PURE
effet ; et le soir, lorsque la neige qui apparaît fait prévoir un passage
de Canards, on monte deux barques munies d’une cloche et d’une lanterne. Les deux barques se dirigent des deux points opposés vers la place désignée. Les Canards fuient devant la lumière effrayés par le son de la cloche; ils ne s’envolent pas, mais se sauvent à la nage, jusqu'à ce qu’ils soient arrivés à l'extrémité de l'enceinte, où ils se prennent dans les filets. » (Lindermayer, Vôgel Griechenl.)
La Tirasse. « Sur le lac Menzaleh, dans la B. Égypte, on prend à la Tirasse toutes sortes de Canards, d'Oies, de Pelicans etc. On fabrique un filet de 100 à 200 aunes sur 10 aunes de large ; les mailles mesurent 4 pouces; la ligne supérieure de celles-ci est assujettie à une corde qui sert à la tendre; on en attache les deux extrémités au mât de chacun des bateaux. Le soir, après avoir observé le lieu où les Oiseaux se sont abattus pour se reposer, on se rend de ce côtéen faisant marcher de front les deux embarcations, que l’on maintient assez écartées l'une de l’autre pour que le filet soit toujours tendu. Le filet plonge plusieurs aunes sous l’eau et s'élève d'une hauteur à peu près égale au-dessus du niveau de celle-ci. Lorsque l'obscurité est complète, on fait passer le filet pardessus les Oiseaux endormis:; ceux-ci s’envolent alors et s’y embarrassent. C’est ainsi qu’au lac Menzaleh on prend souvent plus de cent Canards dans une seule nuit. » (Brehm, Vogelfang).
La Vache artificielle. «... On se déguise en Vache pour approcher à portée de fusil des bandes d'Oies ou de Canards sauvages. Le déguisement ne serait rien si l’on ne possédait pas la manière de s'en servir ; ce n’est pas assez d'entrer dana la peau d'un quadrupède... Lorsqu'on aperçoit une troupe d’Oiseaux... on avance vers elle à pas mesurés en lui présentant toujours le flanc et en décrivant des courbes de plus en plus rapprochés... Cette chasse est très productive. » (De Cherville). Malgré cette dernière assurance, il est sans doute préférable de prati-
quer la chasse aux Canaïds sauvages, comme on a l'habitude de la faire
sur la Saône : « Cette chasse se fait avec des bateaux légers, longs, étroits et pointus sur le devant, appelés dans le pays Fowrquettes. Il y en a de trois sortes : la plus petite l'ourquette, construite en sapin, pour plus de légèreté, n’a que 9 à 10 pieds de longueur, 2 pieds de large dans le fond, et { pied de bord; les chasseurs lui donnent le nom d'Arlequin ou de Nageret. La moyenne est en planches de chêne ; elle a 14 ou 15 pieds de long, 2 1/2 de large dans le fond, et Î pied de bord. La plus grande, appelée grosse Fourquetle, pareillement en chêne, est de 18 ou 20 pieds de longueur, de 3 pieds de large au moins dans le fond, et de { 1/2 pied de bord. Celle-ci est faite pour chasser dans les grands vents, contre lequel les deux autres espèces de bateaux ne tiendraient que difficilement. Un chasseur seul peut monter la première par un temps bien calme; quant à la seconde, il lui faut un rameur,
« èt pour la troisième, ou grosse l'ourquelte, il en faut souvent deux. « Une partie essentielle de l'équipement de ces bateaux consiste en un « fagot de même bois ou de jonc qui se couche en travers, à l'extrémité de « l'avant où ilest fixé par deux chevilles e fer ou de bois. Ce fagot sert à « couvrir le chasseur et le rameur, assis à plat sur le fond du bateau; ce « même fagot est percé, dans son milieu, d’une sorte de chatière, par « lequel on passe le bout de la canardière, proportionnée aux dimensions « de la Fourquette dont oa se sert, et dont le canon a jusqu’à 7 pieds de « longueur. Le chasseur suit dans ces bateaux le cours de la rivière, où il « trouve de fréquentes occasions de tirer syr des Canards de toute espèce. « Le succès de la chasse dépend en grande partie de celui qui conduit le « bateau et de son adresse à bien prendre son tour pour approcher le
« gibier. Un temps calme et sombre est le plus favorable... » (De Cherville.
Les pots de terre. « On voit dans le voyage de Renouard-de- Sainte -
« Croix, une chasse que l’on fait aux Canards dans les îles Philippines ; « pour cela, on se sert de pots de terre ronds, dans lesquels la tête d’un « homîme peut entrer facilement. On en met un grand nombre sur les « lacs et les étangs fréquentés par les Canards, qui s’accoutument à les « voir nager au milieu d'eux. Quend on veut en prendre, un homme se « coiffe d’un de ces pots, auquel il fait deux trous pour voir devant lui; « alors il s’avance au milieu de la troupe, en nageant le plus doucement « possible, puis tire les Canards par les pieds et Leur tord le cou dans « Peau... » (Vieillot).
V. G. Eine Entengeschichte. (Mitthlgn. orn. Ver. Wien. p. A9. 1882.)
Z. Finger, Entenfang bei Holitsch (Naumannia, p. 262. 1856).
F. Droste-Hülsshoff, Der Entenstrich im October (/nsel Borkum, ip. 41:.J° f. O. p.64. 1867). — Ein Entenfang. J.f. 0: p. 2104800)
Hans Newklowky. Beitrag zur Kenntniss der Stockente(Mitthlgn. orn. Ver. Wien. p. 99, 1878).
Innes (Walter). Une chasse aux Canards sur le lac d’Edco. (Edco, petit village situé entre Aboukir et Rosette). (L’Acclimatation. p. 185. 1876).
Sir Ralph Payne Gallwey, De Coys. (The Fowler in Ireland, p. 6%.)
NourRITURE. — Insectes aquatiques, pelits Poissons, Grenouilles, graines de Joncs, Lentilles d'eau. (Buff.). Plantes aquatiques et leurs Semences, Insectes, Vers, Mollusques, Frai de Poisson. Pour aller à la recherche de sa nourriture, cette Espèce ne plonge pas, mais enfonce souvent la tête dans l'eau, tout en travaillant avec les pieds pour se maintenir dans cette position. (Sandevall). Aw Groenland, cet Oiseau se nourrit principalement de Testacés, On trouve souvent dans son œsophage le
Turbo planorbis. Fabric. Il plonge à 2 ou 4 brasses de profondeur pour rechercher des coquillages tels que Margaritu helicina, modiola et des Tellines, plus rarement des Amphipodes. En Hiv., la chair du Canard sauvage a un goût très amer, qui provient sans doute de ce genre de nourriture. (Holbüll). Pendant les gelées, les Canards vont à la lisière des bois ramasser des glands qu'ils aiment beaucoup; ils se jettent aussi sur les champs de blé. (Vieillot). Ce Canard. est omnivore dans la véritable acception du mot. Tout lui est bon pour satisfaire son excessive voracité; propre ou non, il engloutit tout ce qui se rencontre : vieux rebuts, :tripaille, poisson pourri, aussi bien que Reptiles et petits Quadrupèdes. Les noix et les fruits de toute espéce lui sont un régal, et on l’engraisse promptement avec du riz, du blé ou d’autre grain. Il est, en général, si goulu, que souvent j'en ai vu deux tiraillant et se disputant pendant plus d'üne heure la peau d'une Anguille que l’un avait déjà avalée en partie, tandis: que le-camarade tenait ferme à l’autre bout. Ils gobent aussi très adroitement les Mouches, ct ont l'habitude de piétiner la terre humide pour en faire sortir les Vers. (Audubon, traduction d'Eugène Bazin).
PROPAGATION. — Scandinavie. Niche jusque sous le 68° Lat.(Wallengr.) Niche quelquefois sur les saules, dans des arbres creux, ou des Nids de Corneilles, quelquefois à une grande distance de l’eau. Lorsque le Nid est placé sur le sol, il se compose d’un tas de plantes aquatiques, de tiges d'herbes et de feuilles. L’Oiseau entoure ses œufs de duvet. (Thienemann).
« Le mâle indique à la femelle le lieu propre à placer leur progéniture. « C’est ordinairement une touffe épaiss2 de joncs, élevée et isolée au milieu « du marais. La femelle perce cette toulfe, s'y enfonce et l’arrange en « forme de nid... On ne laisse pas de trouver quelques nids dans les « bruyères éloignées, ou dans les champs, sur ces tas de paille que le « Jaboureur élève en meules, dans les forêts sur des chênes tronqués, et « dans de vieux nids abandonnés. » (B.).
€ J'ai vu, il y a quelques années, dit le docteur Franklin, dans le jar- « din zoologique de Regent’s Park, le nid d'un Canard sauvage sur le « toit d’un cottage recouvert en chaume et situé au bord de l’eau. Le gar- « dien avait ordre de voir comment les jeunes s’y prendraient pour descendre « à terre. Les rusés Oiseaux mirent en défaut sa surveillance, car tous, ils € disparurent un matin, au moment où lui et sa famille étaient à l’église. »
+ « Un Canard dont le Nid se trouverait à peu de hauteur sur le tronc « d'un saule, doit jeter ses petits par terre, si le sol est couvert de mousse « ou d'herbes... Le transport des petits par les parents au moyen de leur « bec paraît invraisemblable, car ils pourraient facilement les blesser... « Ils doivent donc saisir leurs petits en les maintenant entre leur cou replié « et leur poitrine." (Gloger, J. f. O. p. 222, 1860).
M. le comte Thun acommuniqué à M. V. v. Tschausizu Schmidhoffen, une observation d’après laquelle l’Anas boschas saisit ses petits avec son
Les
bec lorsqu'il veut les transporter (Mitthlqn. orn. Ver. Wien. p. 108. 1885). M. le Prof. Gabr. Szika a fait une observation analogue (Zbid. p. 115. 1887). Hartert (Ernst). Wie schaffen alte Vogel ihre Jungen fort. (Mitthlgn. orn. Ver. Wien. p. 683. 1887).
. Belon (Æist. de la nat. d. Oyseaux, p. 161) disait que les Canes sauvages qui nichent sur les arbres, transportent leurs petits dans l’eau avec leur bec. Cette assertion, aussi bien que celle de Gloger, a été combattue par le D' À. Brehm.
Œufs (8-14), à coquille faible, peu élastique, d'un gris blanc verdâtre, tirant tantôt au blanc, tantôt au verdâtre. Pores très fins, coquille très lisse et luisante. Ces œufs se distinguent de ceux de la Fuligula ferina par des teintes plus pâles. (Thienem.)0%,055-0%,061 sur 0m,041-0m,042. (Degl. et Gerbe).
« Le mâle ne paraît pas remplacer la femelle dans le soin de la couvée; « seulement il se tient à peu de distance; il l'accompagne lorsqu'elle va « chercher sa nourriture... L’incubation dure 30 jours. » (B.).
« Lorsque la femelle quitte ses œufs, elle les recouvre toujours de son « propre duvet. » (A. Brehm).
« …. Jamais elle ne se rend à son Nid au vol; elle se pose cent pas « plus loin, et pour y arriver elle marche avec défiance, en observant « s’il n’y a point d’ennemis. Mais lorsqu'une fois elle est tapie sur ses « œufs, l'approche d’un homme ne les lui fait pas quitter » (Buff.).
Suivant Gadamer (Naumannia, p. 80. 1867), la femelle du Canard sauvage abandonne tout à fait ses œufs quand elle les voit découverts.
« Au moindre danger, la mère, suivie de ses petits se rend à terre « pour se cacher dans les herbes des prairies ou dans les buissons... € Tant qu'ils n’ont pas la faculté de voler, les petits se tiennent pendant « le jour surtout à terre et sont très occupés le matin et le soir à rechercher « leur nourriture... Une fois qu’ils ont atteint leur croissance, ils se « rendent la nuit dans ies champs de grains et d'avoine...» (J. v. Wright, Kuopiotraktens Fogelfauna, p. 42).
Thienemann, Fortpflansungsg. pl. LXXIX. fig. 1. 1.
Bädecker, Brehm et Pässler, D. Eïer d. europ. Vüg., pl. 68. fig. 15. Moryez Hocker (J.).(J. f. 0. p.882. 41872.) œufs noûns:
L’Anas boschas est la souche de nos Canards domestiques ; 1l s’en distingue facilement par une taille plus svelte, les écussons des tarses plus fins, les ailes plus longues, des teintes peu sujettes à varier, si ce n’est pour passer à l’état d’albinisme ou de mélanisme. Les principales races de Canards domestiques sont :