‹ Conversations sur l'agriculture [microforme]Chapitre 2 sur 6 · TETE · texte numérisé non relu

TETE

‘bouillir du son où de à fârine d'orge : on passe

dans les premiérs téms tétte eat par un gros

linge, et petit * petit ietféz moins de lait et davantage de ceite édu : On peut leur donner eïcôfe du fait écréhié, du lait de beurre &c. Enfin il est constamment éssentiel, pour avoir de beau veaux, de faire saillir vos vaches par de beaux taureaux ; Comme il est nécessaire que lés mères soïeñt de belle et bonne race. Une bôhne vache ñne coute guère plus à nourrir qu'une mauvaise, et cette derhière donne trois fois moins de profit. C’est donc une mauvaise ‘épéculation de nourrir des vaches chétives, comme il y en à dans plusieurs cantons.

D.—Mais il serait impossible dans ces cantons, de pouvoir élever et nourrir de belles vaches ; les herbages sont si peu abondans, de si mauvaise qualité ? | R.—Ilest bien vrai que si l’on ne fait rien pour corriger les défauts d’un sol ingrat,. il ne pourra jamais s’améliorér de lui-même ; j'ai cependant fait suffisamment sentir que partout, avec de sages améliorations, on pouvait faire ‘succéder l'abondance à la stérilité ; et certes la ‘succession des jachères, la culture des prairies artificielles, sont les moyens les plus efficaces

‘pour opérer cet heureux changement ; car avec

beaucoup de fourrage vous: pourrez élever un grand nombre de bestiaux, lesquels vous donreront des profits considérables, s’ils sont bien nourris, bien soignés ; ajoutez à cela qu’ils four-

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airont une prdnde quantité d'engrais ; et vous savez qu'avec beaucoup d'engrais, il n°y a pas ‘de mauvaises tèrres. Ré

D.—Cette vérité est incontestable ; je sens si bien la force de vos raisonnemens que je veux adopter tous vos principes, et la culture des prairies artificiclles me semble d’une si grande nécessité pour l'amélioration des terres, que je vous prierai,après m'avoir instruit sur le gouvernement de tous les bestiaux, de me donner quelque petite instructiun sur cet objet important.

R.—Bien volontiers ; je vais continuer la mahière de gouverner les bestiaux : je me suis beaucoup étendu sur les vaches, parce que vous m'avez paru le désirer ; et puis je pense que la base d’üne bonne ferme est une bonne vacherie. Je vais maintenant vous parler des bêtes à laines et des chèvres.

Vie. LECON.

Des Bêtes à laine et des Chèvres.

Ïl serait bien difficile, quôiqu’on puisse dire sur la manière de gouverner les bêtes à laine, de faire adopter d’autres principes que les habitudés qu’on a toujours pratiquées dans un pays. L’aveugle, la fatale routine prévaudra longtemps sur dés principes consacrés par la raison, dans l'esprit des personnes qui ne voudront pas se donner la peine de raisonner. Par exemple, dans plusieurs cañtons, on a la mauvaise habitüde de fermer si hermétiquement les bergeries pendant l’hiver, qu'on est suffoqué eh‘y entrant ; le corps des animaux en sueur, la chaleur du fumier, exhalent une odeur si pénétrante qu’elle serait capable d'étouffer quelqu'un. Quel danser pour les brebis ou moutons,de les faire sortir de cette espèce d’étuve pour les exposer subitement à l'air froid! On düit sentir que leur sueur, vivement arrêtée, doit leur accasionner des ma-

ladies mortelles ; il ne faut du moins qu’un peu de bon sens pour appercevoir cette vérité : hé bien, on calfeutre toujours les bergeïies dans les cantons où l'on a cette habitude et l’on suivra encore longtemps cette meurtrière méthode, et on s'étonne quand il arrive une mortalité qui enlève la moitié, les trois quarts de leurs troupeaux ! Ils ne voient pas que c'est leur faute.

Logez donc vos bêtes à laine dans des étables bien aérées, vous qui voulez les conserver en bonne santé.’ Choisissez le pâturage, évitez les terrains humides, les herbes chargées de rosées, de gelées blanches ; durant l'ardeur du soleil mettez le troupeau à l’ombre et ne le fäites jamais sortir ni pendant l’orage ni pendant les pluies ou brouillards ; enfin, la beauté du troupeau dépend des soins qu’on en a.

Je ne conseille pas plutôt une espèce qu’une autre ; toutes seront productives, relativement aux localités, si l’on en a soin, si on les nourrit convenablement, et si c1 a un berger qui sache son état. Je n’entrerai dans aucun détail sur leurs maladies, je crois convenable d’ailleurs d'appeler dans ce cas un homme de l’art, s’il en a: votre devoir à vous doit se borner à éviter par des attentions et des soins, d’en avoir souvent besoin. Je recommanderai seulement, comme préservatif de beaucoup de maladies, emploi du sel mariu ou sel de cuisines il faut surtout en iaire usage à l’entrée du printems, époque où l’herbe est trop aqueuse, On doit le leur distribuer dans des espèces d’auges, ou seulement sur des planches, à la quantité d’une once. par tête. Le sel est profitable non seulement aux bêtes à laine, mais encore à tous les bestiaux. On en faît un salutaire usage dans toute l'Amérique républicaine et les Espagnols le prodiguent surtout à leurs troupeaux de Méri-

ños.. Ne sommes-nous pas bien coupables de ne pas suivre un si bon exemple ?

D.—J’ai entendu vanter, comme très avantageux, les Lt pi de Mérinos, ou bêtes à laine d'Espagne

R.—Les avantages qu’ils procuren ‘nt très grands; à juger cependant du peu de succès qu'ont eu quelques-uns de nos compatriotes, il paraîtrait que notre climat n’est pas encore assez établi pour cette race. La race de Lincolnshire réussit mieux et tous les cultivateurs devraient s’empresser de transformer progressiveinent leurs bêtes à laine commune en un troupeau de cette race.

D.—Comment cela s’opère-t-il ?

R.—Je vais vous le démontrer. Si vous avez, je suppose, cent brebis communes, achetez, pour les croiser, le nombre suffisant de béliers de Lincoinshire de pure race, et en même tems quelques femelles pures, comme huit, six, et même quatre: votre troupeau dans les premières années, sera composé de deux classes de bêtes; 10. des mâles et femelles, produits par les béliers et brebis de race pure ; 20. des mâles et des femelles, provenant de béliers de Lincolnshire et de brebis communes. Vous aurez soin de châtrer tous les mâles métis, afin de les vendre en état de mouton. Vous vous déferez aussi des femelles, mais successivement en com- ‘mençant par les communes et les premiers degrés, suivant que le nombre des brebis de race pure s'accroîtra. Vous choisissez pour vos montes les plus beaux béliers venant’de vos béliers et brebis pures; vous vendez les autres. Lorsque vous aurez cent brebis pures dans votre troupeau, il n'existera plus aucune brebis métisse, Vous devez arriver à ce résultat au

Nave où do ns, Si v pi D MA AUS s id" NE . à soins Ein

änifria Pot es à rer s TR jéatéés bêtes àlainé tn fat Le ès laissèr pâturer dans des Heux réf fi its se plaisent beaucoup däns es terrains: pr tueux, et dans ceux qui, quoiqu aix plai é, sont sécs, crayeux, sablonneux.* I leur ‘fautpar exemple, ‘une nourriture plus abondanté qu'aux bêtes communesét de petite race. H'fdut “dané faire des provisions de fourrage pour’ lhivér, en conséquence du nombre de vos troupeaux: ‘Oh leur distribue du foin ; où à soin aussi de les faire boire tous les jours.

w Comment doit être construite la berge rie?

R.--Les bérgeries doivent être construites en général de manière que l'air cirçule librement}, et qu'on n'éprouve en y enfrani ni froid, ni chaleur, niodeur forte, urineuse et de suint; Te rateliers doivent être assez droits pour que fourrage ne tombé point sur la tête êt le cou de l'animal, ‘et assez incliné sependént pour qu % MEL fcilement ; ; les Me age sonten fbrme triangulaire, et PIVEnE être iles, pour. les transporter à. vo lonté, ainsi que les Fa ke De à quellé époque doit-on tondre les bâtes ine

B— On: les tond. 4856z généralement du: 1er.

ia ée juin, 64 les BGDEAUX au mdis, de 1 . t D.—-Quel est le temps de F accouplement?.

R.—1) varie suivant le climat es dispositot particulières depuis le mois d'août ; eat ‘en novembre. pure ebis portent Cinq mois: un bon bélier peut suffire à cinquante brebis, Ris

il faut les bien nourrir séparément, et vers le tems de l’accouplement leur donné: une mourr:ture plus abondante, etsurtout échautlante, con.me de l’avoine dans laquelle on mêle un peu 1e graine de chanvre. On observe le ième régime pour les brebis, quant on veut hâter sa Chaleur ; 'ilest très bien aussi de lui faire boire de l’eau salée,

D.—Quand la brebis est prête à agneler, que doit-on observer, et quels soins doit-on en avoir après, aiasi que de son petit agneau ?

R.—Quand la brebis veut agneler, on doit la veiller pour l’aider en cas que l’agneau ne vienne pas bien. Quant l’agneau est né, il faut le mettre-sur ses jambes, et lui présenter la tette de la mère, et les tenir enfermés ensemble pendant quatre jours, dans un lieu où ils soient chaudement ; nourrir la brebis de bon foin, de son mêlé de sel, de feuilles d’orme, de luzerne, de sainfoin &c., et avair soin de lui donner à boire ; ensuite on la mêne au champ avec le troupeau, et on laisse son petit enfermé dans la bergerie, jusqu'à ce qu’il ait pris assez de force ; alors quand il bondira, on le fera sortir par un beau tems pour téter sa mère qu’il reconnait toujours, malgré le nombre des autres brebis, ou plutôt la mêre connaît son peut sans jamais se tromper. Plus tard, quand les agneaux sont plus forts et que le tems est chaud, et surtout point humide, on les mènera paître non loin de la maison, on observera de ne jamais les faire

marcher que très doucement ; c’est une observation de rigueur à liquelle un berger bien entendu fait le plus attention pour les mères, ainsi que pour les moutons.

D.—Le parcage des moutons est-il favorable

à la santé de ces animaux, autant qu’il est bien-

faisant aux terres sur lesquelles on parque ?

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g4 , R.—Comme il est reconnu que les bêtes à laine et mieux dans les bergeries bien aérées que dans les bergeries fermées, et mieux encore sous des hangards, vir de logement, sans danger, jusque bien avant en automne ; d’ailleurs on ne parque ordinairement que pendant la belle saison, c’est-à-dire depuis le mois de mai jusqu’à la Toussaint.

D.-Comment te fait le parc ? | - R.—Le parce se fait avec des espèces de claies va genre des re ;onen fait un carré rand en proportion du troupeau qu'on veut one. bes sortes de barrières d'atthéhene avec des cordes à des pieux qui sont fichés en terre de distance en distance ; à côté et hors du rc; est une cabane roulante pour coucher le berger, sik troupeau est assez considérable, ur-qu’on ‘en ait On met quelquefois deux parcs à côté l’un de l’autre; alors un des co-

tés da premiér sert de cloison à l’autre. On

change toujours-le troupeau de place, afin de fumer davantage de terre. Un parc de cent moutons peut amender tous les ans huit ou dix arpens de terre. Îl suflit de renouveler cet amendement tous les cinq à six ans. Cent moutons. engraissent donc alternativement soixante arpens de terre, sans. qu’il soit jamais nécessaire d’y conduire aucun amendement. L’application du parc est. surtout bienfaisante aux terres froides. J’irsiste beaucoup pour. que tous: les cultivateurs fassent. parquer leurs troupeaux: cet usage est salutaire aux animaux ; et, comme je l’ai dit, très fertilisant.

Chèvres.

«Si vous habitiez un pays montagneux, ou éloigné des forêts, je vous conseillerais d'éléver

un troupéau de chèvres ;. ces animaux coutent peu à nourrir et rapportent beaucoup : toute

unparc peut léur ser- .

nourriture verte 'ou.sèche leur est bonne ; elles aiment beaucoup les feuillées : ce sont des bran- Ches d'orme,. de frène, de mûrier, &c., qu’on coupe au mois de Septembre, qu’on met en petit fagots, qu'on fait sécher, et qu’on serre à Pa bri de la pluie pour faire manger l’hiver aux chèvres et aux brebis, qui en sont très friandes. C’est une erreur de croire que les chèvres peuvent se passer de boire, au contraire, il ne faut jamais manquer de leur en donner soir et matin. La rosée qui ne vaut rien aux bêtes à laine, est très salutaire aux chèvres ; on peut donc les mener paître de grand matin. ‘Comme il est plus avantageux d'élever les chevraux que de

ies vendre petits, je conseille cependant de n’en laisser qu’un à la mère, qui l’allaitera seulément pendant un mois. fl serait mieux que le chevrier prit soin d’habituer les petits à boire, comme j'ai dit à l’égard des veaux : les mêmes

raisons sont pour les uns comme pour les autres.

Quand on veut engraisser des chevreaux mâles, il faut les châtrer à six mois, ils deviennent alors plus forts, la chair est de meilleur goût et plus délicate.

Le sainfoin donne beaucoup de lait aux chèvres. En général, si vous voulez que les animaux vous donnent du profit, donnez-leur une bonne nourriture et assez abondante, Il faut surtout les tenir proprement, dans des étables saines, point humides, les nettoyer chaque-jour, leur donner de la litière, en hiver seulement, car l’été elles peuvent s’en passer.

Comme ces animaux craignent beaucoup le froid, il faudra les tenir assez. chaudement pendant l'hiver, et surtout pendant qu’elles chevrotent. br sh

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