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L’une des branches de l’istoire naturelle les plus dignes d'intérêt est certainement lornithologie. Les Oiseaux représentent, parmi les Vertébrés, les Insectes, qui, par la diversité de leurs formes et la splendeur des parures dont un grand nombre d’entre eux sont revêtus, excitent l'admiration des personnes les moins sensibles aux beautés de la naturé. Si quelques Oiseaux passent inaperçeus pour le vulgaire, 1lsoffrent toujours au naturaliste qui les étudie un attrait particulier. Je dirais même plus : si la science de l’ornithologie Woffrait pas.des entraves aussi nombreuses que celles que l’on y rencontre, elle compterait eñcore un bien plus grand nombre d’adeptes; car beaucoup d’amateurs, découragés par les difficultés d'exploration, les embarras d’une collection qui exige un emplacement toujours vaste, la longueur des préparations, se dirigent du côté de ces créatures, admirables et aériennes comme les Oiseaux, et se consacrent à lentomologie.

Cependant l’ornithologie a fait depuis le commencement de ce siècle de très grands progrès. Nous en

sommes redevables surtout à l’illustre Temminck, qui

a Su, comme un second Einné, faire des disciples dignes de lui. Son Manuel d’'Ornithologie a été le modèle d’un grand nombre d'ouvrages et demeure encore comme un monument que l’on ne peut perdre de vue. Le cadre dans lequel il s'était renfermé était assez vaste pour offrir de lintérêten présentant une grande

variété, et lui permettait d’être utile à ses propres con-

citoyens et à ceux qui, ne voulant pas s'éloigner du

monde civilisé, regrettaient de n'avoir pas de guide

pour étudier la faune de leur pays.

Maintenant on peut dire que presque toutes les

nations de l’Europe sont dotées de leur ornithologie:

et si queiques contrées semblent faire exception à cet égard, c’est que les observations qui ont été faites dans leurs fHimites n’ont pas été étendues à toutes les parties de leur territoire. |

On pourrait citer sous ce rapport l'Espagne et le Portugal, que nous regrettons de commencer seulement à connaître. Il est donc naturel de chercher à réunir en un seul faisceau le résultat des travaux qui ont été publiés séparément sur plusieurs provinces de ce beau pays par les naturalistes les plus distingués. Si la faune de cette partie de l’Europe se distingue par son caractère tout-à-fait méridional, elle participe aussi à celle de la France, dont eile offre presque toutes les Espèces; de telle sorte que l’histoire des oiseaux de ces deux Etats ne doit pas être divisée si l’on veut avoir un ensemble plus complet.

Tel sera donc l’objet de mon travail, qui comprendra, outre la faune ornithologique de l'Espagne et du Portugal, celle des Açores, qui offre un caractère tout européen; celle des Baléares, dé la France avec ses

limites actuelles, de la Suisse française en suivant les frontières orientales du Bas-Valais, du canton de Vaud, d’une partie du canton de Fribourg en laissant de côté la région allemande, c’est-à-dire en longeant les bords de la Sarine jusqu’au point où cette rivière se Jette dans l’Aar. Le tracé le plus naturel devra être cherché ensuite le long des lacs de Neuchâtel et de Bienne; puis, sans quitter la chaîne du Jura, j’arriverai jusque vers le Rhin, qui conduit directement à la mer du Nord. Jesuivrai alors les côtes septentrionales de la Belgique et de la France, franchissant la Manche et redescendant vers le sud, sans oublier, avant de doubler la Bretagne, les îles anglaises de Jersey et de Guernesey, si rapprochées de nos côtes, pour arriver enfin à embouchure de la Bidassoa.

Je n'ai point ia prétention de combler une lacune en publiant l'essai que l’on a sous les yeux. Ce n’est point un traité que je présente au lecteur; il ne s’agit ici que d’un catalogue des oiseaux sédentaires ou de passage régulier dans le continent de l’Europe occidentale : ce n’est qu’un recueil de notes puisées à diverses sources dont J'ai indiqué l’origine, et auxquelles jai ajouté des notes bibliographiques paraissant offrir d'autant plus d'intérêt que leur recherche est souvent difficile.

J’ai donné un soin tout particulier aux descriptions, qui sont comme des sortes de peintures destinées à fixer Pattention sur des caractères qui peuvent échapper à la simple inspection des gravures même les plus irréprochables. Cest pour cela que j'ai eu souvent recours à des ouvrages originaux pour les livrées que je n’ai pas encore eues sous les A ou qui ne sont pas connues généralement.

Quant à la synonymie, j'ai cherché à la donner la plus exacte possible, prenant pour guides, lorsque je ne pouvais recourir moi-même aux ouvrages OrIgi=. naux, les auteurs les plus dignes d’être consultés. Mais, pour ne pas trop surcharger mon travail, je me suis borné à citer surtout les auteurs qui ont employé pour la preinière fois une dénomination, ceux qui ont donné une bonne descriptioh ou une bonne figure de l'espèce en question.

Un des points sur lesquels les naturalistes sont loin de s’accorder est le nombre des Espèces que lon doit rigoureusement assigner à une faune. Cette dissidence est facile à expliquer : en premier lieu, chacun rattache pas le même sens au mot Æspèce; car, malgré toutes les définitions qui en ont été données, l'application de celles-ci devient souvent très dif- ” ficile : tel auteur ne voit qu’une Race ou Variété locale dans ce qui pour un autre constitue une bonne Espèce(l). | |

En second lieu, on admet avec beaucoup trop d’empressement des oiseaux exotiques dans la faune européenne. Il est bien évident que des apparitions aecidentelles où même irrégulières doivent être considérées comme des faits purement exceptionnels, et que des oiseaux tels que la Procellaria capensis, la Parra jacana, et autres dont on ne cite que de très rares captures sur les côtes de l’Europe, n’appartiennent pas à la liste des espèces propres à ce continent; autrement, il ne serait pas difficile d'accroitre d’une manière démesuré® le nombre des oiseaux d’une contrée, en y ajoutant ceux que les vents ou des causes incon-

(1) Consultez de Norguet, Etudes d'Ornith. europ., Lille, 1868.

nues y ont apportés. Quiconque a parcouru le Manuel d'Ornithologie de Temminck (2e édition), n’a pas manqué d'être surpris de la prédilection des Oiseaux étrangers et surtout américains pour les [les Britanniques. De toutes les publications, le Zoologist est peutêtre celle qui signale le plus grand nombre de ces visites anormales.

Je ne citerai que quelques exemples:

Sladen (E.), Supposed occurrence of the Ghanting Falcon in Suffolk (The Zoologist, p. 393, 1845).

Newman (E.), The Australian nie Swallow in England (p. 1492, 1846).

Garth (J.-C.), Greater northern Shrike near US, borough (p. 2649, 1850).

Tomes (R.-L.), Lanius excubitorides a New British : Shrike (p. 2734, 1850).

Smith (A.-C.), Supposed capture in England of the American Plotus anhinga (p.3601 et 3654, 1852).

Newman (E.), The American Scaup said to be taken at Scarborough (p. 4947, 1856).

Hadfield (H.-W.), Birds of Canada observed near Kingston (p. 6701, 1859).

Nous trouvons dans les Annals and Magazine of natural History plusieurs indications de ce genre, entre autres :

Goatley, Hemipodius tachydromus captured in Britain (Vol. 14., p. 459, 1844). |

Gray (G.- R+ Ædon galactodes in South Devon (3e série, vol. [V, p. 399, 1859).

Enfin, Vireosylvia olivacea, de l'Amérique septentrionale, a été signalée par M. Edwin Brown en mai 1859 près de Chelluston. (Jbis, p. 394, 1864).

De plus, M. Gaetke a publié dans les Procedings of

the Zoological Society of London, p. 305 et suiv., année 1860, un mémoire intitulé : On the Occurrence of American Pirds in Europe (consultez de Norguet. Etudes d'Ornith. europ., p.29- 30).

Après avoir présenté comme un abus la facilité avec laquelle on admet des espèces exotiques dans une faune, 1l est presque superflu de dire que je ne mentionnerai que les oiseaux qui nichent dans l’Europe occidentale ou qui s’y montrent assez régulièrement de passage. Je n’aurai done pas à craindre ici le repro= che qui semblait m'avoir été adressé à propos de la Ruticilla Moussieri (Rev. et Mag. de Zool.), de chercher à augmenter outre mesure la liste des oiseaux d'Europe.

Pour plus de clarté et de précision, jélèverai Les Races locales au rang d'espèce. Toute différence, quoique légère, pourvu qu’elle soit appréciable et “constante, qu'elle se transmette des parents à leur progéniture, sera considérée comme caractère spécifique (1). En agissant ainsi, j'aurai du moins l'avantage de ne pas être arrêté par Pembarras que ‘pourraient me donner beaucoup d'oiseaux difficiles à classer, soit dans la catégorie des Espèces, soit dans celle des Races. |

Conformément aux règles de la nomenclature, jai toujours donné la préférence aux dénominations les plus anciennes, prenant pour point de départ l’année

(1) M. Cassin parait avoir la même manière de voir, à en juger pr le passage suivant, dont voici la traduction : « Quelque faible que « soit un caractère, s’il se reproduit régulièrement et constamment « de génération en génération, ou d’une manière certaine des parents « à la progéniture, l'animal offre des titres suffisants pour ètre élevé « au rang d’Espèce distincte. » (Notes on the Vuliuridæ. Proc. Ac nat: Sc. Philad., p. 158, 1859.)

1758, date de la 10e édition du Systema Naturæ ; car, dans cette édition, Linné a pour la première fois adopté la nomenclature binominale régulière actuellement en usage. Les dénominations des auteurs qui ont écrit antérieurement à cette époque seront consi- dérées comme non avenues, ayant été appliquées sans méthode, et quelques-unes d’entr'elles ne se trouvant régulières que par hasard. De plus, il est important de choisir une époque fixe au-delà de laquelle on ne remonte pas; autrement il n’y aurait point de raison pour ne pas recourir aux noms donnés par Aristote, Pline et les autres écrivains de l'antiquité. Mais plu- sieurs ornithologistes ont été trop loin en voulant rejeter ceux de Brisson (1), parce que ce naturaliste désigne une espèce tantôt par un seul nom, tantôt par deux, d’autres fois même par quatre. Il faut observer qu'il a publié son ouvrage en 4760, c’est-à-dire posté- . rieurement à la 10e édition du Sustema; on devra donc maintenir celles de ses dénominations qui ne sont point fautives.

(1) « D’après un pédantisme qui date de l’époque de Linné, et qui « s’est maintenu jusqu’à présent, on blâme les citations de Brisson, . € sous le prétexte que cet auteur à suivi d’autres lois dans sa nomen- € clature que cellés qui sont adoptées maintenant. Si cela est vrai « pour les cas où Brisson n’a pu complètement se soustraire à l’em- € ploi de dénominations composées de plusieurs mots et empruntées « à des diagnoses, cela est faux dans la plupart des cas, puisqu'il « employait souveait des dénominations composées de deux termes « seulement. On ne peut citer aucun écrivain qui ait autant de droits « à notre estime, et dont les travaux méritent plus d’être rappelés à « notre souven:r que ceux de ee même Brisson, dont la romenclature « et la méthode descriptive est mille fois meilleure et plus correcte « que celle de la plupart de nos auteurs modernes, imités jusque « daus leurs propres fautes par leurs défenseurs, qui ne peuvent en « cela cacher leur embarras. » (REICHENBACH, Handb. der spec. Ornith. Scansoriæ, p. 252. Traduct.)

Quant à la citation des noms d'auteurs à la suite

de chaque terme scientifique, il me paraît plus na-

turel de choisir le naturaliste qui a donné les

noms spécifique et générique réunis, et non pas celui qui a donné seulement un nom spécifique; ainsi, par exemple : (rarrulus glandarius. Vieillot, et non pas Linné, comme le veulent beaucoup d’ornithologistes ; attendu que le même oiseau a été nommé Corvus glandarius par ce dernier auteur. Ceux qui adopteront le genre Somateria citeront Somateria mollissima. Leach, et rejetteront Anas mollissima. Linné, parmi les synonymes. Une dénomination étant composée de deux termes, on ne peut évidemment pas la faire suivre du nom d’un auteur qui n’a créé qu’un seul de ces termes. Ceux qui croiraient porter atteinte à la priorité d’une découverte ou d’une description devraient n’avoir aucun scrupule à cet égard. Une signature placée à la suite d’un terme scientifique ne signifie rien autre chose, sinon que l’auteur a été le premier à employer la dénomination binominale en question. Quelques-uns objectent que de cette manière chacun peut facilement substituer son nom à celui du naturaliste qui a le premier décrit une Espèce; qu’il lui suffit pour cela de changer le nom du Genre. Je répondrai que la chose est plus difficile qu’on ne le pense, car pour agir de la sorte, il faut préalablement justifier les principes d’après lesquels on opère un tel chansement; autrement, un auteur, voulant s'assurer des droits à la priorité, s’empresserait de donner des épithètes à des Espèces nouvelles qu'il décrirait sans se donner la peine de bien étudier le Genre auquel elles doivent appartenir, et sans chercher

à savoir si la création d’un Genre nouveau est né-

cessaire (1).

- Passons maintenant à la question des noms vicieux, comme ceux qui, par exemple, sont tirés de deux langues différentes (Æydrogallina), ou qui expriment une idée fausse (Caprimulgus). I faut convenir que de tels noms doivent être évités à l'avenir; mais en les corrigeant, on nécessiterait un trop grand nombre d'expressions nouvelles, qui surchargeraient encore les synonymies déjà passablement encombrées. Ainsi, toutes les fois qu'un nom aura sur un autre Pavantage de la priorité, je le conserverai lors même qu'il se trouverait dans le premier cas et que celui qui devrait le remplacer ne laisserait rien à désirer. Par la même

raison, je maïntiendrai le nom générique Apus. Sco-

(1) Cette méthode toute moderne de citer les auteurs d’une dénomination est sujette à plus d’un inconvénient; il suffira de mentionner le suivant : Gmelin a employé la même épithète pour désigner dix espèces d'oiseaux réparties dans autant de Genres difrérents. Ainsi : ; $

lo Falco sinensis....— Cuncuma Macei. Gray.

2° Muscicapa sinensis — Pycnonotus sinensis. Blyth.

3° Tanagra sinensis — Leiothrix lutea. Blyth.

4o Parus sinensis ...— Chrysomma sinense. Blyth.

9° Corvus sinensis... — Dendrocitta sinensis. Blyth.

6° Oriolus sinensis.. — Sturnia sinensis. Gray. s

7e Loxia sinensis .. .— Ligurinus sinicus. Blyth.

8 Psittacus sinensis, — Mascarinus polychrous. Gray.

Jo Ardea sinensis .. ..— Ardeola sinensis. Bonap. 10° Parra sinensis. .. .— Hydrophasianus chirurgus. Gray.

On voit d’après ce tableau l'incertitude où l’on se trouve d’abord pour découvrir à quel genre de Gmelin se rapporte une expression binominale dont on ne cite que le dernier terme employé par cet auteur. En écrivant, par exemple, Pycnonotus sinensis Gmelin, au lieu de Blyth, on est obligé d'étudier plusieurs descriptions des Espèces du tableau précédent pour savoir à quelle Espèce du premier auteur

on doit rapporter celle de Blyth.

poli. ({ntrod. ad Hist. nat. 1779), quoique signifiant privé de pieds (1) On voit bien ici que l’auteur a voulu par une exagération exprimer la brièveté des pattes de l’oiseau. Caprimulgus ne fait plus naître maintenant une idée fausse; ce mot rappelle seulement une erreur populaire mentionnée chaque fois que lon fait l'historique de ce Genre. |

On n’en finirait pas si l’on voulait éliminer encore les noms qui ne s'appliquent pas exclusivement à l'Espèce qu'ils désignent (Saxicola leucura. Temm. Voyez Degland, Ornith. europ., 1re édition, I. p. 492, note), et ceux qui ont été employés dans une autre branche de la zoologie ou en botanique (Amnicola, nom de genre appliqué tout récemment à celui de la Sylvia melanopogon). Ce même nom a déjà été employé en conchyliologie par M. Gray (Brit. Mus., 1840). Ge sont là des imperfections qu'il serait désirable de pouvoir éviter; mais, pour cela, il faudrait avoir la con-

naissance de tous les noms créés par les naturalistes,

être versé dans toutes les branches de l’histoire naturelle, ce que l’on ne peut exiger de personne.

Je respecterai donc le droit de priorité dans les dénominations, règle à laquelle je ferai cependant une exception en proposant de supprimer toutes les dédicaces (2) : les unes, parce qu’elles ont pour objet des

(1' Scopoli ayant désigné notre Martinet de murailles par la dénomination Hirundo apus, sans employer le terme générique qu’il avait choisi, je laisserai en blanc le nom scientifique de cet oiseau, afin de ne pas prendre l'initiative d’une nouvelle dénomination. Il en sera de même pour toutes les autres Espèces qui se trouveront dans le même Cas.

(2) Je devrais donc proposer pour la Ruticilla Moussieri. Brehm, (Vogelf, 1855) une nouvelle dénomination : celle, par exemple, de Ruticilla vittata.

personnes étrangères à l’histoire naturelle; les autres, parce qu’elles introduisent dans la science des noms de personnages politiques auxquels Phistoire se charge de rendre justice. On pourrait à la rigueur conserver ceux des naturalistes qui ont écrit dans la branche dont on s'occupe, mais 1l faudrait éviter de dédier un oiseau à un botaniste ou une plante à un entomologiste. |

Si les dédicaces avaient toujours pour but de consacrer les noms des naturalistes les plus éminents, on ne saurait trop les approuver. Et cependant, en y réfléchissant un peu, on doit penser qu’un nom tel que celui de Buflon, de Linné, de Pallas ou de Cuvier qui serait donné à un oiseau, n’ajoute rien à la gloire de ces grands hommes. Et puis n’a-t-on pas introduit dans la science des noms de personnes qui n’y attachaient qu'un médiocre intérêt? Entre ces deux: extrêmes, 1l y a des degrés auxquels on ne pourrait fixer des limites sans froisser des susceptibilités bien naturelles. Aussi la suppression de toute dédicace doit-elle être une mesure générale. Que l’on veuille honorer un voyageur qui, après mille fatigues et mille dangers, revient avec des découvertes importantes, rien de plus juste. Dans ce cas, la plus courte notice parlera plus en sa faveur que si l’on attachait simplement son nom à une Espèce, sans faire valoir autrement ses mérites. M. Lemaout, dans la préface de sa Botanique, s'étend longuement sur ce suiet, et propose de remplacer les dédicaces par une courte notice ou un éloge de celui qui en a été l’objet.

Il n’y à pas longtemps que Sundevall, dans son ouvrage intitulé Methodinaturalis avium disponendarum Tentamen, publié en 1872, a exprimé la même ma-

XIV | | nière de voir que celle que j'ai émise dans ma brochure sur les Règles de Ïà nomenclature zoologique, mais en la développant un peu plus. Voici la traduction que cet ornithologiste a donnée lui-même de cette partie de son fntroduction : « Nous avons déjà dit « dans la note 41 que nous désavouons l'usage d’in- « troduire Îles noms personnels dans les noms d’ani- « maux, faute que jadis nous avons commise nous- « même, séduit par lPopinion très commune, mais « fausse, que cela serait un honneur pour la personne

« ainsi désignée. En y songeant de plus près, on trou-.

« vera cet usage Inconvenant, quoique l’on voie sou- « vent, principalement dans des écrits français, que « l’on veut de cette manière rendre hommage à M. un « tel ou Mme une telle. Cependant l’intention n’est pas « toujours de rendre hommage, mais souvent de con- « server à l'avenir qu’un auteur'a commis une‘erreur € ouune bévueen donnant un faux nom. Ainsi le nom & Turdus (Oreocincla) Horsfieldi doit rappeler à la « postérité que M. Horsfield a méconnu cet oiseau en « le croyant le même que le Turdus Varius. Pallas,

« eten le nommant ainsi... Ces noms sont souvent

« une ressource désirable pour les auteurs qui ne peu- « vent pas en inventer de meilleurs... » Ajoutons que souvent une dédicace manque son but par suite de la suppression forcée à laquelle elle est sujette, lorsque, par exemple, une Espèce prétendue nouvelle est reconnue par la suite n’être qu’une livrée non déérite d’une Espèce connue. Elle manque aussi son but lorsqu'elle se borne à un simple nom qui est porté par plusieurs personnes différentes, si Pon n’a pas le soin de rappeler quel est celui à qui cet hommage est adressé.

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