‹ Conversations inédites de madame la marquise de MaintenonChapitre 7 sur 51 · TU NOTICE · texte numérisé non relu

TU NOTICE

considérée. Touché de la situation dan> laquelle il voyoitmademoisclled'Aubignc, il lui offrit de payer sa dot, si elle vouloit entrer en religion, ou de l'épouser. Elle préféra ce dernier parti, et ils furent unis vers l'année i65i '.

Si ce mariage ne lui donnoit pas un époux, au moins mademoiselle d'Aubigné y trouva-t-elle un protecteur et un ami. « Vous savez , écrivoit-elle à son frère , « que je n'ai jamais été mariée. » — « C'é- « toit , disoit-elle encore, une union oii le « cœur entroit pour peu de chose , et le <' corps en vérité pour rien.» Madame Scarron , d'abord timide , bientôt aimable et spirituelle, donna un nouvel agrément aux réunions qui avoient lieu chez son mari. En sa présence, les propos , sans rien perdre de leur gaîté, devinrent plus décents. Son maintien modeste et réservé imposoit aux plus hardis. « Elle

' Cette époque est incertaine. Le mariage eut lieu en i65o ou en i65l. Segraisdit positivement que ce mariage eut lieu en i65o. ( Mémoires Anecdotes^ p. i5o. Amsterdam, I/Zj.)

SUR MADAME DE MAINTENON. Xlll

n passoit ses carêmes, dit madame de Cay- « lus, à manger un hareng , an bout de la « table, et se retiroit aussitôt dans sa « chambre , parcequ'elle avoit compris « qu'une conduite moins exacte et moins « austère, à l'âge où elle étoit, feroit que « la licence de cette jeunesse n'auroitplus « de frein, et deviendroit préjudiciable à « sa réputation «. — « Je n'étois pas alors « assez heureuse pour agir uniquement « pour Dieu , disoit depuis madame de « Maintenon , mais je voulois être esti- « niée ; l'envie de me faire un nom étoit « ma passion. » Scarron apprécioit le mérite de sa femme; il la consultoit sur ses ouvrages , et à sa prière il consentit souvent à retrancherdespassagesqui auroient blessé les mœurs. Scarron étoit fort libre dans ses discours, mais Segrais nous assure qu'au bout de trois mois de mariage, sa femme « l'avoit déjà corrigé de bien des « choses '.>^ 11 ne fut pas non plus inutile pour Françoise d'Aubigné de se trouver

Mémoires Anecdotes de Segrais, p. 139^

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