MABILLE
GROUPE DES HÉLICES DITES STRIÉES
Sous la dénomination d’Hélices striées, la plupart des auteurs qui se sont occupés de la malacologie française ont décrit un certain nombre d'espèces, tantôt plus ou moins affines dans leur allure, tantôt même très différentes dans leur galbe, mais dont le test était orné de stries ou costulations longitudinales, généralement assez saillantes. Plusieurs des types, sur lesquels ces déterminations premières ont été basées, ayant été mal définis, 1l en est résulté une déplorable confusion qui n’a fait que s’accroître à mesure que les connaissances malacologiques venaient à se compléter.
C’est ainsi que, sous les noms d’Helix striata et H. fasciolata, on est arrivé à confondre un grand nombre de formes pourtant bien distinctes et bien différentes. Nous allons essayer, dans ce mémoire, de jeter un peu de lumière sur les Hélices de ce groupe. véritable pierre d’achoppement pour tous les malacologistes qui ont tenté vainement de s’en tenir aux anciennes dénominations.
En premier lieu, nous tracerons l'historique de ce groupe, en suivant
pas à pas les différents travaux desanciens auteurs ; puis nous donnerons ensuite la description détaillée de chacune des espèces qu'il comporte, et telles que nous les comprenons. Nous espérons arriver ainsi à démontrer combien est simple et logique l'enchaînement méthodique de toutes ces formes qu’une étude sérieuse et attentive permet toujours de distinguer et de classer facilement.
Nous aurions pu, sans doute, donner pour chacune de nos espèces des figures; mais nous estimons que, dans le cas qui nous occupe, tout malacologiste consciencieux peut aisément s'en passer. Des descriptions bien complètes, établies parallèlement, et surtout des rapports et différences faisant valoir les analogies etles dissemblances des sujets. valent mieux pour nous que les meilleures figurations.
Dans toute figuration, surtout lorsqu'il s’agit de coquilles de taille un peu petite, si l'on veut arriver à bien faire ressortir tel ou tel caractère même des plus importants, l’on estsouvent condamné à l’exagérer. Tandis que, si l’on établit d’abord en quoi telle forme donnée se rapproche de ses congénères, puis si l'on fait ensuite comprendre quels sont les caractères nets, précis, distincts qui l’en différencient, toute personne qui aura la clef du langage malacologique sera immédiatement à même de distinguer ces deux formes, quelque affines qu’elles soient, et cela bien mieux que par la comparaison de deux dessins où il faut chercher soi-même ces différenciations caractéristiques.
D'autre part, toute esnèce donnée élant susceptible de présenter un certain nombre de variations, pour établir une figuration complète de cette espèce, on est bientôt conduit à multiplier les formes à représenter. Dans de telles conditions, outre les frais considérables auxquels entraîne une pareille figuration, on n'arrive jamais à représenter tous les accidents qui peuvent se produire dans telle ou telle espèce.
Enfin, notre Mémoire ne s'adresse point à des novices; ce n'est pas un manuel; nous écrivons ce travail critique pour ceux qui, ayant déjà des connaissances malacologiques sufñisantes, savent au moins ce que l’on entend par groupe des Hélices striées, et à ceux-là, il n’est ceries pas nécessaire de représenter l’une quelconque de ces formes pour leur faire comprendre en quoi les formes voisines en diffèrent.