GROUPE DE L’HELIX UNIFASCIATA
Le groupe de l’Helix unifasciata comprend la série des Hélices ayant dans leur galbe une analogie réelle avec celui de l’Helix unifasciata type, tel que nous aurons à le décrire, et tel, du reste, qu’il est compris actuellement par la plupart des auteurs, soit sous ce nom, soit sous celui d’Helix candidula. Ces Hélices sont toutes de taille assez petite puisque leur diamètre maximum ne dépasse pas une dizaine de millimètres. Une seule espèce est un peu plus grande que les autres. Leur test est en général solide, épais, crétacé, de coloration blanche ou brune, avec ou sans bande carénale ; la surface du test est ornée de stries longitudinales, assez fortes, assez irrégulières, plus accentuées que celles du groupe de l'Helix Heripensis, sauf pourtant chez deux espèces, les Helix unifasciata et H. gra-
tiosa. En dessus, la spire passe de la forme déprimée à la forme conique assez élevée, tandis que le dessous est toujours assez fortement convexe ; le dernier tour est tantôt arrondi, tantôt anguleux et comme caréné ; enfin l’ombilic présente des caractères d'allure et de dimension très variables. C'est sur le mode de groupement de ces différentes manières d'être de la coquille que nous nous sommes basé pour établir dans ce groupe les dix-huit espèces que nous allons successivement décrire.
Mais il importe d'établir un sous-classement parmi ces différentes espèces. Ainsi que nons l'avons fait pour les autres Xérophiliennes du groupe de l'Helix Heripensis, nous nous servirons des caractères ombilicaux pour établir les trois sous-groupes suivants :
A. — Sous-groupe comprenant des coquilles à petit ombilic, toutes plus ou moins déprimées en dessus, avec le dernier tour plus ou moins anguleux : |
Helix Jeanbernati, Bourguignat.
— Paladilhei, Bourguignat.
— rugosiuscula, Michaud.
— spirilla, Westerlund.
— Belloquadrica, Mabille.
— Mouqueroni, Bourguignat. ù
Dans ce sous-groupe, l'Helix Jeanbernati représente la forme la plus déprimée, et celle dont le dernier tour estle plus anguleux à sa naissance sur une plus grande longueur ; l’Helic Mouqueroni, au contraire, représente la forme la moins déprimée avec le dernier tour le moins anguleux, Toules ces formes sont déjà connues. et deux d’entre elles ont des figurations. |
B. — Sous-groupe comprenant des coquilles à ombilic moyen, avec une spire plus ou moins déprimée, et le dernier tour plus ou moins arrondi :
Helix gratiosa, Studer.
— unifasciata, Poiret.
— Cenisia, de Charpentier.
— acosmia, Bourguignat.
— Mmicrophana, Bourguignat.
— Ilicetorum, J. Mabille.
— Garoceliana, Locard.
— Tarasconensis, Bourguignat.
à FAUNE FRANÇAISE 12
Telles que nous les avons classées, ces Hélices ont leur spire de moins … en moins déprimée ; en ouire, les deux premières comme nous l'avons 7 déjà dit, ont seul le test plus finement strié que celui des autres espèces . de ce groupe ; chez elles ce sont plutôt: des stries très fines que des . costulations. Trois de ces formes sont déjà figurées, deux seulement sont nouvelles. les Helir Tarasconensis et Garoceliana.
RC. — Sous-groupe comprenant des coquilles à grand ombilic et toutes .. avecunespire conique:
Helix Elimberrisiana, Locard.
— Aurigerana, P. Fagot.
— Ussatensis, Bourguignat.
— Arelatensis, Locard.
Ces quatre espèces ont toutes un ombilic notablement plus grand que celui des espèces du sous-groupe précédent ; elles sont classées suivant les dimensions progressives de cet ombilic, de telle sorte que de toutes les espèces du groupe de l'Helix unifusciata c'est l'Helix Arelatensis qui a de beaucoup l’ombilic le plus grand.
Ce groupe, dans la classification générale des mollusques de France, doit nécessairement être inscrit après celui de l'Heliæ Heripensis. Il en diffère par l’ensemble même de ses caractères ; en général, les espèces qu'ilrenferme sont plus petites, plus trapues, plus subglobuleuses ; les tours — de la spire sont plus étagés, même chez les formes déprimées, et surtout … plus nettement séparés, avec une suture plus profonde. Le dessous est notablement plus convexe. Enfin, sauf chez deux espèces, le test est orné . de stries longitudinales plus fortes, plus profondément burinées, plus irrégulières, mais moins accusées pourtaut que celles du groupe de l'Helix | costulata. ;
…. On nous objectera sans doute qu'il eût peut-être mieux valu prendre … pour type de groupe l’Helix rugosiuscula dont le test offre le caractère dominant du groupe au point de vue de son ornementation, de préférence à l'Heliæ unifasciata qui semble au contraire faire exception à ce point de vue; nous répondrons que dans ce choix nous avons cru devoir donner + a préférence à l'espèce la plus connue et la plus répandue. Or, l'Helir … unifasciata se trouve dans une grande partie de la France, et constitue des - colonies très populeuses; c’est en outre une espèce sur laquelle il n'y à pas la moindre équivoque. L'Helix rugosiuscula, au contraire, est comme - nous allons le voir, une forme relativement peu commune, localisée dans
certaines localités, où elle est assez abondante il est vrai, mais avec un area géographique toujours restreint. Enfin, au sujet de cette même espèce il y a eu de telles confusions spécifiques qu'il eût été à craindre, si nous l'eussions prise pour type du groupe, de voir encore de nouvelles interprétations erronées se produire. Telles sont les considérations qui nous ont conduit à donner à ce groupe le nom de groupe de lHelir unifasciata.
Les différentes espèces de ce groupe ont un modus vivendi analogue à celui des Hélices du groupe de l’Helix Heripensis, avec cette différence pourtant que nous les trouvons à des altitudes beaucoup plus variées. La plupart se plaisent dans la région des plaines basses et des vallées, tantôt, lorsque le temps est sec, cachées sous les pierres calcaires, ou adhérant à leur surface, tantôt, lorsque survient une bienfaisante humidité, grimpant le long des tiges des frêles graminées des champs. D'autres, au contraire, vivent à de hautes altitudes non loin de la région des neiges éternelles de nos sommets alpestres. Mais quel que soit leur habitat, elles n'y sont ordinairement jamais bien rares. Leur reproduction est telle qu’elle constitue presque toujours des colonies populeuses quoique souvent assez dispersées. |
Au point de vue de la dispersion géographique, deux de ces espèces, les Helix unifasciata et H. gratiosa sont plus particulièrement répandues dans les centres taurique et alpique, principalement dans Ja partie nord et orientale. Nous ne les connaissons pas dans le centre hispanique, et M. P. Fagot qui a si bien exploré toutes les régions pyrénéennes de la France, nous confirme ce fait et rejette avec nous toute détermination se rapportant à ces espèces pour des Hélices pyrénéennes. Quant aux formes à test rugueux, orné de stries plus fortes, plus irrégulières, les unes appartiennent au centre alprque comme les Helix Cenisia et H. microphana, tandis que les autres s'étendent dans le sud de la France. «Le groupe des acosmiana, nous écrit M. P. Fagot, n’a encore été constaté que dans la France méditerranéenne, ou dans la partie du sud-ouest soumise aux influences maritimes ; il remonte assez haut dans quelques vallées pyrénéennes, toujours dans les parties calcaires de la région inférieure, ct uniquement exposées au midi et au levant. »
Dans un tableau général placé à la fin de ce mémoire, nous avons réuni les principaux caractères propres à chacune de nos espèces. Nous avons adopté dans les descriptions qui vont suivre, le même ordre de classe -
ment que dans notre tableau (1). Plusieurs des espèces de ce groupeayant ÿ déjà très exactement figurées dans plusieurs ouvrages, il ne nous a pas paru utile de reproduire dans ce travail de nouvelles figurations.
A. — Coquilles à ombilic étroit
HELIX JEANBERNATI, Bourguignat
| v@s Jeanbernati, Bourguignat, 1878. ss. — 1882. In Locard, Prodrome de malac. franc., p. 112 et 336.
à DESCRIPTION. — Coquille de petite taille, d'un galbe général très dépri- . mé, caréné, subconoïde en dessus, un peu renflé en dessous. Test solide, épais, crétacé, snbopaque, orné de stries longitudinales ondulées assez fines, assez régulières. aussi fortes en dessous qu'en dessus, atténuées seulement à la naissance de l'ombilic; d’un blanc légèrement jaunâtre, avec quelques flammulations d'un fauve très pâle irrégulièrement dissé- . minées en dessus, et des traces de bandes de même coloration difticilement visibles en dessous. — Spire subconoïde, peu élevée, composée de cinq à cinq et demi tours à profil peu convexe, régulièrement étagés les uns au-dessus des autres, séparés par une suture assez profonde chez les . premiers tours, et presque superficielle au dernier. — Croissance spirale lente et régulière, à peine un peu plus rapide à l'extrémité du dernier tour. — Dernier tour très nettement anguleux à sa naissance ; angulosité > poursuivant sur une longueur égale au quatre cinquièmes de la circonférence externe; oblusément anguleux à l'extrémité ; profil beaucoup plus | convexe en dessous qu'en dessus. — Insertion du bord supérieur de 4 l'ouverture notablement inférieure à la l'gne carénale, notablement tom- bante, mais sur une très faible longueur. — Sommet obtus, lisse, un pu brillant, d'un fauve clair, sur un tour et demi de la spire environ. Ombilic très étroit, profond, un peu évasé au dernier tour, laissant voir à sa naissance l’avant-dernier tour sur les trois quaris de sa circonférenc
(1) Dans le cours de notre travail, on pourra remarquer que quelques-unes de nos descriptic 1s ne sont pas absolument conformes, à la lettre même, à celles qui ont été déjà donnécs parles auteurs créateurs des espèces. Cela tient à ce que voulant rendre nos descriptions comaratives, nous avons dû, tout en ayant en main les types même qui avaient servi aux auteurs, 1h une sorte d'équilibre entre les termes et les expressions employées, pour que leur
ir soit, avant tout, à la fois relative ct drmie 4
interne, mais sur une très faible largeur. — Oaverture très oblique, peu échancrée par l’avant-dernier tour, à bords assez rapprochés, transversalement semi-oblongue. — Péristome discontinu, droit, aigu, très encrassé intérieurement par un gros bourrelet blanc plus épais en bas qu’en haut, et qui rétrécit notablement l’entrée de l'ouverture; bord supérieur presque rectiligne sur une faible longueur ; bord extérieur arrondi, mais un peu anguleux dans le haut, au point correspondant avec la ligne carénale ; bord inférieur largement arrondi; bord columellaire court, un peu anguleux. très légèrement évasé sur l’ombilic qu'il recouvre à peine.
DIMENSIONS. — Diamètre maximum : 5 millim.
Hauteur totale : 3 — Ogservarions. — Cette petite espèce, dédiée par M. Bourguignat à
M. le docteur E. Jeanbernat, secrétaire de la Société d'histoire naturelle de Toulouse, représente dans le groupe de l’Helix unifasciata la forme la plus déprimée, et celle dont le dernier tour est le plus anguleux sur une plus grande longueur de sa périphérie externe. En outre, son ombilic tout en étant très petit, laisse cependant voir une assez grande partie de l'avant-dernier tour, maïs il est vrai sur une très faible largeur. Un autre caractère particulier de celte coquille, c’est la disposition de ses stries ornementales ; elles sont régulières et également fortes en dessus et en dessous. Par ses stries, l'Helix Jeanbernuli se rapprocherait ainsi de bon nombre d’espèces du groupe de l’Helix Heripensis ; mais par son galbe, il a beaucoup plus d’analogie avec l’Helix unifasciata et ses formes affines.
Hagrrar. — Cette espèce paraît peu commune. Elle vit sur les rochers arides aux environs de la Sainte-Beaume dans le Var. M. Fagot nous a communiqué deux échantillons un peu moins typiques récoltés à Sainte- Lucie, près Narbonne, dans l'Aude.
HELIX PALADILHEIT, Bourguignat
Helixæ Paladilhei, Bourguignat, 1866. Mol, nouv. Lilig., 6° déc , p. 180, pl. XXX, fig. 1-5.
Descriprion. — Coquille de petite taille, d'un galbe général subglobu-leux-déprimé, subcaréné, un peu conoïde en dessus, bien renflé en dessous. — Test assez so ide, un peu mince, subcrétacé, subopaque, orné de stries longitudinales ondulées, assez fortes, assez irrégulières, un peu