SAT ES
BERNICLA seu BERNACLA. Salerne, Orn. p. 409 (1767).
BRANTA BERNICLA. Scop. Ann. I, p. 69 (1769).
La Bernache. B. Ois, IX, p. 93, pl. 3 (1783). — Id. ent. 855. ANAS ERYTHROPUS. Gm. Syst. p. 512 (1788).
Bernacle Goose. Penn. Arct. Zool. II, p. 275 (1792).
ANSER LEUCoOPsIis, Bechst. Naturg. Deutschl. IV, p. 921 (1809). ANS. BERNICLA. Pall. Zoogr. II, p. 230 (1811).
ANAS LEUCOPSIS. Temm. Man. Il, p. 823 (1820).
BERNICLA ERYTHROPUS. Steph. Gen. Zool. XII, p. 49 (1824). B. zeucorsis. Brehm, Handb. p. 847 (1831).
aies Gould, Eur. pl. 350 (1837).
ANSER ERYTHROPUS. Degl. Orn. eur. IT, p. 402 (1849). Bernicca LEUCOrsIs. Reichb. Handb. pl. 97, f. 230-231 (1850). LEUCOPAREIA LEUCOPSIS. Gray, Handl. B. III, p. 76 (1871). BERNICLA LEUCOPsIS. Gould, B. Great Brit. V. pl. (187 .).
Islandais : Helsingi, d’où le Suédois Helsing. Orcades : Rodgans.
Manteau gris roux assez foncé avec des bordures d'un blanc roussâtre. Tectr. Supraalaires cendrées. Les 4 premières Réèm. prim. cendrées, les autres d’un brun noir. Les Second. brunes liserées de blanc un peu roussâtre. Suscaud. latérales blanches, les médianes cendrées. Bec noirâtre. Pieds rouge orange. Long. tot. 0295. Bec 02095. Aile 0248. Queue 0"14. Tarse 0209 (D'après un sujet de ma collection).
On trouve en captivité des sujets entièrement blancs.
« Voix forte... égale, si elle ne surpasse, l’Oie commune en » vigilance » (Vieill. N. Dict. XXIIL, p. 237).
PROPAGATION, OEufs : 83-56.2. 83-56.8. 85-57. 86-55.2. mm. (Dybowsk.).
OEufs plus petits que ceux de l’Oie cendrée, ventrus, à base arrondie, presque coniques à la pointe. D'un grain fin (Bädecker, Brehm et Pässler, D. Eier d. europ. Vôg. pl. LXVII, f, 2).
LRU
Ecossais : Clakis (Willughby).
Anglais : Bernacle, Barnacle; en francais, Bernache. Tous ces
mots servent à désigner dans ces deux langues un coquillage univalve, qui s'attache à la carène des navires. L'oiseau de ce nom a été nommé ainsi par suite de la superstition qui le faisait provenir de cette coquille.
Allemand : Baumgans, Oie d'arbre as hs TT
Hollandais : Rotgans (Schleg.). Prnnd, ljansf. nos + 2)
Français : Nonnette (Belon). Bernache (Br.).
Morbihan : Garxeli (Taslé).
Une des fables les plus célèbres sur les oiseaux est celle qui faisait provenir les Bernaches et les Macreuses de « certains » coquillages appelés Conques anatifères...… Quelques auteurs » ont écrit que des fruits, dont la conformation offre d'avance » des linéamens d'un volatile, tombés dans la mer s’y conver- » tissent en oiseaux... Fulgose (dans son Commentaire sur le » premier livre d'Aristote, de Plantis) dit même que les arbres » qui portent ces fruits ressemblent à des saules, et qu’au bout » de leurs branches se produisent de petites boules gonflées, » offrant l'embryon d'un Canard qui pend par le bec à la bran- » che, et que lorsqu'il est mür et formé, il tombe dans la mer et » s'envole... c'est pour rappeler cette étrange génération que » l'oiseau porte le nom d’Anser arboreus, Baumgans, et l’une des » Orcades où ce prodige s'opère, celui de Pomonia..……. Suivant » Cambden (Description des îles Britanniques), Boëtius (Histoire » d'Écosse) et Turnebe (apud Gesner), c'est dans les vieux mâts » et autres débris des navires tombés et pourris dans l’eau, que » se forment d’abord, comme de petits champignons ou de » gros vers, qui peu à peu se couvrant de duvet et de plumes, » achèvent leur métamorphose en se changeant en oiseaux. Un » grave docteur, dans Aldrovande, lui assure avec serment, » avoir vu et tenu ces petites Bernaches encore informes et » comme elles tombaient du bois pourri... Enfin chez Cardan » (de Variet. rerum libr. VIL, cap. 3), Gyraldus (Traité de l'ori- » gine des Macreuses, cap. 317), et Maier (Tractatus de volucri
du À Éiel
HD Es
» arborea, absque patre et matre, in insulis Orcadum, forma anser- » culorum proventiente. Francofurti, 1692, ën-12), ce ne sont ni » des fruits, ni des vers, mais des coquilles qui l'enfantent : et » ce qui est encore plus étrange que [a merveille, c'est que » Maier a ouvert cent de ces coquilles prétendues ana- » tifères, et n'a pas manqué de trouver dans toutes l'embryon » de l’oiseau tout formé (au reste le comte Maier a rempli son » Traité de tant d’absurdités et de puérilités, qu'il ne faut pas, » pour infirmer son témoignage, d'autres motifs que ceux qu'il » fournit lui-même ; il prouve la possibilité de la génération pro- » digieuse des Bernaches, par l'existence des loups-garous et des » sorciers...) » (B.).
Buffon cite ensuite parmi les anciens naturalistes qui n'avaient pas cru à ces contes, Bélon, Clusius, Deusingius, Albert Île Grand, puis 1l ajoute d’après Gerard de Vora (Trois navigations faites par les Hollandais au Septentrion. Paris, 1599, pp. 112 et 113) : « Du côté d'Occident (en Groenland) était un grand » détour et plage qui ressemblait quasi à une île, nous y trou- » vâmes plusieurs œufs de Barnicles (que les Hollandais appel- » lent Rotgansen), nous les trouvâmes qui couvaient, et les ayant » fait fuir, elles criaient rot, rot, rot (et de là leur a été donné » ce nom); et d'une pierre qui fut jetée, nous en tuâmes » une.... »,
« ILest ia venu vne cômune nouuelle de certains oyseaux » nommez Crauûâts, que le vulgaire estime estre néz de pourri- » ture des mas des nauires. Mais ayâts veu les oyseaux Crauûts » pôdre et faire des œufs, et esclorre leurs petits : par cette » manière, auôns pensé dire librement nostre auis, que c’est » abus de le croire. Et l’a ou nous serions trôpez de n’auoir » cognu les Crauants, scauoir est que celui que baillerons main- » tenât en peinture n'est ce que les autres nomment Crauant, » pour le moins est celuy qu'on nomme autrement Oye Nônette » Car estant de la contenance d'vne Oye, semble estre colorée » de perspectiue, comme l'habillement d'vne nonnain... » (Bélon).
Vertex, nuque, un irait au devant des yeux, COU, milieu du dos, extrémité des Rémiges et queue, noirs. Front, gorge, joues el ventre blancs. Ailes cendrées avec de grosses taches noires. Bec et pieds noirs. Long. tot. 0" 63.
ADULTE. Devant de la tête jusque derrière les yeux, tempes, joues, région maxillaire, menton, gorge, devant du cou sur un petit espace et ses côtés, blancs. Lorums, vertex, nuque, derrière, milieu et bas du cou, haut du dos, un large plastron qui descend en s’arrondissant du pli de l’aile jusqu’au dessous de la fourchette, d'un beau noir lustré. Scapulaires, Couvertures supér. des ailes d'un gris cendré, terminées de blanc, et avec une large bande transversale noire vers le bout. Croupion, Suscaudales médianes, Rémiges et Rectrices, noirs. Suscaud. latérales et Souscaud. blanches. Dessous du corps blanc. Flancs et cuisses grisâtres. Bec et pieds noirs. Bord libre des paupières et [ris brun noirâtre. Long. tot. 0*63. Bec 0"03. Aile 038. Queue 0712: Tarse 0"057.
La FEMELLE diffère du mâle seulement par sa taille, qui est un peu plus petite.
JEUNES. Tête et cou d’un noir moins pur, tirant en dessus au brun, au gris cendré en dessous; la bande noire qui s'étend du bec à l'œil est plus large; elle entoure les côtés du bec comme une bordure étroite. Le blanc du front est couvert de petits traits foncés transversaux. La partie noire des Scapulaires est plus ou moins visible; les bordures blanches terminales ne sont pas toujours bien marquées. Rectrices un peu brunâtres. Tout le dessous du corps faiblement nuancé de gris.
SR à. Eee
Bec un peu plus court que chez les adultes. Onglet moins fort (Palmén.).
Poussin. Duvet gris souris en dessus et à la poitrine; gris blanchâtre à la face antérieure du cou et à l’abdomen (Degl. et Gerbe).
A. Marchand, À. Z. p. 307, 1870.
HaBrraT. Ne se trouve pas au Spitzhberg, ou du moins, il y est R. R. (Malmgr.). Laponie russe, R. (Schrader). Se montre en grandes troupes vers la fin de Sept. et en Oct. Sur les côtes de la Scanie, et y revient en Mars à son retour de ses stations d'Hiv. sur les côtes d’Angleterre, de Hollande et de France. Acc. dans le reste de la Scandinavie (Nilss.). R. R. en Laponie, où il est inconnu des habitants. Niche dans le N. de la Russie (Malmgr.). Mer blanche (Pall.). De pass. sur les côtes de la mer glaciale et du golfe de Finlande (Palmén.). Côtes de la Norvège, R. (Collett). Islande (Faber). Feroë, en Oct. Irrég. (A. Holm.). Se montre chaque année isolément ou mêlé à d’autres Espèces d'Oies, en Danemark (Kjarb.). Tyrol, Hiv. R. R. (Althammer). De pass. en Hiv. sur les côtes de Finlande et à l'embouchure de l'Escault (de Sélys). De passage en France, Nov., Déc. et Janv. Apparaït en Hiv. en grandes troupes sur les côtes de l’Angleterre (Macgill.). Hiv. rigoureux. Reparaît en Mars (Degl.). Lorraine, R. (Godron). Savoie, Hiv. de 1829, 1830, 1839 (Bailly). Manche, Hiv. C. (Le Mennicier). Sarthe, Ass. C. (Gentil). Jura, Acc. (Ogérien). Côte-d'Or, R. R. (Marchant). Loiret, R. R. (Nouel).-Loire-Inf. Acc. (Blandin). Charente, R. R. (de Rochebrune). Charente-Inf. R. (Beltrémieux). Rhône, R. R. R. (L. O.-G.). Bayonne, R. R. (Dubalen). Aude, Hérault, Tarn-et-Garonne, Pyrénées- Orient. Hiv. rig. (Lacroix). Province de Gerona, Hiv. très rig. (Vayreda). Andalousie, R. R. (Saunders).
Se
N’a pas été observé en Sibérie par v. Middendorf, quoique les Samoyèdes aient affirmé qu'il n’est pas R. dans la contrée du Taimyr (Wallengr.). Niche probablement à l'embouchure de la Pyasina, Sibérie Sept., ainsi qu’au Spitzhberg. Emigre aussi au Groenland, en Islande, Sibérie. Pas au détroit de Behring (F. Droste-Hulshoff.).
Mœurs. Vers la fin de Sept. la Bernache se réunit en grandes troupes sur les côtes de la Scanie, et se répand dans les champs d'avoine. Réunie en troupes, cette Espèce est très farouche, et s'envole de très loin à la moindre apparence de danger; mais lorsque ces oiseaux sont isolés, ils sont beaucoup plus confiants, et cela à tel point qu’on peut les tuer à coup de bâton (Nilsson).
PROPAGATION. Malmgren doute que cette Espèce niche au Spitzhberg, ainsi qu'on l’a avancé (J. f. O. p. 210, 1865).
Niche sur les lacs de la Laponie, suivant Kjarbôlling. Se propage plutôt à l'E. et au N. de la Scandinavie. Paraît nicher, quoique très rarement, dans le Kamasjocki et l’Enare-Lappmark. Sa véritable patrie serait la Russie orient. et sept. et La Sibérie (Wallengr.).
OEurs d’un blanc jaunâtre ou légèrement verdâtre. 02070-0%076 sur 0"050-0" 053 (Degl. et Gerbe).
Thienemann, Fortpflanzungsg, pl. LXXV, f. 2.
Bädecker, Brehm et Pâässler, D. Eïier d. europ. Vüg. pl. 63, f. 4.
GENUS II. BRENTA. Scopoli, Annuus 1 (1769) nec Boite, Isis (1822).
Scopoli avait orthographié Branta. Peut-être conviendrait-il de corriger cette orthographe et d'écrire Brenta.
D'ou vient ce mot? Il a été presque toujours écrit Brenta, ce qui ferait supposer qu'il désigne la petite rivière d'Italie Brenta, laquelle prend sa source dans les lacs du Tyrol Caldonazo et Levico. Cette hypothèse serait peu admissible si l’on ne voyait Albin désigner l’Espèce de ce genre par le nom de Oye de Brenta (t. I, p. 80). Cette orthographe nous rappelle encore le mot grec Bpévooç qui signifie Oiseau aquatique (d'une Espèce indéterminée), et qui serait peut-être la véritable étymologie de Brenta.
Plumes du menton s’avançant en pointe jusque vers le milieu de la membrane intermandibulaire. Sus et Souscaudales atteignant l'extrémité des Rectrices.