DE D’ANGLE VISUEL
Caroline.
Pourquoi donc ne fait -on pas simplement !es miroirs de mercure ?
Mad. B.
Parce que le mercure est un fluide. En l’amalgamant à Pétain , il prend la consistance d’une pâte qui s’attache au verre , et forme réellement un miroir de métal ; il seroit beaucoup plus parfait sans le verre qui le couvre , car le verre le plus pur n’est jamais parfaitement transparent ; il se perd donc quelques rayons pendant que la lumière y passe, ou parce qu’ils y sont absorbés, ou parce qu’ils sont irrégulièrement réfléchis.
Cette imperfection des miroirs de verre a fait introduire l’usage des miroirs métalliques pour les instrumens optiques.
Emilie.
Mais puisque tous les corps opaques réfléchissent la lumière , je ne comprends pas pourquoi ils ne sont pas tous des miroirs ?
Caroline.
Tous avez là, ma sœur, une curieuse idée,
ETDELAnilPLEXIOM DES MinOTUS. 44g
seroit très-agréable de sc voir dans tous les objets qu’on regarderoil.
Mad. B.
Il est très-vrai que toutes les choses opaques réfléchissent la lumière; mais la surface des corps est en général si rude et si inégale , que la réflexion s’y fait très-irrégulièrement > ce qui empêche que les rayons ne forment une image sur la rétine. C’est du reste ce que vous comprendrez mieux, quand je vous aurai expliqué la natuie de la yision et la structure de l’œil.
Vous pouvez concevoir aisément la variété des directions dans lesquelles les rayons seroient réfléchis par une surface raboteuse comme une râpe. La surface de lotis les corps solides ressemble à cet ’égard plus ou moins à celle de cet instrument ; il n’y a que le» corps susceptibles d’un beau poli, qui puis sent réfléchir les rayons avec régulante. Comme les corps durs sont ceux dont le tissu
est le plus serré; et le moins poreux, comme en conséquence ils sont plus capables de îecevoii le poli, il font aussi les meilleurs miroirs;
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aucun ne l’emporte à cet égard sur les meV taux»
Caroline.
Mais la propriété de ia réflexion régulière j) est pas restreinte à celte classe de corps;
car je me suis souvent mirée dans une table <Ta cajou.
Mab. B.
Sûrement ; mais comme cette substance «est moins durable, et que sa réflexion est moins parfaite que celle des métaux , je crois qu’on la choisiroit rarement pour en faire un miroir.
Il y a trois especes de miroirs employés en optique; les miroirs plans, qui sont les plus communs et dont nous venons de parler; les miroirs convexes, et les miroirs concaves. La réflexion par ces deux dernières espèces de miroirs a des effets très-différens de ceux qu ehe produit par les premiers. Le miroir plan, comme nous l’avons vu, n'altère point la direction mutuelle des rayons. J/imaee de mere le miroir est exactement semblable a l’objet qui est placé devant. Un miroir convexe a la propriété particulière de faire diverger les rayons réfléchis, ce qui diminue
ET DE LA RÉFLEXION DES MIROTRS. 45 ÿ
l’image ; un miroir concave les fait converger , et dans certaines circonstances ^ agrandit l’image.
Emilie.
Nous avons dans le salon un miroir convexe j qui forme une peinture charmante en miniature des objets qui sont dans la chambre, et je me suis souvent amusëe à regarder ma figure grossie dans un miroir concave. Mais j’espère que vous nous expliquerez pourquoi l’un grossit , tandis que l’autre di^? minue les objets qu’il réfléchit.
Mad. B.
Commençons par examiner la réflexion d’ufê miroir convexe. Il est formé d’une portion de la surface extérieure d’une sphère. Quand plusieurs rayons parallèles tombent sur un tel miroir, il n’y a de rayon perpendiculaire à la surface que celui qui prolongé passe par le centre , c’est-à-dire qui suit l’axe du miroir. Pour éviter la confusion je n’ai dessine dans la figure I, pl. XVIII , que trois lignes parallèles AB , CD, EF, pour représenter les rayons qui tombent sur le miroir convexe MN j vous voyez que le rayon du milieu