I.i. i ROHIBITIONMSTE
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qu'un expédient d'une efficacité contestable, mail H" ci oyez pas pour cela que je soi de«
venu partisan de la liberté commerciale. Dieu m'en préserve !
l'économiste.
Vous m'abandonnez la prohibition à la sortie, et cependant vous ne voulez pas de la liberté du commerce. Que demandez-vous donc?
LE PROIIIBITIONNISTE.
Ce que je demande? Voulez-vous le savoir?
l'économiste.
Parbleu! Est-ce donc un mystère?
LE PROUTBITIONNISTU.
Eh bien! je demande le rétablissement de Y échelle mobile. Le mot est lâché. La prohibition à la sortie n'est pour moi qu'un moyen d'arriver au rétablissement de l'échelle mobile, que je considère comme notre seule planche de salut.
l'économiste.
En ce cas, gare la culbute !
LE PR0H1BITIONNISTE.
Oh! je sais bien que le régime de l'échelle mobile n'a pas vos sympathies. Ce n'en est pas moins le seul régime qui, en protégeant tour à tour l'agriculteur contre la surabondance et le consommateur contre la disette, puisse assurer à l'un un prix rémunérateur, à l'autre une subsistance suffisante. L'échelle mobile est le plus merveilleux des mécanismes.
J'ai entendu parler bien souvent de l'échelle mobile, j'en ai parlé moi-même; mais, s'il faut être franc, j'avoue que je ne sais pas bien au juste ce que c'est.
LE PR0HIBITI0NNISTE.
Je vais vous l'apprendre. Le régime de l'échelle mobile consiste en un double système de droits croissants et décroissants à l'entrée et à la sortie des grains.
Quand la récolte est abondante, quand les grains sont en baisse, les droits s'élèvent progressivement à l'importation et ils diminuent à l'exportation. Si la baisse persiste, un moment arrive où, grâce à ce double jeu de l'échelle mobile, l'importation est empêchée par un droit prohibitif pur et simple, tandis que l'exportation n'est plus grevée que d'un droit de balance.
Quand la récolte est mauvaise, au contraire, quand -rains sont en hausse, les droits s'élèvent à la sortie jusqu'à devenir prohibitifs, et ils s'abaissent à l'entrée jusqu'à ce qu'ils Unissent par disparaître.
<»M oe saurai! évidemment imaginer une combinaison plus ingénieuse. Dans les années de surabondance, l'échelle mobile vienl en aide aux agriculteurs, en leur permettant de se débarrasser de leur excédent au moyen de l'exportation el en empêchanl les étrangers de venir leur faire concurrence. Dans les années de disette, elle vient en aide aux consommateurs '-il leur permettant de compléter librement leurs approvisionnements à L'étranger et en empochant les grains de Bortir du pays. Ce v<>ni deux grands intérêts qu'elle concilie en les satisfai ant ; i tour.
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le papiei . Mais, dans la pratique, les chosi
passent d'une manière fort différente. Le but du régime de l'échelle mobile, c'est de prévenir les écarts extrêmes des prix en hausse et en baisse.
LE PROMBLTIONNISTE.
Précisément.
l'économiste.
Eh bien ! l'expérience atteste que ce but du régime de l'échelle mobile n'a été atteint nulle part. L'expérience atteste, au contraire, que les fluctuations des prix n'ont jamais été plus fréquentes et plus sensibles que sous ce régime. C'est ainsi qu'en Angleterre, par exemple, la différence entre le cours le plus élevé et le cours le plus bas a été de 30 p. 100 en 1832, de 27 p. 100 en 1834, de 19 p. 100 en 1835, de 42 p. 100 en 1836, de 31 p. 100 en 1837 et de 60 p. 100 en 1838. En France et en Belgique, les variations des prix n'ont été ni moins brusques ni moins profondes. L'expérience a donc fait justice du régime de l'échelle mobile considéré comme régulateur des prix.
LE PROlIlblTlOXNISTE.
Avouez cependant qu'empêcher la sortie tout en permettant l'entrée, et vice versa, selon que la récolte est insuffisante ou surabondante, c'est le moyen le plus efficace de prévenir les écarts excessifs des prix. C'est clair...
l'économiste.
Comme l'eau de la Senne l. Comment donc se faitil que le régime de l'échelle mobile ait donné, dans
i l'élite rivière bourbeuse qui traverse Bruxelles.
l'application, un résultat diamétralement opposé à celui-là?