PHALACROCORAX MEDIUS. Bp. Consp. IL, p
Wasserrabe, Klein, Verbess. Hist. d. Vüg. p. 153 (1760).
PHALACROCORAX. Br. Orn. VI, p. 511, pl. 45 (1760).
Marangone. ** Stor. degli Ucc. V, pl. 501, 502, 513, 514 (1766).
Corvus aquaricus. Salerne, Orn. p. 374 (1767). |
Le Cormoran. B. Ois. VIE, p. 310, pl. 26 (1781). — Id. ent. 927.
Caro cormoranus. Mey. et Wolf, Taschenb. II, p. 576 (1810).
Hyprocorax cARBo. Vieill. N. Dict. VIII, p. 83 (1817).
CarBo suBcormorAnus. Brehm, Handb. p. 819 (1831).
HALIÆUS coRMORANUS, Naum. Vôg. Deutschl. pl. 279, f. 1, 2, 3, 4 (1842). 49.4 | |
GRACULUS CARBO. Reichb. Handb. pl. 61, f. 362-365 (1850).
PHALACROCORAX SUBCORMORANUS. Brehm, Vogelf, p. 360, n° 3 (1855). |
CarBo MEDIUS. Nilss. Skand. Fn. Foglarna. IH, p. 515 (1858).
Ce qu'il y a de singulier c’est le nom de Corbeau, qui se trouve dans presque toutes les langues pour désigner un oiseau qui n’a que des rapports de coloration avec le premier. Les Grecs le nommaient Phalacrocoraæ, Corbeau chauve; expression à peine justifiée par la calvitie de la membrane gutturale et la chute de la
Fasc. VIIL. — Anseres Pinnipedes. 2
crinière que le Cormoran porte en hiver, et qui le fait alors paraître relativement chauve. Aldrovande, qui émet des doutes sur l'identité du Phalacrocorax, figure (Lib. XIX, p. 268) sous ce nom un oiseau chauve et à long bec dont il avait reeu un dessin d'Illyrie. Il est difficile de dire à quelle Espèce on doit rapporter cet oiseau, dont le bec est long, pointu et rougeâtre, la tête chauve et couleur de chair; il ajoute, dans sa description. que les plumes du cou sont allongées, etc. A la page 269, Aldrovande répète la figure de Belon, qui représente également un oiseau à bec long, rouge, à plumage noir, etc. Ces deux auteurs désignent cependant très clairement le Cormoran sous le nom de Cormorant (Belon) et de Phalacrocorax (Aldrovande), auquel ce dernier donne pour synonymes la plupart des noms qui vont suivre. Sous le nom de Corvus aquaticus, Aldrovande décrit et figure surtout assez exactement notre Cormoran, auquel il donne pour synonyme le mot allemand Scharb dont il donne l’explication en ces termes : « Scharbi quidem nomen vel a corvo fac- » LuM conjicias, qui Italis Carbo et Corvo dicilur ; vel » ab atro carbonis colore : nam vicini nobis Galli car- » bonem vocant scharbon, ipsi charbon scribunt. »
Islandais : Skarfr. Dilalskarfa (Faber).
Ferüe : Hiplingur. (A. Holm). | Suédois : Hafstjäder. (Nilss.), Corneille de mer ; Alkrok, Alkraka. (Id.), Hameçon des anguilles, Corneille des anguilles ; Skarf. (Nilss.) de l'allemand Scharb.
: Norvégien : Skarf (Nilss.).
Danois : Aalehrage (A. Holm). Corneille des anguilles. Allemand : Scharb. Wasserrabe. (Bechst.).
Hollandais : Aalscholvers (Schleg.). Cormoran des anguilles. Anglais : Corvorant (Penn.). ;
Francais ; Cormorant, Cormarant, Courmaran, Corman. (Salerne). Dauphin (Cotgrave, cité par Salérne). ec - Les Bourguignons : Croft pescherot (Briss.). Jura : Cro marin (Ogérien).
Gard : Scorpi. Cormorin. (Crespon).
Morbihan, Mot-vran (Taslé).
Espagnol : Cuervo calvo (Aldrov.). Cuervoran grande (Guirao). Italien : Corvo marino (Briss.) . Andalousie, Pato cuervo (Machado). Catalan, Corb de mar. (Vayreda).
: D'un noir verdätre à reflets, avec les plumes du dessus du corps bordées de noir et bronzées. Des plumes blanches sur le sommet de la tête, des plumes allongées et filiformes de cette couleur sur les côtés du cou; cette parure n'existe qu'en Hiv. Taille relativement médiocre. Long. tot. 0®77-0" 78.
Cette Espèce ne diffère de la précédente que par ses dimensions et les localités qu'elle affectionne de préférence. |
ADULTE (Print). Des plumes longues et étroites se trouvent sur la nuque et sont dirigées vers le bas. Une large bande blanche remonte de la gorge jusqu'au dessous des yeux. Une grande tache blanche, composée de plumes molles et à barbes làches, sur l'extérieur des cuisses (Suivant v. Wright, ces plumes n’apparaissent que vers la fin de Janv. et en Févr.; elles n’ont atteint tout leur développement qu’en Mars, et ne persistent pas longtemps; suivant Yarrell, elles se montrent vers le 25 Janv., et sont développées au bout de 5 semaines; elles commencent à disparaître le 16 Juin: il n'en existe plus le 20 Juill.). Tête et haut du cou jusqu'à son milieu parsemés de plumes blanches très
“ne
étroites, pourvues de barbes allongées et décomposées; ces plumes sont dispersées au milieu des plumes ordinaires, qui sont d'un noir brillant. (Suivant Yarrell, ces petites plumes commencent à se montrer vers le 4 Janv., et atteignent leur plus grand développement le 26 Févr. Elles disparaissent peu à peu à partir du 2 Avr., et vers le 12 Mai, elles sont toutes tombées). En outre, la tête, le cou et tout le dessous du corps, ainsi que le croupion et le milieu du dos, sont noirs, à reflets bleus. Haut du dos, Scapulaires et couvertures des ailes d'un gris brun, à reflets bronzés, avec des bordures noires d’1 à 2 lignes de large, disposées en arc à l’extrémité de chaque plume. Rémiges et Rectr. d’un gris noir. Bec d’un gris brun. Pieds noirs (Nilsson). Partie de la gorge orange. Iris vert. Long. tot. 0®77-0" 78. Bec 0" 65. Aïle 0"83. Queue 0" 4#8. Tarse 0"6. Doigt ext. avec l’ongle 0"9.
Au mois de Juin. Plumage peu différent de celui du Print. Les plumes blanches des cuisses ont disparu, ainsi que celles de la tête et du cou. La bande blanche qui entoure le haut du cou existe encore (Nilss.).
Aut. (30 août). Tête sans ornements; plumes de la nuque très peu allongées. Milieu de la poitrine jusqu’à l'estomac, blanc. Sur le côté ext. des cuisses des tuyaux de plumes blancs très fins et terminés de petites barbes. Devant du cou d’un brun noir avec des bordures d’un gris blanc. Dessus de la tête, derrière du cou, milieu du dos et haut du croupion, ainsi que les côtés du corps offrant des reflets. Bas du croupion noir; le reste comme précédemment. Voyez: K. Vet. Ak. Handl: p. 324, 1850 (Nilsson).
, JEUNE. Pas de parures. Cou d’un gris blanc, d'un
OV
brun noir ou noir en arrière, avec des bordures d’un
gris pâle en avant. Poitrine blanche, chaque plume étant terminée de noir. Côtés du corps, cuisses, côtés du bas du croupion, Sus et Souscaudales et milieu du dos, noirs. Haut du dos, Scapulaires et Couvertures des ailes d’un gris brun avec des bordures noires. Aïles et queue comme précédemment (Nilss.). Iris brun.
VARIÉTÉ. Un exemplaire entièrement blanc a été obtenu en Août 1858 vers le fleuve Tana (Sommer-
felt).
Poussin. Parties nues de la face et bec couleur de chair. Duvet d’un gris brun noir (Palmén.).
HABITAT. Tromsô, C. (Liljeborg). On le trouve sur les îles boisées de la Baltique (Nilss.). Ile de Gottland (A. Andr.).? C. en Laponie dans le Waranger-Fjord; ? niche au commencement de Juin dans l’île de Wardô (Schrad.). ? Schuretskaja, C. (Liljeb.). Sarepta, C. niche (Moeschl.). Caspienne, GC. C. (Ménétr.) Bulgarie (0. Finsch). Hongrie, GC. (v. Lôbenst.). Allemagne, Hiv, (Bechst.). Tyrol; Nov. Hiverne sur l’Etsch et le lac de Garde (Alth.). Lac de Constance, Hiv. rig. (Koch). Suisse, Hiv. R. (Meisner et Schinz). Angleterre, C. C. C. (Macgill.). Côtes de la mer du N. (Brehm.). Embouchure de l'Escaut, C. (de Sélys). Séd. en France sur quelques points de l’Océan ; de passage, Aut. et Print. dans d’autres localités. Niche dans le Boulonnais sur les falaises, depuis Montreuil jusqu’à Dieppe et sur les rochers de Biarritz (Degl.). Seine-Inf. C. sédent. Niche (Lemetteil). Alsace, Hiv. Acc. (Krœner). Lorraine, R. (Godron). Savoie, jeunes (Bailly). Bords du Doubs en Avr. (Ogérien). Côte-d'Or, Acc. R. (Marchant). Rhône, R. (L, 0.-G.).
nt
Dauphiné (Bouteille). Loiret, Acc. (Nouel). Maine-et- Loire (Vincelot). Charente, Acc. (de Rochebrune). Loire-Inf., pas C. (Blandin). Charente-Inf., Hiv. (Beltrémieux). H“-Loire, R. (Moussier). Gard, Hiv. (Crespon). Aude, Hérault, Hiv. Tarn, Acc. Pyrénées-Orient., Aut., Hiv., Print. (Lacroix). Hendaye, G. (L. O.-G.). Grèce, sédent. Se tient dans les baies et sur les récifs. Niche en colonies en Janv. (Linderm.). Cyclades (Erhardt). Epire, pas R. en Hiv. sur les côtes (F. Powys). Sicile, C. dans les marais de Lentini, niche; Acc. près de Messine (Malh.). Province de Gerona, C. sur les côtes (Vayreda). Galice, C. sur les côtes; séd. (D. Francisco). Santander (H. Irby). Lac d’Albufera; quelquefois en Hiv. (Ign. Vidal). Murcie (Guirao). Espaone mérid., Hiv. (H. Saunders).
Grands lacs de l'Algérie (Loche). EI Baheira (0. Salvin). Tanger (Carstens). Sénégambie (Licht.). Egypte. Soudan orient. (A. Brehm). |
(?) Baie de Talien, Chine; C. en Hiv. (Swinh.). Sindh, CG. (A. Hume, Sir. Feath. p. 289, 1873); Turgiestn (Severtz.). Niche en grand nombre dans les marais de Myitkyo, Burmah (Hume, Stray. Feath. p.169, 1877).
: Mœurs. « Ces oiseaux se tiennent sur certains récifs de pré- » férence à d’autres ; ceux-ci sont élevés et à pic ; ils sont sou- » vent blanchis par leurs excréments, ce qui les distingue de » loin. On voit les Cormorans rassemblés en assez grand nom- » bre, dans une posture presque verticale, appuyés sur les » baguettes raides de leur queue. Ils restent quelquefois pendant » des heures entières à la même place, avec leurs ailes étendues ; » les pêcheurs disent, les uns, que c’est pour prendre le frais, » d’autres que c’est pour se sécher... Ces oiseaux sont farou- » ches et difficiles à tirer. Si l’on s'approche en bateau du récif » oùils se tiennent, ils se laissent glisser doucement dans la
» mer, et se sauvent à la nage... Suivant v. Wright, ils sont » plus faciles à tuer en Hiv. Le chasseur se poste sur la glace » au-devant du récif sur lequel les Cormorans ont l'habitude de » se poser le soir, et les attend ainsi une heure avant leur arri- » vée. » (Nilsson.)
« Dans les contrées où les Cormorans s’établissent loin de la » mer, ils deviennent un véritable fléau, et ils peuvent au bout » de quelques années ruiner totalement les pêches des lacs de » l'intérieur. Dans quelques contrées, ils deviennent un véritable » fléau non seulement à cause de leurs déprédations, mais parce » qu'ils nichent en colonies très nombreuses. C’est pourquoi, au » bout de quelques années de séjour dans un endroit, ils émi- » grent pour aller s'établir ailleurs. » (Droste-Hülshoff.)
Voyez : Blumenbach, de quorundam animantium colontis Commentatio. Gottingæ, 1818, in-4, ouvrage dans lequel cet auteur parle des migrations de Cormorans en Danemark. Consultez sur le même sujet, Faber, Isis, p. 806, 1826.
« Ces oiseaux préfèrent les colonies de Hérons et cherchent à » les chasser de leurs nids. Quoique les Hérons se défendent » vaillamment, les Cormorans ont toujours le dessus et conser- » vent leurs positions malgré les poursuites dont ils sont l’objet » de la part de l’homme. On peut les compter parmi les plus » excellents nageurs ; ils peuvent parcourir sous l’eau des espa- » ces de 60 à 80 pas, et poursuivent leur proie jusqu’à une pro- » fondeur de 100 pieds. » (Droste-Hülshoff.)
» Près d'Aïn-Musah, dans l'Arabie pétrée, nous voyions vers » le crépuscule, en Déc. et Janv. des troupes de ces oiseaux, » qui se posaient sur les palmiers, les Tamarisques et les haies » des Oasis. Ils sont aussi excessivement communs dans la » haute et moyenne Egypte. » (v. Heugl.)
« Les Cormorans attrapent quelquefois les Hirondelles qui » viennent raser la surface de l’eau. Ge fait a été observé par le » D' Max Schmidt sur un étang d’un jardin zoologique. Le 7 mai » 1876, chaque Cormoran prenait quatre Hürondelles dans l’es- » pace de 8 à 10 minutes. Ces dernières étant devenues un peu » plus circonspectes, les Cormorans se mirent à nager au-des-
RnN. 4u
» sous de la surface de l’eau, d’où ils observèrent les mouve- » ments de ces oiseaux. Dès que l’une d’elles s’approchait, un » Cormoran prenait son vol et la saisissait. Rarement l'Hiron- » delle échappait. » (Zool. Garten. p. 237, 1876.)
M. Hardy a constaté que les jeunes qui ne peuvent pas encore voler, se servent de leur bec pour grimper comme les Perroquets (Degl.).
PROPAGATION. Niche dans quelques forêts, surtout près de Bleking et dans le district de Hoby, où il arrive vers le 25 Mai. Chaque Nid a une aune et demi de large; il se compose extérieurement de branches de chêne sur lesquelles sont placés des rameaux plus petits, des racines, de la mousse et des varechs (Nilss.). |
Œufs (5) allongés, ovales ; coquille épaisse, mais peu solide, teintée de bleu vert blanchâtre, recouverte en dehors d’une croûte blanchâtre irrégulièrement répartie, prenant par la suite une couleur grise et sale. Vus par transparence, ils paraissent entièrement d’un gris bleu (Thienem.). 0"060-0"066 sur 0040-07 042 (Degl. et Gerbe). | Thienemann, Fortpflanzungsg. pl. XCIIL, F. 1. 1.
Bädecker, Brehm et Pässler, D. Eier d. europ. Vüg.
OEuïs provenant des marais de Myitkyo, Voy. A. Hume, Stray Feath, p. 170, 1877.
Burmah. Voyez E. W. Oates, Siray Feath. p. 169, 18 TT:
GENUS II. CARBO. Mey. et Wolf, Taschenb. (1810).
GracuLus. Reichb. Handb. (4850).
Bec grêle, droit, Mandibule supér. à faces assez ren-
NO
flées tout le long et au-dessous de l’arête. À base aussi large que haute. Crochet de cette mandibule dépassant peu l’infér. Bords postér. et supér. des paupières largement dénudés. 2° Rémige la plus longue. 12 et 14 Rectrices. Une huppe de plumes allongées. Pas de parures filamenteuses.