‹ Conversations sur la philosophie naturelleChapitre 41 sur 54 · CLIQUE · texte numérisé non relu

CLIQUE

Mad. B.

En traversant l’atmosphère , les rayons, tant du soleil que de la lune , perdent un peu de leur lumière. Car quoique 1 air pur soit un milieu transparent qui transmet librement les rayons de la lumière, on a ob-^ serve que, près de la surface de la terre, iî est charge de vapeurs et d exhalaisons , qui absorbent une partie des rayons,,

Caroline.

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J’ai souvent remarqué qu’un objet, sur le sommet d’une montagne, paroit plus distinct qu’un antre, vu d’une distance égaie dans une vallée ou sur une plaine ; je suppose que cela est dû à l’air, qui est plus dégagé des vapeurs dans un lieu éleve, et que les rayons réfléchis sont par conséquent plus brillans.

Mad. B.

Cela pieut avoir quelqu’effet sensible ; mais quand un objet sur le sommet d une montagne, a pour fond un ciel éclaire, le contraste rend le contour de 1 objet plus distinct.

OPTIQUE.'

Caroline.

Me voilà convaincue qu’on ne voit les objets opaques que par les rayons réfléchis; mais je ne puis comprendre comment ces ravons nous montrent les objets qui nous les renvoient.

Les ravons entrent dans l’œil par la pupille , pénètrent à la rétine qui est une expansion du nerf optique , située au tond du globe de l’œil. Là y ils décrivent la figure 5 la couleur, de l’objet d’où ils émanent; et en forment une copie , qui n’en diffère qu’en grandeur. Nous allons encore fermer les volets, et nous ne laisserons entrer la lumière que par une petite ouverture ; vous allez voir sur la paroi, opposée à l’ouverture , une image semblable à celle qui se trace sur notre rétine.

Caroline.

Oh que c’est étonnant ! C’est un vrai tableau en miniature du jardin , du jardinier à l’ouvrage, des arbres agités par le vent. 11

JRZ.

optique; 4ï9

Be manqueroit rien au paysage , si l’image n’étoit pas renversée, la terre est en haut et le ciel en bas.

Mad. B.

Ce n’est pas assez d’admirer un phénomène , il faut de plus le comprendre. Cet appareil s’appelle chambrée obscure , parce que, pour en faire usage, il faut .écarter la lumière du lieu où l’on observe.

L’image qui vous frappe est produite par les rayons de lumière, qui sont réfléchis des diîférens objets du jardin et passent par l’ouverture faite au volet.

Les rayons qui viennent de la girouette du pavillon A ( planche xvi , fig. 1 ) , la représentent au point a ; car la girouette étant beaucoup plus haute que l’ouverture du volet , n’y peut envoyer d’antres rayons que ceux qui sont réfléchis dans une direction de descente oblique. Les rayons de

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lumière, comme vous savez, se meuvent toujours en ligne droite; ceux qui entrent dans la chambre en descendant continueront donc leur roule dans la même direction , et tombant sur le bas du mur opposé 9 ils re-

OPTIQUE

présenteront la girouette renversée "en ce point, au lieu d’être droite comme dans la nature.

Emilie.

Et les rayons de lumière réfléchis des marches du pavillon, B, en entrant par Fou* “Tenure, montent et tracent ces marches dans le haut du paysage.

Observez aussi que les rayons qui viennent du pavillon à gauche , le peignent sur le mur à droite, tandis que ceux qui sont réfléchis parle noyer, CD, à notre droite, en tracent la figure à gauche en cd . Ainsi les rayons qui viennent dans des directions différentes, et qui vont toujours en ligne droite, se croisent mutuellement à leur entrée à travers Fouverture ; ceux qui viennent du haut vont en bas, ceux de la droite vont à gauche, ceux de la gauche à droite : ainsi chaque objet est représenté dans l’image , comme occupant une situation renversée de celle qu’il a dans la nature.

OPTIQUE

mi

Caroline.

A Perception du pot à fleur, EF, qui, bien que renverse, n’a pas change de position dans le paysage.

Mad. B.

Le pot a fleur est directement à Pouver* tore, en sorte que ses rayons tombent perpem diculairement sur le mur et y dessinent l’objet directement derrière l’ouverture.

Emilie.

Est-ce ainsi que la peinture des objets se trace sur la rétine ?

Mad. B.

Précisément. La pupille, par laquelle lès rayons de lumière entrent, représente l’ouverture faite au volet* et l’image tracée sur la rétine est exactement semblable à celle qui se fait sur le mur.

Caroline.

Vous ne voulez pas dire, que nous ne voyons que la représentation de l’objet qui

OPTIQUE

se peint sur la rétine et que nous ne voyons pas l’objet lui-même ?

r Mad. B.

Si la vue est le sens par lequel notre âme perçoit la présence des objets, au moyen des yeux, nous ne voyons certainement que l’image des objets qui se peignent sur la rétine.

Caroline.

Cela me paroît tout-à-fait incroyable.

Mad, B.

Les nerfs sont la seule partie sensible de notre corps ; ils paroissenl donc etre les instrumens que l’âme emploie dans ses perceptions ; car une sensation porte toujours uife idée à Pâme. Or , on sait que nos nerfs ne peuvent être affectes que par le contact, et par cette raison , les organes du sens ne peuvent pas agir à distance; par exemple, nous ne sentons que les particules qui sont en contact avec les nerfs du nez. On a souvent observé que l’odeur d’une fleur consiste en emanations,' composées de très-petites partieulesj qui pénètrent dans les narines et fiap-

OPTIQUE* 425

pent les nerfs olfactifs. A Pinstapt ceux-ci portent à Pâme l’idée de Podeur.

Emilie. v

Et le son, quoiqu’on dise qu’on l’entend à distance, ne s’entend dans le fait que quand les vibrations de Pair, qui le porte a nos oreilles, touchent le nerf auditif.

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