LXXII NOTICE
cassette; et il fit insérer dans le brevet y que son rare désintéressement la lui avoit rendue nécessaire. Madame, mère du régent, lui fit aussi une visite, circonstance qui suffiroit seule pour prouver le mariage. La reine d* Angleterre vint aussi chez elle dans le plus grand deuil.
Retirée à Saint-Cyr, madame de Maintenon fit vendre ses chevaux; elle renvoya ses domestiq^ues et ne garda que deux femmes pour la servir. Elle suivit tous les exercices religieux, se contenta de l'ordinaire de la maison, et se soumit, comme une simple dame, à l'autorité de la supérieure. Sa pension devint le patrimoine des pauvres.
Pierre-le- Grand étant venu à Paris en 1717, voulut voir madame de Maintenon.
Elle étoit sur son lit : le czar ouvrit les rideaux, pour la mieux considérer, et il lui fit adresser la parole par son interprète.
M""^ de Maintenou tomba malade le i3 mars 1719; son état ne parut pas d'abord alarmant, mais des symptômes de malignité se déclarèrent , et la fondatrice de
Saint-Cyr succomba, le i5 avril suivant, à cinq heures du soir. Son testament fut ouvert le même jour, et le duc de Noailles , son neveu et son héritier, donna les ordres pour ses obsèques. Le corps demeura exposé pendant deux jours, et l'enterrement eut lieu le 17 avril. Godet des Marais, évèque de Chartres, y officia; les dames de Saint-Louis portaient les coins du drap funèbre, et un grand nombre de demoiselles avec des cierges enlouroient le corps, et lui formoient comme une chapelle ardente. Les vêpres furent chantées par des prêtres et des clercs qu'on avoit appelés du dehors; « car, dit made- « moiselle d'Aumale, les dames et les de- « moiselles étoieut hors d'état de chanter, « par les larmes et les sanglots qu'elles « jetoient *. »
On fit le lendemain un service aufjuel la simplicité présida. Le duc de Noailles l'avoit ainsi ordonné pour se conformer davantage aux intentions de ma-
' Mémoire.'! mamisctk^ de madt^inoiselle d'Au- Tnaîe.