‹ Conversations inédites de madame la marquise de MaintenonChapitre 14 sur 51 · XXIV NOTICE · texte numérisé non relu

XXIV NOTICE

« elle a été élevée ici et elle aimera tout ce

« qui en est; je ne serai pas mal à la cour

« à Lisbonne il y a plus de société qu'on ne « dit, et les chaleurs n'y sont pas excessi- « ves; enfin on m'y promet toutes sortes « d'agréments. Et que quitté-je ici ? des « amis à qui je suis à charge, des gens qui « ne savent pas servir l'infortune. Le ma- « réchal d'Albret est le seul qui me reste, « mais les choses sont bien changées : au- « trefois mon ami, il est aujourd'hui mon « protecteur. Il a bien voulu s'intéresser « pour moi auprès de madame de Montesce pan; ménagez-moi, je vous prie,rhon-

f( neur de lui être présentée Que je

« n'aie point à me reprocher d'avoir quitté «la France, sans en avoir revu la mer- «. veille '. » Madame Scarron fut présentée

' Lettre da 3o juin 16664. Quelques biographes, suivis par M. Auger, reprochent à madame Scarron l'empressement qn elle témoigna pour voir nue femme qui 'vivait dans un double adultère. Cette accusation est injuste : la Leauté de madame de Montespan la rendoit la merveille de la cour ; mais si le roi l'airaoit , c'étoit encore en secret.

à madame de Montespau ; nous lui laisserons raconter cet événement, qui décida de toute sa vie. «Ces jours passés, madame « de Thianges me présenta à sa sœur, lui '< disant que je devois partir incessamment « pour Lisbonne- — Pour Lisbonne, dit- « elle, mais cc^la est bien loin ; il faut rester « ici : Albret m'a parlé de vous, je connois « toiit votre mérite. — J'aimerois bien <' mieux, disois-je en moi-même, qu'elle « connût ma misère ; je la lui peignis , mais

« sans me ravaler Je lui dis que ma pen-

« sion étoit supprimée; quej'avois sollicité « en vain M. Colbert; que mes amis avoieut '<■ inutilement présenté des placels au roi; « que j'étûis obligée de chercher hors de

« ma patrie une subsistance honnête

« Enfin , madame de La Fayette auroit été « contente du vrai de mes expressions et « de la brièveté de mon récit. Madame de « Montespan en parut touchée , et m'en «■ demanda le détail dans un mémoire

« qu'elle se chargea de présenter au roi

«j'écrivis à la hâte mon placet, et j'en fus «aussi contente que si noire abbé ' y ' L'abbé Testu.

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