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seconde migration, Car c’est par milliers qu’ils viennent, de l’intérieur, fondre sur les plantations de riz. Dans les Florides, il y en a parfois de telles multitudex, que l’air en est obscurci, et le bruit qu’ils font en s'élevant des vastes savanes ressemble au roulement du tonnerre. Lors de mon séjour chez Îe général Hernandez, dans la Floride orient., ces Canards étaient si nombreux, qu’un nègre, que ce gentleman avait pris à son service comme chasseur, en tuait à lui seul de cinquante à cent vingt par jour, et en entretenait ainsi toute la plantation. »
« Le vol du Canard sauvage est rapide, fort et bien soutenu, D’un
seul coup d’aile il s’enlève de terre, aussi bien que de l’eau, et monte
perpendiculairement pendant 10 ou 15 mètres, ou même, quand il part du milieu d’un bois, jusqu’à ce qu'il soit au-dessus de la cime des plus grands arbres ; après quoi, il prend son essor et se dirige horizontalement. En cas d'alarme, il ne manque jamais de pousser plusieurs quack, quack; mais si rien ne l’épouvante, il reste silencieux en s’envolant. Quand il passe en l’air pour quelque destination lointaine, le sifflement de ses ailes s'entend d'une distance considérable, particulièrement pendant le caime des nuits. Son vol peut, je pense, être estimé à raison d’un mille et demi par minute; et s’il veut en déployer toute la puissance, et qu'il s'agisse d'un long voyage, je crois fermement qu’il peut faire cent vingt milles à l'heure. » (Audubon, traduction d'Eugène Bazin.).
« On a observé que dans les troupes de Canards sauvages, il s'en trouve plusieurs qui sont différents des autre, et qui se rapprochent des privés par la forme du corps et par les couleurs du plumage; ces Canards métis proviennent de ceux que les habitants des terres voisines des marécages élèvent tous les ans en grand nombre, et dont ils laissent toujours une certaine quantité sur les marais. » (Buff. Voyez
Baïillon cité par Buffon, Ois. IX. p. 151.).
« Dans le passage d’Aut. les Canards sauvages se tiennent au large sur les grandes eaux et très éloignés des rivages ; ils passent la plus grande partie du jour à se reposer ou dormir... Leurs allures sont plus de nuit que de jour; ils paissent, voyagent, arrivent et partent principalement le soir et la nuit... Lorsque la gelée continue pendant huit à dix jours, ils disparaissent pour ne revenir qu'aux dégels dans le mois de Févr. C’est alors qu’on le voit repasser le soir par les vents du S., mais ils sont en moindre nombre. » (Buff.).
Lorsque ces Oiseaux voyagent, les individus d’une bande, dit Degland,
se tiennent sur une ou deux lignes et forment, dans ce dernier cas, une sorte de triangle.
« De tous les Canards, c’est celui dont le vol est le plus régulier, mais aussi le plus lent. Il étend fortement le cou en avant. Ses battements d'ailes sont un peu tremblotants.. Lorsque ces Oiseaux veulent
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« se poser, ils abaissent les ailes, tendent les pieds, et se laissent tomber « avec bruit en faisant jaillir l’eau. » (Dr'oste-Hülshof).
« Cette Espèce ne se tient sur la mer qu’accidentellement... Le Canard « sauvage ordinaire est très attaché aux lieux où il a pris l'habitude de « rester. » (A. Brehm). Ce fait est confirmé par l'observation de M. Marchant (Catal. d. Ois. de la Côte-d'Or) qui cite l'exemple suivant de Canards sauvages, qui, après avoir été transportés à une grande distance du lieu où ils avaient été élevés y revenaient au bout de très peu de temps.
« Les Canards ont une sorte de mémoire qui leur fait reconnaître le « piège d'où ils sont une fois échappés. A Nantua on faisait sur un des « bords du lac une cabane avec des branches de sapin et de la neige, et « on tachait de les en faire approcher en les y chassant de loin avec deux « bateaux; cela réussissait pendant huit à dix jours, au bout desquels il « était impossible de les faire revenir. (Hébert). ‘
Seyffertiz a observé que lorsque les Oiseaux de proie attaquent les Canards, ceux-ci prennent leur vol et font plusieurs tours autour de l'étang, comme s'i's savaient que ces Oiseaux ne leur pouvaient rien tant que dure leur vol.
L’Anas boschas se réunit en troupes en Aut. Pendant le jour, on le voit sur la mer; mais le soir, il se rend dans les marais de l'intérieur, où il passe la nuit, ou bien il se repose sur le rivage. (Sundev.)
La plupart des Oiseaux de cette Espèce émigrent vers le S., mais une partie d’entre eux séjourne en Suède, (Malmlén).
« En Juin commence la mue; les troupes des Mâles se dispersent, et « chacun cherche à se cacher dans les roseaux les plus épais, altendu que « dans ce moment ils ne peuvent plus voler... En Oct., après avoir repris « son beau plumage, le mâle va rejoindre sa femelle, qui, seule, s'est « chargée des soins de sa couvée. » (Sunderv.)
« Tous les Mâles ne se réunissent pas au moment de la mue, car on en « trouve encore à cctte époque des individus isolés. Tous ne muent pas « non plus en Juill., car j'en ai trouvé au milieu du mois d’Août qui ne « se trouvaient pas dans ce cas. » (J. v. Wright, Kuopiotraktens Fauna
La vieille femelle prend quelquefois un plumage analogue à celui du mâle, ainsi que l'on en a cité des exemples chez les l'aisans (de Lafresnaye, R. Z.p.177. 1849. Nilsson, FôrA. Skand. Naturf 1 Môte, p.133. 1839).
« De tous les Oiseaux de la Famille des Anatidæ, l'Anas boschas est « celui dont les alliances avec d'autres Espèces de la même Famille sont « les plus fréquentes. » (Degl.). Sans parler de ses hybrides avec Dafila acuta, diverses Sarcelles, etc., il faut remarquer que l’Anas purpureoviri'is de Schinz est bien un hybride de cette Espèce avec le Cairina mosc' ata, mais qu'il n’est que le produit du croisement de deux Races
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domestiques. Disons en passant que M. de Lafresnaye considérait ce dernier Oiseau (R. Z. p. 580. 1851) comme une simple Variété mélanienne de l’Anas boschas.
Voyez du reste la récapitulation des hybrides observés dans la Famille des Anatidæ (de Sélys Longchamps, Bull. Ac. Brux. p. 335. 1845. — Isis, p. 226. 1848. — Additions, etc. Bull. Ac. Brux. XIII. p. 2. p.‘6: 1846. — Isis, p. 226. 1848. — Naumannia, p.395. 1856).
M. E. Fiennes cite (P. Z. S. p. 158. 1830-1831) un cas bien plus extraordinaire que les précédents, c’est celui d’un hybride d’Anas boschas et de Pintade.
Le baron Fischer. Ein interessanter Enten-Bastard, Canard domestique et C. Souchet. Observé à Csorna, 2 mars 1885. (Mitthign. Orn. Ver. Wien. p. 44. 1885). V. Tschuzi zu Schmidhoffen. Bastard von Anas boschas domestica et A. clypeata (v.Madar. Zeitschr. f. O. p. 523. 1885).
« Ge sont les femelles qui sont les plus loquaces. Leur voix est plus « haute, plus forte, plus susceptible d’inflexions que celle du mâle, qui est monotone et dont le son est toujours enroué. » (B.).
« Les Latins avaientle verbe tetrinare pour exprimer le cri des Canards; « nous n’en avons point dans notre langue, si ce n’est celui de Kankan, « qui est l'expression de ce cri. » (Vieill.).
« La chair de l'Anas boschas est plus fine, plus succulente et de meilleur « goût que celle du C. domestique... Les pâtés de Canards d'Amiens « sont en grande réputation chez les gourmands. » (Vieill.).
« Les Anciens pensants que les Canes du pais de Pôt se repaissent de « venin, on donné leur sang contre toutes poysons; et de fait Mithridates, « qui n’estait moins medecin que Roy, et duquel nous auons ce tant re- « nommé médicament de son no, faisait endurcir le sang des Canes, afin « qu’il le peust mieux garder, et le destremper en médecine quand il « vouldroit. » (Belon, ist. d. la nat. d. Oys. p.161.)
CHASSE. — « C'est le soir, à Za chute, au bord des eaux sur lesquelles « on les attire en y plaçant des Canards domestiques, que le chasseur, « gîté dans une hutte, ou couvert et caché de quelque manière, les attend « et les tire. » (B.).
« En temps de neise, M. Hébert allait à la chasse aux Canards entic- « rement couvert d’une grande nappe de toile blanche, un masque de « papier blanc sur le visage, un ruban blanc roulé sur le canon du fusil; « ils le laissaient approcher sans défiance. « (Buff.).
Pour chasser les jeunes Canards, on emploie en Suède de petits chiens qui les font sortir des joncs, ce qui permet au chasseur de les tirer; ou bien, ces chiens les poussent dans les herbes des prairies, où ils Les saisissent facilement. ( Voy. Ekstrôm, Tidskr. f. Jagare. p. 259-263).
Nappes. « On choisit dans les marais une plage couverte d’environ « deux pieds d’eau, qu’on y entretient par le moyen d’une légère digue;
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les plus grandes et les plus éloignées des haies et des arbres sont les meilleures ; on forme sur le bord une hutte en terre, ou bien garnie de glaise dans le fond, et couverte de gazons appliqués sur un treillis de branchages ; le tendeur y étant assis, l’extrémité de sa tête excède le haut de la hutte. »
« On tend dans l’eau des filets de la forme des Nappes aux Alouettes et garnis de deux fortes barres de fer qui les tiennent assujettis sur la vase ; les cordes de détente sont fixées dans la hutte. »
« Le tendeur attache plusieurs Canes avant les filets... Les mâles avec lesquels on a soin de les faire apparier dès le mois d’Oct., sont enfermés dans le coin de la hutte. »
« Le tendeur attentif fixe l'horizon de tous les côtés, surtout vers le N,. ; aussitôt qu’il aperçoit une troupe de Canards sauvages, il prend un de ces mâles et le jette en l'air ; cet Oiseau vole sur-le-champ vers les autres et les joint. Les femelles au-dessus desquelles il passe, crient et l’appellent; s’il tarde trop à revenir, on en lâche un second, souvent un troisième ; les cris redoublés des femelles les ramènent, les sauvages les suivent et se posent avec eux; la forme de la hutte les inquiète quelfois, mais ils sont rassurés .en un instant par les traîtres qu'ils voient nager avec sécurité vers les femelles, qui sont entre la butte et les filets, ils avancent et les suivent; le tendeur qui les veille saisit l'instant favorable, lorsqu'ils traversent la Forme, il en prend quelquefois une douzaine et plus d'un seul coup. »
« J’ai toujours remarqué que les Canards dressés à cette chasse se mettent rarement dans le coup des filets ; ils en traversent l'emplacement au vol, ils le connaissent quoique rien ne paraisse au dehors. »
« Les Siffleurs, les Souchets, les Sarcelles, les Millouins, etc., viennent à l’appel des Canes, ou suivent les traîtres. »
« Cette chasse ne se fait que pendant la nuit au clair de la lune: les instants les plus favorables sont le lever de cette planète et une heure avant l’aube du jour ; elle ne se pratique utilement que pendant les vents du N. et du N.-E., parce que le gibier voyage alors. » (Baïillon, cité
par Buffon.)
« En Lorraine, sur les étangs qui bordent la Sarre, on prend les Canards avec un filet tendu verticalement, et semblable à la Panthère qui sert aux Bécasses; en plusieurs autres endroits, les chasseurs, sur un bateau couvert de ramée et de roseaux, s’approchent lentement des Canards dispersés sur l’eau, et pour les rassembler, ils lâchent un petit chien : la crainte de l’ennemi fait que les Canards se rassemblent, s’attroupent lentement, et alors on peut les tirer sans bruit avec des sortes de sarbacanes ; ou bien on tire sur la troupe entière avec un gros fusil d'abordage, qui écarte le plomb, en tue ou blesse un bon nombre... Cette chasse très amusante s'appelle le Badinage. » (Baillon).
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