entre les mains le type de M. J. Mabille, et c’est sur ce type que nous allons donner la description de l'espèce.

(4) Dans le travail de M. le professeur DL’ Theophile Studer intitulé : Die Mollushen der nächsten Umgebung von Bern, nous relevons à propos de cette espèce l'indication suivante : « H. rufescens Penn., var. clandestina Wartm., scheint ebenfalls auf den Jura beschrankt. Chasseral, Schuttleworth, ebenso var. montana, Slud. »

(2) Venance Payot, dans son Ærpétologie, malacologie et paléontologie des environs du Mont-Blanc(In Ann, soc. d'agricult. de Lyon, 3e sér., t. VIII, 41864, p. 483,) indique les stations suivantes pour l'Helix montana : sur les plantes, dans les bois, les forêts et les endroits frais; lac de Joux au Piatet, 1350 m.; bois entre Maglan et la Colonne, 800 m.; val du Chatelard, Servoz, 700 m.; bois el escalier du Platet, 1600 m.; les bois du Bouchet à Chamounix, 1052 m.; la Crozaz, sur les Plagnes, en descendant le côté de la Forclaz, les Contamines, 1900 m. L’Helic montanz ayant été si souvent confondu avec d’autres formes voisines, ces indications mérilent d'être confirmées.

Dumont et de Mortillet /Catalogue crilique et malacostalique des mollusques de Savoie et du bassin du Léman, p. 46) indiquent également pour cette espèce un grand nombre de localités du bassin de Genève, de Bonneville et de Chambéry; mais comme nous avons pu nous en assurer, ces localités se rapportent à plusieurs espèces différentes. On ne peut donc les relever que comime indication d'habitat général du groupe.

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Sous le nom d'Helir rufescens, var. Putonii, M. S. Clessin (1) a décrit une forme qui nous parait voisine de l'Helix submontana, mais que nous n'avons pas rencontrée. A titre de comparaison, voici comment cette coquille est définie : « coquille subconique, mince, transparente, d'une coloration cornée d'un jaune très clair, avec des stries allant en s'agrandissant, très fortes, très irrégulières ; toujours glabre, même dans le jeune âge; 6 à 7 tours ; sans carène transparente, mais à la place une bande claire ; tours à croissance assez rapide, le dernier notablement élargi; ouverture peu découpée, en forme de croissant très large; bourrelet peu développé; ombilie étroit, faiblement évasé vers l'ouverture. — Habite dans les Vosges, contre les murailles et dans les fentes des rochers, sur les Orties poussant le long des murs. »

Nous avons pensé que cette forme était précisément celle que Ernest Puton (2) avait indiquée dans les Vosges sousle nom d’Helix glabella, avec le nom de Helixz rufescens Turt., H. circinata et H. circinata var. montand Stud., en synonymie. Mais M. le D' Auguste Puton nous écrit qu’il ne trouve dans la collection de son père que deux boîtes avec l'étiquette Helix rufescens Turt., et en synonymie . glabella, l'une portant la mention département du Nord, l'autre Boulogne. Il est donc impossible de dire aujourd'hui ce qu'était l’Helix glabella de Puton, et la forme vosgienne du groupe qui nous occupe est encore à étudier.

Descriprion. — Coquille de taille moyenne, d'un galbe général globuleux, un peu conique, plus développée en dessus qu'en dessous, bien conique en dessus, assez bombée en dessous. — Test un peu mince, s0lide, passant du corné fauve un peu clair, au corné pâle, rarement monochrome, le plus souvent avec quelques vagues maculatures un peu foncées se détachant peu nettement sur un fond plus clair; devenant opaque et blanchâtre après la mort de l'animal; d’un facies un peu brillant aussi bien en dessus qu’en dessous ; stries longitudinales assez fines, serrées, plus régulières en dessous qu’en dessus, flexueuses, atténuées à la naissance de l’ombilic; pourvue dans le jeune âge de poils fins, serrés, assez courts, très facilements caducs. — Spire assez haute, acuminée au sommet, composée de six tours bien étagés, à croissance progressive, lente et régulière, devenant un peu plus rapide à l'extrémité du dernier tour, et sur une faible longueur; profil des tours bien arrondi; dernier tour exac-

(tn S. Clessin, 14884. Deutsch. Excur.-Moll.-Fauna, 2e édit., p. 158, fig. 9). (2) E. Puton, 1847. £ssai sur les mollusques terrestres et [luviatiles des Vosges, p. 87.

tement rond, aussi renflé en dessus qu’en dessous, rarement orné d’une bande carénale un peu plus claire que le reste de la coquille, un peu supramédiane, plus ou moins visible sur la moitié ou les deux tiers du dernier tour à partir de sa naissance. — Insertion du bord supérieur de l’ouverture droite, rarement un peu tombante tout à fait à son extrémité et sur une faible longueur, chez quelques sujets très adultes. — Sommet saillant, lisse, brillant, de même teinte que le reste de la coquille. et souvent d’un corné plus pâle. — Suture peu profonde, mais bien accusée par le bombement des tours de la spire. — Ombilic relativement très petit, visible jusqu’au sommet, laissant voir l’avant-dernier tour sur une faible largeur et sur presque toute sa longueur, et beaucoup plus difficilement les tours précédents ; non évasé à sa naissance. — Ouverture assez oblique, presque exactement circulaire, quoique pourtant un peu allongée dans le bas; portant à l’intérieur un bourrelet blanchâtre ou un peu roux, continu, mais plus accusé dans le bas que dans le haut. — Péristome discontinu, mince, droit, à bords faiblement convergents; bord supérieur très court, arrondi; bord externe exactement circulaire; bord inférieur un peu allongé vers la région ombilicale, surtout chez les sujets très adultes ; bord

collumellaire court, arrondi et légèrement réfléchi sur l’ombilic. — Epi-.

phragme irès mince, membraneux, opaque, d’un blanc sale, mat.

DIMENSIoNs. — Hauteur totale, 7 à 7 1/2 millimètres; diamètre maximum, 11 à 11 1/2 millimètres.

OBSERVATIONS. — L'Helix submontana est très constant et très régulier dans son allure; en dehors des variations dues à la coloration, nous ne voyons de modifications à signaler dans son galbe que celle qui provient du plus ou moins de comicité de la spire et celle qui résulte des variations de la dimension de l’ombilic. Si dans le type, l’ombilic est toujours

étroit, plus étroit même que celui de l’Helix montana, il existe parfois des.

individus chez lesquels cet ombilic s'agrandit un peu à sa naissance, tout en restant cependant encore plus étroit, plus resserré que celui de l’Helix montana. C'est là un caractère important à signaler.

RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. — L’Helix submontana est très voisin de l’Heliz montana. Par cela même on ie différenciera toujours des autres espèces que nous avons déjà décrites. Comparé à l’Helix montana, on le distinguera : à son galbe plus globuleux; à sa spire plus haute, avec le sommet plus saillant; à ses tours à profil plus arrondi, à son dernier tour

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exactement arrondi ; aussi renflé en dessus qu’en dessous ; à son ouverture encore plus circulaire ; etc.

Hagrrar. — L'Helix submontana nous paraît vivre dans les mêmes milieux quel’Helixz montana, quoique beaucoup moins répandu, Nous le connaissons dans les stations suivantes : Bellegarde, le Colombier, Tenay, Culoz, Seyssel, dans l'Ain ;la Grande-Chartreuse, les environs de Grenoble, dans l'Isère; Saint-Amour (1), Poligny, Nozeroy, dans le Jura; Villaine près de Rosières, dans l'Aube; Neuf-Brisach, dans le Haut-Rhin.En Suisse, dans la vallée du lac de Joux (2), dans le Jura vaudois et neuchâte-

lois ; etc.

HELIX CÆLATA, Studer.

Heliæ cœlata, Studer, 1790. Fauna Helvetica, in William Coxe, Voyage en Suisse, LUI, p. 480 (sans description).

= cælata, Studer, 1820. System. Verzeichn. Schweizer-Conch., p. 12 — Kurz. Verzeichn. Conch., p. 86.

— glypta, P. Fagot, 1880. 1n Locsrd. Et var. mal., EI, p. 95. —— rufescens, pars auctorum, non Pennant.

HisToriQuE. — Dans son premier mémoire publié en 1789 dans quelques exemplaires de l'édition anglaise du voyage en Suisse de William Coke, et en 1790 dans l'édition française, Samuel Studer se borna, comme nous l'avons précédemment expliqué (3), à citer l'Helix cœælata (sic), sans autre indication que ces mots « espèce nouvelle ». En 1820, dans son catalogue nous retrouvons cette même espèce orthographiée Helix cælata (4) avec les indications suivantes : « Caelata, mihi. Auf dem Jura, in Wäldern, an feuchten Felsen, hat ohngeachtet ihrer Querstreifen doch noch einigen Glanz », que nous traduisons : Sur le Jura, dans les forêts, sur les rochers humides, a, outre ses stries transversales, un certain brillant.

T'elles sont les seules données qu'a laissées son auteur. Dans ces condi-

(4) En écrivant notre Étude sur les variations malacologiques nous avons dit que c'était par erreur que l'Heliz submontana avait été trouvé à Saint-Amour, dans le Jura. Depuis celle époque nous avons élé à même d'en affirmer la présence dans celte localité.

(2) Inscrit sous le nom de Helix circinata (var. montana) par Jeffreys dans la collection des mollusques des cantons de Vaud et Valais donnée par lui en 1854 au musée de Lausanne.

(3) Vide ante, p. 6.

(4) Le mot cœlata, tout comme le mot circinnata, n'est point latin et constitue un Japsus calami de la part de l'auteur ; comme on est toujours en droit de rectifier une faute d'orthographe dans une dénomination spécifique, il convieut donc d'admettre uniquement les noms de cælala et de circinata,

tions, il n'est point surprenant de voir que le pelit nombre des naturalistes qui ont parlé de cette espèce ont pu s’exposer à bien des mécomptes en basant leurs déterminations sur une aussi pauvre diagnose, C’est donc plutôt par tradition qu'ils ont pu en parler. Sans doute nous en serions à notre tour réduit à une semblable extrémité, si nous n'avions eù la bonne fortune de pouvoir étudier les types originaux qui ont servi à Samuel Studer, types aujourd'hui conservés au musée de Berne, et que M.Théophile Studer, son petit-fils, nous a si gracieusement communiqués.

Le carton de la collection de Samuel Studer, qui est accompagné de l'étiquette Helix cælata, porte six échantillons dont la taille varie de 8 1/2 à 10 millimètres en diamètre, pour 4 à 4 1/2 millimètres en hauteur; ce qui caractérise plus particulièrement ces échantillons, c'est leur galbe très déprimé, avec une spire très peu haute, un ombilic moyennement ouvert, mais visible jusqu’au sommet de la coquille, et un dernier tour pas très gros, plus bombé et surtout plus renflé en dessous qu’en dessus, portant dans le haut une carène assez accusée à la naissance du tour et très supérieure. Nous reviendrons du reste plus loin, avec tous les détails nécessaires, sur cette description.

Tel sera donc désormais, pour nous, le seul et véritable type de l’Helix cælata. Or, cette même forme originale, nous la retrouvons non-seulement dans plusieurs stations de la Suisse, mais même en France. Le professeur Mousson nous l’avait envoyée de Zurich et de Soleure; nous l’avons également reçue de Donauwoerth en Bavière et de plusieurs localités de l’est de la France où elle paraît peu commune et un peu moins typique à mesure que l’on s'éloigne du centre de la Suisse. C’est donc en réalité une forme constante et parfaitement définie.

Sous ce même nom, M.S. Clessin nous a envoyé un échantillon provenant de Dilingen en Donau qui diffère notablement du type original de Studer, tel que nous venons de l’établir; dans cet échantillon le dernier tour est beaucoup plus gros, plus arrondi, plus régulier dans son profil, et l'ombilic est beaucoup plus ouvert. Nous retrouvons cette même forme en France bien plus communément que la première, et c’est elle que presque tous les auteurs ont désignée sous le nom d’Helix cælata quoi qu'elle en soit bien différente. Pour éviter désormais toute confusion, nous maintiendrons à la forme très déprimée, avec ombilic moyen le nom qui lui a été donné par Samuel Siuder, et nous désignerons la forme à dernier tour bien arrondi et à très grand ombilic, sous le nom d'Helix cœælomphala qui la définit exactement.

Le nom d'Helix cælata avait été également employé par Vallot dans son catalogue descriptif (1) publié sans nom d'auteur et devenu fort rare aujourd'hui. Ce nom s’appliquait à une tout autre forme plus où moins voisine de l’Helix intersecta (2). En présence de cette double dénomina tion, et pour éviter toute confusion, M. P. Fagot avait proposé de donner le nom d’Helix glypta (3) à la forme de Studer. Or, le catalogue de Vallot porte la date des 2 et 3 fructidor, an IX, soit des 20 et 21 août 1801, tandis que le nom d’Helix cœlata ou cælata, confirmé par Studer en 1820, avait été créé par lui, en réalité, dès 1789. Il n'y a donc pas lieu, d'après les règles de la priorité, de modifier cette dénomination.

Quelques auteurs, croyant à la nécessité du démembrement du genre Helix, ont proposé pour les espèces de ce groupe les nom de Trichia (4), Brudybæna (5) où Fruticicola (6). Qu'est-ce au juste que le Bradybæna cælata de Beck (7), ou le Fruticicola cœælata de Held (8) ? Nous ne saurions le dire, en présence de la confusion évidente qui s'est établie entre le véritable Helixz cælata et l'espèce suivante. II faudrait pour être fixé remonter aux collections originales de ces deux auteurs, chose que, avouons-le, nous n'avons même pas cherché à faire.

Descriprion. — Coquille de taille assez petite, d'un galbe général très déprimé, presque aussi développée en dessus qu’en dessous, légèrement convexe en dessus, un peu bombée en dessous. — Test mince, assez solide, semi-transparent, passant du roux corné pâle au fauve un peu foncé, parfois inégalement et irrégulièrement teinté, devenant d’un corné blanc opaque après la mort de l'animal, un peu luisant en dessous, souvent terreux en dessus, surtout dans le jeune âge; stries longitudinales assez fortes, très irréguhières, légèrement flexueuses, plus profondément burinées en dessus, surtout au voisinage de la suture, s’atténuant un peu en .

(4) Vallot. École centrale du département de la Côte-d'Or. Exercice d'histoire naturelle. (Catalogue descriptif de soixante-deux mollusques terrestres et fluviatiles de la Côted'Or), Dijon, an 1X, 2? et 3 fructidor (20 et 21 août 1801), in-#4, p. 8. Ouvrage publié sans nom d'auteur.

(2) Helix intersecta, Poiret, 1804. Coq. fluv. et terr. départ. de l'Aisne et aux environs de Paris, Prodrome, p. 81.

(3) Heliæ glypta, P. Fagot, 1880. In A. Locard, Études sur les variations malacologiques, I, p. 95.

(4) Trichia, Hartmann, 4840. Syst. Gast., Schweiz, p. 125.

(5) Bradybæna, Beck, 1837. Index molluscorum, p. 18.

(6) Fruticicola, Meld, 1837. Au/zühlung der in Bayern lebenden Mollusken, in Isis, von Oken, IV, p. 914.

(7) Bradybæna cælata, Beck. Loc. cit., p. 20.

(8) Fruticicola cælata, Meld, Loc. cit. p. 914. — Albers, 1860. Die Heliceen, 2e édit, p. 404.

dessous, au voisinage de l'ombilic; dans le jeune âge quelques poils courts, assez flexueux, très facilement caducs. — Spire peu haute, un peu acuminée vers le sommet, composée de cinq tours et demi, à croissance lente et régulière, devenant un peu plus rapide seulement à l'extrémité du dernier tour; profil des tours bien convexe; dernier tour pèu haut, arrondi en dessus, bien renflé en dessous, orné d’une ligne carénale peu accusée, souvent de coloration très pâle, mais toujours très supérieure, assez nette à l’origine du dernier tour, s’évanouissant à son extrémité, — {nsertion du bord supérieur de l'ouverture légèrement tombante sur le dernier quart de sa longueur, de façon à devenir presque exactement médiane à son extrémité tout en étant nettement infracarénale. — Sommet légèrement déprimé, de même teinte que le reste de la coquille. — Suture assez profonde, bien accusée. — Ombilic moyen, visible jusqu’au sommet, à peine évasé à sa naissance, laissant voir l’avantdernier tour sur presque toute sa longueur, mais sur une très faible largeur. — Ouverture assez oblique, largement ovalaire, un peu plus large que haute, arrondie dans le haut et vers le bord externe, légèrement aplatie dans le bas. — Péristome discontinu, mince, droit, à bords assez rapprochés, faiblement bordé à l'intérieur par un bourrelet d’un roux clair un peu rosé, plus épais en bas qu’en haut; bord columellaire très court, légèrement réfléchi sur l’ombilic. — Épiphragme très mince, membraneux, opaque, d’un blanc pâle un peu terreux.

Dimensions, — Hauteur totale, 4 à 4 1/2 millimètres; diamètre maximum., 8 1/2 à 10 milimètres.

OBSERVATIONS. — La description que nous venons de donner est faite sur les originaux de Samuel Studer; cependant elle s’applique également à un grand nombre d'individus identiques de Suisse, de France et d'Allemagne. Malgré cela, il existe chez cette espèce un certain nombre de variations qu’il importe de noter.

Le type, tel que nous venons de le voir, est de taille assez petite. Nous rattachons à cette même espèce, sous le nom de var. major, une forme que nous avons reçue à plusieurs reprises de la Suisse, notamment du val de Travers et du Jura neuchâtelois, et que nous avons également retrouvée en France. Cette variété, de taille notablement plus forte, mesure jusqu'à 12 millimètres de diamètre, tandis que son ombilic ne dépasse pas { millimètre et demi dans sa plus grande dimension. En revanche, nous trouvons en France des individus également très typiques mais

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dont le diamètre ne dépasse pas 7 millimètres, même chez des individus parfaitement adultes. Nous en ferons notre var. minor.

Il est à remarquer que chez l'Helix cælata, comme chez la plupart des Helix de forme déprimée et à enroulement rapide, la superposition normale des tours présente souvent un peu d'irrégularité ; il semble que ces tours, gènés dans leur croissance, éprouvent de la difficulté à se soumettre à un enroulement aussi étroit ; de là une tendance à un léger chevauchement en hauteur qui parait assez fréquent mais, qui ne constitue en somme que des anomalies purement individuelles.

Chez l’Helix cælata, la ligne carénale existe toujours, mais elle est plus ou moins accusée. En général, on l’observe tout aussi bien dans les var. major où minor que dans le type ; mais souventelle est surtout caractérisée par une bande blanchâtre ou d’un corné plus clair que la coquille, toujours très étroite, bien visible à la naissance du dernier tour, et tendant à disparaître, dès la moitié de la longueur de ce tour, pour faire totalement défaut à l'extrémité. Cependant nous avons observé des colonies chez lesquelles cette bande carénale était visible en dedans comme en dehors de la coquille, sur tout le pourtour du dernier tour. Nous désignerons celte variété sous le nom de var. xonata.

Les stries sont également très variables dans leur allure, non seulement sur un même sujet, mais encore suivant les milieux; le type de Studer est fortement buriné; dans la var. major, ces stries sont au contraire lrès atténuées, tandis que chez la plupart de nos sujets français, elles sont notablement plus fines et plus régulières. De telles variations sont évidemwent le fait d’une influence locale; mais il importe d’en tenir compte dans la détermination spécifique. Enfin la coloration, comme on a pu le voir dans la description, est très variable. Il existe des var. rufescens, cornea, luteolina et albida, suivant les localités.

RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. — Avec son galbe déprimé, l'Helix cœælata ne peut être confondu qu'avec l’Helix striolata, parmi les espèces que nous avons étudiées jusqu'à présent. On le distinguera toujours très facilement : à sa laille notablement plus petite; à sa spire encore moins haute ; äson ombilic beaucoup moins ouvert; à sa ligne carénale toujours moins accusée et encore plus supérieure; à son test proportionnellement plus buriné, plus irrégulièrement striolé; etc.

Hagrrar. —L'Helix cælata est une forme peu commune. Il vità des altitudes moyennes, sur les arbrisseaux, le long des routes et dans les fentes

des rochers, sans trop rechercher l'humidité. Nous le connaissons dans les stations suivantes : Soleure et Berne en Suisse(1); Regensburg, en Bavière. En France dans l’est et le nord; Grenoble, Sassenage, la Grande-Chartreuse, dans l'Isère ; les environs de Lyon et les alluvions du Rhône; Belley (var. major), Hauteville, la Chartreuse -de-Portes, dans l'Ain; Châtillonsur-Seine, dans la Côte-d'Or; Dinan, dans les Côtes-du -Nord; etc.

HELIX CŒLOMPHALA, Locard.

Heliæ cælala, J. de Charpentier, 1837. Catal. Moll Suisse, p. 11, pl. I, fig. 13, a, b, c (non Studer).

Fruticicola cælala, S. Clessin. 1874. In Jahrbüch. Maïak., p. 487, pl. VII, fig. 8. — 1876. Deutsche Excursions-Mollusk.-Fauna, p. 115, fig. 63. — 1884. 2e édition, p. 154, fig. 84.

Helix gratianopolitana (pars), Rambur, 1866. In Journ. Conch., XNII, p. 267. — striolata (pars), Loar 1, 1882, Prodr. de malac. franc. p. 80. — rufescens et cælata, pars auclorum, sed non Pennant, nec Studer.

HISTORIQUE. — Comme nous l’avons expliqué dans l'historique de l’espèce précédente, deux formes bien distinctes ont été confondues sous le nom d’Helix cælata: l'une, le véritable type de Studer, que nous venons de décrire; l'autre, que nous inscrivons sous le nom d’Helix cœlomphala, pour faire ressortir les caractères si nettement accusés de son ombilic.

C’est évidemment cette dernière forme qui a été figurée par de Charpentier, dans son Catalogue des Mollusques de la Suisse ; c’est elle éga lement que M. S. Clessin a décrite et figurée sous le nom d’Helix cælata ; c’est encore elle dont parle, sous ce même vocable, M. Agardh Westerlund, puisqu'il la définit : « T. late umbilicata » (2).

Sous le nom d'Helix Gratianopolitana, Rambur a signalé, dans le Journai de conchyliologie, une forme déjà envisagée par Albin Gras, sous le nom d’Helix glabella. D'après les types de Rambur qui nous ont été communiqués par son parent, M. J. Mabille et par M. Bourguignat, nous avons pu nous assurer que cette dénomination se rapportait à de jeunes individus pouvant appartenir les uns à l'Helix cœlomphala, les autres aux Helix Isarica et H. clandestina dont 1l sera parlé plus loin,

Nous basant sur l’allure très déprimée de la coquillle et sur les dimen-

(1) M. Regensperger dans son catalogue des mollusques des environs de Berne ne fait pas mention de cette espèce. M. le professeur Théophile Studer dans son travail Die Mollusken der nächsten Umgebung von Bern indique ainsi l’Helix cælata : Scheint auf die Abhänge des Jura beschränkt zu sein. Chasseral, Schuttlenworth.

(2) Carl Agardh Westerlund, 1876. Fauna europæa Moll. Prodromus, p. 47,

sions deson om bilic, nous avions cru devoir, dans notre Prodrome, rapprocher l'Helir cælata de l'Helic striolata de C. Pfeiffer. Aujourd'hui possédant des matériaux beaucoup plus complets qu'à cette époque et des types absolument authentiques de ces deux espèces, nous reconnaissons qu'il y a lieu de ies séparer complètement.

Descriprion. — Coquille de taille assez petite, d'un galbe général bien déprimé, plus développée en dessous qu’en dessus, légèrement convexe en dessus, bien bombée en dessous. — Test mince, assez solide, semitransparent, passant du corné clair au roux fauve un peu foncé, irrégulièrement teinté, devenant d'un corné blanc opaque après la mort de l'animal ; le plus souvent luisante en dessus et surtont en dessous; stries longitudinales très fines, assez régulières, un peu flexueuses, très rapprochées, à peine un peu moins accusées en dessous qu’en dessus, devenant obsolètes vers l'ombilic; dans le jeune âge, pourvue de poils courts, très nombreux, facilement caducs. — Spire peu haute, à peine acuminée versle sommet, composée de six tours à croissance très lente, très régulière chez les premiers tours, un peu plus rapide au dernier; profil des tours bien arrondi ; dernier tour bien haut, à profil arrondi dans son ensemble, un peu plus renflé en dessous qu’en dessus, orné d'une ligne carénale très émoussée, supra-médiane, marquée à l’origine du dernier tour sur un quart au plus de sa longueur, le plus souvent simplement accusée par une bande blanchâtre, étroite, se perdant dans le reste du test au voisinage de l'ouverture; insertion du bord supérieur de l'ouverture ordinairement assez fortement tombante à son extrémité, sur une faible longueur, de façon à devenir médiane à la naissance de l'insertion. — Sommet faiblement accusé, un peu déprimé, de même coloration que le reste de la coquille. — Suture profonde, régulière, bien accusée. — Ombilic très grand, bien visible jusqu’au sommet, assez évasé au dernier tour, mais avec une grande régularité, laissant voir facilement la totalité de l'enroulement interne des tours sur une largeur progressivement de moins en moins grande. — Ouverture assez oblique, presque arrondie, à peine un peu plus large que baule, légèrement aplatie dans le bas. — Péristome discontinu, mince, droit, à bords assez rapprochés, faiblement bordé à l'intérieur par un bourrelet blanchâtre, non visible cn dehors, à peine accusé dans le haut; bord columellaire court, très légèrement réfléchi sur l'ombilic. — Épiphragme très mince, membraneux, opaque, d'un blanc pâle un peu terreux.

y 4 FAUNE FRANÇAISE

DIMENSsioNs. — Hauteur totale, 4 à 4 1/2 millimètres ; diamètre maximum, 9 à 10 millimètres.

OBSERVATIONS. — Tout ce que nous avons dit à propos des variations de l’Helix cælata peut également s'appliquer à notre Helix cœlomphala. Ces deux furmes, quoique pourtant bien différentes comme galbe et comme allure, présentent à peu près les mêmes variations. Nous établirons donc pour cette espèce comme pour la précédente, les var. major, minor, zonata, rufescens, cornea, luteolina et albida; nous y ajoutons la var. rotundata dans laquelle le dernier tour est complètement arrondi, sans trace d’aucune carène, même à la naissance du dernier tour.

RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. — On a jusqu'à présent confondu, comme nous l’avons vu, l’Helix cælata avec l’Helix cœlomphala. On distinguera donc notre nouvelle espèce du type de Studer : à son ombilic beaucoup plus grand, laissant bien voir la totalité des tours dans leur enroulement interne depuis l’origine jusqu’à l'extrémité; à son dernier tour toujours plus haut, plus gros, plus renflé ; à sa carène notablement moins accusée, souvent même complètement nulle ; à son ouverture plus arrondie; à son test notablement plus finement et plus régulièrement strié; à son aspect généralement plus brillant, avec des poils plus facilement caducs dans le jeune âge; etc.

Comparé aux autres formes déprimées de ce même groupe, on le reconnaîtra toujours très facilement puisque c’est lui qui a Le plus grand ombilic. Chez les sujets mesurant de 9 à 10 millimètres de diamètre, cet ombilic atteint facilement 2 millimètres.

HagrraT. — L’Helix cælomphala nous paraît plus répandu que l’Helix cælata, notamment en France; il vit dans les milieux frais, ombragés, sur les plateaux des pays calcaires, surtout dans l’est de la France. Nous l'avons reçu du Righi, de Zurich, Lucerne, Weissenstein, du Jura neuchâtelois, en Suisse; de Dillingen près Saarlouis, en Prusse ; de Günsburg et Dinkelsbuhl en Bavière; etc. — En France nous avons constaté sa présence : aux environs d'Annecy, de Chambéry, d’Aix-le-Bains, de Mouxy, d’Albertville dans la Savoie; aux alentours de Grenoble, Sassenage, Saint-Martin-le-Vinoux, Allevard-les-Bains, la Grande-Chartreuse, le Sappey, Voreppe, dans l'Isère; Barcelonnette, dans les Hautes-Alpes ; les environs de Lyon, les alluvions du Rhône au nord de Lyon, les Brotteaux, Sathonay, la Pape, etc., dans le département du Rhônc; Laumusse,

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le Bugey, les alluvions du Suran, dans l'Ain; Bief du Fourg, Saint Claude, Poligny, dans le Jura; Châtillon-sur-Seine, dans la Côte-d'Or; les environs de Paris ; Bionville, près Metz; Brest, dans le Finistère; ete.

HELIX CÆLATINA, Locard.

Fruticicola rufescens, var. Danubialis {pars), S. Clessin, 1874. In Jahrbuch Malak., p. 184, pl. VII, fig. 4. — 1876. Deutsche Excursions-Mollusk.-Fauna, p. 119, fig. 66. — 1884. 2e édit., p. 158, fig. 87.

Historique. — La forme que nous nous proposons de décrire sous le nom d'Helix cælatina est, dans son ensemble, intermédiaire comme allure d'ombilic entre l'Helix cælata et l'H. cœlomphalu, mais avec une spire beaucoup plus haute. Elle a dû souvent être confondue avec la variété Danubialis de l'Helix rufescens instituée par M. S. Clessin, précisément à cause de l'élévation de sa spire. Cependantnous possédons de beaux échantillons de cette variété, provenant de la station type de Dillingen en Donau et nous constatons que par leur galbe général, par l'allure de leur ombilic, ces échantillons ont beaucoup plus d’affinité avec l'Helix montana dont ils représentent, pour nous, une variété bien définie, qu'avec les Helix cælata ou H. cœlomphala.

Description. — Coquille de taille assez petite, d'un galbe général subconique- déprimé, un peu plus développée en dessus qu'en dessous, convexe-conique en dessus, bien bombée en dessous. — Test mince, assez solide, semi-transparent, passant du corné fauve un peu clair au roux foncé; irrégulièrement et inégalement teinté, devenant d'un corné blanc après la mort de l'animal, le plus souvent un peu luisante, et plutôt en dessous qu'en dessus; stries longitudinales fines, assez régulières, un peu flexueuses, très rapprochées, à peine un peu moins accusées en dessous qu’en dessus, devenant obsolètes vers l'ombilic; dans le jeune âge, pourvue de poils courts, nombreux, facilement caducs. — Spire assez haute, mais non acuminée vers le sommet, composée de cinq tours et demi, à croissance lente et régulière, devenant un peu plus rapide sur tout le dermer tour et mème une partie de l'avant-dernier; profil du tour bien arrondi ; dernier tour assez haut, plus renflé en dessous qu'en dessus, orné d'une ligne carénale légèrement supra-médiane peu accusée,

visible seulement sur la moitié du tour à partir de sa naissance, presque toujours indiquée par une bande blanchâtre, étroite, se confondant avec le reste du test dans le voisinage de l'ouverture; insertion du bord supérieur de l'ouverture un peu tombante à son extrémité et sur une faible longueur, de façon à devenir médiane ou très faiblément infracarénale à la'naissance de l'ouverture. — Sommet légèrement accusé, nou déprimé, faiblement obtus, de même coloration que le reste de la coquille. — Suture bien accusée, régulière, assez profonde. — Ombilic moyen, visible jusqu’au sommet de la coquille, à peine évasé à sa naissance, laissant voir au moins la totalité de l’avant- dernier tour, mais sur une très faible largeur. — Ouverture assez oblique, légèrement ovalaire, un peu plus large que haute, arrondie dans le haut et sur le bord externe, légèrement aplatie dans le bas. -- Péristome discontinu, mince, droit, à bords un peu rapprochés, soutenu dans l’intérieur par un mince bourrelet blanchâtre, un peu plus saillant dans le bas que dans le haut, non visible en dehors; bord columellaire court, très légèrement réfléchi sur lombilic. — Épiphragme très mince, membraneux, opaque, d’un blanc pâle un peu terreux.

DrmExsIoNs. — Hauteur totale, 5 à 7 millimètres; diamètre maximum, 8 à 10 millimètres.

OBsERVATIONS. — Comme on a pu le voir, d'après celte description, notre Helix cælatina participe à la fois des Helix cælata et H. cæelomphala > cependant ses caractères sont tellement précis, tellement bien définis que nous n'avons pas hésité à l’ériger au rang d'espèce bien distincte; ses caractères varient peu, si ce n’est la taille qui, bien entendu se modifie suivant les milieux. Les poils, chez cette espèce, nous semblent un peu moins facilemect caducs que chez les formes précédentes ; aussi ne serionsnous pas surpris de voir qu’elle a pu être confondue avec quelques formes plus où moins affines du groupe de l’Helix hispida. Toutefois il suffit d'examiner l'allure de son ombilic et le mode d’enroulement des tours de la spire pour voir qu’ure telle forme appartient bien au groupe qui nous occupe. -

La taille, chez cette espèce, présente quelques variations importantes à. signaler. M. Bourguignat nous a communiqué une var. minor, récoltée à Mouxy, près d’Aix-les- Bains, en Savoie, et à Bizouls-les-Combes dans les Hautes-Alpes, et dont le diamètre maximum ne dépasse pas 6 à 7 millimètres. É

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RAPPORTS ET DIFFÈRENCES. — On distingue toujours très facilement l'He lix cælatina des Helix cælata et H. cœlomphala, à son galbe très notable ment plus conique, alors que ces deux autres formes sont toujours déprimées. Son ombilic offre une grande analogie avec celui de l’Helix cæluta, mais le reste de la coquille s’en distingue : par le dernier tour plus gros, avec une carène moins supérieure, quoique étant toujours supra-médiane ; par ses autres tours plus saillants, plus convexes; par sa suture moins profonde; par son sommet moins déprimé; etc.

On le distinguera, à fortiori, encore plus aisément de l'Helix cœlom phala, à sa spire plus haute, à son sommet moins déprimé, à son ombilic notablement plus petit, à son dernier tour portant une carène moins supérieure, à son ouverture moins arrondie, etc.

Parmi les Helix du groupe de l’Helix hispida, celui qui, par son ombilie, présenterait le plus d’analogie avec notre Helix cælatina parait être l'Helix concinna de Jeffreys (1). On distinguera toujours l'Helix cælatina : à son ombilic un peu moins ouvert, laissant voir l’avant-dernier tour sur une moins grande largeur; à son galbe notablement moins globuleux ; à sa taille presque toujours plus grande; à son ouverture un peu moins arrondie; à son bourrelet interne plus accusé à l’âge adulte; à son péristome moins réfléchi sur l'ombilic; etc.

Hagrrar. — L'habitat de l’Helix cælatina parait avoir à peu près la même extension que celui des espèces précédentes ; cependant nous croyons remarquer que cette espèce descend souvent à de plus faibles altitudes hors de France ; nous en avons constaté la présence : à Soleure, à Zurich aux environs de Genève, et dans le canton de Saint-Gall, en Suisse. — En France nous le connaissons dans les stations suivantes : la Grande-Chartreuse, Saint-Martin-le- Vinoux, les environs de Grenoble, Sassenage, dans l'Isère ; Mouxy près d’Aix-les-Bains, en Savoie; Bizoulsles-Combes, dans les Hautes-Alpes; Vancia, les alluvions du Rhône au nord de Lyon, dans le Rhône; Poligny, dans le Jura ; Phalsbourg et Lunéville dans la Meurthe; Issoudun, dans l’Indre ; Cherbourg, dans la Manche ; Brest, dans le Finistère; etc.

(1) Helix concinnr, Jeflreys, 1830. Za Trans. Linn, soc., XVI, p. 336, — 1862. Brit. Conch. I, p. 196, pl. XII, fig. 2.

HELIX CLANDESTINA, Hartmann.

Helix corrugata, var. à, H. clandestina, Hartmann, 1821. Jn Neue Alpina, I, p. 286. WTrichia circinnata, clandestina, Hartmann, 1844. Erd- und Suss.-Gast. Schweiz, p. 125, pl. XXXVIII.

Theba clandestina, Gray, 1850. Fig. Mol. Anim., pl. CXLII, fig. 5. Helixæ montana, H. Drouët, 1868. Moll, Côte-d'Or, In Meèm. acad. Dijon, p. 84 (tir. à part, p. 49).

— Gratianopolitana (pars), Rambur, 1869. In Journ. conch., XVII, p. 267. — clandestina, S. Clessin, 1874. In Jahrbuch., p. 182, pl. VIII, fig. 3. — A. Locard, 1880. Et. Sur les variat. malac., I, p. 97. — A. Locard, 1882. Proûr. malac. franç., p. 80.

Fruticicola rufescens, var. clandestina, S. Clessin, 1876. Deutsch. Excurs.-Fauna, p. M8, fig. 65.— 1884, 2e édit., p. 157, fig. 86. — 1887. Mol. Ungarns u. d. Schweiz, p. 130.

Historique. — C’est, croyons-nous, en 1821 qu'apparaît pour la première fois le nom de H. clandestint. À cette époque, Hartmann, son auteur, en faisait la première variété de son Helix corrugata (1). Plus tard, en 1844, le même auteur nous doune des détails plus circonstanciés sur cette même forme qu'il élève au rang d'espèce, et nous apprend que de Born le premier la lui a fait connaître sous ce même nom. Mais, comme l’a très judicieusement fait observer M. S.Clessin (2), Hartmann a confondu sous cette même dénomination deux formes différentes. Hartmann affirme ne connaîre aucun spécimen original de de Borr, et encore moins son ouvrage; il aurait reçu cette coquille provenant d’une ancienne collection, avec l'étiquette « Helix clandestina de Born», comme originaire de Vienne en Autriche; c’est d’après ce type qu'il aurait donné la même dénomination à ses échantillons récoltés en Suisse.

« Dans la vallée du Danube, dit M. $S, Clessin, un peu en deçà d'Ulm, on trouve, dans les forêts qui bordent le fleuve, une coquille appartenant au groupe qui nous occupe. J'ai d’abord pris cette coquille, remarquable par sa couleur el même souvent complètement blanche, pour l'Helix clandestina de Harimann, avant d’avoir reçu les spécimens de M. Mousson (spécimens provenant de Zurich). Mais en la comparant avec la co quille suisse, je pus immédiatement me convaincre que j'étais dans l’er-

(4) Lister, 1678. Hist. anim. Angliæ, p. 125, pl. IL, fig. 12. — Quelques auteurs rapportent également à cette même forme la figuration donnée par Lister dans son ÆHist. syn. méth,. conchyliorum, pl. LXXI, fig. A, qui présente plus d'analogie, d’après la forme de l’ombilie, avec l’Heliæ rufescens type, qu'avec l'Jelix striolata. 4

(2) S. Clessin, 1875. In Jahrbuch. Malak. Gesellsch., p.182.

reur. Il me paraît beaucoup plus probable que la coquille claire de la vallée du Danube est celle que de Born a nommée c/andestina, d'autant plus que cette coquille danubienne suit le cours du fleuve et va presque jusqu'en Serbie. Cependant, comme l'Helix clandestina a déjà été dési gné sous ce même nom par Hartmann, et que de Born n'a donné aucune indication précise sur son espèce, je trouve plus sage, afin d'éviter toute confusion, de laisser à la coquille suisse son now, et de donner à la coquiile danubienne une dénomination nouvelle. »

La forme signalée par de Born a donc été décrite par S. Clessin sous le nom d’Helix Danubialis (1). Nous avons eu entre les mains les types de M. S. Clessin, et d’autres formes qui nous ont été également communiquées par M. Mousson, et nous ne pouvons qu'approuver la manière de voir de M. S. Clessin. Malheureusement, après avoir ainsi érigé au rang d'espèce ces deux formes si distinctes, M. S. Clessin est revenu plus tard sur celte première manière d'envisager la question, et a classé au rang de variété du Fruticicola rufescens ses Helix clandestina et H. Danubialis.

Dans un autre passage, Hartmann dit que C. Pfeiffer a si clairement décrit son Helix clandestina sous le nom de Helix montana (2), que l’on peut admettre sans hésitation Heidelberg comme habitat allemand de son espèce. Comme l’a encore fait observer M. S. Clessin, Hartmann est arrivé à cette conclusion parce que C. Pfeiffer cite Vienne en même temps que Heidelberg comme habitat de son Helixz montana. Hartmann est dans Perreur, car le véritable Helix clandestina est une coquille à peu près exclusivement particulière au Jura et à ses dépendances.

L'Helix clandestina, qui vit tout aussi bien en France qu'en Suisse, a été presque toujours confondu avec d’autres formes appartenant à ce même groupe. Barbié, dans son Catalogue de la Côte-d'Or, le désignait sous le nom d’Helix glabella (3). Nous avons vu précédemment que M. H. Drouët l'avait confondu avec l'Helix montana (4). Dupuy la réunit

… àson Helix rufescens (5). Moquin-Tandon n’en fait même pas mention.

C'est peut-être aussi cette même forme que l’on doit voir dans l'Atlas

() Helicæ Danubialis, S. Clessin, 1874. In Jahrbuch.malak. Gesell., p.184, pl. VIE, Ag. & “— 1876. Deutsche Excursions-Moll.-Fawna, p.119, fig. 66. — 1884. 2e édition, p. 457, fig. 87. (2) Hartmann, 1844. Erd- und Suss.-Gasler. Schweiz, p. 129. (3) Auguste Barbié, 1852. Catalogue méthodique des mollusques terrestres et /luviatiles de La Côte-d'Or, in Mém. acad. Dijon, p. 177, (tirage à part, p. 13). (6) H. Drouël, 1858. Moll. Côte-d'Or, In Mém. acul. Dijon, p. 81 (tirage à part, p. 49). (5) Dupuy, 1848. Hist. Moll., p. 4194.

ce

de Ludovic Pfeiffer, dans les suites de Martini et de Chemnitz (1). Quoique ces dessins solcut aussi mauvais que possible, ils semblent pourtant rappeler un peu les figurations de Hartmann. Nous ne les indiquons que pour mémoire.

Sous le nom d'Helir rufescens, M. le D' Kobelt (2) a décrit et figuré une forme que nous croyons encore pouvoir rapprocher de l’Helix clandestina tel que nous allons le décrire, quoique la figuration qu'il en donne laisse beaucoup à désirer et que dans sa description il reste dans des termes par trop vagues. Sa synonymie, du reste, nous autorise à faire ce rapprochement. Il est très probable que les deux dessins ombrés représentent l’Helix clandestina, tandis que le dessin en traits se rapporte plutôt à l’Helixz montana.

Enfin, ainsi que nous avons pu nous en assurer par l'étude des types qui font aujourd'hui partie de la collection de M. J. Mabille, Rambur a décrit, sous le nom de Helix Gratianopolitana, de jeunes individus de l’Helix clandestina, récoltés aux environs de Grenoble.

Descriprion. — Coquille de taille assez petite, d’un galbe général déprimé, à spire peu haute. un peu plus développée en dessous qu’en dessus, faiblement convexe en dessus, assez bombée en dessous. — Test mince, solide, semi-transparent, d'un corné c'air, devenant rarement roux fauve, quelquefois presque blanchâtre, irrégulièrement coloré, vaguement flammulé, avec des teintes un peu plus foncées se détachant difficilement sur un fond plus clair; devenant d'un blanc corué opaque après la mort de l’animal; d'un aspect un peuterne, plutôt chatoyant que brillant ; stries longitudinales très fines, très serrées, un peu irrégulières, peu profondément burinées, légèrement flexueuses, presque aussi fortes en dessus qu'en dessous, atténuées à la naissance de l’ombilic; dans le jeune âge pourvu de poils courts, espacés, laineux, facilement cadues. — Spire déprimée très faiblement acuminée vers le sommet, composée de six tours à croissance irrégulière ; les deux ou trois premiers tours à croissance lente et progressive, devenant plus rapide au quatrième ou au cinquième tour pour s'accroitre encore considérablement au moins dans la dernière moitié du dernier tour; profil des tours légèrement convexe; dernier tour plus haut, notablement plus renflé en dessous qu’en

(1) L. Pfeiffer, 1846. Syst. conch. cab., genre Helix, p, 11, pl. XVI, fig. "41 et 12. (2) Wilhem Kobelt. Fauna der Nassauischen Mollusken, p. 143, pl. I, fig. 31, avec la synonymie suivante : Syn. Hel. circinata Studer, montana C. Pfeiffer, clandestina Born.

FAUNE FRANÇAISE o7

dessus, s'arrondissant vers son extrémité, portant l'indication d'une carène très émoussée, parfois même nulle, visible seulement à la naissance du dernier tour et sur une faible longueur, située dans le haut, et souvent simplement accusée par une bande étroite de couleur encore plus pâle . que le reste de la coquille. — Insertion du bord supérieur de l'ouverture presque droite, à peinc tombante à son extrémité chez les sujets très adultes, suivant presque toujours la ligne carénale ou à peine un peu inférieure à elle sur une très faible longueur. — Sommet peu saillant, lisse, brillant, souvent de coloration un peu plus pâle que le reste de la coquille. — Sulure assez profonde, bien accusée. — Ombilic étroit, visible jusqu'au sommet, très forlemeut évasé au dernier tour, de telle sorté que ce tour, à sa naissance dans l’ombilic, paraît sensiblement égal au diamètre de l'ombilic, et que l'avant-dernier tour est visible sur presque loute sa longueur, mais sur une fable largeur. — Ouverture assez oblique, bien arrondie, à peine un peu plus large que haute, faiblement arrondie dans le haut, bien circulaire vers le bord extérieur, légèrement méplane dans le bas, portant à l’intérieur un bourrelet blanchâtre continu, mince, peu saillant, plus fort dans le bas que dans le haut. — Péris tome discontinu, mince, droit, à bord assez rapprochés, convergents ; bord supérieur très court; bord collumellaire assez développé, à peine réfléchi sur l'ombilic. — Épiphragme trés mince, membraneux, opaque, d'un blanc bleuâtre, mat.

Dimensions. — Hauteur totale, 4 3/4 à 5 millimètres; diamètre maximum, 9 1/2 à 10 1/2 millimètres.

Ogsenvarions. — L'Helix clandestina est une des formes les plus ca ractérisées du groupe qui nous occupe; aussi sommes-nous fortement surpris de voir qu'un aussi petit nombre de naturalistes lui ait accordé la place qu'il mérite réellement dans la classification. Il à été bien décrit et bien figuré par Hartmann (!); pourtant nous lui reprocherons d’avoir représenté dans sa figure 1 une forme beaucoup trop haute, à spire beaucoup trop conique, et qui n'est pas en rapport avec la description qu'il en doune. Les figurations schématiques (2) de M. S. Clessin sont, à ce point de vue, plus exactes. Nous avons reçu soit de M. Mousson, soit de M. S. Clessin, soit encore d'autres naturalistes, différents sujets de cette

(1) Marimanu, 1816. £ri- und Suss.-Gast. Schweiz, pl, XXXVHH, (2) S. Clessin, 4574. Zn Jahrbüch., pl. VIE, fix. 3.

élégante forme et ils sont bien conformes, non seulement aux descriptions et figurations qne nous venons d'indiquer, mais encore entre eux, de telle sorte que les variations inhérentes à cette espèce sont en somme peu nombreuses.

Chez l'Helix clandestina, la carène est en général très émoussée ; parfois elle est complètement nulle, et pas même indiquée par une bande un peu plus faiblement colorée que le reste du test. Quand elle subsiste, elle est peu développée et ne dépasse jamais la moitié de la longueur du dernier tour compté à partir de sa naissance, Il existe une var. depr'essa dans laquelle le dernier tour est relativement plus mince et chez laquelle la ligne carénale, quoique toujours faiblement accusée. est un peu supérieure.

On remarquera chez cette espèce l'allure si particulière de l’ombilic. Cet ombilic est étroit et va jusqu’au sommet dela coquille; son diamètre est tel qu’on ne peut distinguer facilement que l'avant-dernier tour dans sa profondeur, et sur une faible largeur; mais au dernier tour l’ombilhie, à l'inverse de ce que nous voyons chez les autres espèces de ce même groupe, s’évase de telle manière que vers le point d'insertion du bord columellaire de l'ouverture, le dernier tour présente dans l'ombilic une largeur très sensiblement égale au reste du diamètre de l’ombilic mesuré dans cette même région.

Il existe chez cette espèce des variétés major et minor. Nos plus g FE échantillons atteignent 12 millimètres de diamètre, tandis que les plus petits ne dépassent pas 9 millimètres. Nous retrouvons ces deux formes dans le département de l'Ain.

Quoi qu’on en ait dit, la coloration est très variable chez l’Helix clandestina. Nous avons reçu des environs de Grenoble, dans l'Isère, des individus presque régulièrement flamm'ilés d’un brun roux un peu clair sur un fond corné; le plus souvent, notamment dans la Côte-d'Or, la coloration du test est d’un corné très pâle, passant du jaune clair au blanc, mais parfois aussi, comme dans la Drôme, on rencontre des colonies dont la couleur est d’un fauve roux assez foncé, devenant plus brillant. Nous distinguerons donc, chez l'Helix clandestina, les var. ex colore : flammea, corneu, grisea, albida et rufulu.

RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. — Celte espèce est si nettement'distincte de celle qui précède qu'il nous paraît à peine récessaire d’insisier sur ses rapports et différences. Son galbe déprimé la distingue de suite des Helix rufes-

cens, H. abludens, H. montana et H. submontana; sa petite taille la sépare de l’Helix striolata ; enfin son ombilic étroit, si particulièrement évasé, ne permet pas de la confondre avec les Helix cælata, H. cælatina et H. cœlomphala.

Hagrrar. — L'Helix clandestina est peu répandu; nous ne le connaissons qu’en Suisse et dans l’est de la France, vivant à une altitude d'autant plus élevée qu'il fréquente des régions plus méridionales ; c'est ainsi que nous le voyons passer des prés et des jardins dans les stations relativement assez basses comme Darcey et Châtillon-sur-Seine, dans la Côte-d'Or, à des alutudes de 1300 à 1700 mètres, comme au Roc de V'Épinet et au Glandaz, près de Die, dans la Drôme. Nous l'avons observé dans les localités suivantes : en Suisse, à Zurich. Lucerne, Bekenried, Küssnacht, et dans le val de Travers, — En France, aux environs de Grenoble, à la Grande-Chartreuse, etc., dans l'Isère ; Belley, le Colombier, la Chartreuse-de-Porte, l’Aumusse, etc., dans l'Ain; les alluvions du Rhône au nord de Lyon ; le mont Guérin, Salins, etc., dans le Jura ; Châ-

tillon-sur-Seine. Buncey, Darcey, etc., dans la Côte-d'Or ; le Glandas,

le Roc de l’Épinet, etc., dans la Drôme.

HELIX IS ARICA, Locard.

Helix glabella, A. Gras, 4840. Mall. Isère, p. 33, n° 23, pl. I, fig. 25 /non Drap.). Graltianopolitana, Locard, 1880. Et, variat, malac., I, p. 101. ee Isarica, Locard, 1882. Prodr. malac. franç., p. 819.

Hisrorique. — Sous le nom d’Helix glabella, Albin Gras a décrit et soigneusement figuré une forme voisine de l’Helix clandestina, mais bien différente de l'Helix glabella de Draparnaud (1), puis qu'il est aujourd'hui reconnu que cette dernière espèce appartient au groupe de l'Helix carthusiana (2). En 1880 nous avions confondu cette forme avec l'Helix Gratianopolitana de Rambur. Mais depuis lors ayant été à même d'étudier ces différents types plus complètement, nous avons été conduit à réunir le véritable Helix Gratianopolitana aux Helix clandestina et H. cælomphala et à donner un nom nouveau à là forme sommairement décrite par Albin

(4) Heliæ glabella, Draparnaud, 14801. Tabl. Moll., p. 87. — 1805. Hist. Moll., p. 102, pl. VIL, fig. 6.

(2) Heliæ carthusiana, Müller, 4776. Vern. terr. et fluv, hist., Il, p.15. — Vide : À. Loard, 14882. Prodr, malac, franc., p. 71.

Gras. Depuis la publication de notre Prodrome, nou; avons recu l'Helix Isarica d’un grand nombre de stations nouvelles.

DescripTion. — Coquille de taille assez petite, d’un galbe général subconique, à spire haute, notablement plus développée en dessus qu’en des seus, conique en dessus, assez bombée en dessous. — Test mince, solide, semi-transparent, d’un corné pâle, passant au roux clair, rarement fauve, irrégulièrement coloré, vaguement flammulé avec des teintes un peu plus foncées, se détachant difficilement sur un fond plus clair; devenant d’un blanc corné opaque après la mort de l'animal; d’un faciès un peu terne, rarement brillant; stries longitudinales très fines, très serrées, irrégulières, assez fortement burinées, légèrement flexueuses, presque aussi fortes en dessous qu’en dessus, atiénuées à la naissance de l’ombi li ; portant dans le jeune âge des poils courts, très épais, laineux, facilement caducs. — Spire haute, à tours bien étagés, un peu acuminée au sommet, composée de six tours à croissance irrégulière; les premièrs tours à croissance lente et progressive, devenant plus rapide à l’avant- dernier tour, pour s’accroître encore considérablement sur tout le dernier tour ; profil des tours bien convexe; dernier tour assezhaut, un peu plus renflé en dessous qu’en dessus, s’arrondissant à son extrémité, orné d'une carène très obtuse, accusée surtout à la naissance du tour et sur une faible longueur parfois simplement indiquée par une bande étroite, un peu plus pâle au dernier tour, et sur une faible longueur, située un peu au-dessus de la ligne médiane. — Insertion du bord supérieur de l'ouverture toujours un peu tombante à son extrémité, mais sur une faible longueur, et devenant ainsi nettement infracarénale. — Sommet saillant, lisse, brillant, parfois de coloration un peu plus pâle que Île reste de la coquille. — Suture assez profonde, bien accusée. — Ombilic étroit, visible jusqu'au sommet, évasé au dernier tour, de telle sorte que ce tour, à sa naissance dans l’'ombilie, paraît sensiblement plus petit que le diamètre de l'ombilie, et que l'avantdernier tour est visible sur presque toute sa longueur, mais sur une assez faible largeur, — Ouverture assez oblique, très arrondie, presque exac tement circulaire dans tout son pourtour; portant à l'intérieur un bourrelet blanchâtre continu, mince, très peu saillant, un peu plus fort dans le bas que dans le haut. — Péristome discontinu, mince, droit, à bords rapprochés, convergents ; bord supérieur très court, presque droit, bord externe et bord intérieur bien arrondis, bord columellaire court,

un peu réfléchi sur l'ombilic. — Épiphragme très mince, membraneux, opaque, d'un blanc bleuâtre, mat.

DiMENSIONS. — Hauteur totale, 6 à 6 1/2 millimètres; diamètre maximum, 9 1/2 à 10 1/2 millimètres.

O8BsErVaTION<. — L'Helix Isarica offre des varations assez importantes à noter, portaat surtout sur la taille et sur le galbe, Si ce galbe presente toujours ce facies subconique, avec la spire haut, qui est en somme la donnée caractéristique de l'espèce, sou ensemble peut devenir plus ou moins globuleux, suivant l'allure qu’affecte le dernier tour. Chez quelques individus, en elfe, le dernier tour, sans être aussi nettement arrondi que chez l'Helixz montana, jaraît un peu p'us renflé en dessous, et alors le galbe général de la coquille a une tendance à devenir plus globuleux, mais tout en conservant ses caractères ombilicaux et l'irrégularité de sa spire, ce qui la distingue de suite de l'Helix montana. Nous établirons donc une var, globulosa.

En outre, comme chez l'Helix clandestina, 11 y a lieu de distinguer des var. major, minor, flimmeu, cornen, albida et rufula, qui se définissent suffisamment d'elles-mêmes.

RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. — L'Helix Isarica se rapproche surtout de PHeliæ clandestina. On le distinguera : à son galbe plus conique ; à sa spire beaucoup plus haute; à ses tours à profil plus convexe; à son sommet plus saillant ; à son dernier tour plus gros, plus renflé, moins nettement caréné, et quand la carène existe, à la position de cette carène toujours plus médiane et plus nettement accusée; à l'insertion du bord supérieur de l'ouverture toujours beaucoup plus tombante à son extrémité ; à son ouver ture plus arrondie; à son ombilic notablement moins évasé; à son bord columellaire plus réfléchi sur lombilic; etc.

Comparé à l'Helix rufescens, on le reconnaitra : à sa taille toujours p'us petite ; à sa spire relativement moins élevée; au mode d'enroulement de ses tours toujours plus irrégulier; à son dernier tour plus arrondi; à sa carène beaucoup plus émoussée ; à ses stries plus fines, plus rapprochées, moins profondément burinées ; à sen ombil:e plus étroit, mais plus évasé au dernier tour; à son ouverture encore plus nettement arrondie ; à l'insertion du bord supérieur de l'ouverture encore plus tombante à son extré-mité ; etc.

Eatin, s1 on le rapproche de l'Helix montana, ntre Helix Isarica se

distinguera : à sa taille plus petite; à sa spire proportionnellement plus acuminée ; à son galbe moins globuleux ; à son dernier tour moins gros, moins renflé, à croissance beaucoup plus rapide, sur toute sa longueur; à son ombilic plus large et surtout plus évasé au dernier tour; à son ouverture plus tombante; à sa coloration le plus souvent plus pâle; etc.

HagiraT. — Peu commun; localisé en colonies généralement peu populeuses et à des altitudes variables. Nous l’avous observé dans les stations suivantes, vivaut de préférence sous les pierres, dans les buissons, au voisinage des bois ou dans les haïes touffues : en Suisse, aux environs de Zurich et de Lucerne. — En France dans l'Isère, aux environs de Grenoble, à Sassenace, au fort Barreau et à Saint-Nizier (1), etc. ; la montaone de Parves, Hauteville, le Colombier, etc., dans l'Ain; Salins, dans le Jura; le col de l'Arc en Savoie; le roc de l’Epinet, dans la Drôme; les alluvions du Rhône, au nord de Lyon; l’Aube; etc.

HELIX PLEBICOLA, Locard.

Helix plebicola, Locard, 1886, mss.

HisroriQue. — Sous le nom d’Helix plebicola nous avons séparé des formes précédentes une coquille caractérisée par un ombilic extrèmement étroit quoique très profond. Nous l’avons observée toujours avec la même allure dans plusieurs stations différentes. C’est pour nous une espèce mouvelle et bien distincte de ses congénères. res

DescripTion. — Coquille de tuille moyenne, d’un galbe général subdéprimé, à peu près aussi développée en dessus qu’en dessous, assez convexe en dessus, assez bombée en dessous. — Test mince, solide, semitransparent, d’un corné clair, passant au fauve roussâtre et au blanc gri- sâtre, rarement monochrome, le plus souvent vaguement flammulé de teintes rousses se détachant sur un fond plus clair; devenant d’un blanc corné opaque après la mort de l'animal; d’un aspect un peu terne, plutôt chatoyant que brillant ; stries longitudinales fines, très serrées, régulières quoique inégales, assez profondément burinées, légèrement flexueuses,

(1) Envoyé en 1849 par Repelin à J. de Charpentier, sous le nom d’'Helix glabella, et provenant de celte dernivre localité. |

presque aussi fortes en dessous qu’en dessus, atténuées à la naissance de l’ombilic; dans le jeune âge quelques poils assez longs, espacés, facilement caducs. — Spire peu haute, faiblement acuminée sur le sommet, composée de six tours à croissance lente et régulière, devenant un peu plus rapide au dernier tour sur presque toute sa longueur; profil des tours faiblement convexe; dernier tour assez haut, plus renflé en dessous qu'en dessus, portant dès sa naissance une carène obtuse mais nettement accusée, rendue encore plus sensible par une bande étroite d'une teinte plus pâle que le reste de la coquille et dans une situation supramédiane, s’atténuant à peine au voisinage de l'ouverture, — Insertion du bord supérieur de l'ouverture droite, ou à peine tombante sur une très faible longueur tout à fait à l'extrémité chez les sujets très adultes, et coïincidant avec la ligne carénale. — Sommet très peu saillant, lisse, brillant, de même coloration, ou de coloration un peu plus pâle que le reste de la coquille. — Suture assez profonde. — Ombilic très étroit, difficilement visible jusqu’au sommet de la coquille, à peine évasé à son origine, laissant voir l'avaut- dernier tour sur les trois quarts de sa longueur et sur une faible largeur. — Ouverture assez oblique, subarrondie, un peu plus large que haute; faiblement arrondie dans le haut, bien arrondie extérieurement, un peu méplane dans le bas ; portant à l'intérieur un bourrelet blanchâtre continu, mince, très peu saillant, un peu plus accusé dans le bas que dans le haut. — Péristome discontinu, mince, droit, à bords assez rapprochés, convergents ; bord supérieur très court; bord columellaire arrondi, à peine réfléchi sur l'ombilic. — Épiphragme très mince, membraneux, opaque, d’un blanc mat.

Dimensions. — Hauteur totale, 5 à 5 1/4 millimètres; diamètre maxiwum, 9 1/2 à 10 millimètres.

OB<ERvATIONS. — Cette dernière espèce, que nous n'avons vu citée nulle part, forme en quelque sorte le passage entre le groupe de l'Helix rufescens et celui de l'H. hispida, en servant d’intermédiaire entre l'Helix striolata ou l’Helix clandestina et l'Helix plebeia (1). C'est à cause de son affinité avec cette dernière espèce que nous avons proposé de lui donner le nom d'Helix plebicola. Par son galbe déprimé, par sa ligne carenale, par sa tendance à devenir glabre, elle tient encore au groupe de l'Helix rufescens, tandis que l'étroitesse de son ombilic la rapproche des Helix ple-

(} Heliæ plebeium, Draparnaud, 1805. Hist, Moll., p. 105, pl. VILL, lg. 5.

beia où H. sericea (1). Telle est la raison pour laquelle nous l'avons inscrite à la fin de notre groupe. Les caractères étudiés sur des mollusques provenant de plusieurs colonies différentes nous paraissent cons tants; nous n'observons que des variations de coloration, les formes les plus seplentrionales étant les plus pâles, les moins colorées. Nous indiquerons les var. albidu, cornea et rufulu.

RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. — Comparé à l’Helix clandestina, notre Helix plebicola se distinguera : à son galbe moins déprimé, formant en quelque sorte un intermédiaire entre l'Helix clandestina et l'H. Isarica; à sa spire plus haute, mais moins élevée que celle de l'Helix Isarica; à sa carène beaucoup plus accusée; à ses tours moins convexes; à sa suture moins profonde; à son ombilic beaucoup plus étroit, à peine évasé à sa naissance ; à son ouverture moins arrondie; etc.

Comparé à l'Helix pl bit, on le distinguera : à sa taill générale rent plus forte; à son galbe notablement plus dépzimé dans son ensemble; à sa spire moins haute; à sa carène plus ac:usée; à son ouverture moins arrondie; à son ombilic un peu moins étroit, laissant bien mieux voir l'avant-dernier tour à l’intérieur ; à ses poils plus facilement cadues ; etc.

Hagrrar. — L'Helix plebicola nous paraît une forme assez rare; nous ne l'avons observé que dans un petit nombre de stations de l'est de la France; il vit dans les jardins et les buissons, dans les régions un peu boisées, mais à d’assez faibles altitudes. Nous le connaissons dans les localités suivantes : Tenay, le Colombier, dans l'Ain; les alluvions du Rhône au nord de Lyon; Évian, dans la Haute-Savoie; Bief-du-Fourg, dans le Jura ; l'Aube, où il a été recueilli par M. Bourguignat.

(1 Helix sericea, Draparnaud, 1801. Tabl. Moll., p. 85. — 1805. Hist. Moll , p. 103, pl. VIL, fig. 16-17, |

TABLE ALPHABÉTIQUE

Nora. — Les caractères ttaliques indiquent les noms des espèces admises dans cet ouvrage; les caractères ordinaires sont réservés aux syvonymes.

Bradybæna cælata, BECK. 12,45 — circinata, BECK. .

— rufescens, BECK.

Fruticicola cælata, CLESs. . 48 — cælata, Herr. . . 12,45 — circinata, HELD. . :

— rufescens, CL. 15,34,51,54 Helix abludens, Loc. . 30 Helix Altenana, GÆRTN. |

— Altenana, Kickx. 17,81

— Altenana, KLe:s. 30

— cælata, Cuarp. 48 Helix cælata, Sruver. 43 Helix cælata, VaLLOT. . 45 Helix cælatina, Loc. . 51 Helix circinata, Rossm. . 15

— circinata, Srup. . 34

— clandestina, CLess. . 54 Helix clandestina, Hart. .

Helix cœlata, SruD. . . . . 43

Helix cœlomphala, Loc. . 48

Helix concinna, JErr.

corrugata, HART.

Danubialis, CLESS erecta, Hanr.

glabella, Drar. .

glabella, Gras.

glypta, Facor.

Gratianopolitana, R hispida, HART. .

intersecta, PoInET.

Helix Isarica, Loc.

Manchesteriensis, Helix montana, DROUET.

Helir montana, STUDER. .

Helix Pascali, Mas.

plebeia, Drap.

Helis plebicola, Loc. .

Helix rufescens, ALCT.

— rufescens, GMEL.

rufescens, GRAT.

rufescens, Ha1G. .

rufescens, Ko. .

Gratianopolitana, Loc. .

48,54 ET Ne +, US

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