LE SYNODE ANGLICAN DE MONTRÉAL ET LES CON VERSIONS
Certes! il y a lieu d’être surpris de voir de hauts dignitaires de l’Église anglicane approuver pareilles mé-
thodes et conseiller pareille action. Pourtant la chose s’est faite au dernier Synode de Montréal.
Voici ce que nous lisons dans la ‘“ Gazette” du 22 janvier 1897 :
Dans lu présente situation des affaires en cette ‘* province, pour ce qui concerne la population parlant fran- ‘ çais, l'Église anglicane n’a pas de plus impérieux devoir que de faire son œuvre maintenant, Il ne lui convient pas d'attendre qu'on vienne à elle par gravitation, pour ‘“ ainsi dire. Pendant qu'elle attend, d'autres commu- “ nions recueillent la moisson.
‘“ De grands mouvements, nul doute, sont en branle. Ils ne peuvent avoir d'autre résultat que de détacher de la communion de Rome, un grand nombre de citoyens “ parlant françuis. Ces événements viennent aussi sûrement que le soleil se lèvera demain sur le monde, et l'église qui sera prête, l’église qui pourra pourvoir aux ‘ besoins spirituels de ce peuple, dans leur langue, sera ‘ aussi l’église qui recueillera la plus riche moisson.”
“ Il ne demande pas au clergé de faire du prosélytisme, de secouer l'arbre du “ Romanism.,” ou de troubler ceux ‘ qui sont satisfaits de leur foi, maisquand les fruits tom- ‘“ bent en abondance, il leur demande d'aller et de les ra- ‘“ masser.”
nu
Donc, si la question des écoles, qui est essentiellement une question religieuse et d'ordre social chrétien, détache de leur religion certains catholiques mécontents et insoumis à la direction de leurs Évêques, ce haut dignitaire de l'Église anglicane de Montréal est prêt, avec ses confrères, à tendre le tablier et à recevoir les fruits douteux qui tomberont de l’arbre du * Romanism”” (?)
En vérité j'aurais cru l’Église anglicane plus consciencieuse et plus digne !
6 CONVERSIONS CATHOTIQUES PE
Que ne s'est-il souvenu, ce révérend ministre, au lieu de parler de “ Romanism”’ et des fruits gâtés du “ Romanism” que des mains anglicanes s'apprêtent cependant à cueillir pieusement, que ne s'est-il souvenu, dis-je, de la spirituelle boutade de l’un de ses confrères, le chanoine Swift :
—Quand le Pape nettoie son jardin, disait le fameux chanoïne, je lui saurais bon gré de ne pas jeter ses mauvaises herbes, par-dessus la muraille, dans le clos protestant.
Évidemment M. le dignitaire anglican de Montréal est moins délicat et moins fier.