o. Difficulté d'uriner, rétention d'urine
A part les quelques cas où la pierre s’est arrêtée dans l’urètre même, ou ceux dans lesquels la vessie régorgeant de sang et de mucus manquait de force pour se décharger de son contenu, je n’ai jamais observé, comme suite de l’opération, de difficulté réelle de ce genre; car je ne puis considérer comme rétention l’état qui, le jour même de la séance, se déclare presque toujours après quelques heures ou vers le soir, et qui est occasionné par la pression de la pierre broyée sur le col si sensible de la vessie. Cette circonstance empêche, il est vrai, le patient d’uriner; elle lui cause même à l’ordiname des tourments et de l’angoisse; mais elle est de peu d’importance, en ce qu’elle
est immédiatement annihilée par l’introduction d’une sonde un peu grosse, laquelle rejette les fragments de l’orifice intérieur de l’urètre dans la vessie. Ce moyen de soulager le patient ne doit au reste jamais être négligé après les l:ères séances.
5;o. Hémorrhagie de la vessie et de V urètre.
Cet accident arrive sans doute parfois, mais rarement sans que le chirurgien ait manié les instruments d’une manière un peu trop brusque; il doit donc être mis plutôt sur le compte de l’opérateur que sur celui de la méthode. Je n’ai rencontré que 4 fois ce qu’on peut véritablement appeler une hémorrhagie de la vessie. Les N:o 6 et 51 montrent deux cas dans lesquels je n’ai pas, que je sache, la moindi’e négligence à me reprocher, mais où l’hémorrhagie se déclara néanmoins; les N:o 26 et 32 sont par contre deux cas où l’hémorrhagie fut probablement provoquée par- le maniement un peu brusque des instruments; je dois par conséquent m’en considérer comme la cause. Dans les deux premiers cas, et dans d’autres où l’hémorrhagie s’est déclarée sans la cause possible indiquée plus haut, je serais prêt à l’expliquer par la supposition que la muqueuse de la vessie, (en analogie complète, du reste, avec ce qui arrive parfois à celle de la bouche, du nez, de la matrice, etc.), se trouve dans un état irrité, gonflé, et qu’alors, sans qu’il y ait eu vraiment lésion, il suffit d’un attouchement ou d’une friction peu ordinaire pour causer une hémorrhagie plus ou moins considérable. Cette manière de voir me paraît, surtout lorsqu’il s’agit de la vessie contenant un corps étranger d’une nature aussi irritante que la pierre, me pai'aît, dis-je,
pour le moins beaucoup plus raisonnable que celle d’admettre la présence, autour du col de la vessie, des vaisseaux variqueux sur lesquels on a voulu rejeter la faute dans de tels cas, mais que l’autopsie n’a jamais pu faire découvrir.
Je n’ai du reste jamais remarqué d’influence funeste de ces hémorrhagies sur l’opération, ni d’interruption produite par elles dans le rétablissement du calculeux.
Pour l’hémorrhagie de l’urètre (N:o 41 et 49), voir plus bas; 16:o, Arrêt de calculs dans l’m’ètre.