‹ Conversations sur le commerce des grains et la pro tection de l'agricultureChapitre 29 sur 59 · I.ÏMI.I lll.lt · texte numérisé non relu

I.ÏMI.I lll.lt

NOUS au — i.

LE PROmBlTlONMSTI .

M. ii- quelle difféi ence dam les pi lé '

l'ÉMBUTIER.

Où la voyez-vous, cotte différence? Nous entravons le commerce des grains à l'intérieur, vous l'entravez à la frontière, voilà tout.

LE PROHIBITIONNISÏE.

Mais vous portez -atteinte à la propriété, vous autres...

l'économiste.

Et vous, la respectez-vous davantage? Savez-vous ce que c'est qu'une prohibition? C'est une confiscation.

LE PROIIIBITIONNISTE.

Vous vous moquez.

l'économiste.

C'est une confiscation, vous dis-je. Soyez-en juge plutôt. N'avez-vous pas une part d'intérêt dans une fabrique de drap?

J'y suis associé pour une moitié.

l'économiste.

Et où avez- vous votre clientèle?

LE PROHIBITIONNISTE.

Un peu partout. Dans le pays d'abord ; puis en Allemagne, en Italie, en Turquie, aux États-Unis. Notre clientèle est fort éparpillée.

l'économiste.

Eh bien ! je suppose que le gouvernement, considérant la rigueur de l'hiver et la cherté du drap et voulant donner un témoignage de sa sollicitude aux pauvres travailleurs que cette cherté oblige à aller vêtus de méchantes blouses de coton, je suppose

que le gouvernement prohibe le drap à la sortie.

LE TROIUBITIONNISTE.

Le gouvernement n'est pas, grâce au ciel, s tu pi de à ce point. Prohiber la sortie du drap, mais ce serait absurde et odieux!

L'ÉCONOMISTE

Ce serait une confiscation, n'est-il pas vrai?

LE PROHIBITIONNJSTE.

Assurément.

l'émeutier.

Gomment ! N'auriez-vous pas toujours la ressource de vendre voire drap dans le pays? Vous vêtiriez nos pauvres travailleurs, qui pourraient échanger leur blouse de coton, dans laquelle ils grelottent, contre un paletot bien chaud. Cela vaudrait un peu mieux que de vêtir les nababs américains et les pachas turcs. Où donc serait la confiscation?

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