‹ Conversations religieuses de Napoléon, avec des documents inédits de la plus haute importance ou il révèle lui-même sa pensée intime sur le christianisme, et des lettres de mm.le cardinal Fesch, Montholon, Hudson Lowe, Marchant, et un facsimile de l'écriture de l'empereur;Chapitre 8 sur 46 · XVI · texte numérisé non relu

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plus son ouvrage que le mien ; non pas que je prétende excuser ainsi mes’ fautes. Non; J'affirme de nouveau que le style, la forme littéraire est de moi, mais j'affirme, et-je le répète éncore une fois, que les - pensées, les raisonnemens sont l’esprit , la parole ; l’œuvre de Napoléon-lui-même. Le Mémorial si fidèle, s’il contient un plus grand nombre de pages , ne contient pas plus de vérité. D'ailleurs les sentimens religieux exprimés ici, se retrouvent dans le Mémorial de M. de. Las-Cases , dans O’Méara et Antommarchi, mais avec des additions, des retranchemens. Il n’y a donc ici qu’une répétition plus formelle, plus explicite, et si j'ose le dire, plus littéraire. Il ne me seroit pas difficile de prouver , que les différences tiennent beaucoup plus aux différens secrétaires de l’empereur, à leur manière de voir, à leur esprit propre, qu’à l’empereur lui-même. Si la nécessité m’y forcoit, il suffiroit de consulter l'opinion , les préjugés, les principes connus des secrétaires, pour dé terminer immédiatement la vraie origine des contradictions flagrantes, des absurdités

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palpables, des fausses interprétations. Néanmoins je ne me fais pas d’ilusion , sur le sentiment de prévention avec laquelle on accueillera d'abord ce recueil. En voici l'explication : la religion est ici en évidence et le principal ; ailleurs il en est tout autrement; la religion n'est jamais dans le jour qui lui convient ; ce qui la concerne, n’est même pas exprimé avec cette politesse, ces égards, ces développemens, cet amour que réclame la sublimité du sujet. On écrit avec le même style l’histoire des plus aupustes confidences et l'histoire de ce qui est le plus trivial et du dernier vulgaire. On est de mauvaise compagnie, on est sans gêne avec Dieu....., et les questions sacrées se trouvent noyées dans la foule des détails d’une insignifiance désolante. .……

Quant à la valeur de la parole de M. le comte de Montholon, à qui l’histoire sera redevable de eet éclaircissement inattendu de la physionomie religieuse de l’empereur, je crois devoir édifier le lecteur, par un récit succinct de ce qui décida cette nob'e

personne à s exiler de France, pour partager la prison de Napoléon. Le comte était de:

service à l’Élisée-Bourbon , le; jour ou l'il-: lustre libéral Lafayette, demanda et obtint.

le décret de la seconde déchéance. L'effet fut prompt comme celui de la foudre; aussitôt tout le monde s’évada d’un lieu frappé de disgrâce..…, le général Montholon , lui seul d'officier général, demeura à son poste. Napoléon, avec l'inquiétude naturelle à un homme dans une positition semblable, venoit de temps à autre, jeter un regard furtif dans le salon de service qui bientôt fut désert. « Général Montholon, lui dit-il, en » venant à lui, est-ce que vous suivriez ma » mauvaise fortune comme tant d’autres » ont suivi la bonne...» Je cite les paroles textuelles du général : « je n’osai réfuser.. » Certes, je ne me seroïs pas offert , j'en »-étois bien éloigné; maïs c'était la de- » mande de mon souverain dansle malheur; » cœ@ fut mon honneur de soldat qui dicta

» Ma réponse, J'acceptai. » D'autres se sont offerts pour aller à Sainte-Hélène, et qui en sont repartis avec de bons prétextes,

sans doute, puisque l’empereur les a acceptés, Dieu juge leur conduite... Quant au général Montholon , qui ne s’est pas offert, il y est demeuré jusqu’à la fin, «sans jamais » donner aucun chagrin. » Aussi l’impartiale équité de celui qui faisoit consister à bon droit l’art de régner dans l’art d'apprécier les hommes , cette équité a écrit dans son testament les trois paragraphes suivans :

« Je lègue deux millions de francs au:

»comte Montholon, comme une preuve de na satisfaction et des soins filials qu'il »m'a rendus depuis six ans.

» Je lègue au général Bertrand c:7q-rents » rille francs.

» Jelègue à Marchand, mon premier valet » de chambre, quaire cents mille francs; » les services qu’il m’a rendus sont ceux » d'un anti.»

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