‹ Contributions à la faune malacologique francaise (volume 2)Chapitre 6 sur 39 · C. — Coquilles à grand ombilic · texte numérisé non relu

C. — Coquilles à grand ombilic

HELIX ELIMBERRISIAN A, Locard

Descriprion. —”Coquille de petite taille, d’un galbe général coniquesubpyramidal, nettement conique en dessus, médiocrement convexe en dessous. — Test solide, épais, crétacé, subopaque, orné de stries longitudinales ondulées, fortes, très régulières, régulièrementespacées, presque aussi fortes en dessous qu’en dessus, s’évanouissant à la naissance de l’ombilic; d’un blanc grisâtre ou jaunâtre, avec une bande brune supracarénale, plus ou moins larze, visible sur tous les tours supérieurs, et des bandes infracarénales en nombre très variable, d'inégale largeur, continues ou plus souvent discontinues, réduites parfois à des taches ou à des points, irrégulhèrement réparties entre la ligne carénale et l’ombilic. — Spire conique, acuminée, composée de cinq à cinq et demi tours, bien étagés les uns au-dessus des autres, à profil convexe, séparés par une ligne suturale assez profonde — Croissance spirale lente et très régulère, à peine un peu plus rapide tout à fait à l'extrémité du dernier tour. — Dernier tour arrondi à sa naissance, ou très obtusément subcaréné sur une faible longueur, également bien arrondi à son extrémité, un peu plus convexe en dessus qu’en dessous. — Insertion da bord supérieur de l'ouverture un peu infracarénale, lentement tombante à son extrémité sur

une iongueur sensiblement égale au sixième de la circonférence interne du dernier tour. — Sommet lisse, obtus, brillant, d'un fauve foncé, sur un peu plus de deux tours de spire. — Ombilic assez large, un peu évasé au dernier tour, profond, laissant voir l'avant-dernier tour sur les trois quarts de sa circonférence interne, et sur une largeur à la naissance sensiblement égale aux deux tiers du diamètre de l’ombilic en ce même point. — Ouverture un peu oblique, pen échancrée par l'avant-dernier tour, transversalement suboblongue-arrondie, à peine plus large que haute. — Péristome droit, aigu, bordé intérieurement par un bourreletblanchâtre s'étendant sur toute la périphérie, un peu plus épais en bas qu’en haut. — Bord su érieur un peu court. arrondi ; bords extérieur et inférieur plus largement arrondis; bord columellaire court, légèrement réfléchi sur l'ombilic.

Dimensions. — Diamètre maximum: 5 1/2.

Hauteur totale : 4 1/2.

OgservaTIoNs. — Avec l'Helix Elimberrisiana, nous ertrons dans la série des Hélices du groupe de l’Helix unifasciata à ombilic large. Ce qui caractérise surtout notre espèce, c’est son galbe nettement conique, avec une spire élevée, à profil géntral très peu convexe, tandis que le dessous est lui même peu convexe. C’est en quelque sorte une forme de passage au groupe de l’Helir pyramidata (1). C’est encore une espèce qui x dû être confondue avec l'Helix rugosiuscula, quoiqu'elle en soit bien différente ; nous l'avons reçue jadis des mains de M. l'abbé Dupuy sous ce nom.

RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. — [l ne nous parail pis nécessaire, après ce que nous avons déjà dit, de revenir sur les caractères différentiels qui existent entre l’Helix Elimberrisiana et l'Helix rugosiuscula. Le galbe, la manière d’être de la spire, de l'ombilic, du dernier tour, sont tellement différents qu'il ne nous semble pas possible que l’on puisse confondre ces deux formes ainsi établies. Nous nous bornerons donc à la rapprocher de l'Helix Tarasconensis ; on la distinguera de cette dernière espèce à son galbe plus nettement conique, a vec une spire à profil plus rectiligne, plus pypramidal et non convexe, le dessous notablement plus déprimé,

LJ

moins convexe; à son ombilic un peu plus grand ; à ses tours de spire

(1) Helie pyramidata, Draparnaud, 1805. ÆHist. moll., p. 80, pl. V, fig. 5, 6.

mieux étagés, à profil plus arrondi, à ses strics plus fortes, plus régulières ; à l'accroissement de ses tours également plus réguliers ; à son ouverture moins exactement circulaire; à son péristome bordé intérieu-

rement ; elc.

Hagrrar. — Les environs d’Auch, dans le Gers ; Port-Sainte-Marie, dans le Lot-et-Garonne; Saint-Michel de Lanes, dans l’Aude.

HELIX AURIGERANA, P. Fagot

Helix Aurigerana, P. Fagot, 1884. Diagn. esp. nouv. pour la faune franç., p. 7. — rugosiuscula. Pars auclorum.

Descriprion. — Coquille de petite taille, d’un galbe général subglo-

buleux, à peu près aussi convexe en dessus qu'en dessous. — Test

solide, épais, subcrétacé, subopaque, orné de stries longitudinales ondulées, fortes, régulières, assez espacérs, à peu près aussi fortes en dessous qu’en dessus, s’évanouissant à la naissance de l’ombilic ; d’un blanc roux, un peu clair, avec une bande brune, supracarénale, assez mince, continue ou discontinue, quelquefois flammnlée, visible sur tous les tours de la spire, et des bandes également brunes, en nombre très variable, le plus souvent discontinues, réduites à des taches ou à des points, soudées ou indépendantes, irrégulièrement réparties en dessous entre la ligne carénale et l'ombilic. — Spire un peu élevée, composée de cinq à cinq tours et demi, nettement élagés les uns au-dessus des autres, à profil convexe, séparés par une ligne suturale bien accusée. — Croissance spirale lente et régulère, à peine un peu plus rapide à l'exémité du dernier tour. — Dernier tour bien arrondi à sa naissance comme à l'extrémité, aussi convexe en dessus qu’en dessous. — Insertion du bord supérieur de l'ouverture infracaréuale, légèrement et régulière ment tombante à son extrémité sur une longueur sensiblement égale au cinquième de la circonférence interne du dernier tour. — Sommet lisse, obtus, brillant, d’un fauve foncé ou noirâtre, sur deux tours environ de la spire, — Ombilic large, profond, un peu évasé au dernier tour, laissant voir l'avant-dernier tour sur une longueur égale aux trois quarts de sa circonférence interne, et sur une largeur à sa naissance égale à un « peu plus de la moitié du diamètre de l'ombilic en ce même point. — Ouvertu'e légèrement échancrée par l’avant- dernier tour, transversale-

ment suboblongue-arrondie, légèrement plus large que hau'e. — Péis- tome discontinu, droit, aigu, bordé intérieurement, sur toute sa périphérie, par un bourrelet blanchâtre peu épais, peu saillant, un peu plus fort en bas qu’en haut; bord supérieur court, légèrement rectiligne ; bord extérieur arrondi ; bord inférieur plus largement arrondi ; bord columellaire court, arrondi, légèrement réfléchi sur l’ombilic.

DimMExsioNs, — Diamètre maximum : 6-7.

Hauteur totale : 3 1/2-4 1/2.

OBservarTions. — Cette espèce, souvent confondue par la plupart des auteurs avec l’Helix rugosiuscula a été très bien décrite par M. P. Fagot qui le premier nous l’a fait connaître. On peut dire de cette c quille que c'est bien la forme rugosiuscula des Pyrénées françaises. Tout en étant globuleuse, elle présente ce caractère assez particulier d’êire à peu près aussi convexe en dessus qu'en dessous.

Son ornementation est des plus variable. Tantôt la bande supérieure est nettement tracée comme chez le type de l’Helix unifasciata, tantôt au contraire, elle est flammulée, interrompue, etrappelle la disposition ornementale de la var. thymorum (1); en dessous le nombre la position, la manière d’être des bandes est excessivement variable, on peut donc établir pour l'Helix Aurigerana les mêmes variétés thymorum, radiata, interrupta, hypogramma, obscura, etc, que nous avons déjà inscrites pour VHelix unifasciata, variétés s'appliquant à des coquilles de toutes tailles, et uniquement basées sur le mode de l’ornementation.

RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. — On ne peut confondre l’Helix Aurigeruna avec l'Heux rugosiuscula; elle s'en distingue de suite : par son ombilic beaucoup plus grand; par son galbe subglobuleux, aussi convexe en dessus qu'en dessous, et non pas subanguleux ; par son ouverture plus arrondie ; par son péristome moins furtement bordé à l’intérieur ; etc. Rapprochée de l’Heliz Elimberrisiana, on la reconnaîtra : à son galbe plus globuleux, moins conique ; à saspire plus convexe, moins acuminée,; à son test moins crélacé; à ses siriss moins régulières; à son dernier tour arrondi à sa naissance, et plus régulier dans son profil; à son ouverture moins régulièrement circulaire ; etc.

Hagrrar. — L'Helic Aurigerana a été signalée par M. P. Fagot, à

(1) Vide ante p. 32.

Mazères, sur le grand Lers, près Saverdun, dans l'Ariège ; à Odars, dans le canton de Montgiscard-Villefranche, dans la Haute-Garonne; nous … l'avons également reçu des alluvions de la Garonne, à Toulouse, dans la Haute-Garonne et des environs de celte ville.

HELIX USSATENSIS, Bourguignat

Helix Ussatensis, Bourguignat, 1884. Zn P. Fagot, Diagn. esp. nouv., p. 9.

Descriprion. — Coquille de petite taille, d’un galbe général subglobuleux légèrement déprimé, un peu plus convexe en dessous qu’en dessus. — Test solide, épais, crétacé subopaque, orné de stries longitudinales onduleuses peu saillantes, assez fines, assez régulières, un peu plus fortes en dessus qu’en dessous, s'évanouissant à la naissance de l’ombilic, d'un blanc grisâtre, un peu jaunâtre, tantôt monochrome, tantôt avec une seule bande étroite, brune, continue, supracarénale, visible sur tous les tours, et des bandes de même coloration infracarénales, le plus souvent disconunues, réduites à des taches ou à des points, irré- … gulièrement réparties entre la ligne carénale et l'ombili:. — Spire peu élevée, composée de emq à cinq tours et demi, peu étagés, à profil peu convexe, séparés par une ligne suturale peu profonde. — Accroissement spiral lent et très régulier depuis le sommet jusqu'à l’extrémité. — Dernier tour très obtusément anguleux sur .une longueur égale au tiers de la circonférence externe, arrondi à l'extrémité, à peine plus convexe en dessous qu’en dessus. — Insertion supérieure du bord de l'ouverture infracarénale, descendant subitement et assez brusquement à l’extrémité sur une longueur sensivlement égale au sixième de la circonférence interne du dernier tour. — Somuct lisse, obtus, brillant d’un fauve un peu foncé sur près de deux tours de la spire. — Ombihc bien élargi, évasé au dernier tour, laissant voir facilement l’avant-dernier tour sur les trois quarts de sa circonférence interne et sur une largeur à sa naissance sensiblement égale aux deux tiers du diamètre de l'ombilic en ce point. — Ouverture oblique, médiocrement échancrée par l'avant-dernier tour, presque exactement ciiculaire. — Péristome discontinu, droit, aigu, bordé intérieurement par un bourrelet blanchâtre peu épais, s'étendant sur toute la périphérie, un peu plus épais dans le bas que dans le haut; bords supérieur, extérieur et inférieur également arrondis ; bord columel-. laire un peu plus court, légèrement réfléchi sur l'ombilic. |

FAUNE FRANÇAISE o1

Dimensions. — Diamètre maximum : 6 millim Hauleur totale : 312 — Ogservarions. — C'est encore à M. P. Fagot que nous devons la pre-

mière description de cette espèce. À mesure que nous avançons dans la série des Hélices de ce groupe, l’ombilic des coquilles devient de plus en plus grand, celui de l'Helix Ussatensis est déjà bien plus grand que celui des espèces dont nous nous sommes occupé jusqu'à présent. Comme le di! M. Fagot : « On reconnaîtra à première vue cette espèce, remarquable par son ombilic extrèmement large, en forme d’entonnoir régulier, et vers lequel semble plong-r la partie la plus inférieure du dernier tour. »

D'après les échantillons que nous possédons, outre les variétés basées sur le mode de disposition des bandes et fascies, ou même sur leur absence, on peut é'ablir la variété suivante :

Var. conica. Nob. — Coquille de même taille que ie type, avec le même ombilic, mais à spire plus haute, plus acuminée, avec des tours plus étagés, à profil plus arrondi, non carèné à la naissance du dernier tour.

RaPPORTS ET DIFFÉRENCES, — Avec de Lels caractères ombilicaux, l’Helix Ussatensis ne peut être confondue avec aucune des espèces qui précèdent. Rapprochée de l’Helix Aurigerana qui vit dans quelques stations communes, on la disüinguera : à son ombilic plus grand; à son galbe plus déprimé, avec le dessous plus convexe ; à son test plus crétacé, moins fortement strié; à son dernier tour plus anguleux à la naissance, plus descendant à son extrémité ; à son ouverture plus exactement circulaire ; etc.

Hasrrar. — M. Fagot a signalé cette espèce à Ussat-les-Bains, Foix, Mazères dans l'Ariège ; dans les prairies du Port-Garaud près de Toulouse, et aux environs de Villefranche-Lauraguais dans la Haute-Garonne ; nous la connaissons également à Dourgne dans le Tarn.

HELIX ARELATENSIS, Locard

Descripriox. — Coquille de petite taille, d’un galbe globuleux- conique, convexc-conique en dessus, assez convexe en dessous. — Test solide, épais, subcrétaci, subopaqu», orné de stries longitudiaales peu fines, | assez régulières, un peu plus fortes en dessus cu’en dessous, s'évanouis-

sant à la naissance de l’'ombilic ; d'un blanc grisâtre, avec une bande supracarénale brune, tantôt mince et continue, visible sur tous les tours, tantôt plus ou moins discontinue et flan mulée, et des bandes infracarénales en nombre très variable, de même coloration, le plus souvent discontinues, réduites à des taches ou à des points, inégalement répartis entre la carène et l'ombilic. — Spire conique, assez élevée, composée de cinq tours bien étagés, à profil presque plat, ou à peine convexe, séparés par une ligne suturale médiocre. — Croissance spirale, d’abord lente et régulière, puis un peu plus rapide à l'extrémité du dernier tour, sur une longueur égale à environ le huit‘ème de la circonférence interne de ce tour. — Dernier tour oblusément anguleux à sa naissance sur une longueur égale au quart de sa circonférence externe, bien arrondi à son extrémité, un peu plus convexe en dessous qu’en dessus.— Insertion du bord supérieur de l'ouverture infracarénale, lentement et régulièrement descendante à son extrémité sur une longueur égale au sixième de la circonférence in e ternede ce tour. — Sommet liss”, obtus, brillant, d’un fauve foncé ou noirâtre, sur un tour «t demi environ. — Ombilic très large, très profond, légèrement évasé a1 derniertour, laissant voirsurunefaible largeur la moitié de la circo .férence interne de l’avant-dernier tour. — Ouverture oblique, très peu échancrée par l’avant-d:rnier tour, presque exactement circulaire. — Péristome discontinu, droit, mince, aigu, sans bourrelet interne ; bords également arrondis; bord columellaire très légèrement réfléchi sur l’ombilic. |

DiIMENSIONS. — Diamètre maximum : 5 millim.

Hauteur totale : 3 9/4 —

__ OBSERVATIONS. — L’Helix Arelatensis qui termine la série des espèces

de ce groupe représente la forme dont l'ombilic est de beaucoup le plus grand ; c’est également avec ces Helix Tarasconensis et Ielix Elimberrisiana une des formes les plus coniques. Sa taille est toujours assez petite, son galbe varie peu ;il n’en est pas de même de son ornementation qui semble au contraire extrêmement variab'e, de telle sorte que l'on peut établir à ce point de vue les mêmes variétés que celles que nous avons déjà signalées à propos de l'Helix unifasciata.

RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. — Les caractères ombilicaux de cette espèce suffiraient à eux seuls pour la différencier de toutes ses congénères. Rapprochée de l'Helix Ussatensis, on la distinguera : à son galbe plus

conique, avec la spire plus acuminée, plus élevée ; à son test moins crétacé ; à ses tours à profil notablement moins convexe ; à son ombilic encore plus ouvert et laissant voir une moins grande surface de l’avantdernier tour ; à son dernier tour encore plus tombant ; à l’absence du bourrelet interne ; etc. On ne saurait non plus la confondre avec la var. conica que nous avons établie pour l’Helic Ussatensis, car celle-ci a ses tours plus arrondis, plus convexes, et le dernier n’est point anguleux à sa naissance.

Rapprochée des Helix Elimberrisiana et H. Tarasconensis, on la reconnaitra : à son galbe moins pyramidal, plus globuleux ; à ses tours de spire moins convexes, tout en étant moins étagés; à ses stries un peu plus obsolètes, plus atténuées en dessous ; à son ombilic beaucoup plus grand, tout en laissant moins bien voir l'avant dernier--tour ; etc.

Hagrrar. — Nous avons reçu, il y a quelques années, cette jolie petite espèce des environs d'Arles dans les Bouches-du-Rhône, et plus récemment de Saint Andiol dans le même département ; et elle vit également aux environs de Grasse dans les Alpes-Maritimes.

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