XII DEDICACE
vent être combattues avec beaucoup plus de chances de succès, car elles ne s'appuient sur aucun de ces intérêts puissants et massifs dont la force d'inertie déjoue toutes les tentatives de réforme. A qui profitent les émeutes et les prohibitions à la sortie, par exemple? Les émeutes procurent du travail aux agents de police, aux gendarmes et aux geôliers ; les prohibitions à la sortie, aux douaniers. Ces agents indispensables de l'ordre public et du fisc méritent des ménagements sans doute, mais ne serait-il pas facile de les désintéresser, d'une manière ou d'une autre, — dùt-on continuer à fournir une solde entière à ceux que l'on congédierait, faute d'ouvrage?
La réforme des préjugés, des règlements et des lois qui
entravenl le développement du commerce des grains est
donc essentiellement pratique. Il suffirait d'un peu de zèle
et de persistance pour l'accomplir. Et cependant cette
réforme qui coûterait si peu, rapporterait beaucoup, car
elle mettrait un terme aux (lucluations désastreuses des
prix des subsistances, en les fixant à un niveau moyen,
ment éloigné de l'extrême bon marché des années
de surabondance et de l'extrême cherté «les années de
disette. Elle constituerait, pour tout dire, une véritable
nci contre l'excès du bon marché, si nuisible au
producteur, e! contre l'excès de la cherté, si funeste au
- immateur.
Tel serait, el j'espère que vous en demeurerez convaincu, si vous voulez bien jeter un coup d'œil sur ers Conversations que je soumets à votre appréciation éclairée ••t bienveillante, tel serait, dis-je, le résultai inévitable de la suppression des entraves que les préjugés, les n glements et les lois opposent encore au développement du commet ce d< - grains.