‹ Conversions catholiques et recrutement protestantChapitre 5 sur 9 · DIACONESSES PROTESTANTES · texte numérisé non relu

DIACONESSES PROTESTANTES

Mais les Révérends Ministres ne se contentent pas seulement de ramasser les épaves jetées à la côte par l’Église catholique, ils ont à leur service tout un corps d’auxiliaires, à la fois osé et entreprenant pour le service actif : ce sont les Diaconesses protestantes.

Ils les envoient fourrager hardiment au sein même des familles catholiques, et ces Dames apportent à leur besogne une activité, un enthousiasme que des femmes seules savent mettre aux entreprises dont elles veulent le succès.

Rien ne les arrête et rien ne les rebute : ni les courses fatigantes, ni des réceptions souvent peu bienveillantes, ni l'humilité du logis, ni la malpropreté de la maison, qui menace de maculer les riches toilettes et les belles robes de soie des visiteuses. Elles vont partout, et partout aussi, surtout dans les familles les plus pauvres et les plus chargées d'enfants, elles font une propagande acharnée pour les amener à la crèche protestante.

Si ces Dames appliquaient leur zèle à convertir les

Chinois infidèles, on n'aurait, à coup sûr, que des louanges à leur donner ; elles feraient du bien à ces hommes en leur communiquant au moins quelques notions de christinnisme.

Si elles travaillaient, au sein de leur famille religieuse, à prouver aux “Unitariens ” l'existence de la Trinité sainte, aux “ Presbytériens ” la nécessité d'admettre des évêques et des sacrements, aux “ Congregationalists ” l’absurdité de se contenter d’une indifférence générale vis-à-vis tous les Credos et toutes les professions de foi ; si elles sefforçaient de ramener à la foi chrétienne les milliers et milliers de leurs coréligionnaires qui aujourd'hui ne croient plus à rien qu'à eux-mêmes et sont devenus, en définitive, de purs rationalistes, niant la divinité du Christ, rejetant la révélation surnaturelle et n'admettant d'autre règle de croyance que leur raison individuelle ; leur activité aurait un but louable et serait digne d’'éloges.

Mais non, ce n'est pas à ces mécréants que ces Dames s'adressent, leur sollicitude se porte sur les Canadiens- Francais catholiques, et c'est à les convertir qu’elles consacrent leur zèle bruyant et atfairé.

Est-ce donc là faire une œuvre méritoire et agréable à

Dieu ?

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