‹ Convention forestière canadienne tenue à Montréal, les 11 et 12 mars 1908 [microforme]Chapitre 3 sur 17 · CLASSEMENT À FAIRE · texte numérisé non relu

CLASSEMENT À FAIRE

Il y a donc tout d’abord un départ à faire entre les parties du pays qui doivent être colonisées et celles qu’il vaut mieux garder en forêts. Et c’est justement sur ce point que le conflit peut éclater et, en fait, éclate assez souvent entre la colonisation et les intérêts forestiers. Certaines zones doivent être concédées au colon; les autres gardées avec leur couverture primitive de bois. Le problème de cette distinction à faire, pour délicat qu’il soit, n’est pas iasoluble. Pour le résoudre, du moins dans ses grandes lignes, la géologie nous sera un sérieux appoint.

On sait que la province de Québec est divisée en deux parties inégales par le Saint-Laurent qui la traverse du sud-ouest au nord-est. De chaque côté, à des distances inégales, se rencontrent deux chaînes de montagnes, les monts Notre-Dame au sud-est et les Laurentides au nord-est. Nous savons encore que toute la surface du pays, émergée de l'océan silurien depuis les premiers âges gologiques, fut, pendant un nombre de siècles incalculable, soumise à l’action désagrégeante des agents atmosphériques et que, par conséquent, les roches qui se trouvaient à la surface ont dù se décomposer sur une assez forte épaisseur. À la fin des âges géologiques, les glaciers puissants qui labourèrent alors tout le pays, en partant soit du massif laurentien, soit une hauteur des Schickshocks ou des sommets du Nouveau-Brunswick, arrachèrent au sol et transportèrent un "eu partout Îles détritus minéraux sous la forme de ces moraines gracières dont on retrouve les restes éparpillés dans toutes nos régions montagneuses.

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Ce rabotage violent, disions-nous dernièrement dans la “ Presse,” causa une modification profonde dans l’orographie primitive. Les sommets montagneux furent étêtés et leurs débris dispersés aux hasards des courants glaciaires. En sorte que, plus tard, lorsque, grâce à un affaisement général de la surface du pays, le glacier continental fondit sous l'influence d’un climat plus chaud, la surface des Laurentides apparut avec le facies qu’elle a maintenant, irrégulièrement couverte des débris minéraux que la glace avait charriés avec elle. ‘

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