Conversations sur l'agriculture [microforme]
ÆCONVERSATIONS SUR L'AGRICULTURE, A L'USAGE DES HABITANS, Par un habitant de Varennes.
« Les dons de la terre sont les seuls biens iné- « puisables, et tout fleurit dans un état où fleu- « rit l'Agriculture,» Seilly, AVANT-PROPOS.
La terre est le dépôt de toutes lea productions qui servent à satisfaire aux besoins physiques, qu'on se procure en pratiquant l’art qu’on nomme agriculture et qui consiste à faire rendre à la terre, en la rendant fertile, la plus grande quantité possible de ses productions, Cet art est le premier de tous les arts, parce qu'il tire son origine de nos premiers besoins ; et le plus utile, puisqu'il nous nourrit, et qu’il fournit à tous les autres arts les matières qu'ils emploient.
Les principes certains de cet art, applicables artout avec succès, sont le bien fumer et le ien labourer; ensuite ajoutez l'application
d’une eultüre convenable à chaque climat, à chaque espèce ou nature de terrain et vous aurez, je crois, tout le secret de la fertilisation. ]l y a de nombreux volumes, qui traitent de ces trois principes simples de l’agriculture ; ils sont instructif et intéressans, mais malheureusement ils sont peu lus par ceux qui pratiquent l'art dont ils traitent, par la raison que les cultivateurs n’ont ni assez de tems à donner à la lecture d’un long ouvrage, ni assez d’argent pour en faire l'acquisition, Il est pourtant fâcheux que de honnes idées et d'excellentes méthodes soient perdues pour les habitans des campagnes
qui ne peuvent se les rocurer, Il faut done tâcher de simplifier et d’abréger ces ouvrages
savans, pour en faire une instruction facile et à.
1a portée des laboureurs, no
e petit livre élémentaire a ce but. Ces instructions seront divisées en leçons et seront terminées par un tableau comparatif de deux fermes administrées différemment, l’une suivant ancienne routine, et l’autre suivant les principes contenus dans ce petit écrit.
COMVERSATION PREMIERE.
Des principes généraux d’amélioration, et des connaissances nécessaires pour être bon cultivateur.
Demande.—Qu'entendez-vous par amélioration de l’agriculture? ”
Réponse.—Améliorer, c’est fertiliser une terre stérile; rendre lesterres médiocres bonnes, et les bonnes encore plus fertiles: pour obtenir ces heureux résultats, les moyens sont bien simples ; tout le secretse borne à trois grands principes généraux: engraisser, ameublir et
. donner à la terre une culture appropriée à sa na-
ture et à sa qualité.
D.—Qu’est-ce qu’engraisser ou fumer ?
R.—C’est donner à la terre, par le moyen des fumiers, des sels dont les plantes ont besoin pour croître, et qui s’épuisent plus ou moins,
Suivant la nature plus ou moins épuisante des
EE qu’on a cultivés.
: D.—Et ameublir ? | R.—C’°:t diviser la terre par très petites par-
ties, au moyen des labours; de sorte que les
racines des plantes puissent s’étendre avec facilité, et que le soleil, les rosées, les pluies pé-
ve D
nètrent facilement jusqu'à elles, ces trois agens étant indispensablement nécessaires à la vêgé-
D.—Et donner à la terre une culture appropriée à sa nature et à sa qualité ?
R.—C'est appliquer une culture propre au climat, à la connaissance bien approfondie de l'espèce de terre que l'on veut cultiver. Estelle sèche ou humide de sa nature? Est-elle propre enfin à produire telle ou telle plante ?
Ine faudrait pass par exemple, dans une terre maigre et sablonneuse s'aviser d'y semer du froment, et dans une terre mouilleuse ou trop humide,d’y vouloir faire prospérer de la luzerne, enfin on ne pourrait faire croître la pomme grenade en Canada, &ec.
D.—Maigré la simplicité des principes généraux de l’agriculture, il parait, qu’il faut encore beaucoup de connaissances pour être un bon cultivateur ?
R.—11 faut surtout beaucoup de pratique et d'expérience.
D.—Quelles sont les principales connaissan-
ces et les qualités nécessaires que doit posséder
un cultivateur ?
R.—J1 doit connattre et savoir distinguer les différentes qualités de terres, pour leur donner les amendemens et une culture convenables.
Il doit savoir diviser les assolemei::: le ma-
nière qu’en alternant les productions, et sachant
faire un choix bien entendu des végétaux, la totalité de ses terres soit toujours en rapport et ne se repose jamais, sans cependant se fatiguer. (Je vous démuntrerai cette possibilité quand nous parlerons des assolemens.)
Il faut qu’il sache gouverner parfaitement toutes sortes de bestiaux, parce qu’il est essen-
tiel d'en avoir beaucoup, non seulement à cause des profits considérables qu’ils donnent ; mais :
afin de pouvoir se procurer beaucoup d'engrais, sans lesquels. on ne peut avoir d’abondantes récoltes, | | | x:
11 faut enfin être économe, instruit, vigilant,
sage, actif et soigneux.
Ile. cCONVERSATION. | Sur les différentes qualités des terres ; comment sl faut corriger leurs défauts en les améliorant ; des fumiers, marnes et autres engrais.
D.—Comment distinguez-vous les différentes qualités de terres ?
R.—Les terres se divisent ordinairement en .
quatre qualités principales : 1©, les bonnes terres franches, végétales jusqu'à une grande profondeur, si fertiles, si faciles à travailler. Cette espèce de terre est ordinairement de couleur noire, douce comme le sable; en la mettant dans la bouche elle n’a aucun gout ; mais elle pique légèrement la langue, suivant qu’elle contient plus ou moins de sels propres à la yep tation. 2°. Les argileuses ou glaises ; elles sont fortes, compactes et froides, toujours très difficiles à labourer. Ces espèces de terres ont des caractères trop bien marqués pour qu’on ne sache les distinguer facilement ; si l’on en prend avec les doigts, elle s’y attache, eten marchant sur ces sortes de terrés après une petite pluie, on lève avec lés pieds toute la superficie, qui s’y attache. La couleur est ou rouge plus ou moins foncé, ou jaure plus vu moins tirant sur le brun, âcre au goût. 3°. Les mélanges de glaise avec du sable, ou du gravier, ayant plus ou
moins des défauts du genre qui domine. 4°.
Les sablonneuses, gravelèusés, caillouteuses, ‘égères, blanches, crayonneusés; arides, toutes
mt
Ca d
WW te CP me EE M 0
brûlantes, faciles à travailler, mais peu productives. | sert Dans ces quatre qualités principales, vous devez sentir qu'il y a une infinités de nuances différentes qu’il serait trop long de détailler: mais avec un peu d'intelligence on distingue facilement par le seul exameri des plantée naturel. les qui dominent dans un terrain, à quelle classe il appartient; s’il est froid, humide, sec, ‘brülant, bon ou mauvais enfin, et à quelle culture il est propre. En général toutes les terres sont susceptibles de produire du grain, en les améliorant par des engrais analogues à leurs qualités, ou plutôt en opposition avec leurs défauts.
D.—Comment corrigez-vous les défauts d’une terre, et quels sont les engrais convenables à chacune d'elle ?
R.—La première espèce, féconde en toutes productions, peut recevoir indistinctement toutes sortes d’engrais ; il en faut peu.
La seconde espèce, assez productive quand le tems a été favorable aux labours, peut s’améliorer en la couvrant d’une couche de sable commun, et en la fumant avec des fumiers de cheval ou de mouton non consommés, ou bien avec de la marne pure et sablonneuse. . Ces deux premières qualités produisent du froment, du trèfle, de la luzerne quand le fond n’est pas humide ou froid, et toutes sortes de racines et légumes.
La troisième espèce, moins bonne que les deux autres, s’améliorera avec des engrais en opposition avec les défauts dominans, et surtout avec la marne. (Ces sortes Je terres produisent du froment; je vous conseille cependant d’y méler toujours un tiers de seigle, |
La quat'ièms eafin, peu fertile, pourrait devenir bonne si l’on y conduisait des terres grasses, des curures d’étang, de fossés, des fumierr de vache, ou de mouton bien gras, bien pourris etde la marne pesante et glaiseuse, et non pure
et légère. Ily a beaucoup de ces terres sablon-.
neuses, qui, lorsqu'elles ne sont pas trop brûlantes, produisent de très beau seigle, peuvent donner d’assez bonnes récoltes de trèfle, sont très favorables à la culture des patates, des haricots etc; le sain-foin surtout prospère et donne de bons produits dans les terres maigres, légères et graveleuses.
D.—De tous les engrais connus, quel est celui que vous prélérez ?
R.—C’est sans contredit les fumiers des animaux, parce qu’ils conc‘ennent en plus grande quantité les parties fécondantes, et qu’ils les conservent plus longtems.
D.—N'y a-t-il pas des soins à observer pour avoir toujours d’excellens fumiers ?
R.—Sans doute, et ce moyen est simple, le voici: faites creuser autour de l'emplacement de votre fumier (ce qui doit être non loin des étables), un fossé où se rendront toutes les urines des étabies et toutes les eaux de la cour ; avec ces eaux arrosez votre fumier avec une pelle à bateau, tous les jours, plutôt deux fois qu’une, surtout dans l'été. Si dans le pays que vous habitez, la chaux n’est pas chère, je vous conseille d’en saupoudrer une petite couche sur chaque alternative de fumier: cela fait merveille. Non seulement la chaux contient beaucoup de sels favorables à la végétation, mais en s’éteignant quand on arose le fumier, la partie ignée brûle les insectes et détruit tous les germes de mauvaises herbes qui s’y trouvent. L'expérience a prouvé que du fumier ainsi soigné produisait les
meilleurs effets, qu’il contenait plus de graisse et de sels que les fumiers mal soignés, et qu’il n'avait pas l’inconvénient d’engendrer de mauvaises herbes si préjudiciables aux récoltes. Ces considérations essentielles doivent engager tous les cultivateurs à suivre avec exactitude ce procédé, trop négligé jusqu’à présent.
D.—Après le fumier vous donnez sûrement Je second rang à ia marne parmi les engrais efficaces ?
R.—Oui, il y en a mème qui lui donnent le premier rang, pourvu que l’espèce en soit bien appliquée.
D.—Vous distinguez donc plusieurs espèces de marne ?
R.—Il y en a trois La première est la pure ; elle est légère et moelleuse. La seconde est la glaiseuse, elle est pesante et compacte, et la troisième est la sablonneuse. Chacune s'applique avec succès, comme je l’ai déjà dit, à l’espèce de terre qui lui est opposée.
D.—Comment distinguc-t-on en général les marnes des terres glaises ?
R.—On les distingue facilement des terres pus en ce que toute marne travaille dans
eau, qu'elle s’y dissout ainsi qu’à l’air et au soleil, en ce qu’elle fermente dans le vinaigre et pétille dans le feu.
D.—N'y a-t-il pas d’autres engrais ?
—Oui sans doute, i y en auneinfinité d’autres excellens, tels sont les cendres, la chaux, le plâtre, tous les trois si favorables aux prairies naturelles et artificielles, ’
Dans le voisinage de la mer, le varec ou vrae, qu’on doit avoir soin de faire bien pourrir avec les fumiers de basse-cours ; la tanque de mer, qui est une espèce de sable marin que les labou.
reurs des côtes emploient. ‘ Ils en 'distingüent quatre espèces ; vous avez ensüité le'sel'marin: Les icürures' de’"mares, d'étange,. dé: fossés, les boues des chemins, des rues etc; toutes'des terres mises en un tas et laissées aingi un an; sont d’excellens engrais. "7 1%"; Ontire encore des végétaux un-engrais, qu’on nomme l’engrais verd, qui est très avantageux. Le sarrasin surtout offre ce moyen tout en don: nant une bonne récolte. Lorsqu’on le sème de bonne heure, la récolte se fera assez 4 tems,' pour que les graines qui tombent en e coupañt, puissent germer et offrir l’automñe un champ: de plantes prêtes à fleurir de nouveau On les’ enterre alors et tout en faisant un bon labour d’automne on engraisse le terrain. ‘ Le pacage des troupeaux ‘est encore ‘un bon engrais.
(Voyez la 6me. leçon, art. bêtes à laine) :
j Ille. CONVERSATION.’ : | Des assolemens les plus avantageux ; leur division et les plantes qu’on doit cultiver alternativement pour ne pas épuiser la fécondité de la terre, et cependant qu'elle sow toujours en rapport. ie si ner D.—Qu’entendez-vous par assolement ?
R.—On entend par assolement ou sole; la di-' vision des terres d’une ferme ; cette division se fait ordinairement en trois Soles, dans lés pays où les jachères sont observées : sole de blé, sole de menus grains et Jachères.
D.—Qu'appelez-vous jachères ? R:—C'est l'année de repos des terres; pendant cette Année elles ne rapportent rien ; on les laboure pour’ les disposerà recevoir u blé l'an: née suivante. ‘ Le’ produit du tiers des terres étant pôrté à zéro tous les’ans, il n’ést pas éton: nant que, dans lés pays où ce faneste système
est suivi,:tous les laboureurs soient peu riches.
En Canada,où la. jachère prend la moitié de la terre, l’eflet,est encore plus désavantageux.. : D.-Est-ce qu'il y a des pays où l'on ne fait
pas de jachres (4
R.—$ans doute, tous les pays bien cultivés ne savent pas ce que c’est. ls n'imaginent pas comment.on peut être assez dupe pour ne rien retirer d’une terre dont on paie le fermage, qu’on travaille avec beaucoup de frais; parce que la routine a dit qu’il fallait que cette terre se reposât, La terre se repose! comme si elle pouvait se fatiguer ! Mais ouvrez donc les yeux, vieux routiniers, et. vous verrez ges n’est pas si lssse que vous le supposez. Éxaminez vos guérets après une pluie ; et si vous êtes quelque temps sans relabourer, ils seront bientôt couverts de verdure; cette terre ne semble-t-elle pas vous reprocher de n’avoir su profiter de son activité et de sa bonne volonté? D
D.—-Cette réflexion me parait très juste. Cependant, je ne suis pas convaincu que l’on puisse faire produire du blé dans une terre plusieurs années de suite sans la faire reposer. |
R.—Gardez-vous en bien; il ne faut même pas faire succéder à du froment ou du seigle, de l'orge ou de l’avoine, comme vous avez coutume de faire, vous, et tous ceux qui cultivent mal. Vous appauvrissez votre terrain, et vous vous ruinez. LR NT ie de Le
D.—Comment faut-il done faire? ou je, ne ‘vous entends pas, ou vous vous .expliqüez mal : d’abord. vous dites que l’on se ruine à laisser un tiers de ses terres en repos; si l’on é’avise d'y -mettre seulement deux années de suite de grain, ‘vous .vous récriez qu'on appauvrit. la. terre, êt u'on se ruine encore. . Comment faut-il: donc ‘faire :
‘R. Ah! nous y voilà; il faut savoir : diviser ses soles et:alterner:si bier les productions que vous confierez à la terre, que sans. la fatiguer, sans altérer sa fécondité, elle vous dofine tous les ans des récoltes abondantès. :
D.-Expliquez-moi cela, s'il vous plait: Qu'entendez-vous par alterner ?
R.--Alterner, s’est:faire succéder alternative. mentune plante d’üne nature différente à la précédente, de sorte qu’une même vpèors un même genre, ne soient cultivés ans. la même terre qu'après queid’autres espèces et d’autres genres de:plantes y auront'été aussi cultivés. Je vais
me rendre plus clair: écoutez moi avec inténtion. . Toutes les plantes se divisent en deux classes à l'égard de leurs racines ; racines tragantes et racines pivotantes ; Ja première prend:sa .substance sur la superficie du terrain, comme vous le voyez auxigraminées, qui ont une :infinité de
petites racines fibreuses.
D.—-Qu'appelez-vous graminées ?
‘R.-Les graminées, ou :yramens, sont un genre de plantes dônt il y a beaucoup. d’espèces : le froment, le seigle, Pavoine, l’orge, le blé d'in. de:&cu, sont des graminées ; toutes les plantes de ce geüre.sucent avec avidité tous.les sols. de.la térre-et l'épuisent. . STE SRE SNA M
La seconde au contraire, qui est la racine pivotante, n'ayantqu’un seul jet ou pivot qui:s’enfonce fort avant dans la terre, n’en tire presque rien, et:par ses-feuilles larges, sa tige rampante, semble plutôt tirer aa nouriture ‘de l'air que de la terre. M'eles:sont les légumineuses, ebpèce ét fämille‘très nombreuse, de laquelle sont les pois, fèves, Haricots, lentilles, vesees, gessés &e. &c, ; eusvite:un grand nombre de fourrages arüficiels, comme-la iuserne,:le sainfoin, le trefle, sont en-
core du genre des légumineuses, Quand vous
avez récolté le blé dans une pièce de terre, au lieu d” faire succéder, comme vous faites ordinaire: -af, de l’avoine qui suce encoré la terre ou de l'érge qui ‘épuise davantage, où de la laisser,en jachère, qui ne rapporte rien, cultivez y une plante à racine pivotante ; choisissez l’espèce qui réussira le mieux dans votre paÿs, Suivant la qualité de votre terrain, et suivant vos débouchés, vos besoins et le servicé: de: votre exploitation. On peut cultiver encore’ entre deux blés, le chanvre, le lin, le colzat, la navette, des choux, des'‘carottes, des bette raves, ‘et une’ infinité d’autres plantes suivant l'usage du pays. Je vous conseille par'exémple la vesce, les pois gris, les lupins &c ; parceque ces plantes par là multitude de leurs tiges et de leurs feuilles couvrent la terre d’un salutaire ombragé, e étouflent toutes les plantes qui voudraient crottre avec elles. Ce bon effèt s’apperçoit quand on les fauche, la terre se trouve nette ét meuble comme de la cendre. La vesce; fauchée en ‘fleur, est un excellent fourrage ‘qui convient à toutes sortes d'animaux. Après là vesce, le printems-suivant vous semez de l’orge ou de l’avoine, jé vous conseille alors de semer avec les graminées de la graine de trèfle, si toutefbis le terrain y estfavorable, L'année suivante vous aurez sans frais de culturé au‘hoins üre bonne récolte de trèfle pour fourragé vert ou:sec, et vous pourrez l'automne suivant, sur un seul Jabour, semer du bléqui viendra très beau. Dans les térres à seigle, au Heu de semér avec les menus grains, du trèfle, mettez y du’saïnfoin ; pourvu “toujours que les terres ne soient ‘pas ‘humides, car dany ce cas it faudrait ÿ' mettre du trèfle. Pour me rendre encore plus élair, jé vais fäire le tabléau de ta culture alternative "d’une pièce de terre pendant cinq années sañs répos. ‘ ‘ ‘.
.Æableau de rotation alternative.— Bonne terre à
. tête année.—Fumier et labours pour y plan-- -Hér pommes de terres [patates] haricots, bette- «tavés;champêtres [racines de disette] &c. qui .nécessiteront des binages, lesquels serviront à “préparer'et nettoyer le terrain pour semer après es récoltes, sur un seul labour, du froment. Si les binages semblaient trop dispendieux pour une grande exploitation, semez des pois gris ou autrès, des vesces &c. z .:. 2e année.—Recolte de blé d'hiver. Si le tems est favorable on peut donner de suite un léger : labour pour y semèér de gros navets qu’on ré- ” coité en.Octobre ; au printems suivant, semez ‘après un bon labour, vesce d’été ou d’autres lé-
guminéuses. PRE ! 8e année.—Récolte de vésce d'été fauchée en fleur pour fourrage, ou gardée en graine, ou légumineuses ; ou de plantes à faire de l’huile. 4e. année.—Récolted’orge ou d’avoine semées au printemps de bonne heure ; en faisant ces semailles vous sémerez comme je lai déjà dit, de “la graine de trèfle. (Voyez l'instruction sur les prairies artificielles.) | 3 :
‘5e. année.—Une, peut-être deux récoltes de trèfle, soit pour faire manger en vert, soit pour fourragé sec. Aussitôt après la coupe donnez un léger. labour, puis un meilleur à la fin de ” Septémbre pour semer du blé.
Après cette récolte de blé, recommencez par les ‘fumiers et les labours, une seconde rotation en diversifiant les productions, parce que cette diveräité plait infiniment à la terre. Vous pour-riez : aus, et très avantageusement laisser subsister les prairies faites dans la quatrième année | Li ndant :trvis-ans:et n’y labourer que la troi- BIÈME.
terreë
y plan bette- C qui.
ront à r'après nt. Si k pour bris Ou
le tems
léger on résemez tres lé-
auchée ne, ou uile.
emées ces Seit, de sur les
tes de tpour onnez fin de
Z par lation cette pour subnnée troi-
. D.—-Je commence ,à. comprendre l’avantage de votre méthode dans.les bons fonds, mais dans les; terres médiocres. comme. les sablonueuses, . maigres, arides, graveleuses, comme elles n’ont. pas assez de vigueur pour produire tous les ans, vous laissez donc. reposer celles-la ? -R.—Pas davantage que les autres, ét moins s’il est possible. re RSS D.—Pourquoi cela ? ; ART nr : R.—La réponse est a : plus une terre est sèche, plus il est convenable de la couvrir d’un raffraichissant ombrage ;. d’ailleurs il est bien
constant que c'est la culture qui améliore les
terres, il taut donc cultiver sans cesse celles qui ont.le plus , besoin d’être améliorées : on. sait combien le sain foin bonifie la qualité dés terres. Hé bien! à la cinquième année de culture alternative, je laisse ma pièce de terre en sain foin pendant.cinq années. . On doit sentir l’avantage de mes assolemens; je récolte beaucoup de fourrages;. je puis nourrir un. grand nombre de bestiaux,. je fais. par conséquent beaucoup de fumier, je puis donc. fumer mes prairies artificielles deux fois pendant les cinq années que je les laisse en cette nature. Cet engrais joint À la vertu améliorante du sain foin, contribue puissamment à engraisser {e sol et à le rendre fértile.
À l'égard de l’assolement de ces térrés pendant les cinq années de cuiture, on peut suivre la marche indiquée au tableau ci déssus, avec
- cette différence que vous mettez du Seigle au
lieu du froment, et que. vous pouvéz remplacer le trèfle par’ la lupuline, espèce de petite luzerne bisannuelle, qui vient très bien dans les terrains médiocres ;.. pour les autres plantes inter-
.Callaires,, c’est-à-dire que vous pouvez cultiver
entre deux-récoltes de blé,. vous choisissez celle qui peut le mieux convenir à la nature de votre
terrain, aux lieux et aux besoins que vous avez, suivant les circonstances, . Suivez.toujours cette observation de, rigueur : que ce soit. une racine pivotante qui succède à une racine traçante, et une racine traçante à une racine pivutanie.
:'Lapatate:peutentrer dans tous les assolemens possibles, elle produi, beaucoup, nettoie et prépare admirablement les terres pour. sole de graminées quelconques ; mais il. faut toujours fumer: le terrain, soit en labourant, soit en planprés les patates; cette dépense n’est jamais, per- En voilà assez de dit sur cet article pour vous fairesentir comme cette méthode d’assolemens est sagement combinée, et comme elle est 'appuyÿée sur de bons principes: : Vous nettoyez vos téfres, vous les añendez, vous: ne les fatiguez jamais, malgré qu’elles produisent toujours, et ilen résulte épargne de labours, abondantes
récoltes, et par cohséquent bénéfices :très considérables: : Après vous ‘avoir donné cette‘ petite instruction, si vous'pérsistéz A suivre votre anvienne routine, votré obstination et votre -entétèment vous'rendratent bien: coupable, d
‘Je vous engage éepeñdant, DR e ceux qui
pourraient être séduits par ma méthode, de ne pas trop Vous précipiter pour l’adopter en grand. Faites des agsais sur une pièce de terte, et si Vous réussissez, amenez y successivement toutes les auttes en observant ce qui suits
4 ? Par ces nouveaux,assolemens vous auez.une.grande abondance de fourragé ; il: fau.
ra augmenter. progressivement le nombre de RD hi ussandel cul tint à re, ‘188 Gembineg le partage: et la: distribution de:vos soles. | |
8°, Déterminez l’ordre de celles que vous mettez en telle culture telle année, celles ‘que vous laissez en prairies artificielles, &e.
4®, Cherchez l'espèce de production qui vous paraîtra la plus avantageuse suivant les localités ; enfin ne jetez rien au hazard, et appuyez vous toujours de lexpérience ; :ear .elle estla mère du succès. - j Suruus -D.=—-Me voilà bien persuadé et bien : pénétré des avantages.des vos nouveaux: assolemens, et dela suppression des. jachères. J'avoue qu'il a fallu toute ma confiance en vous. pour me soumettre à une doctrine si éloignée jusqu’a'ors de mes. principes . « « - | FC R.—Ditesdonc.de ma routine, cela: vaudra mieux, ; Le da -D:-=Soits ne nouschicanons.pas sur les mots.s il me reste à vous demander, des notiuns -sur le bien labourer. hr IVe. CONVERSATION. y Si Surles labours, sur les charrues ; nouvelle charrue paur défricher très commode. ; animaux | on emplois our. las ebaurs. cu to Qu'appe ez-vous.bien.labourer.?..
R.-—Bien labourer est à mon .avis, -choisir. le ‘tems.etla saison favorables pour le faire et .labourer plus au moins profondément selon le nature duterrain.. Îlest un principe prouvé par l'expérience, que les labours profonds sont meil leurs ; cependant on ne peut rien généraliser. À cét égard ; telle terre veut.être labourée, par un tems humide ; telle autre demande un tems .sec ‘ou serein ;. celle-ci veut-être défoncée à une très grande profondeur ; celle là, - si l'on enfonçait trop avant, la charrue lui ferait tort," Donc c'est à l’habilité d’un laboureur de savoir quand le tems:est, propre:À labourer telle: terre. de‘son domaine, et quel-genre de labour lui ‘convient.
En général deux .hons labours. faits à propos valent mieux que plusieurs faits en (ems, et: saison défarorales sou plutôt .il vaut mieux, se reposer que de faire de mauvais labours, parcequ: la terre se resseutirait longtèms du mal que vous lui auriez fait. ET dtl …
A l'égard de la forme des labours, cela varie aussi suivant la qualité du fonds : par exemple, toutes les terres où l’on trouve à quelques pieds de profondeur un lit de glaise ou d'autre.térre qui garde l’eau, doivent être labourées en sillons hauts, parce que les sillons aident à égoutter les aux et empêchent les terres d’être trop humi-
es.
1] faut au contraire labourer en large planches, ou tout à fait à plat, les terres au iravers desquelles l’eau filtre aisément ; enfin, labourer en travers sur une colline, et non pas de haut en
as... .
Quand on laboure en sillons, leur direction n’est pas indiflérente, il est essentiel de teÿ ali-
er toujours du nord au sud, et non de l'est à
ouest, parceque ceux qui sont dans cette derniere position ne. présentent en hiver qu’un sul côté au soleil qui le dégèle en partie ; la nuit suivante il regèle;; le. soleil le dégèle ençore -quand.il réparaît ; de sorte que cette opération alternative fait périr le blé qui se trouve du côté du.midi, et diminue la récolte de près de moitié.
Le but principal des labours est de diviser Ja terre’.en très. petites parties, pour faciliter lintroduction de l'eau, des rosées, des sels de l'air, tous agens très favorables à la végétation ;, il est donc utile de faire passer la herse et le roû- Jeau après chaque labour, pour briser les ses mottes de. terres, et en diviser toutes les
molécules. C’est le seul moyen d'obtenir lé - but désiré, qui est de faire arriver facilement à
propos el: saieux. .se Fa, RAT nai que
a Varie In ple, s Pieds e.tèrre sillons tter les humi-
planr'avers ourer auten
rection es alil'est à e derqu’un lie ; la
! * UAVe convetmmon "2"
Sur les Labor rs, sur les charrues ; nouvelle as. rue pour défricher ‘trés, commode ; animaut don emiploie pour les labours. "0"
‘D.—Qu'appelez-vous bien labourer?
R.—Bien labourer est à mon avis, choisir le tems et la saison favorables pour le’ faire, ét labourer plus ou moins profondément selon 1a-na: ture du terrain. Ilest un PrPeIne DA par l'expérience, que. les labours profonds sont meileurs; cependant on ne peut rien généraliser à cet égard ; telle terre veut être labourée par un tems humide ; telle autre demande un tems sec ou serein ; celle-ci veut-être défoncée à une très grande profondeur ; celle là, si l'en enfonçait trop avant, la charrue lui ferait tort, Donc c’est à l’habilité d'un laboureur de savnir quand le tems est propre à labourer telle terre de son domaine, et quel genre de iabour lui convient. En général deux bons labours faits à propos
: valent mieux que plusieurs faits en tems et sai-
son défavorables ; au plutôt il vaut mieux se'reposer que dé faire de mauvais labouts, Parce: que la terre se ressentirait longtems dù maf que vous lui auriez fait." "#0 ue
A l'égard de la forme des labours, céla” varie aussi suivant la qualité du fonds :’par exemple, toutes les terres où l’on trouve à quelques!" pièd: de profondeur un lit de glaisé ou d’autré‘ terre qui garde l’eau, doivent être labourées "en sillons hauts, parceque les sillons aident à'égüut-
“ter les eaux, ét empêchent les terres d’etré”hu-
mides. ” ‘: Lit
‘Il faut au contraire labourer en larges ‘plañches, ou tout à fait à plat, les terres ‘au ‘travers des quelles l’eau filtre aisément ;. enfin, Jaboërèr en So sur une collite, et non pas de haut eù D | dre Ce
Quand on laboure en sillons, leur direction n’est pas indifférente; il est/essentiel de les aligner toujours du nord au sud, en noa de l’est à l’ouest, parceque ceux qui sont dans la dernière des position ne présententen hiver qu’un seul côté au soleil qui le dégéèle en partie ; la. nuit suivante il regèle, le soleil le dégèle encore quand il repareît ; de sorte que cette opération alternative fait périr le blé qui se trouve du côté du midi, et diminue la récolte de près de moitié.
Le but principal des labours est d2 diviser la terre en trés petites parties, pour faciliter l’introductiun de l’eau, des rosées, des sels de Pair, tous agens très tavorabres à la végétation ; il est donc utile de faire passer sur la terre le rouleau après chaque labour, pour briser les grosses mottes de terres, et en diviser toutes les molécules. C’est le seul moyen d'obtenir le but désiré, qui est de faire arriver facilement à la racine des plantes les sucs nourriciers dont elles ont besoin pour croître. |
Un autre effet bienfaisant que produisent les labours, c’est de détruire les mauvaises herbes, si préjudiciables à la culture des blés surtout.
I] faut toujours donner pour les mêmes grains deux labours : un avant l’hiver, l’autre pour se- .mer. Pour les grains qui se sèment en automne, oh ne peut en donner moins de trois, si l’on fait jachères, et deux suffisent quand les terres sont cultivées par la nouvelle méthode d’assolemens. : Dans une terre légère sur un trèfle renversé, on peut semer du blé sur un seul labour, parceque le trèfle e la propriété de diviser avec - 8e8 racines les molécules be terre, mieux que n'aurait pu foire un instrument aratoire ; ce qui fait que quelques cultivateurs se plaignent qu’il rend les terres creuses.
direction saligner t a l’ouière des eul côté suivanquand il alternacôté du oitié.
viser la r l’introde l'air, tion ; il le rougrosses molécudésiré, ine des
soin
ent les herbes, tout.
grains Ur se automsi l’on terres assolee renabour, * avec x que e; ce gnent
. D.—Quelles charrues sont les plus favorables aux labours en général ?
R.—Prenez donc pour maxime qu'on ne peut généraliser en agriculture ; tout doit être relatil aux localités : une charrue à large soc ne pourra pe vous servir dans une terre .pierreuse ; il faut pour labourer dans ces sortes de terres, un soc dit à langue de bœuf. Les fortes charrues à versoir et à tourne-oreille sont bonnes dans les terres fortes, qu’on veut labourer à plat ou en planches, et la charrue à sillonner ne sert que pour les sables, &c ; de sorte que dans une ferme bien montée, il faut pour cultiver auivant les bons principes, autant de sortes de charrues que vous avez de qualités de terres différentes.
Pour défricher les prairies artificielles ou autres terres incultes, je vous conseille de: vous servir d’une espèce de râteau-charrue qui est très commode pour cela, en ce qu’elle coupe le gazon en très petites parties. Elle est très simple; en voici la description : imaginez-vous un très
ros râteau, qui ‘au lieu de dents, a:six couteaux . trois pouces de longueur et espacés. de trois pouces ; sen à ce-corps de râteau des bancins ou mancherrons pour le contenir et diriger, et une flèciie ou âge pour être adaptée, comme les autres charrues, à un avant-train ordinaire. I! faut que les petits coutres ou couteaux soient bien tranchans et disposés dans une inclinaison, Ja pointe en avant,comme les coutres ordinaires ; on peut faire tirer cette espèce de râteau-charrue par wh seul cheval: Quant on a coupé le gazon d’une pièce par bandes, du midi au nord, on passe de l’est à: l’ouest, : vous labourez ensuite avec.une charrue ordinaire, : vous trouvez la gazon coupé par petits carrés de trois pouces, votre terre se divise parfaitement, et
vous épargnez beaucoup de travail, de terns et de peines : . :
D.—Quels sont les animaux qu’on emploie avec le plus d'avantage pour labourer les terres ?'
R.—Cela dépend encore de l'usage des lieux :
les chevaux, les bœufs, suivant que l’une ou l’autre espèce: est plus ou moins commune dans le pays : les chevaux accélèrent davantage le travail; mais ils démandent olus d’attirail et de harnais, consomment davantage, soutiennent moins le travail et sont sujets à plus de maladies que les bæufs. Enfin, lorsque le cheval est vieux il perd absolument sa valeur, au lieu que le bœuf” étant poussé à l’engrais, augmente de prix.
Tous ces avantages sont assez considérables
our préférer la culture avec le bœuf; mais je. À répète, ïl faut consuiter les localités, et faire én cela comme en toute amélioration agricole, ne jamais s’enticher d'un système qui peut paraitre séduisant au premier abord, et derrière les avantages duquel il y a des inconvéniens très que qu’on n’avait pas apperçus. S'appuyer
e petits essais me parait prudent et sage ; ce n’est qu’en tAtonnant qu'on trouve la vérité. Les plus utiles entreprises, les ns BASES COnceptions n’unt dû souvent leur chute qu’à une trop imprudente précipitation,
Ve. CONVERSATION.
Sur le gouvernement des Bestiaux, comprenant les vaches. laitières, les veaux, les bœufs, les chevaux.
D.—Vous m'avez fait sentir l'importance des bestiaux pour l’amélioration de la culture des terres, par rapport à l’engrais qu'ils fournissent, voulez-vous me donner press instructions pour les bien gouverner afin qu’ils prospèrent ?
R.—Bien volontiers. |
terns et
emploie 8 terres ?' s lieux ::
l'une ou
ne dans antage le ail et de tiennent maladies st vieux > le bœuf” de prix.
dérables mais je.
et faire agricole, peut paderrière lens très appuyer age ; ce à vérité, Jes conà une
prenant ufs, les
nce des ure des nissent, uctions rent ?
‘D.—Je vous demanderai d’abord quelques détails sur les chevaux, les bœufs, et particulièrement sur les vaches laitières ?
R.—1l y a beaucoup à dire sur le cheval; cet animal. rend de si grands, services à l’homme ! son éducation serait trop longue à vous détailler; je me bornerai à vous dire qu'en général les cheyaux veulent être bien nourris, bien soignés et entretenus proprement. Ilfaut toujours eur donner du fourrage et de l’avoine de première qualité ; eette dernière doit être épargnée lorsqu'ils ne travaillent pas ; le pansement de main est de la dernière importance; car un cheval qui n’est pas tenu proprement ne peut profiter de la nourriture, quelque bonne et abondante que vous la lui donniez. Ilest nécessaire encore de régicr la nourriture de vos chevaux, ils s’en porteront mieux : la ration doit être en rapport avec leurs forces, leur taille et le travail qu'ils font.
: Tout ce que je viens de dire peut être également appliqué aux bœufs de trait. Je m’étendrai davantage sur les soins à donner aux vaches laitières ; car on ne peut se dissimuier que les profits qu'on a lieu d'en attendre tiennent
aux soins qu’on leur donne, et que plus ils se-
ront multipliés, plus les profits seront grands,
Les attentions générales à avoir pour les vaches sont: 10. Cans leur nourriture et leur boisson ; 20. dans le pansement, la disposition des étables, leur entretien &c. : Îl'en est de particuliers qui concernent leur conception, ou le moment où elle deviennent en chasse ; le tems de la plénitude, celui du vélage, enfin l'éducation des veaux, ou la manière de les élever &c
À l'égard de leur nourriture, il est essentiet de danner aux vaches laitières une nourriture abondante, mais surtout de bonne qualité; car
os MU GA So ee RME
RE Que
un fourrage vicié'est plus préjudiciable que profitable à ces animaux.
La nourriture est de deux sortes, verte ou sèche ; on donne la première à l’étable, ou on la laisse paître: dans le premier cas on doit avoir attention de n’en donner que peu à la fois ; on évite par ce moyen beaucoup d’accidens, ou qu’elles en fassent perdre b:aucoup, ou qu’elles s’en dégoutent tout à fait. En leur donnant peu d’alimens à la fois, elles le mangent avec plus d’appétit, le broient mieux, ce qui leur procure une digestion plus facile et plus prompte : de sorte que la santé, l’embonpoint et l’abondance du lait sont toujours la suite et le résultat de cette excellente méthode.
Il est inutile de décrire toutes les plantes qui peuvent être données en vert aux vaches ; tous les cultivateurs connaissent bien celles qui leur sont propres ; toutes les herbes cultivées en prairies artificielles, et une foule d’autres ; toutes les racines, comme raves, navets, carottes, betteraves, patates &c., leur conviennent beaucoup. Lorsqu'on donne des racines aux vaches, il est nécessaire de les hacher, pour ne pas les exposer à être étranglées ou sufloquées. On les coupe facilement et d’une manière très simple et très expéditive, Beaucoup d’économistes ont imaginé des moulins qui sent, quoiqu’ils en disent, trop compliqués et trop dispendieux. Voici comme je fais: j'ai une espèce:
d’auge que tout le monde peut faire avec trois grosses planéhés clouées fortement, et deux petites pour fèrmer les deux bouts ; on met dans cette auge des racines, et avec une bonne bêche on kes cuupe aussi menues qu’on le désires; on les retire alors avec la bêche pour les mettre dans les paniers; on remet d’autres racines, ainsi de suite. Îl est bien démontré, que lors-
e-pro-
rte ou ou on à doit à fois ; s, ou elles nant avec prote:
; nésul-
s qui tous leur
Drai-
Jutes
ttes,
eatva-
r ne
ées.
très no 1OÏenèce:
rois peans he on
tre es, le
qu’on fait cuire les racines pour:les donner aux vaches, elles les nourrissent mieux, et font abonder davantage le lait,
On ne doit jamais donner aux vaches de verdure échauffée, ou qui a fermentée, c’est souvent la cause des maladies inflammatoires. Il serait également dangereux de leur présenter de l’herbe cueillie à la rosée, . sans l’avoir laissée un peu essuyer ou un peu faner, enfin préférez l'herbe qui a acquis assez de maturité ; eile est arrivée à ce point quand les fleurs commencent à s’épanouir, c’est-à-dire en pleine fleur ; plus tard, l'herbe est trop dure, plutôt elle contient trop d’eau, et donne la diarrhée.
Lorsqu'on . laisse les vaches prendre elles mêmes leur nourriture dans les herbages, il ne faut les faire sortir que lorsque la rosée sera dissipée, pour les raisons que je viens de vous expliquer.
Îl faut aussi dans les paturages trop abondans, ne leur abandonner à dépouiiler que peu d'espace à la fois ; et lorsqu’elles l’ont consommé, les laisser quelque tems ruminer avant de Jes changer de place. Sans cette précaution, elles mangeraient avec excès, se donneraient des indigestions, ou, après s'être rassassiées, gâteraicnt tout le paturage. Pew et souvent est une bien bonne maxime pour la santé des vaches, et pour qu’elles donnent du lait abondamment. |
Lorsqu'on nourrit les vaches au sec, la première attention-à avoir c’est que le fourrage soit de bonne qualité, et la seconde qu’il soit donné en quantité suffisante. Les foins artificiels de seconde coupe, lorsqu'ils sont de bonne qualité, c'est à dire serrés par untems favorable, paraissent beaucoup convenir à la nature de ces animaux; des foins, des pailles d’orge et d’a-
Voine, cette dernière surtout, qui a peu ja:
velé, est très appétissante et très saine ; les pailles de blé lorsqu’elles sont fourrageuses, les menues pailles, appelées dans quelques cantons, balles ou vantins, passées au crible, l'orge crue ou bouillie, ce qui est préférable, les sons, les recoupes, les résidus des brasséürs, qu’on nomme drèche, &c., toutes ces différentes nourritures conviennent parfaitement aux vaches, lorsqu’on leur en donne avec discernement, et qu’on les afloure six fois par jour au moins. Si ces attentions sont minutieuses, on en:est amplement dédommagé par la quantité du lait.
Une attention bien essentielle, c’est de ne jamais faire passer brusquement de la nourriture sèche à la verte, et de celle-ci à la première, mais de les y amener peu à peu et par gradation.
A l'égard de la boisson, on doit abreuver les vaches deux fois par jour, et même trois dans l'été. Il faut que l’eau voit toujours la plus pure et la plus claire possible. : Si l’on n’a pas d’eau courante, il faudra exposer au soleil de l’eau bien saine, en y mettant du son de froment, des recoupes ou de la farine d’orge, en \ 4 ajoutant de l'eau dans laquelle’on aura fait bouillir du sôn et de la graine de lin. Dans les grandes chaleurs, on ferait Men d’y mettre un verre de vinaigre, avec le petit lait. |
Le pancement de la main est plus nécessaire qu’on he croit ; la négligenoe à cet égard. est la source d’une infinité de maux. Dans les pays où l’usage salutaire d'étriller les vaches est établi, on remarque qu’elles ont plus d'embonpoint et de vigueur, et qu'elles donnent plus uvondamment de lait, et surtout de meilleure
ualité. Il faut donc étriller vos vaches une -#0is par jour ; ne point laisser de bouze s’atta-
cher et.se durcir à leur poil, leur. donner tous les jours uré litière fraich ‘éfabBndanté ‘et AVoit soin, de laver, le pis et..les trions chaque'fois A MEME ee A PTE ‘A l'égard des tables, les plus saines sont ceile qui sont exposées au levant'et blacées'sur uh sol Sec et'élevé ; noh seulement la: plüpart' dés
étables sont trop basses, mais on s'attache éh:
dote ‘à "les tenir ferfnées trop exactement : il n'est D uiséire ‘pas de: Dratique düsi fünéste:
Où doi régg der ‘Connie malsaines faüté d’air, les étables où l’on. réspire difficilement en y én-
trant, et lorsqu'elles cxhalent'üne odéür urineuse pénétrante, Pour obvier à cet inconvénient, je Conseillé à ceux qui ont des étables basses, de faire praiquér près de terre, une espècE de lucarne grillée qui servirait de ventilateur. On l’ouvre et on la ferme à volonté ‘suivant les degrés de température. Il faut aussi avoir attention de faire sortir vos vaches tous les jours, pour les promener et leur faire prendre l'alr : célà entretient ‘léur santé, leur donne ‘de Pappétit, et les désennie, "7°" 0 "
Voilà ensuite 1è8 attehtions particulières : lorsque vous faites, des élèves, ne faites jamais couvrir vos géhisés avañt leur quinzième mois, si vous voulez les avoir bellés et mieux développées ; on doit profiter pour leur donner lè tauréa, quand la’ Chaleur 'est ‘bien ‘marquée ;'ce qù'on reconnait généralement pr cés Signes à toutes les vaches, "ä'an mugisséméht presque continue), au rétroussément ‘de ‘leur queuë:''à leuf agitation, u gonfiément des parie pénita lé: ef l'hupeur | lahchätre ‘et’ gluante qui en ä gi le: ° 39 QUALITEO OT HS EG HOT
a oïns particuliers, ‘&urtout ‘quand ‘el.
a les vaches sont pleines, elles deman- S r , 201571 abProchent du moment du vélage'; elës doivent
d être alors nourries plus abondamment qu’à l‘ordinaire.
On doit cesser de les traire à la fin du septième mois, veiller à ce qu’elles ne se battent entr’elles au pâturage et à ce qu'elles ne sautent les fossés &c., pour empêcher qu'elles n’avortent.
Quand le vélage est très prochain, ce qu’on reconnait au gonflement du pis et à sa dureté, à éaletént des flancs et de la croupe, on veillera la vache pour être présent au vélage, pour lui prodiguer des secours, s’il était trop laborieux.
Faites une bonne litière, garantissez l’étable d’un air trop froid : quand la vache fait des efforts, et lorsque le veau parait, tirez doucement pour aider la mère.
En général le bon état des vaches pendant la plénitude est le présage heureux d’une facile délivrance. Aussitôt après que la vache aura mis bas, présentez lui son veau que vous saupoudrez de son mélé de sel, pour le faire bien lécher ; et comme la soif est une disposition assez ordinaire de son état, donnez lui de l’eau tiède dans RaUeLE vous aurez délayé quelques poignées de farine, et, d’heure en heure, continuez de donner cette boisson.
Lorsque les vaches sont faibles et restent trop longtems à se délivrer, on fera bien de leur donner une rôtie, soit au vin, au cidre ou au poiré. A l’un ou l’autre de ce liquide, mêlez égale quantité d’eau ; par exemple, trois pintes de vin, autant d’eau, et deux livres de pain rôti bien émietté: continuez ce breuvage tout le tems que la bête paraîtra faible. à
Il faut jeter le déhvre aussitôt qu’il est tombé dans la crainte que la vache ne le dévore comme il arrive à plusieufs. On ne doit donner aux
l'or
septièt en:
autent avor-
qu’on ureté, )e, on élage, t trop
étable les ef- 4 ement }
ant la le déaura j SAU- > bien D )n a8- Peau ques con-
| trop È > leur )u au nêlez ù )intes Al
pain 4 > tout 4
mbé mme’ "aux
vaches nouvellement vélées, que peu d’alimens à la fois, mais choisir les meilleurs, les plus nourrissans. Les racines cuites en pareil! cas doivent être préférées, et pour éviter les indigestions, on aura soin de ne les remettre à la nourriture ordinaire que par gradation.
Les veaux nouvellement nés exigent aussi beaucoup de soins. Il faut d’abord les garantir du froid qu’ils craignent beaucoup, et ne pas tomber dans l'excès contraire. Pour beaucoup de raisons, qu’on sentira sans les expliquer, il ne faut pas qu’on les fasse têter ; il vaut mieux les habituer à boir dans le seau : de quelque manière qu’on les élève, il est important, si l’on veut qu’ils deviennent beaux, de leur donner une nourriture saine et abondante ; quand ils mangent, il vaut mieux leur donner peu et souvent, que beaucoup et peu de fois: on ne peut les tenir trop proprement, et leur donner trop souvent. de la litière fraiche ; car s’ils croupissent dans le fumier, ils restent toujours maigres et chétifs.
Les veaux pd ch à un dévoiement ou flux dyssentérique, qui les maigrit et souvent les tue : on arrête les mauvais effets de ce mal, en leur donnant plusieurs fois par jour, jusqu’à guérison, des œufs avec leurs coquilles écrasées et bien delayées dans le lait qu'on leur tait boire ; et on leur donne quelques lavemens d’eau dans laquelle on aura fait bouillir: du son ; si la diarrhée résiste à ces moyens, prenez une once d’électuaire de diascordium, un demi-gros de sel ammoniac (vous trouverez ces drogues chez les apothicaires) ; faite une infusion de fleur de sureau, et dans une verrée de cette infusion faites y fondre le sel ammoniac et délayez y le diascordium, faites avaler de suite au veau.
mais les evrér tout à Coup, mais peu à peu ; a, ous les avez habitiées À boire au lieu de t