FASCICULE VIII
ANSERES PINNIPEDES
OcToBrE 1886
SUBORDO Ill. ANSÆRES PINNIPEDES
Oiseaux d'eau latirèmes. Lacép. Mém. Instit. (1799). Les Pinnipèdes ou Podoptères. Dumér. Zool. anal. (1806). Les Pélicans. Gérardin, Tabl. ornith. (1806). SrEGANoPODES. Mey. et Wolf, Taschenb. (1810). Synpacryu. Vieill. Anal. (1816).
Totipalmes. Cuv. R. À. (1817).
Pélécanidées. Less. Man. (1828).
ToriPAzmt. Bp. Rev. crit. Orn. Degl. (1850).
Gaviæ. Bp. Consp. Syst. Ornith. (1854).
Perecant. Schleg. Mus. P. B. (1863).
Toripazmaræ. Sundev. Tentamen. (1873).
Dreyavdc, couvert, caché, impénétrable. IToùs, pied. LATIRÈME, de Latus, large. Remus, Rame.
PinnPepes, de Pinna, nageoire. Pes, pied.
Popopreres, de noûc, pied. Irepév, Rame.
SyNDACTYLI, de Xdv, ensemble, Auxrodoc, Doigt.
Gavia serait, d'après Aldrovande (Ornith. Lib. XIX), une ono-
matopée, et pourrait dériver du grec Kavné, qui en est une également.
Bec médiocre ou long, plus ou moins infléchi et crochu à l'extrémité, très fendu. Narines externes nulles (1).
(1) Les narines extérieures de ces oiseaux, si toutefois elles existent, sont fort difficiles à découvrir. On pourrait même dire que beaucoup d’ornithologistes ne les ont pas vues et ne les ont décrites que d'après leurs prédécesseurs. Cuvier les refuse aux Sulidæ. M. Brandt (Voy. plus loin) ne leur donne d'autre issue extérieure que de petits trous percés dans la peau de la base du bec ; tandis que M. J. C. Ewart accorde aux Phalacrocoracidæ (On the nostrils of the Cormorant, Journ. Linn. Soc. XV, p. 455, 1881) de véritables fentes nasales, qu'il refuse cependant aux Plotidæ. Voici la description des
Fasc. VIII. — Anseres Pinnipedes. il
Ailes médiocres ou très longues. Queue courte ou médiocre, à baguettes très raides. Doigts (4) réunis tous ensemble par des membranes; pouce articulé en dedans du tarse. Face plus ou moins dénudée. Peau de la gorge nue et plus ou moins extensible. Corps allongé. Sexes presque semblables. Les jeunes diffèrent des adultes.
PTÉRYLOGRAPHIE. « Plume accessoire manquant généralement » à toutes les plumes. Les Plumes sont toujours plus petites, » plus pointues et beaucoup moins arquées que chez les Lamel- » lirostres. Cependant elles ne sont pas plus serrées, maïs plu- » tôt un peu plus écartées et éparses. Le principal caractère des » Ptéryles est le manque absolu de branche pectorale à la Pte- » ryle du dessous du corps; celle-ci devient de plus en plus étroite » à partir du haut de la poitrine, et passe directement sur le » ventre. L’Aptérie du dessous du corps, qui est très étroite, est » raccourcie chez ces oiseaux; car jamais elle ne s’avance au- » delà de la Fourchette, mais en arrière, elle atteint l’anus.
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narines des Cormorans d'après cet auteur. Les narines ext. des Cormorans consistent en une simple fente située à l'extrémité d'une rainure superficielle peu profonde, qui s'étend en arrière du bec parallèlement à son bord infér. et se trouve placée entre son tiers infér. et moyen. Si l'on introduit une soie dans la fente, on ne parvient jamais à la faire passer dans la cavité nasale. Si la peau qui forme la limite ext. de la fente est relevée avec soin, on découvre une rainure qui s'étend de la fente nasale dans un étroit canal, garni apparemment par une membrane muqueuse modifiée. Ce canal, lorsque la membrane muqueuse existe, mesure extérieurement de 1 1/2 à 2mm, de diamètre ; mais il diminue rapidement et paraît se terminer en cul de sac. Chez tous les sujets qui ont été examinés cependant, lorsque la peau a été relevée, il n’a pu faire passer par ce canal, sans faire fausse route, une soie de la force à peu près d’un crin de cheval, c’est-à-dire ayant moins d'un millimètre de diamètre... Presque immédiatement derrière cet étroit canal se trouve la vaste chambre nasale, qui est située en haut et sur le côté int. de l'os palatin et présente une libre communication avec la cavité buccale. La membrane muqueuse qui revêt la chambre nasale offre la même structure et le même appareil de nerfs que chez les autres oiseaux aquatiques. (J. C. Ewart, Journ. of the Linnean Sociely, p. 455, 1881). — Voy. Ralph Pagne — Gallivey, The Fowler in Ireland, p. 181. ;
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» L’Aptérie des côtés du tronc est plus large du moins dans le » Genre Dysporus, où elle se continue entre les Pteéryles lombai- » res et spinales et atteint la queue, ce qui ne se voit chez aucun » autre Genre. Le Genre Dysporus présente dans l'Interscapulium » une Aptérie spinale très courte; mais les Piéryles scapulaires » sont en connexion avec les bords à plumes écartées de la Pfé- » ryle spinale. On retrouve la même chose dans tous les autres » Genres à un plus haut degré, quoique l’on puisse y distinguer » très nettement de la Ptéryle spinale les Ptéryles axillares à la » position très serrée de leurs plumes. On ne trouve pas dans le » Cormoran ni dans l’Anhinga l'Aptérie qui se remarque chez le » Dysporus, au milieu de la Ptéryle spinale; tous les autres » Genres offrent une Aptérie spinale très distincte, qui s'étend » de l'articulation scapulaire au commencement du bassin. En » outre, il y a ordinairement une Aptérie courte, large et isolée » sur les côtés du cou... Le nombre des Rémiges, qui sont » très fortes, varie de 36 à 40; leur forme est très allongée, » étroite, aiguë, et la première est toujours la plus longue. A la » queue, on compte ordinairement 12, 14 ou 16 Rectrices très » fortes... (D’après Nitzsch). Pas d'Espace incubatoire (Faber). »
L'expérience suivante que j'ai répétée sur des Comorans morts et vivants semble prouver que les narines de ces oiseaux sont presque oblitérées et ne servent pas à l'introduction de l'air dans les poumons lorsque le bec est fermé. Après avoir fermé avec soin et bouché avec du mastic les bords de la mandib. supér. et de l’infér., j'ai plongé dans l’eau toute la tête de l'oiseau : puis à l’aide d’un soufflet, j'ai fait pénétrer avec force l'air par l'extrémité inférieure de la trachée. Ce fluide finissait toujours par se faire un passage au travers du mastic qu'il soulevait dans certains endroits, mais jamais je n'ai pu le voir sortir par les prétendues narines. En plongeant dans l’eau la tête d'un de ces oiseaux vivant, je n'ai vu sortir aucune bulle; l'air dilatait seulement la membrane gutturale. Ces expériences mériteraient d'être renouvelées et dirigées par des anatomistes. — M. Ewart ajoute que cette structure des narines explique la façon avec laquelle les Cormorans, après un vol pro-
Jlongé, tiennent leur bec ouvert, comme pour recevoir l'air et en faire provi-
sion. Je demanderais encore si la disposition des cellules aériennes souscutanées chez les Fous, et dont les Cormorans offrent aussi des traces n’a pas pour but de former comme des réservoirs destinés à diminuer la fré-
quence des inspirations lorsque l'oiseau plonge ou lorsqu'il vole (Ibis, p. 235,
ANATOMIE. « Vers l’occiput se trouve un petit os séparé, de » forme pyramidale, dont la base est placée contre le crâne. » Yarrell en a expliqué l'usage et a décrit de la manière sui- » vante l'os qui s’y rattache. » (Zool. Journ. no XIV, p. 234, 1828. — Bullet. Féruss. XIX, p. 357, 1829).
Cie Cet os s'articule d'une manière mobile avec l’occipital » et rappelle assez les apophyses épineuses isolées des Poissons. » Le muscle qui y prend son attache n'est qu’une dépendance du » crotaphite; il est aplati et triangulaire ; par sa base, il est fixé » à l'os cervical en question; par son sommet, il s’insère à la » mâchoire infér., à côté du véritable crotaphite; ces deux mus- » cles sont distincts; le cervico-maxillaire recouvre la partie » postér. du temporo-maxillaire, et il ne doit être considéré que » comme un auxiliaire de ce dernier. »
Langue petite. Haut de l'œsophage très dilaté. Jabot médiocrement développé. Estomac membraneux, mince, de forme arrondie.
Deux artères carotides (Garrod).
Mœurs. Complètement monogames. Ils nourrissent leurs petits en leur dégorgeant la nourriture dans le bec jusqu'à ce qu’ils soient en état de voler. Leurs pieds placés en arrière, courts, leurs Doigts réunis tous par des membranes, qui les transforment en larges rames, indiquent des oiseaux nageurs et plongeurs par excellence. Leur vol est rapide et soutenu. Quelques-uns, dont les ailes sont très longues, nagent rarement et seulement sur la surface de l’eau. Leur cri est rauque et les oiseaux le font rarement entendre. Leur nourriture se compose de poissons, que les bons voiliers prennent en se précipitant dessus, tandis que les plongeurs les poursuivent entre deux eaux.
PROPAGATION. « Ils nichent souvent en grandes colonies. Les » Nids sont construits sans art, volumineux, composés d'herbes
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» marines et placés sur des rochers ou sur des arbres. Les » oiseaux sont très petits et nus au sortir de l'œuf. Ils ne cessent » de pousser des cris. » (Faber.)
« OEuf d’une parfaite harmonie d'ensemble, excepté pour les » Phaëétonidés. D'un ovale quelque peu aigu et presque elliptique. » Coquille à test épais, peu compacte, à pores légèrement visi- » bles, d'un blanc pur ou jaunâtre à l’intérieur, sans reflet. Gou- » leur d’un blanc pur. Coquille recouverte sur presque toute sa » surface d'un excédent de matière calcaire qui lui fait comme » une seconde enveloppe; elle est toujours maculée de longues » et nombreuses taches ou marbrures d’un brun rouge foncé, » couleur qui finit par tourner au brun. » (Des Murs.)
FAMILIA I. PHALACROCORACIDÆ.
Pélicans. Cuv. R. . (1817).
PELECANIDÆ. Vig. Gen. of Birds. (1825).
Bec médiocre, comprimé, à arête arrondie et s’avançant un peu entre les plumes du front, séparée des faces latérales du bec par une longue rainure, qui devient oblique d’arrière en avant, et s'arrête vers le bord infér. de la mandibule supér. un peu au devant de l’aplomb de la naissance de la forte courbure de son crochet. Celui-ci, aigu, tranchant sur ses bords, un peu échancré vers sa pointe. Faces latérales de la mandibule supér. presques verticales, à bords un peu rentrants, un peu renflés contre la rainure dont il a été question. La mandibule supér. semble formée de trois pièces ajustées bord à bord. Narines basales, à l’état de fente presque imperceptible (1). Mandibule infér. un peu plus étroite que la supér., un peu plus élevée à sa base, à bords rentrants, séparées par une sorte d’onglet vers
(1) Si toutefois elles existent.
Sr SE PE RE : ARE ES
l'extrémité, arquée postérieurement, s’avançcant en pointe en arrière jusqu’au devant de la réunion des deux branches mandibulaires en dessous. Cet onglet, qui ressemble à une pièce juxtaposée, descend en avant en s’arrondissant, pour suivre la courbure du crochet, qui le dépasse en bas et offre un bord infér. arrondi et un peu renflé. Ailes médiocres, dépassant peu la base de la queue. Bras et avant bras longs. Scapulaires médiocres, arrondies. Queue médiocre, arrondie, à baguettes élastiques et très résistantes. 12-14 Rectr. Tarses courts, très comprimés, Doigts assez longs, épais; l’externe le plus long; l’interne plus court que le médian et dirigé un peu en arrière, pouce le plus court de tous, situé sur le plan des autres Doigts. Ongles fort et assez longs, un peu courbés et comprimés; celui du Doigt médian légerement dentelé en scie sur son bord int. Cou assez long. Face nue. Une peau nue et légèrement extensible existe dans l'intervalle des branches mandibulaires. Yeux rapprochés du bec.
PrÉRYLOGRAPHIE. « L’aile est pourvue de 32 Rémiges chez » Haliæus carbo ; le Parapterum superius se compose de 9 plu- » mes, l'inferius de 6 plumes principales aplaties. Les taches » blanches, qui existent chez les adultes au Print. au bas de » leurs cuisses et de leur cou, sont formées par des plumes fila- » menteuses. » (Nitzsch, Pterylogr. p. 218.)
OStÉOLOGIE. « Crâne. Ressemble à une pyramide allongée, à » quatre pans et assez étroite... La portion écailleuse de l'Occi- » pilal forme une élévation mousse ou tranchante, presque » pyramidale et peu étendue. Elle envoie de chaque côté une » apophyse mammillaire peu comprimée, presque conique, droite » et dirigée en arrière. De la surface supér. de celte apophyse » naît une arête peu arquée, très peu élevée, laquelle s’étend » vers le milieu de la face supér. du crâne pour se réunir à celle » du côté opposé. Au point de rencontre de ces arèles se trouve
de
» l'os pyramidal, à trois pans et à trois bords, allongé, qui est » particulier à tous les Cormorans. (Rudolphi, Abhandl. d. Ber- » lin. Ak. 1816 et 1817, et Yarell, Zool. Journ. IV, p. 234, ont » décrit cet os.) Presque parallèlement à cette arête, s'étend en » avant une autre arête beaucoup plus marquée, qui s'élève sur » l'articulation de l’Os carré sous forme d’arête osseuse forte et » tranchante; en haut, elle diminue de hauteur... Le corps du » Sphéenoide apparait au-devant du bord de la base de l’Occipi- » tal sous forme d’une arête allongée, comprimée sur les côtés, » à bords tranchants en dessous derrière sa réunion avec les Os » ptérygoides, et se prolonge antérieurement entre et au-dessus » des Os palatins d’une manière très étroite et linéaire pour s'unir » à la Lame criblée de l'Ethmoide.... La portion écailleuse du » Temporal, est, de même que celle del'Occipital, comprimée sur » les côtés, et porte une fosse allongée, très profonde vers le » bas... qui s’élargit en haut et en avant, et s’étend jusque vers » le milieu de l’Os pariétal.
» L'Os carré est relativement de longueur médiocre... » Le Frontal est en dessus presque uni, et s'élève en formant » une courbe à peine sensible... Les Arcades sourcilières, qui » sont assez minces, font une saillie assez prononcée... Les » Cavites des Orbites ne sont séparées que par une cloison mem- » braneuse, attendu que le corps du Sphénoïide est très étroit. » Les Maxillaires supérieurs, qui sont larges postérieurement, » sont unis intimement aux Intermaxillaires..… Les Os nasaux » sont d’une largeur médiocre... Les petites ouvertures nasales » fermées extérieurement par la peau, se voient, dans quelques » crânes, divisées en deux ou trois ouvertures par une substance » osseuse... Les Os xygomatiques, qui sont étroits, offrent une » assez grande longueur... Les Os palatins sont droits, très » allongés, quadrilatères, presque plans; leur extrémité anté- » rieure offre des bords droits... la postérieure présente deux » bords latéraux droits et un postérieur tronqué obliquement de » dedans en dehors et en avant...
« Les Vertèbres cervicales, au nombre de 18, sont assez » allongées, et présentent des apophyses et des arêtes assez
développées... Les Vertèbres costales, sont au nombre de 8, dont la-dernière est soudée à l'Os sacré et à l'ihaque. ….. Il y à 14 ou 45 Vertèbres sacrées... et 7 ou 8 caudales..….. L'Os de la Fourchette est assez développé ; il offre une extrémité large, comprimée latéralement, et non luméfiée, qui envoie en dedans et en arrière une apophyse étroite et forte, et parait remarquablement dilatée au point où elle est articulée avec la Clavicule.... celle-ci est très développée... Séernum de médiocre longueur, voüûté; son bord antérieur présente une petite élévation aplatie et élargie, en forme de triangle
aigu. Son bord postérieur est pourvu d'une double échan-
crure, et par suite de cela, une petite apophyse médiane très courte, assez mousse, triangulaire, et deux autres apophyses latérales plus longues et plus fortes... Bassin très développé en longueur... Os iliaques très larges en avant... Les Ischions offrent en arrière presque le double de largeur de celles qu'ils ont en avant, et se terminent postérieurement, de même que les Os iliaques en une apophyse triangulaire... Les Trous ischiatiques ont une forme elliptique allongée. Les Pubis sont très étroits et très longs... Humérus plus court que l’Avant- DRUS LH Le Carpe et les Doigts n'égalent pas en longueur l’'Avant-bras..... Le Fémur est en proportion avec les autres os de la cuisse et peu raccourci. Les Pérones, qui sont assez gréles et allongés, sont tronqués à leur extrémité supérieure et présentent dans cet endroit deux petites arêtes courtes, parrallèles, assez tranchantes et saillantes. Rotule presque carrée, développée... Tarse offrant en arrière des angles faibles, et relativement plus allongé que chez les autres Stéganopodes…..»
(D'après Brandt, ur Osteologie der Vôgel : Mém. Ac. Imp. Sc. S.-Pétersb. V. 1839.)
ANATOMIE. « Un anneau osseux embrasse la Trachée artère au-dessus de la bifurcation. Le Pylore n’est point percé au bas de l'Estomac, comme à l'ordinaire, mais ouvert dans le milieu
» du Ventr'icule, laissant la moilié d'en bas pendante en dessous,
comme‘un sac; et celte partie inférieure est fort charnueet
ul, à ra
» assez forte de muscles, pour faire remonter par sa contrac- » tion les aliments jusqu'à l'orifice du Pylore. L'OŒEsophage » soufflé, s’enfle jusqu’à paraître faire continuité avec le Ventri- » cule, qui, sans cela, en est séparé par un étranglement. Les » Intestins sont renfermés dans un £Epiploon..….… La figure des » Reins est aussi particulière ; ils ne sont point séparés en trois » lobes, comme dans les autres oiseaux, mais dentelés en crête » de coq sur leur portion convexe, et séparés du reste du bas- » ventre par une membrane qui les recouvre... Le Cristallin » approche de la forme sphérique, comme dans les Poissons. » (Anciens Mémoires de l’Académie des Sciences, I, part. 3, p. 213 et suiv.)
PROPAGATION. « OEuf de forme complètement elliptique. Go- » quille d’un blanc verdâtre ou bleuâtre intérieurement. Couleur » d’un blanc légèrement bleuâtre, qui ne se voit qu'en enlevant » le sédiment calcaire accessoire. » (Des Murs.)
Mœurs. « Les Cormorans nagent habituellement entre deux » eaux, et plongent facilement. Ils se perchent sur les arbres, » où ils nichent en colonies souvent très nombreuses.
» Les Chinois sont parvenus à dresser ces oiseaux à la pêche. » Le pêcheur se tient sur un petit radeau, entouré de ses Cor- » morans, dont le cou est muni d’un petit anneau de métal assez » serré pour leur empêcher d'avaler le poisson, sans cependant » gêner leur respiration. Lorsqu'il est arrivé à une place conve- » nable, l'oiseau plonge et rapporte le poisson à la voix de son » maitre. Ces Cormorans sont, paraît-il, des individus que l’on » fait éclore en domesticité. Autrefois ce mode de pèche était » usité en Europe, et surtout en Angleterre : mais depuis long- » temps il a été complètement abandonné. Cependant de loua- » bles efforts ont été faits chez nous pour faire revivre ce diver- » tissement, et M. de la Rue a pu donner à quelques-uns de ses » amis un échantillon du savoir-faire de deux Cormorans » pêcheurs fort bien dressés et fort obéissants. (Deyrolle, Accli- » matation, p. 82, 1874. — Voyez: de la Rue, Acclimatation,
pos
» p. 389, 413, 436, 464, 485, 504, 1876; p. 93, 115, 140, 198, » 224, 283, 343, 573, 1877). Lorsqu'ils sont perchés, leur posi- » tion est presque verticale. »
TRIBUS. PHALACROCORACINÆ.
STIRPS. PHALACROCORACEÆ.
GENUS I. PHALACROCORAX. Briss. Orn. (1760).
PELECANUS p. L. Syst. (1758).
CarBo. Lacép. Mém. Instit. (1800).
Haziæus. Illig. Prodrom. (1811).
Hyprocorax. Vieill. Anal. (1816).
GRACULUS. G.R. Gr. Gen. B.(1845).
Phalacrocorax. de Bakaxooc, chauve. Képot, Corbeau. Haliæus. Alevs, "Aléwc, pécheur.
Hydrocorax. ‘Yôwp, eau. Kipat, Corbeau.
Graculus, qui était aussi le nom du Geai ou d'un autre oiseau de la Famille des Corbeaux; a été appliqué aux oiseaux de ce Genre, de même que d’autres noms, qui désignent ces derniers oiseaux.
Bec fort, un peu élevé à sa base, légèrement déprimé vers son milieu. Bords des paupières peu dénudés sur un petit espace qui est au-dessus, en arrière et en dessous de celles-ci. Taille forte. 2° Rémige la plus longue. 14 Rectrices. Plumes de l’occiput allongées et mélangées d’autres plumes filiformes, qui se trouvent au vertex, sur le devant etles côtés du haut du cou. Gette parure ne dure que l'Hiv. et disparait au Print. Les poussins naissent nus, et se recouvrent bientôt d'un duvet abondant.
1. PHALACROCORAX CARBO. Dumont, Dict. Sc. nat. (18...) D'apr. Bp.
? PELECANUS CARBO. L. Syst. p. 133 (1758). |
? PHALACROCORAX PHALACROCORAX. Brünn. Orn. bor. p. 31 (1764).
? Corvorant. Penn. Arct. Z. II, p. 309 (1799). |
? PHALACROCORAX CARBO. Leach, Syst. Cat. Brit. Mus. (1816).
CARBO CORMORANUS. Faber, Isis, p. 799 (1826).
CARBO CORMORANUS, GLACIALIS (ET ARBOREUS?). Brehm, Handb. p. 816-818 (1831).
CORMORANUS CRASSIROSTRIS. Baïllon, Mem. Soc. émul. Abbeville, p. 77 (1834).
PrALACROCORAX CARBO ET GRACILIS. Brehm, Vogelf. p. 359-360 (1855).
PHALACGROC. CARBO MAJOR. Nilss. Skand. Fn. Foglarna. I, p. 515 (1858).
GraAcuLus carBo. G. R. Gr. Handl. B. p. 127 (1871).
PHALACROCORAX MACRORHYNCHUS. Bp. Consp. II, p. 169 (1853).
PHALACROCORAX CARBO. Audub. Orn. Biogr. pl. 266 (1831-1839).—
Dm: p: 412; pl. 415, f. 4, Ge f. 2, O,, f.3 jeune (48..).
GRACULUS AMERICANUS. Reichb. Handb. pl. 67 (CCCL.) f. 2746-49 (1850).
GRACULUS MACRORHYNCHUS. G. R. Gr. Handl. B. INT, p. 127 (1871). De très grande taille. Bec très fort (Bp.). Aile 12” 3°”. Queue
5” 10°”. Bec 2” 6°”. Doigt ext. 3” 1°”. (Schleg.)
HABITAT. Amér. sept.
PHALACROCORAX CAPILLATUS. Bp. Consp. I, p. 168 (1855).
CARBO cAPILLATUS. T. et Schleg. Fn. jap. p. 129, pl. 83 (1850). GRACULUS CAPILLATUS. G. R. Gr. List. Sp. Brit. Mus. (18..).
» pe: DORE RUE TL EE ae LT TES ; PTS PRE Se ME EE 2 ER RRUREeEe
Ressemble un peu au Ph. medius. Nilss., dont il se distingue par une taille très forte.
ADULTE. Hiv. Plumage d'un bleu noir brillant. Sous le menton est une large bande blanche, qui s'étend d'un œil à l’autre. Une erinière sur la nuque. Sur la tête et le haut du cou paraissent quelques plumes blanches isolées, duveteuses; sur.les flancs est une touffe de plumes blanches. Manteau bronzé, avec de larges bordures brillantes d’un bleu noir. Bec couleur de plomb ; ses angles et une tache au-dessous de lœil, jaunes. Peau de la gorge couleur de plomb, avec des rugosités jaunes. Pieds et membranes noirs. Iris vert. Long. tot. 210” — 3” 27” (environ 0"95). Bec chez le mâle 38°” — 40'”, chez la femelle 36” — 38”. Queue chez le mâle 8” — 9”, chez la femelle 10” 8” (Brehm).
ADULTE (Print.). Les petites plumes blanches de Ia
CraAc. caPILLATUS Reichb. Handb. pl. 66, f. 2744-2745 (1850). PHALACROCORAX FILAMENTOSUS. Swinhoe, Ibis, p. 264 (1861).
. Absolument semblable pour la taille et les teintes aux grands
individus qui nichent en Hollande. Aile 12”. Queue 6”. Bec 2” 6°”. Doigt ext. 3° 5” (environ). (Schlegel, Mus. P. B. Pelec. p. 40).
HABITAT. Japon. — Sibérie (Dyb. J. f. O., p. 202, 1876).
PHALACROCORAX CARBOIDES. Gould, P. Z. S., p. 156 (1837). — Austr. VII, pl. 66 (1845).
Cargo Novæ-Hozranniæ. Steph. Gen. Z. XIE, p. 93 (4824). GRaAcuLUS carBoines. G. R. Gr. Gen. B. I, p. 667 (1849).
GRac. cARBoIDES Reichb. Handb. pl. 64, f. 2549-2550 (1850). PHALACROCORAX N.-Hozrandiæ Bp. Consp. Il, pl. 169 (1856). GRACULUS CARBO. O. Finsch, J. f. 0. p. 257 (1872), p. 213 (1874).
Fe pa
Re
tête et du cou ont disparu. La bande blanche du menton est mélangée de gris.
JEUNE. Dessus du corps d’un brun noir. Manteau bronzé, à bordures noires. Bandeau de la gorge et milieu du dessous du corps, à partir du cou, qui est d’un gris blanc avec des taches longitudinales brunes. Côtés de la poitrine et du ventre, noirâtres, avec des taches longitudinales brunes près du blanc du milieu du ventre. De petites plumes blanches duveteuses éparses sur les cuisses. Bec d'un noir plombé, blanchâtre sur les bords et à la base de la mandibule infér.
(Brehm). Iris brun (Meves).
Poussin. Nu. Couleur de plomb. Bec brun, blanc à sa pointe, qui est peu fléchie (Brehm). Le duvet qui vient plus tard est noir.
. HaBrrar. Islande. Récifs de la Scandinavie septentr.
Plumage d'un vert noir. Joues et gorge blanches. Dos et Couvertures des ailes d’un beau brun, avec des bordures notres. Bec grêle (O0. Finsch). Taille plus forte. Aile 11°” 8°”. Bec 2” 2”. Doigt ext. 3” 1”” (Schleg.).
PROPAGATION. Nid placé de préférence sur des troncs d'arbres
morts; composé de racines, de feuilles mortes et à moitié pourries. 4 œufs (0. Finsch).
HaBiraT. Australie, N.-Zélande. — Auckland (Hutton).
PHALACROCORAX HUMILIROSTRIS. Brehm, Vogelf. p. 360 "(1855).
Bec long de 27°”, déprimé, renflé près de la pointe (Brehm).
HamiraT. Egypte (Brehm).
et occid.; se trouve dans les contrées les plus septentrionales (Nilss.). Finlande, où l’on ne trouve guère que la grande forme (Palmén.). Niche sur les falaises près de Dieppe (Degl.). Seine-Inf. (Lemetteil).
Groenland (Reinhardt).
Sibérie (Dyb. J. f.0.:, p. 339, 1868; pH p. 337, 1874).
Mœurs. « Vers le milieu ou la fin d'Oct., les Cormorans émi- » grent vers le S. de l'Islande, et y demeurent en troupes tout p'L'HiT...… Vers la fin de Mars, ils retournent vers le N. pour » nicher..…. Lorsque les Cormorans sont posés, ils ont une posi- » tion verticale, et comme lé remarque très bien Fabricius, ils » ressemblent de loin à une troupe d'enfants... Ils sont très » farouches; évitent de voler dans l'obscurité. Suivant Olafsen, » on les prend à Kylarnôs, dans le S. de l'Islande,-en les cou- » vrant d’un filet pendant qu’ils dorment dans les prairies, lors- » que la glace leur empêche de se poser sur les rochers qui » leur sont alors inaccessibles. Ils nagent et plongent très bien. » En Islande, ils poursuivent surtout le Cottus scorpius..…. » Bechstein se trompe en disant qu'ils jettent le poisson en l’air » pour le recevoir dans leur gosier la tête la première. Cepen- » dant, lorsqu'ils avalent les poissons, c'est toujours par la tête » qu'ils les saisissent. Ils se perchent souvent sur les arbres, et » je puis confirmer l’assertion de Bechstein qui dit que ces » oiseaux se posent sur les mâts des navires. En Islande on ne » mange pas partout la chair des vieux, qui a un mauvais »goût; cependant, d’après Olafsen, on utilise celle des jeunes, » qui serait meilleure, et on la sale pour l’Hiver. D’après Strôm, » la peau s'emploie en Norwège pour faire des reliures de » livres. Pennant dit qu’on employait autrefois ces oiseaux pour » la pêche, comme cela se fait en Chine. Les Cormorans sont » très nuisibles en ce qu’ils consomment beaucoup de poissons; » en outre, ils font périr les arbres sur lesquels ils établissent » leurs nids à cause de l’âcreté de leurs excréments..…. » (Faber, Ibis, p. 803, 1826.)
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