AUX PIONNIERS DE ROCHDALE
entier, car chacun de ses articles demande le travail d'une génération. Chose curieuse! Partout ailleurs, clans tous les mouvements sociaux, politiques, scientifiques, les inventeurs sont vite dépassés par la marche des idées dont ils ont été les promoteurs. Nous les laissons de plus en plus en arrière sur la route où nous marchons et bientôt il ne reste plus d'eux que leur souvenir. Mais pour les Pionniers de Rochdale, il n'en est pas de même; quoique morts depuis plus d'un demisiècle, ce sont eux encore qui marchent devant nous !
Au temps où vivaient les Pionniers, il ne manquait pas d'économistes et de socialistes éminents. Il y avait John Stuart Mill, Bastiat, Proudhon. Ils n'ont prêté aucune attention au grand événement qui se préparait dans la ruelle de Crapaud : ils n'en ont pas soupçonné les conséquences. Ils auraient été bien étonnés si on leur eût dit qu'un jour — quand leurs systèmes sociaux n'auraient plus de disciples ni leurs livres guère de lecteurs — les Pionniers de Rochdale compteraient des miUions de fidèles!
0 Pionniers, je vous rends grâces — non seulement pour nous avoir donné une organisation qui a procuré à des millions d'hommes un réconfort et une amélioration dans les conditions de leur existence et qui même, comme l'a dit un économiste, a été la seule expérimentation sociale duxix° siècle qui ait réussi — mais surtout pour nous avoir donné une admirable leçon de modestie en nous montrant que toute notre science, toute la science des savants ou des scribes, toute celle qui se formule dans les livres et dans les lois, toute celle au nom de laquelle nous enseignons ou nous gouvernons les hommes, ne vaut pas, en fait de clairvoyance et de force motrice, l'action de quelques humbles ouvriers qui avaient tout simplement vécu, peiné, souffert, et n'avaient reçu d'autres leçons que celles que peuvent donner le travail manuel, ie souci du pain quotidien et la foi inébranlable dans J'avènement de la justice!
G. — Coop. 22
Pages.
Avant-propos VII
Les folies de Fourier. — § 1, La suppression des intermédiaires, p. 9. — § 2. La disparition de la vie de ménage, p. 14. — § 3. L'abolition du salariat, p. 24. — § 4. Le travail attrayant, p. 29. — § 6. La paix sociale, p. 36.
II — La coopération elle parti ouvrier en France, 39
Le Congrès de Lyon. — § L Le programme socialiste-coopératiste, p. 43. — § 2. La lutte du Coopératisme et du Collectivisme, p. 50. — § 3. La critique de l'association coopérative, p. 60. — § 4. Les coopératives et les syndicats, p. 76.
§ 1. Les améliorations pratiques, p. 87. — § 2. Les puissances de l'association, p. 91. — § 3. Les obstacles, p. 103. — § 4. Coopération ou Révolution, p. 110.
IV. — Des transformations que la coopération est appelée à réaliser dans l'ordre économique
§ 1. Nécessité d'un programme commun, p. 121.
— § 2. Nécessité d'une révolution au profit du
Pages, •consommateur, p. 125. — § 3. Le programme coopératiste, p. 133. — § 4. La coopération dans la production, p. 143. — §5. La République Coopérative, p. Ii8~ '