‹ Contributions à la faune ornithologique de l'Europe occidentaleChapitre 95 sur 208 · ARE · texte numérisé non relu

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La Glanée. « De toutes les chasses aux Canards, la plus simple, et « en même temps la moins dispendieuse, et l’une des plus productives est « celle qu'on nomme Glanée. Il faut pour cette chasse, avoir des tuiles « plates, les plus grandes de celles qui servent à couvrir les toits ; on en - perce le milieu d’un trou, à travers lequel on passe 4 fils de fer de « moyenne grosseur, et longs d'un pied; on les tord et on en courbe les « 4 extrémités à chacune desquelles on attache solidement un collier de « 6-8 crins; on garnit de terre glaise le dessus de la tuile, et on y sème « du blé cuit dans l’eau commune. On répand aussi du blé à l’entour du « piège pour servir d’amorce. Cette chasse se fait à la sourdine, de « manière qu’un Canard se prend à côté de son voisin sans l’apercevoir « et sans se douter du piège, qui se place sur le bord d’une rivière, d’un « étang, ou dans des prés inondés, en sorte que la tuile soit recouverte « de 4 pouces d'eau au moins, étant indifférent que les collets surnagent « horizontalement où entre deux eaux... » (Vieillot).

La pince d'Evalski ne peut être, selon M. de Cherville, d'aucune utilité daus la chasse aux Canards; il ne paraît pas qu'on l’ait jamais employée avec succès.

Le Reverbère et le Flambeau. « Pendant la nuit, sur une rivière dont « le cours est lent, un chasseur placé sur un bateau qu'il laisse aller au « fil de l’eau, et en devant duquel est une perche posée horizontalement « €t supportant à son extrémité une terrine remplie de suif, avec trois « mèches allumées, attire ainsi les Canards du bord de la rivière au lieu « qui est éclairé. Il les tue avec un long fusil nommé Canardière. » (Vieill.)

Tonelle. Filet conique comme celui qui est employé pour les Perdrix. On le tend à l'extrémité d’un étang, et l’on y pousse les Canards, ou on les attire avec des grains. On nourrit des Canards privés, en jetant tous les jours des grains à heure fixe. Les Canards domestiques amènent avec eux d'autres Canards ; on dispose les grains de manière à former des traînées qui conduisent sous les T'onelles ou s'engagent les Canards Sauvages. Ces étangs se nomment Canardières.

La Canardière. « La chasse au Canard a son arme spéciale, la Ca- « nardière, espèce de fusil de gros calibre, dont le canon, longuement « développé ne permet l’écartement du plomb qu’à une certaine distance. « … Le plus souvent ces Canardières s’emploient pour le tir du gibier « posé ct se manœuvrent à l’aide d’une fourchette et quelquefois d’une « espèce d'affût; dans ce cas, elles peuvent atteindre aux proportions d'un « fusil de rempart. J’en ai vu une qui avait été fabriquée pour un grand « propriétaire de la Sologne, et qui consistait en trois canons du calibre « cinq superposés, communiquant avec la même cheminée ct partant « simultanément. Cette Canardière pouvait recevoir 400 grammes de -« plomb... Avec des Canardières du calibre huit, on obtient de fort © beaux résultats... » (De Cherville).

Huttes roulantes. « Dans les environs de Bar: sur-Seine, sur les bords de l’Armance... on se sert de Huttes roulantes.. ces Huttes, d’un mètre de largeur sur un mètre vingt-cinq centimètres de longueur, ont deux mètres de hauteur ; elles sont construites d’un treillis d’osier enduit de terre, et ont l'apparence d’une ruche gigantesque. Elles n’ont point de plancher; deux rouleaux reliés à deux traverses sur lesquelles le chasseur pose ses pieds font l’effice de roues... Lorsque les eaux sont gelées, le chasseur s’enferme dans sa maison portative, la fait glisser sur la glace à l’aide d'un croc et va la placer le long du chenal qui reste toujours libre, à un endroit qu'il juge favorable, ordinairement ou un angle de la rivière forme un remous, et là, il attend les Cunards… Les chasseurs de l’Armance ne se servent points d’appelants, » (De Cherville).

Le Hallier. « On fait, comme pour celui des Caïilles, un triple filet ; les deux parois extérieures ont des mailles de 12 pouces (d’un nœud à l’autre) ; il y a quatre mailles l’une au-dessus de l’autre ; chacun de ces filets extérieurs a une longueur de 3 à 400 pieds. Le filet intérieur à des mailles de 5 pouces, dont on forme 18 rangées l’une au-dessus de l’autre ; il doit avoir une longueur de 540 à 700 pieds pour pouvoir former de vastes poches ; ces filets se plaçent dans les étangs où il y a des jeunes et des Canards adultes ; on les dispose dans les joncs et l'on fait en sorte que les filets extérieurs soient tendus avec des fourches, de telle manière qu’une rangée de leurs mailles se trouve au-dessus et deux au-dessous de l’eau... On y pousse les Canards, qui s'engagent au travers des grandes mailles du premier filet, entraînent le filet intérieur devant eux au travers des grandes mailles du troisième filet, et se trouvent pris dans la poche qu’ils ont ainsi formée. » (Brehm,

Vogelfang).

Wilson donne les figures et la description, d’après Bewick (British

Birds, IL p. 294) d'un genre de chasse qui se pratique en Angleterre c’est

la même qui est décrite dans le Magasin pittoresque (UT. p. 192-193),

elle ne paraît pas différer beaucoup de l'aire aux Canards, dont parle Brehm dans son Vogelfang.

« On commence par creuser une sorte de fossé attenant aux endroits des lacs où les Canards se rendent le plus volontiers; assez large à son ouverture, ce fossé se rétrécit graduellement jusqu’à ne plus présenter à son extrémité qu’une section de deux pieds ; tracé d’abord en ligne droite, il ne tarde pas à s’arrondir pour que le gibier déjà avancé dans le piège se trouve dérobé à la vue de celui qui y entre. Les bords, tenus fort proprement, et dégarnis des herbages trop épais, offrent aux Oiseaux des lieux de repos commodes ; ceux-ci nagent, grimpent, s'installent sur le gazon... et se trouvent en un vrai paradis. Un treillage s'élève des deux côtés, se courbe en arc au-dessus du canal, et, après

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avoir d’abord formé un berceau de 9 à 10 pieds, se rapproche sans cesse du sol et se termine par une sorte de boyau de 18 pouces de haut. Un grand filet recouvre le tout, et à l'extrémité on attache un autre filet en forme de sac maintenu ouvert par des cerceaux. »

« À quelque distance du lac on commence à établir le long des bords. de distance en distance, des barricades, ou palissades de roseaux; elles sont inclinées sur le canal, de façon que l’homme qui s’y placera puisse être aperçu par les Canards engagés entre lui et le filet de l’extrémité, mais demeure caché à ceux qui sont entre lui et l'embouchure. Il est d'autant plus important de se dérober à la vue des Oiseaux qui peuvent encore s'échapper, que ceux-ci en donnant l’alarme intimideraient tous les autres, et que le gibier déserterait la place; on en serait pour ses frais; c’est le cas de dire que l’on se trouverait pris dans ses propres filets. »

« Lorsque le chasseur s’approche des barricades, il faut qu’il ait soin de tenir un morceau de tourbe Cevant sa bouche, afin, dit-on, d’empêcher que les Canards ne flairent sa présence, Il est suivi d’un chien dressé, et s’avance avec les plus grandes précautions vers le milieu du canal où se trouve ménagée une petite ouverture au travers des palis-

sades. Il s'assure si les Canards sont engagés; s’ils n’y sont pas entrés,

il s’avance vers l'embouchure et aperçoit son gibier prenant ses ébats sur le lac. 1] fait un signe au chien en lui donnant un morceau de fromage à manger. L'animal cntré dans le canal par un trou qui lui est ménogé, suit le bord, fait sauter à l'eau les Canards qui se reposaient, et retourne vers son maître en sortant du filet par un autre trou ; on le récompense, on l’encourage ct on lui fait recommencer sa tournée. Les badauds de Canards s'amusent à ce manège et aux gentillesses du chien, ils se familiarisent, et, pour le mieux voir, s’enfoncent dans le canal. Le chasseur remonte alors et se place successivement à des barricades de plus en plus proches du dernier filet; lorsque enfin les Oiseaux

sont assez en avant, il retourne à la barricade la plus voisine de l'entrée. .

et, agitant son chapeau, il effraie les Canards déjà aventurés qui se sauvent vers le fond, tandis qu'il n’est pas vu de ceux qui entrent encore. Passant ainsi de barricade en barricade. il finit par contraindre les Oiseaux à ramper sous le trou de l'extrémité et à se réfugier dans

le filet. Donnant alors un tour de corde, il ferme toute issue, et saisissant.

les Canards à son aise, il leur tord promptement le cou afin de recommencer sa chasse. » (Mag. pitt.).

Manière de chasser les Canards sur le lac Kopais. « .… Le lac forme un espace de plusieurs milles complètement couvert de roseaux. Dans cette forêt impénétlrable, il y a des endroits où l’eau est trop profonde pour que la végétation puisse s’y développer. Lorsque l’Hiv. approche, ces cspaces libres sont fermés par des filets spécialement destinés à cet

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