C. — Groupe du Bulimus obscurus
Bulimus obscurus, Müller.
— Astierianus, Dupuy.
A.— Groupe du BULIMUS DETRITUS
BULIMUS DETRITUS, Müller.
Fig. 4-4.
Helix delrita, MuzLer, 1774. Verm. ler. et fluv. hist., II, p. 101.
— sepium, GEMLIN, 1788. Syslema naturæ, éd. XII, p. 654. Bulimus radiatus, BRUGUIÈRE, 1789. Encyclop. melh., Vers. 1, p. 312. Lymnæa detrila, FLEMING, 1814. In Edinb. encyclop., VI, I, p. 77. Bulimus detritus, STuDER, 1820. Hurz. verzeichn., p. 88.
— Sepiwm, WARTMANN, 4821. Syst. gasterop., p. 51.
Helix radiata, FERUSSAC, 1822. Tabl. system., p. 57. Bulimus radiatus, Risso, 1826. Hist. nat. Eur. mérid., IN, p. 78.
(1) Nous avons définitivement distrait des Bulimus le Bulimus psarolenus Bourguignat Aménilés malacologiques, Il, p. 416) qui est un Pupa du groupe du Pupa Farinesi.
Limneus detrilus, JEFFREYS, 1830. Syn. test, in Trans. Linn., XNI, IT, p. 378. Buliminus detritus, Beck, 1837. Index molluscorum, p.72.
Zebrina radiala, HELD, 1835. In Isis von Oken, p. 917.
Bulimulus detrilus, ADAMS, 1833. Gen. recent. moll., p. 160, t, LXXV, f. 7, a. Bulimus sepium, J. et P. STROBEL, 1855. Beitr. moll. Türol., p. 160.
OgservarTions. — Le Bulimus detritus a été suffisamment bien décrit par la plupart des auteurs pour qu'il soil nécessaire de revenir encore une fois sur cette description. Quant à sa figuration, nous la retrouvons exactement représentée dans les atlas de Draparnaud, de M. l'abbé Dupuy et de Moquin-Tandon. C’est un type qui ne saurait être confondu avec aucune des autres têtes de groupe du genre Bulimus. Quant à ses rapports etdifférences avec les formes du même groupe, nous nous réservons de les décrire à propos de chacune d'elles.
Variétés. — On a signalé un grand nombre de variétés chez le Bulimus detritus. Elles portent toutes sur la taille et sur la coloration. Le galbe général, le mode d’enroulement des tours, la forme de l’ouverture, en un mot, les caractères typiques restent toujours les mêmes. Nous admettons ainsi les variétés suivantes :
Radiatus, Moquin-Tandon (1). — Coquille blanchâtre ou jaunâtre, ornée de raies ou flammes cornées ou brunes, plus ou moins transparentes : presque partout.
Pfeifferi, Moquin-Tandon. (2). — Coquille blanchâtre avec des raies ou flammes bleuâtres ; plus rare : les Alpes, le Dauphiné, le Vercors, etc.
Melanorhinus, Cristofori et Jan (3). — Coquille blanchâtre avec des raies ou flammes cornées ou bleuñtres, et le premier ou les premiers tours noirâtres.
Unicolor, Gristofori et Jan (4). — Coquille entièrement cornée, excepté le péristome qui est blanc, et parfois deux ou trois flammes blanchâtres répondant aux anciens péristomes : les environs de Clermont-Ferrand en Auvergne.
Albinus, de Charpentier (5). — Coquille entièrement blanche, sans raies ou flammes : un peu partout, les Alpes, le Dauphiné, l'Auvergne.
(4) Moquin-Tandon,1855. His. Moll., I, p. 294, pl. XXI, f.23. — (Bulimus radialus, Var. b. C. Pfeiffer, 4821. Deutsch. moll., 1, p. 50, pl. I, f, 5).
(2) Moquin-Tandon. Loc. cit., I, p.295. — (Bulimus radialus, var. a. C. Pfeiffer. Loc. cil., f. 4).
(3) Moquin-Tandon. Loc, cit. — (Bulimus radiatus, var. b, melanorhinus. Cristofori et Jan, Cat, X, n° 8. ‘
(4) Cristofori et Jan. Loc. cit.— (Bulimus radiatus, Var. a, wnicolor.)
(3) De Charpentier, 4837. Cat. moll. Suisse, p. 44, n° 55.
Minor, Locard (1). — Coquille de petite taille, pouvant ne mesurer que 15 millimètres de hauteur. mais d'un même galbe général, peu renflé, non flammulé, avec des stries plus accusées : les Arborats, près Givors (Rhône).
Inflatus, Locard (2). — Coquille de même taille que le type, mais de forme plus renflée, plus ventrue, les lours plus arrondis, le dernier plus dilaté, ordinairement non flammulé : les environs de Lyon et de Grenoble, la Croix-de-Camp dans le Var.
Excoriatus, Dumont et Mortillet (3). — Coquille de taille assez petite, à surface épidermée, terne, ressemblant à celle d’une coquille morte, sans bandes ni flammules : la Savoie.
Hagirar. — Le Bulimus detritus vit de préférence dans les régions montagneuses ou submontagneuses, dans les bois, sous les feuilles mortes, s’enfonçant souvent dans l’humus ; très avide d'humidité, il aime à sortir après les grandes pluies ; il grimpe alors et se balance sur les tiges des herbes dans les prés et Les champs qui avoisinent les bois, les bosquets ou les buissons. Nous le connaissons dans les départements suivants : l'Alsace, la Côte-d'Or, l'Ain, le Rhône, l'Isère, la Savoie, le Gard, l'Hérault, les Alpes-Maritimes, les Basses-Alpes, les Bouches-du Rhône, le Var, les Pyrénées-Orientales, l'Aveyron, la Lozère, l’Aude, les Hautes-Pyrénées, le Lot-et-Garonne, la Vienne, le Puy-de Dôme, etc.
FiGuraTIoN. — Fig. 1-2, Bulimus detritus type, des environs de Lyon. — Fig. 3, Var. minor, des Arborats, près Givors (Rhône). — Fig. 4, Miss. Bourguignat. Var. inflatus, de la Croix-de-Camp dans le Var. — De notre collection.
BULIMUS LOCGARDI, Bourguignat.
Fig. 5-7.
Bulimus Locardi, BOURGUIGNAT, 4881. In sched, — Olim, Bulimus theus.
DraAGNosE. — Testa ovoido-oblonga, parum conoidea atque elongata, vix ventricosa ; tenuissime et irreguluriter striata; solida, cretacea, nitidula,
(4) Locard, 1880. Etudes var. malac , X, p. 21 (et pars auct.). (2) Locard. Loc. cit. I, p. 211.
(3) Dumont et Mortillet, 1857. Catal. crit. et malac., p. 99.
albida vel cornea, unicolor sed tantum corneo-subpellucida irregulariter atque longitudinaliter flammulata, flammulis plus minusve distinctis. — Anfraclibus 7-8 convexiusculis, lente et regulariter sed progrediendo crescentibus, sutura sat perspicua separatis. — Apice conoido-abtuso, sæpe corneo vel albido semper lævigato. — Ombilico rimato. — Apertura fere recta, ovato-perangusta, superne acute angulata, inferne parum rotundata. — Peristomate recto, alboaut corneo labiato, marginibus inæqualibus remolis, callo nilido vix perspicuo inter se junctis, exteriore breviore subreflexo, columellari parum crasso, et in rimam umbilicalem reflexo.
Altitud. tot.: 22 à 26 mill.
Diam. maxim.: 10-11 1/2 mill.
Altitud. apert.: 9-10 1/2 mill.
Diam. apert.: 4 1/2-5 1/2 mill,
Descriprion. — Coquille ovoïde-oblongue, à peine ventrue à l’avant-
dernier tour, conique et un peu allongée dans son ensemble. — Test
solide, crétacé, épais, glabre, assez luisant, opaque, orné de stries longi tudinales à demi-effacées, un peu obliques, fines, irrégulières, parfois même obsolètes sur certains points; d’une couleur blanchâtre ou un peu cornée, tantôt monochrome, tantôt orné de flammules longitudinales d'un gris corné roussâtre, inégales, plus ou moins distinctes. — Spire composée de sept à huit tours peu convexes, à croissance régulière, progressive, mais assez lente, séparés par une ligne suturale assez profonde. — Sommet conoïde-obtus, d’un corné fauve ou pâle. — Ombilic très étroit, en partie masqué par le bord columellaire. — Ouverture presque droite, étroite mais ovale, à angle supérieur très aigu, un peu échancrée par l’avant-dernier tour. — Péristome droit, légèrement épaissi, blanc ou fauve intérieurement, à bords écartés, à peine convergents ; le bord columellaire très court, assez fortement réfléchi sur l’ombilic.
RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. — Le Bulimus Locardi se distinguera tou-
jours facilement du Bulimus detritus: 1° par sa taille plus forte ; 2° par son galbe général plus conique, plus allongé, beaucoup moins ventru ; chez le Bulimus detritus, le galbe est toujours plus renflé vers l'avant dernier tour, tandis que dans le Bulimus Locardi la forme générale est plus régulièrement conique; 3° par l'accroissement lent, régulier, progressif de ses tours de spire; chez le Bulimus detritus, les premiers tours
FAUNE FRANCAISE. ju
seuls croissent progressivement, tandis que les derniers croissent plus rapidement et donnent ainsi à la courbe tracée par la ligne suturale une apparence d'irrégularité que n’a pas le Bulimus Locardi ; 4° par la hauteur proportionnelle de l'ouverture ; dans le Bulimus detritus, la hauteur totale de l'ouverture est sensiblement égale à la hauteur des trois avant-derniers tours, l’ouverture de la coquille étant en-dessus, tandis que chez le Bulimus Locardi, elle est à peine plus grande que la hauteur des deux avant-derniers tours ; chez le Bulimus detritus, la hauteur totale de l'ouverture est toujours plus petite que le diamètre maximum de la coquille, tandis que chez le Bulimus Locardi, elle est sensiblement égale à ce même diamètre ; 5° par la hauteur proportionnelle du dernier tour : chez le Bulimus detritus, la distance linéraire prise de la base de la coquille au milieu de la première suture, l'ouverture étant en dessous, est toujours plus grande ou tout au plus égale à la hauteur totale et linéaire restante; chez le Bulimus Locardi, cette mesure est, au contraire, toujours plus petite; 6° par la forme de l’ouverture, qui est sensiblement plus droite, plus régulière, plus arrondie dans le bas.
VariËTÉs. — Le Bulimus Locardi présente dans sa coloration et dans son ornementation les mêmes variations que le Bulimus detritus. Sa taille, en outre, étant également susceptible de se modifier suivant les habitats, nous admettrons donc les variétés suivantes : |
Radiatus ; les environs de Lyon et de Grenoble, Oyonnax dans l'Ain, Cauterets dans les Hautes-Pyrénées.
Pfeifferi; presque partout.
Unicolor ; presque partout.
Albinos ; l'Isère, la Savoie, les Hautes-Pyrénées.
Minor ; les Basses-Alpes, les Pyrénées.
OBservarTions. — Cette forme bien typique et très répandue ne pouvait cependant pas avoir échappé aux investigations des anciens malacologistes. C’est très probablement le-Bulimus Locardi que Ferussac, de Charpentier, Moquin-Tandon et d’autres ont confondu sous le nom de Bulimus radiatus ou B. detritus, var. major. Ferussac, notamment dans son Histoire naturelle des mollusques, a représenté, pl. 142, fig. 7, une forme qui présente une certaine analogie avec le Bulimus Locardi, mais sans indication de provenance ; il en est de même du dessin situé à
gauche dans la fig. 42 de la planche Il de l'Iconographie de Rossmässler et de la fig. 6 de la planche III de l’atlas de C. Pfeiffer. Quant aux figurations bien connues de Draparnaud, de M. l'abbé Dupuy, et de Moquin- Tandon, eïles se rapprochent bien plus du véritable type du Bulimus detritus.
HagBiTaT. — Le Bulimus Locardi nous paraît tout aussi répandu que le Bulimus detritus; ses conditions d'habitat, comme ses mœurs, nous semblent les mêmes ; peut-être cependant le trouve -t on à une moins grande altitude ; il paraîtrait préférer les régions submontagneuses aux véritables stations montagneuses. Nous le connaissons dans les stations suivantes : Vieux-Brisach dans le Haut-Rhin, les environs de Lyon, Gap dans les Basses-Alpes, Ascros au-dessous de Roquesteron et Puget- Théniers dans les Alpes-Maritimes, Barèges dans les Hautes-Pyrénées (Bourguignat); nous le possédons des environs de Grenoble dans l'Isère, Saint-Paul-Trois-Châteaux dans la Drôme, Salins et Moutiers dans la Savoie, Oyonnax dans l'Ain, les environs de Digne dans les Basses- Alpes. Nous l’avons également reçu de Vérone en Italie, et M. Bourguignat nous l’a moniré de la Carniole, de Dalmatie et de Bosnie.
FiGuraTION. — Fig. 5 et 6, Bulimus Locardi. type de Barèges dans les Hautes-Pyrénées, vu en dessus et en dessous. — Fig. 7, Var. minor, de la même localité. — De notre collection, miss. Bourguignat.
BULIMUS SABAUDINUS, Bourguignat.
Fig. 89.
Bulimus Sabaudinus, BoOURGUIGNAT, 1881, In sched."
DraGnose. — Testa ovoido-oblonga, conoidea atque elongata, nunquam ventricosa ; tenuissime ac regulariter striata, stris sicut obsolelis ; solida, cretacea, nilidula, albida. fere unicolor cum flammulis corneo-subellucidis irregulariter atque longitudinaliter disjectis, — Anfractibus T conveæiusculis, ivregulariter crescentibus : anfractibus 4 supremis parvulis, lente et regulariter crescentibus ; quinto majore, ad sinistram partem præœsertim
convexo; antepenultimo maximo, velocrius crescendente; ultimo dimidiam longitudinis non atlingente. — Apice conoido-obtuso, corneo ac lœvigato. Umbilico rimato. — Apertura recta, angusta et elongala, superne acute angulata, inferne parum rotundata. — Peristomate recto, albo Labiato, marginibus inæqualibus remotis, callo nitido vix perspicuo inter se junctis, exteriore breviore subreflexo.
Altilud. maxim. : 20 mill.
Diam. maxim. : 8 1/2 mill.
Altitud. apert.: 9 mill.
Diam. apert. : 4 mull.
Descriprion.— Coquille ovoide-oblongue, conique, allongée, non ventrue. — Testso:ide, crétacé, épais, glabre, luisant, opaque, orné de stries longitudinales très effacées, presque obsolètes ; d’une couleur blanche, unicolore, avec quelques flammules cornées, pellucides, irrégulièrement disséminées. — Spire composée de sept tours convexes, à croissance irrégulière : les quatre premiers croissent lentement et régulièrement ; le cinquième, proportionnellement plus grand, devient beaucoup plus convexe sur le côté gauche; l'avant-dernier tour et le dernier croissent beaucoup plus rapidement et sont proportionnellement bien plus développés que les précédents. — Sommet conoïde obtus, corné et lisse.
— Ombilic très étroit en partie masqué par le développement du bord columellaire — Ouveriure droite. étroite et allongée, le bord supérieur très aigu, un peu échancré par l’avant-dernier tour, bord inférieur arrondi. — Péristome droit, légèrement épaissi, blanc intérieurement, à bords écartés ; le bord columellaire très court.
RAPPORTS ET DIFFÉRENCE. — Ce qui caractérise surtout le Bulimus Sabaudinus, c’est d'abord son galbe conique non ventru, puis le mode d’enroulement de ses tours, enfin la forme étroite de son ouverture. De tous les Bulimes de ce groupe, c’est lui qui est à proportion gardée :e plus allongé, et dont l'ouverture est la plus étroite. Quant à l’enroulement de ses tours, nous ne saurions mieux faire que de le comparer à celui des Ferussacir Gronoviana (1) et F. Vescoi (2) avec lesquels il présente à ce
(1) Risso, 1826. ist. nal. Eur. mérid., L. AN, p. 80. — Bourguignat, 1860. Malac. du Château d'1f, p.18, pl. IN, f. 4-6.
(2) Bourguignat, 1856. Aménilés malac., 1, p. 203. — 1860, Molac. du Château d'If, p.23, pl. LE, f. 10-13.
point de vue quelque anologie. Il sera donc toujours bien facile de le distinguer des Bulimus detritus et B. Locardi chez lesquels l'enroulement se fait toujours avec régularité.
Hagirar. — Le Bulimus Sabaudinus a été recueilli par M. Bourguignat en Savoie, au pied de la Dent-de-Chat, à Bordeau sur le lac du Bourget. C’est du reste jusqu’à présent une forme très rare.
FicuraTion. — Fig. 8 et 9, Bulimus Sabaudinus vu en dessus et en dessous, de Bordeau en Savoie. — De la collection de M. Bourguignat.
B., — Groupe du BULIMUS MONTANUS
BULIMUS MONTANUS, Draparnaud.
Fig. 10-12.
Heïix sylvestris, STUDER, 1879. F'aun. helw., in Coxe, Trav. Swilz., IN, p. 43 (s. diag.) Bulimus montanus, DRAPARNAUD, 1801. T'abl. moll., p.65. — 1805, Hist. moll., p. 74. pl. IV, f, 22.
Helix buccinata, v. ALTEN, 1812. Syst. Abhandl., p. 100, pl. XII, f. 22. — montana, FERUSSAC, 1822. Tabl. syslem., p. 60. Bulimus obscurus (var. montanus), HARTMANN, 1821. Syst. Gasterop., p 50. Ena montana, LEACN, 1831. Brit. moll., p. 119, ex Turton. Merdigera montana, HELD, 1837. In Isis von Oken, p. 9!7. Bulimulus monlanus, GRAY, 1842. Fig. moll. anim., pl. ccc, f. 10. Buliminus montanus, ALBERS, 1860. Die. IHelic., 2° éd., p. 234. Napeus montanus, S. CLESSIN. 1876. Deulsche excurs., p. 178, f. 99.
OBSERVATIONS. — Draparnaud, dans sa description, définit son Bulimus montanus comme étant une « coquille ovale, un peu oblongue », expression dont il s'était déjà servi pour le Bulimus detritus ; or sa figuration représente, au contraire, une forme relativement courle, un peu ventrue, que nous ne reconnaissons pas au véritable Bulimus montanus des différentes stations qu'il indique dans l'Est de la France. V. Alten, au contraire, a donné une très bonne figure de cette coquille qui représente parfaitement le type français, et s'applique bien à la description donnée par Draparnaud. C’est du reste une forme assez bien décrite et figurée par la plupart des auteurs modernes pour qu’il soit nécessaire d'y revenir.
VaRiËTÉS. — On peut admettre pour le Bulimus montanus plusieurs variétés bien distinctes ; nous signalerons :
Variegatus, Moquin-Tandon (1). Coquille avec des flammules grisâtres.
Albinus, de Charpentier (2). Coquille entièrement blanchâtre : les Alpes, la Grande-Chartreuse dans l'Isère.
Major, Rossmässler (3). Coquille de taille plus forte que le type, mais moins grande cependant que celle représentée sous ce nom par cet auteur : un peu partout, l’Ain, l'Isère, l'Aisne, l'Aube.
Ventricosa, Locard (4). Coquille de taille souvent plus petite, d’un galbe un peu court, ramassé, ventru, répondant bien à la figuration donnée par Draparnaud : la Grande-Chartreuse dans l'Isère.
HagiratT. — Le Bulimus montanus vit de préférence sous les feuilles mortes, sous les mousses, dans les endroits frais et couverts, dans les régions montagneuses de la France septentrionale et orientale. Nous le connaissons dans les départements suivants : Le Nord, la Moselle, la Meuse, l'Alsace, la Champagne, les Vosges, l'Aisne, la Côte-d'Or, Saôneet-Loire, l'Isère, l'Ain, le Rhône, le Jura, la Savoie, les Pyrénées- Orientales, l’Ariége, les Hautes-Pyrénées.
FIGURATION. — Fig. 10 et 11, Bulimus montanus type, vu en dessus et en dessous, de la Grande-Chartreuse dans l'Isère. — Fig. 12, Var. ventricosa, des environs de Greuoble. — De notre collection.
BULIMUS CARTHUSIANUS, Nob.
Fig. 13-14,
DrAGNosE. — Tesla conoido-oblonga, parum elongata nunquam ventricosa ; tenuissime longitudinaliter striata, striis transverse minimis et inœqualibus sublente eleganter decussata ; solida, glabra, subnitidula,
(1) Moquin-Tandon, 1555. Hist. moll., 11, p. 289.
(2) De Charpentier, 1837. Mol. Suisse, p 44, pl. IL, f. 2. (3) Rossmassler, 1837. Iconographie, IN, p. 46, fig. 386.
(4) Locard, 1880. Études variations malacol., I, p. 206.
parum opaca, uniformiler fusco vel albido-cornea. — Anfractibus 7-8 convexiusculis, lente et regulariter crescentibus, penultimo initio vixz majore, ultimo celeriter crescente et mediam saltem testam efformate.— Apice obtuso, corneo atque lævigalo. — Ombilico angustissime perforato vel rimato. — Aperlura fere recta. ovato-oblonga superne acute angulata, inferne rotundata. — Peristomate albido, labiato, cum callo pellucido; marginibus subremotis, vix perspicuo inlerse junctis,inæqualibus,exteriore reflexiusculo et aculo, columellari subreflexo.
Altitud. maxim. : 15 mill.
Diam. maæim.s: 5 mill.
Altitud. apert.: 5 1/2 mill.
Diam. apert. : 4 mill.
Descriprion. — Coquille conoïde-oblongue, un peu allongée, non ventrue, ornée de stries longitudinales à demi effacées inégales, et comme guillochées par des stries transversales visibles seulement à la loupe. Test solide, glabre, un peu brillant, subopaque, d’un fauve corné umiforme, ou d’un corné pâle. — Spire composée de sept à huit tours croissant Len tement et régulièrement, l’avant-dernier tour à peine plus grand à sa naissance, le dernier croissant alors plus rapidement, et formant plus de Ja moitié de la hauteur totale. — Sommet obtus, corné et lisse. — Ombilis très étroit. — Ouverture presque droite, ovale - oblongue, avec l'angle supérieur aigu et l’angle inférieur arrondi. — Péristome interrompu, évasé, épaissi, blanchâtre, à bords écartés, convergents ; le bord colume lire plus court masquant en partie l’ombilic sur lequel il se réfléchit.
RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. — On distinguera le Bulimus Carthusianus du Bulimus montanus : 1° à son galbe général plus étroit, plus cylindroconique et jamais ventru ; % au mode d’enroulement des tours de spire quise fait chez le Bulimus Carthusianus moins rapidement et plus régulièrement, sauf pour le dernier tour, tandis que chez le Bulimus montanus, les premiers tours croissent lentement et les derniers beaucoup plus vite; 3° à la hauteur linéaire du dernier tour qui est notablement plus grande chezle Bulimus Carthusianus que chez le Bulimus montanus; 4° à la forme de son ouverture qui est beaucoup plus étroite, ovale oblongue et non pas simplement ovale ; 5° chez le Bulimus Carthusianus, la hauteur totale de l'ouverture est toujours’plus grande que le diamètre maximum de la
coquille, tandis que dans le Bulimus montanus, ces deux cotes sont sensiblement égales, ou même parfois dans la proportion inverse; etc.
HagrraT. — Cette forme toujours rare parait plus particulièrement propre aux cités alpestres ; nous l’avons rencontrée aux environs de Grenoble et à la Grande-Chartreuse dans l'Isère.
FiGuraTION. — Fig. 13 et 14, Bulimus Carthusianus, vu en dessus et en dessous, de la Grande-Charireuse dans l'Isère. — De notre collection.