o. Cystite
A. Cystite réelle.
Ce dangereux accident dont la présence a été bienvenue de ceux qui ont voulu chercher cause à la lithotritie, et qui, par conséquent, a été représenté par eux comme l’une des suites les plus tristes et les plus fréquentes de l’opération, s’est toutefois rarement montré cà celui qui ne veut voir les choses que comme elles sont, sinon parfois, peut-être, comme suite d’une violence grande de la part du chirurgien. Poui’ moi je n’ai jamais remarqué de vraie cystite, attaquant toutes les membranes de la vessie, avec forme aiguë et symptômes violents, après l’opération litKontriptique pratiquée sur un sujet sain. Par contre, lorsque la pierre elle-même, après un long séjom' dans la ve.ssie, a provoqué des suite.s telles que: abcès sous-péritonéaux dans la paroi vésicale (N:o 39), apostème dans la paroi abdominale devant la vessie, clapiers purulents dans le bassin ou autour de la prostate (N:o 45), désastres tous impossibles à découvrir d'avance; lorsque sans pressentir ces cas, j’ai procédé à l’opération, alors, malheui'eusemeiit.
cela a été de l’huile versée sui' le feu, et une cystite violente a précipité presque immédiatement le malade dans la tombe. Cette issue, du reste, même sans opération, ne se fait pas attendre longtemps; le N:o 2 en est un exemple.
B. Inflammation de la membrane muqueuse vésicale.
L'on a par contre, en général, quoiqu’à tort, considéré comme une cystite véritable cet état mitoyen fréquent de la muqueuse vésicale entre le catarrhe et l’inflammation, lequel ne s’étend pas aux autres membranes, montre dans son cours une forme plus chronique, et est suivi de douleurs aux mictions fréquentes dans lesquelles sortent de petites quantités d’urine mêlée d’un mucus glutineux, épais et parfois strié de sang. Simultanément avec ces douleurs, le malade continue assez souvent à fébriciter un peu, et peut passer parfois dans cette situation une ou plusieurs semaines, sans que son état général en souffre au reste beaucoup. Cet incident de la lithotritie est si général dans ses formes les plus bénignes, qu’il n’y a presque pas de cas où il ne se présente plus ou moins.
Ce qui a probablement contribué beaucoup à faire prendre cet état pour la cystite réelle, c’est la cfrconstance que si, lors de la présence de l’affection susdite, l’on palpe l’abdomen dans la région de la vessie, une telle pression provoque pai-fois une douleur sourde obtuse (N:o 21) ou du moins le besoin d’uriner; mais, au reste, ni les symptômes locaux ni les généraux n’atteignent une intensité considérable ; le patient s’en remet ordinairement, quoique souvent avec lenteur. Dans la cystite réelle, au contraire, l’erapi-
rement est bien plus prompt et les suites funestes ne tardent pas à se déclarer.
Un fait montre toutefois que cet état n’est pas dangereux en général, ou ne se comporte pas comme une véritable inflammation de la vessie: car toutes les fois que l’inflammation est provoquée par la lithotritie, elle s’améliore, surtout à l’égard de la secrétion muqueuse, et disparaît enfin justement par la continuation de l’opération ; celle-ci doit donc, ce qui est assez remarquable, en être considérée comme le meilleui- remède. Voilà en vérité un antiphlogistique assez curieux, dont l’effet comme tel ne peut être expliqué que de la manière suivante: il contribue à rendre à l’urine son cours ordinaire chez le malade, dont la vessie, par suite de la longue iiritation produite par la pierre, n’a pu, durant un temps plus ou moins long, se décharger que d’une manière très-imparfaite.
Les cas N:o 13, 21, 52, 54 et 56 sont les plus remarquables des occmTences nombreuses dans lesquelles une inflammation de la vessie avec écoulement d’un mucus épais, parfois sanguinolent, s’est notablement améliorée après des séances réitérées, et dans lesquelles l’urine est devenue claire et libre de mucus, parfois même avec une promptitude étonnante.