C. — Truncati (B. decollatus
Comme on le voit, ce savant auteur, tout en conservant l’ensemble des espèces admises par Draparnaud, les avait groupées méthodiquement ; en outre, rejetant le Bulimus acicula dans le genre Achatina, il avait rendu au Bulimus radiatus de Draparnaud son véritable nom plus ancien de Bulimus detritus créé par Linné ; enfin, 1l avait ajouté à cette liste une espèce nouvelle, le Bulimus Astieri mus.
Moquin-Tandon a compris le genre Bulimus d’une façon toute différente, en lui donnant une bien plus grande extension. Il fait rentrer à juste titre dans le genre Helix les Bulimus ventricosus et B. acutus de Draparnaud ; il rajoute, au contraire, les Pupa 3-dens et P. 4-dens de Draparnaud, et subdivise son genre Bulimus en huit sous-genres comprenant onze espèces toutes déjà connues :
(1) Malgré nos recherches dans les collections Michaud déposées la première au muséum de Lyon, la seconde au musée de Màcon, nous n'avons retrouvé aucunes traces dece Bulimus Collini. D'après Deshayes, in Moquin-Tandon {Histoire des mollusques), ce serait une forme de taille plus grande et d’un galbe plus ventru du Bulimus montanus. M. l'abbé Dupuy le fait également rentrer Cans la synonymie de ce même Bulimus.
I — Ena (BP. montanus, B. obscurus).
IL — Bulimulus (B. detritus).
II — Chondrus (B. tridens).
IV — Gonodon (B, niso, B, quadridens).
V — Azeca (B. Menkeanus).
VI — Cochlicopa (B. subcylindricus, B. folliculus). VIL — Acicula (B. acicula).
VIII — Rumina (B. decollatus).
Aujourd’hui, cette coupe des Bu'imes français ne saurait être adoptée avec les progrès qu'ont faits les sciences malacologiques. Plusieurs des noms sous-génériques sont devenus de véritables genres admis par tous les auteurs. Pour nous, les sous-genres Ena et Bulimulus constituent le véritable genre Bulimus, de mème que les Choudrula et Gonodon se rapportent au genre Chondrus. Enfin, les Azeca, Cochlicopa, Acicula et Rumina de Moquin-Tandon sont devenusles genres Azeca, Ferussacia, Cæcilianella et Rumina de M. Bourguignat et de plusieurs autres auteurs, de telle sorte que le genre Bulimus de Moquin-Tandon comporte aujourd’hui six genres bien distincts. Jetons maintenant un rapide coup d’œil sur chacun de ces différents genres.
RUMINA. — Le genre Rumina, créé en 1826 par Risso (1) pour une seule forme française, l’Helix decollatus Linné (2), a tour-à-tour été appelée: Helix, Bulimus, Bulinus, Rumina, Obeliscus et Stenogyra. La dénomination imposée par Risso étant la plus ancienne, et s'appliquant réellement à cette forme bien définie, il convient de la conserver.
COECILIANELLA. — Ce nom a été donné par M. Bourguignat (3) à une série de mollusques ayant pour type le Buccinum acicula de Müller (4). Ils diffèrent tellement des Bulimes par leurs mœurs, comme par le galbe général de leur coquille que ce même auteur ena fait ensuite une famille, les Cæcilianellidæ (5) qu'il classe (6) entre les Helicidæ etles Glandinidæ, soit entre les Vertigo etles Carychium français.
(1) Risso, 1826.Hist, nat. Eur. merid., 1. IV, p. 79.
(2) Linné, 1758. Systema naturæ, édit. X, I. p. 777.
(3) Bourguignat, 1856. Amenités malacologiques, NX, p. 210.
(4) Müller, 1774. Verm. lerr. et fluv, hist., IL, p. 150, n° 340.
(5) Bourguignat, 1864. Malacologie de l'Algérie, XI, p. 108.
(6) Bourguignat, 1877. Descr, deux nou. genres algériens, ete., p. 31.
On a décrit neuf Cœcilianelles françaises, ce sont :
Cœc. aciculu, Müller (1). — Toute la France, — Liesvillei, Bourguignat (2). — Un peu partout. — agiena, Bourguignat (3). — L’Aube, l'Aisne. — eburnea, Risso (4). — Le Midi.
— uniplicata, Bourguignat(5).—La Savoie, l'Hérault, les Pyrénées. —- enhalia, Bourguignat (6). — La Bretagne.
— lactæa, Moitessier (7). — L'Hérault.
— Mauriana, Bourguignat (8). — Les Alpes-Maritimes. — Merimeana, Bourguignat (9). — Les Alpes-Maritimes. !
Toutes ces formes assez voisines les unes des autres, mais cependant pour la plupart faciles à distinguer, n’ont donné lieu à aucune coupe sous-générique.
FERUSSACIA. —. C’est encore Risso (10) qui le premier a séparé ce genre confondu jusqu'alors avec les Bulimes. M. Bourguignat,en 1856, l’a admis (11), et depuis il en a donné plusieurs études monographiques (12).II le subdivise d'abord en deux grandes sections les Zua et les Euferussacia. Les Euferussacia sont ensuite subdivisés en trois groupes, les Folliculina, Procerulina et Hohenwartiana. Les formes françaises appartenant à ce genre sont les suivantes :
À. — Zua.
Fer. subcylindrica, Linné (13). — Toute la France. — Collina, I. Drouët (14). — La France moyenne et orientale. — cylindrica, Massot (15). — Les Pyrénées-Orientales. — exigua, Menke (16). — La Moselle, l'Isère, lAriége, la Haute- Garonne.
(1) Müller, 1774. Verm. terr. et fluv. hist. EF, p. 150. (2) Bourguignat, 1856. Aménités malacologiques, E, p. 217, pl. XVIHE, f. 6-8. (3) Bourguignat, 1860. Ameniles inalacologiques, MW, p. 31, pl. I, f. 3-4. (4) Risso, 1896. ZZist. nat. Eur. merid., IN, p. 81. (5) Bourguignat, 1864. Malacologie d'Aix-les-Bains, p. 35, pl. I, f. 3-5. (6) Bourgaignat, 1860. Malacologie de la Bretagne, p. 158, pl. IF, f. 14-16. (7) Moitessier, 1867. In Rev. et mag. zool., 2° sur.,t. XIX, p. 371. (8) Bourguignat, 1870. Zn Mém. Soc. sc. nat. de Cannes. 1, p. 4. (9) Bourguignat, 1870. In Mem. Soc. se. nat. de Cannes, 1, p. 54. (40) Riss9, 1826. His!. nat. Eur. merid., IN, p. 80. (1) Bourguignat, 1856. Ameénilés malacologiques, 1, p. 197. (12) Bourguignat, 1866, Aalacologie de l'Algérie, XI, p. 23.— 1864. Mollusques nouveaux, litigieuæx, p. 116.
(13) Linné, 1867. Systema naturæ, édit. XII, p. 1248. (14) Drouët, 1855. Enuim. moll. France continentale, p. 46. (45) Massot, 1872. Znum. moll. Pyrénées-Orientales, p. 53. (16) Menke, 1830, Synopsis methodica, 2° éd., p. 19.
B. — EUFERUSSACIA.
a. Folliculina.
Fer. folliculina, Gronovius (1). — Le littoral méditerranéen. — Gronoviana, Risso (2).— Même habitat.
— Vescoi, L. Pfeiffer (3).— Même habitat.
b. Procerulina.
Fer. carnea, Risso (4). — Acclimaté aux environs de Nice.
c. Hohenwartiana.
Fer. eucharista, Bourguignat (5).— L'Hérault. — abnormis, Nevill (6).— Les Alpes-Maritimes. — Macei, Bourguignat (7).— Les Alpes-Maritimes. — Moitessieri, Bourguignat (8). — L’Hérault, les Pyrénées-Orientales, le Lot-et-Garonne.
— Bugesi, Bourguignat (9). — L'Hérault, les Pyrénées-Orientales. — Paladilhi, Bourguignat(10).—L’Hérault, les Pyrénées-Orientales — Locardi, Bourguignat (11).— Les environs de Lyon.
AZECA.— Enfin, le genre Axeca, créé dès 1820 par Leach (19) s'appli que à des formes parfaitement définies dont M. Bourguignat a donné en 1859 (13) et 1864 (14) le catalogue. Il subdivise ce. genre en quatre groupes les Asecastrum. Alsobia,'Agraulina et Hypnophila. Les Aseca des séries Azecastrum et Hypnophila sont les seuls qui appartiennent au système européen. En 1876, M. P. Fagot (15) a publié une monographie du genre Axeca français; il admet sept espèces. Plus tard, MM. de Folin et
(4) Gronovius, 1780. Zoophyt., INT, p. 296, pl. XIX, f. 15-16.
(2) Risso, 1876. Hist. nat. Eur. merid., IV, p. 80, pl. III, f. 27.
(3) L. Pfeiffer, 1849. Mon. hel. viv., t. IN, p. 621.
(4) Risso, 1826. Loc. cit., p. 88, pl. IV, f. 29.
(5) Bourguignat, 1864. Malacologie de l'Algérie, XX, p. 67, pl. IV, f. 45-47.
(6) Nevill, 1880. Zn Proceed. zoo!. Soc. London, p, 134, pl. XIV, f. 3.
(7) Bourguignat, 1870. In Mem. Soc. se. nat. de Cannes, I, p. 50.
(8) Bourguignat, 1866. Ho7!!. nouv. litig,, p. 182, pl. XXX. f. 6-8.
(9) Bourguignat, 1866, Loc. cit., p. 184, pl. XXX, f. 12-15.
(10) Bourguignat, 1866, Loc. cil., p. 186, pl. XXX, f. 18-20.
(41) Bourguignat, 1880, In Locard, Études sur les variations malac., X, p. 221, pl. IT, f..29:
(42, Leach, 1820. Syn. of {he moll. of great Britain.
(43) Bourzuignat, 1859, Amenites malacologiques, IT, p. 85.
(14) Bourguignat, 1864. Malacologie de l'Alÿerie, I, 20.
(45) P. Fagot, 1876. Monographie des espèces françaises appartenant au genre Azeca, In XXII Bull. Soc. d'agric. Pyrénées-Orientales. (Tir. à part 1 br. in-8°, 10 p.)
Berillon ont ajouté à la faune française une forme nouvelle, le Cryptazeca monodonta (1). Les Axeca de France sont aujourd’hui les suivants :
A. — AZECASTRUM.
A%. tridens, Pultney (2). — L’Ariége.
— Nouletiana, Dupuy (3). — La région pyrénéenne. — Mabilliana, P. Fagot (4). — Lourdes.
— trigonostoma, Bourguignat (5). — La Haute-Garonne. — Bourguignati, P. Fagot (6). — L'Aube.
B. — HYPNOPHILA.
Az. Boissyi, Dupuy (7). — Les Pyrénées-Orientales, le Var. — Dupuyana, Bourguignat (8). — Les Pyrénées-Orientales.
BULIMUS, CHONDRUS. —Il ne nous reste donc plus pour terminer cette revue du genre Bulimus de Moquin-Tandon et de la plupart des auteurs français qu’à parler des sous-genres Bulimulus, Chondrus et Gonodon de Moquin. Or, les formes qui constituent ces sous-genres n’ont pas été, jusqu’à ce jour étudiées avec les mêmes soins que celles des autres sous-genres, et n’ont donné lieu à aucune monographie. Nous avons pensé qu'il serait sans doute intéressant de compléter cet ensemble par une étude détaillée des différentes formes qui s’y rattachent et que nous comprenons dans les deux genres Bulimus et Chondrus.
Nous devons à l'extrême obligeance de M. Bourguignat la communication des types de sa belle collection. Ce sont ces types qui nous ont servi de base dans nos recherches et que nous avons fait figurer. Qu'il nous soil permis de lui témoigner ici toute notre reconnaissance.
Genre BULIMUS, Scopoli.
1777. Scopoli. Zatrod. ad Hist.nat., p. 392.
Le genre Bulimus, tel que nous le comprenons, renferme les trois types
(1) De Folin et Bevillon, 4877. Contrib. faune malac. du sud-ouest de la France, In Bull. Soc. Borda, p.122, pl. 1, f.1
(2) Pultney, 1799. Cal. of Dorselshire, p. 46,pl. XIX, f. 12 (Turbo tridens).
(3) Dupuy, 1849. Cat. ectramar. galliæ n° 31. — 1850. Hist. Moll., p. 358, pl. XV, f. 12.
(4) P. Fagot, 1876. Mon. esp. franç. Azeca,p. 6.
(5) Bourguignat, 1868. Zn sched. — 1876. In P. Fagot. Loc, cit., p. 7.
(6) P. Fagot, 1876. Loc, cit., p. 8.
(7) Dupuy, 1850. Hist. Moll., p. 332, pl. XV, [. 9 (Zuwa Boissyi).
(8) Bourguignat, 1868. In sched, — 1876. In P. Fagot. Loc. cit. OUT
Draparnaldiques des Bulimus detritus, B. montanus et B. obscurus autour desquels sont venus se grouper des formes plus ou moins affines se ratlachant à chacun de ces types ou têtes de groupes. Ce sont les Bulimi veri de M. l'abbé Dupuy, et les Ena et Bulimulus de Moquin-Tandon. Au point de vue de l’origine du genr: ou mieux de ses formes ancestrales, nous savons que ce genre estdéjà fort ancien. Mais ses premièresformes appartiennent à des groupes aujourd’hui éteints. Nous ne retrouvons les formes actuelles que dans des dépôts très récents des formations quaterpaires; elles ne diffèrent plus alors suffisamment pour être élevées aux rangs d'espèces. Ce genre comprend aujourd’hui sept formes (1) bien distinctes que nous répartirons de la manière suivante:
A. — Groupe du Bulimus detritus.
Bulimus detritus, Müller.
— Locardi, Bourguignat.
— Sabaudinus, Bourguignat.
B. — Groupe du Bulimus montanus.
Bulimus montanus, Draparnaud.
— carthusianus, Locard.